British Petroleum (BP) s’apprête à lancer l’opération “
Top Kill”.
D'après la firme, la procédure devrait stopper la fuite du puits de pétrole.
Il s’agit d’injecter, jusqu'à 190.000 litres d'une "boue" épaisse composée d'eau, de matières solides et de baryte, un minerai à très haute pression, dans deux conduits qui mènent à la valve anti-explosion.
Si cette opération fonctionne, du béton y sera ensuite ajouté pour sceller espérons-le, définitivement la fuite.
BP admet que ses chances de réussir une telle opération ne sont que de 60 à 70% !
D'après
Eric Smith, du
Tulane Energy Institute, cette opération est risquée car la pression requise pour stopper la fuite est tellement forte que le puits ou la valve anti-explosion pourraient être endommagés.
Dans ce cas, cela produirait l'effet inverse: une fuite encore plus importante.
Si cette tentative se solde par un échec, une autre solution envisagée serait de boucher le conduit du puits avec divers matériaux tels que des balles de golf ou des morceaux de pneus....
Des élus américains,
Henry Waxman et
Bart Stupak viennent de révéler que
l’explosion de la plate-forme Deepwater Horizon avait été précédée de trois signes avant-coureurs. - Le premier avertissement est arrivé 51 minutes avant l'explosion, déclenché par le fait que la quantité de liquides sortant du puits est devenue plus importante que celle pompée à l'intérieur du puits, d'où surpression.
- 10 minutes plus tard, un autre signal s'est déclenché. Il a été fermé pour effectuer un test !
Le puits a continué à s'écouler et la pression dans le conduit de forage a augmenté de façon inattendue...
- Le dernier avertissement est arrivé 18 minutes avant l'accident où une pression anormale a été observée et a conduit à la fermeture de la pompe.
Selon un rapport interne de la compagnie pétrolière, des signes que les employés de
BP auraient ignorés ...
Au vu de tous ces éléments, on s'aperçoit que ni les risques liés à l'exploitation de ces puits offshore, ni les solutions et procédures qui auraient dus être prévus pour palier à une catastrophe d'une telle ampleur n'ont été évalués, étudiés par
BP ou que les risques collatéraux n'ont pas suffisamment pesé dans la balance "profits/risques"...
Dans un cas comme dans l'autre, la compagnie
British Petroleum, exploitante du puits est entièrement responsable.
Le moins que
BP puisse faire à présent est de colmater la fuite, nettoyer le site au maximum et indemniser les pécheurs ainsi que ceux dont le travail a été anéanti suite à la catastrophe.
Mais il faut garder à l'esprit que certains dégâts notamment écologiques sont irréversibles ou prendront longtemps avant de retrouver des conditions normales.
A ce sujet, récemment la zone de pèche interdite a encore été étendue et atteint maintenant 22% des eaux fédérales du Golfe du Mexique.
Suivre l'évolution de la situation en français sur le site de
BP:
http://www.bp.com/genericarticle.do?categoryId=4003391&contentId=7061804