ElevenaugustMerci de m'avoir indiqué les travaux de Carl Calleman. J'avais déjà eu l'occasion de passer rapidement sur certains des graphiques de C. Calleman, sans toutefois n’avoir jusque-là fait le lien avec le personnage. Cela m'a amené à éclaircir les différences essentielles de point de vue entre ses travaux et les miens.
En effet, même s’il existe des points de convergence, (en particulier, nous évoquons tous deux une période de 13 années se déroulant juste avant la fin de l'ère maya actuelle), nous ne nous situons pas du tout au même niveau d'approche: nos objectifs, notre méthode et le sens que nous y attachons diverge.
Pour ma part, il s'agit au départ d'une recherche sur les crop-circles: c'est en réalisant
une petite base de données sur ceux-ci (je désirais évaluer l'évolution de la quantité d'information présente dans les crop-circles) que le rapprochement avec le calendrier des 13 baktuns d'Arguelles a émergé, puis s'est établit. Il s'agit d'une chose que je n'anticipais absolument pas au départ (approche bottom-up).
Calleman ne s'intéressait pas aux crop-circles: il est parti de facto des calendriers Maya et de cycles comprenant 13 fois ces calendriers pour calquer leur chronologie sur notre vision du monde (approche top-down): considérant qu'ils devraient permettre une lecture des événements passés, présent et futurs (car ce sont cycles).
La théorie de CallemanCalleman nous explique que 9
calendriers Maya (tun, katun, baktun, pictun, kalabtun, kinchiltun, alautun, hablatun) suivraient, chacun à leur échelle, des cycles répétés 13 fois. Ces cycles calendaires, emboîtés comme des poupées russes, détermineraient le cours des événements à différentes échelles de temps, dans un rapport, à une exception près, en puissances de 20 :

(Les calendriers servent d'unité pour chaque ligne de la pyramide de temps ci-dessus. Ainsi, la 4ème ligne compte le temps en Baktuns et, le cycle de 13 Baktuns décrit une ère Maya de 5125 ans.)
Chacun de ces calendriers décrit ainsi une alternance de "jours" et de "nuits": 7 "jours" et 6 "nuits" représentant 7 périodes de "lumière" et 6 périodes "d'ombre" dans la conduite des événements du monde (voire de l'univers). Par exemple, sur la base de 13 fois le calendrier Tun de 360 jours nous avons un cycle de 12,8 années:

A partir de ce type de schéma, Calleman projette et prédit des cycles d'événements de tous types: économie, conflits, progrès, etc.
Cette vision soulève plusieurs problèmes, notamment:
- ces calendriers ont-ils tous une existence objective ? En particulier les calendriers plus long proposés par Carl Calleman, (possible car il existe des dates très longues sur certaines stèles mais les calendriers qui sont liés à ces dates sont-ils pour autant connus?)
- TOUS ces cycles à TOUTES les échelles (9) convergent/se terminent simultanément selon Carl Calleman le 28 octobre 2011, dont le cycle de 16,2 milliards d'années ! Voilà qui nous place paradoxalement au centre d'une conjonction extraordinairement anthropocentrique: nous serions au "centre du temps de l'univers", puisque c'est un événement survenant une fois dans la vie de l'univers.
- Il existe une rigidité absolue dans ce modèle: d'après Calleman, la réalité doit se plier à ce que décrit son modèle (démarche top-down). C'est absurde. L'exemple le plus frappant de ce mécanisme "naïf" est donné par le cycle le plus long (créé pour l'occasion ?) qui ferait selon Calleman 13*1,26=16,2 milliards d'années. Or c'est une valeur bien supérieure à l'âge de l'univers aujourd'hui estimé! (13,7 milliards d'années).
- il n’existe aucune base scientifique ni même logique pour expliquer pourquoi une typologie d’événements devrait être pré-fixée et se reproduire cycliquement à différentes échelles.
Mais je reviendrai à la fin de cet article de façon un peu détaillée sur l'exemple des cycles économiques qu'il fournit.
L'hypothèse sur les crop-circles présentée sur "U-Sphere" Avant de comparer le modèle de Calleman à celui que je propose, je reviens rapidement sur ses principes. Je me situe dans une démarche inverse à la sienne, c'est à dire dans une approche "bottom-up" qui partant des informations collectées sur le terrain, m'a permis de constater plusieurs choses :
- qu'il semblait exister un parallèle entre certains symboles représentés par les crop-circle makers et l'histoire de l'humanité,
- qu'au fil des années ces symboles devenaient de plus en plus riches et complexes, paraissant progresser dans le temps,
- qu'il existait de temps à autre une relation entre le site géographique d'apparition et l'époque concernée par le symbole (sites protohistoriques)
Ces éléments m'ont amené à penser qu'il y avait quelque chose à en retirer en termes d'histoire et de chronologie. D'où l'idée de projeter sur un graphe les dates d'apparition dans les champs des crop-circles en fonction de la date d'apparition (dans l'histoire de l'humanité) des symboles qu'ils décrivent.
C'est ainsi que j'ai pu observer que cela décrivait une droite de régression linéaire: les crop-circles makers avancent dans le temps chaque année réelle d'environ 400 ans dans l'histoire. Ultérieurement, cherchant un calendrier des symboles permettant de rendre compte de cette frise chronologique, j'ai constaté que José Arguelles avait réalisé un "calendrier des 13 baktuns" qui rendait parfaitement de cette progression (ce qui n'est peut-être pas fortuit).

Et voici une frise chronologique de quelques un de ces symboles :

Cette frise n'est pas exhaustive. De façon remarquable, les crop-circles apportent en général des modifications au symbole original pour le rendre plus symétrique ou plus épuré. Vous pouvez cliquer sur le schéma ci-dessus pour l'agrandir.
Comparaison des modèles Proposition de CallemanSi, personnellement, je m’en tiens au plan symbolique, selon la présentation de Calleman, il existerait une VERITABLE et REELLE forme de correspondance entre les échelles de temps des calendriers Maya: ceux-ci façonneraient, par une succession d’événements cycliquement « positifs » ou « négatifs », la conduite des événements de l'univers.

Et, il existe une correspondance entre chaque niveau d’échelle de ces phases "d'ombre" et de "lumière". Comme ici entre les cycles des Tuns et des Baktuns (choisis pour comparaison avec le graphique suivant).
Cette vision en cycles positifs et négatifs ne signifie pas qu’une séquence d’événements se retrouvera dans une vision condensée à une échelle inférieure. Ce qui laisse une certaine liberté interprétative à posteriori.
Proposition sur "u-sphere"
Ici la projection des événements va de l'échelle des Baktuns à celle des Années (cycles de 364,25 jours au lieu de cycles de 360 jours pour Calleman) est uniquement symbolique : par le biais de crop-circles, chaque baktun est symboliquement représenté dans une année réelle/actuelle avec laquelle il est mis en correspondance.
De plus :
- Le scénario est relativement contraint puisqu'appuyé sur l'histoire.
- S'agissant d'une projection "symbolique" dans des champs cela est maîtrisable par des groupes d'acteurs réduits et "initiés",
- L'observation montre que les symboles projetés le sont avec une année de décalage : la fin serait prévue pour 2013 et non 2012!
Enfin, je rappelle que ceci ne saurait pas expliquer tous les crop-circles (loin de là!) compte tenu de la multiplicité d'acteurs !
Correspondance réelle passé/présent ? Spéculation ... Je n'adhère pas vraiment à cette idée, mais pourquoi ne pas tenter de l'approcher grossièrement: y aurait-il une projection autre que symbolique des événements passés vers le temps présent ? C'est à dire une correspondance avec la réalité ?
A mon sens, il me parait prématuré de vouloir répondre maintenant à cette question et ce sans :
- disposer de la séquence réelle d'événements qui aura été produite, (en cours),
- puis, de réaliser un énorme travail historique d'intégration puis de comparaison entre l'ensemble de ces données.
En effet, tant qu'il s'agit de crop-circles, il est toujours possible que des organisations y projettent leurs fantasmes, croyances, idées, etc. Et donc d'y observer une corrélation avec des événements passés: pourquoi pas.
Cependant, dans le cas présent, il s'agit de la réalité en tant que telle qui se plierait à un déterminisme froid, faisant écho à un lointain passé: une hypothèse difficilement compréhensible et le cas échéant qui ferait froid dans le dos (et puisque nous serions totalement impuissant à changer quoi que ce soit).
En même temps, une réponse par l'affirmative nous rapprocherait un peu de l'idée de Calleman ou d'Arguelles pour lesquels l'univers vit des cycles qui se répètent.
En attendant, il est possible d'observer qu'Arguelles semble lui aussi avoir été quelque peu influencé dans son dessin par certaines thématiques présentes dans les mythes et les prophéties. En ce il réalise peut-être un lien avec le passé (sur 13 Baktuns) et le temps présent:

Cela n'est peut-être pas fortuit et correspond à un mécanisme inconscient: ce qui nous a marqué dans le passé reste aussi probablement ce qui continuera à nous marquer dans l'avenir. Au fond, la nature des souffrances et des satisfactions de l'humanité ne change pas véritablement.
Annexe: Carl Calleman : la fin des valeurs abstraites et les cycles économiques 1. la fin des valeurs abstraites ? C'est anecdotique par rapport à sa théorie, mais je ne partage l'opinion de Carl Calleman concernant le changement à venir et la fin de la recherche de valeurs "abstraites". Du reste, je n'ai pas vu sur quoi reposait une telle idée.
Et je ne vois même pas comment une telle chose serait possible !
Premier point, sur le plan philosophique, je pense que l'homme est fait pour explorer l'univers, partager ses créations culturelles et intellectuelles: il n'a selon moi guère d'autres objectifs supérieurs. En cela, se dégage un concept commun qui confère à l’homme toute son « humanité » : la lutte contre l'ignorance et la recherche de la connaissance.
Deuxième aspect: entre l'idée de "concept abstrait" et "non abstrait", il existe toutes les variations possible: ce n'est qu'une question de densité d'information. En effet, "abstraire" permet de réduire la quantité d'information manipulée et donc d'accélérer les temps de traitement et d'échange. L'invention des symboles, des mathématiques et donc notre capacité accrue à faire preuve d'abstraction est archetypique de ce mouvement intellectuel qui a permis à l'humanité d'évoluer et de fonder les civilisations.
Aussi, à moins que je ne l’interprète de travers, vouloir supprimer à l’homme les moyens d'accéder facilement et simplement aux connaissances (encore une fois de manière abstraite) est un déni évolutif.
C'est intéressant derrière cette idée, il y a celle partagée je crois par José Arguelles et son mouvement Planet Art Network, que le changement d'ère devrait voire la fin d'Internet.
2. des cycles économiques de 13 ans ? Encore une fois, cette vision de cycles multiples de 13, figés dans le marbre, en l’absence d’éléments mesurés dans la réalité me parait naïve et dangereuse. De fait, en recherchant les seuls éléments du monde "réel" permettant de conforter sa théorie, Carl Calleman ne mesure pas les contradictions (c'est un biais que je peux aussi reprendre à mon compte).
De façon à prendre le maximum de recul possible vis à vis de cette idée, j'ai cherché des études sur les cycles économiques, et en particulier des analyses à partir de transformées de Fourrier qui ont l'avantage de mesurer précisément la valeur des cycles.
Par chance, il existe une publication récente (2010) sur le sujet: "A Spectral Analysis of World GDP Dynamics: Kondratieff Waves, Kuznets Swings, Juglar and Kitchin Cycles in Global Economic Development, and the 2008–2009 Economic Crisis" (Korotayev, Andrey V et al.)
Les auteurs analysent sur 140 ans les cycles économiques et sur la base de l'évolution du GDP mondial(Gross Domestic Product = Produit Intérieur Brut mondial). Ils retrouvent des cycles connus tels que ceux de Kondratieff (52-53 années), Juglar (7-9 années) et Kitchin (3-4 années).
Ils prennent différentes hypothèses pour reconstruire les spectres de puissance, l'une de ces hypothèses consistant à tenir compte ou non des guerres mondiales.
Si l'on considère tous les pics qui dépassent la puissance de 1,5 beaucoup de signaux apparaissent, mais aucune période de 13 ans tel que défendu par Calleman :

Ci-dessus: spectre de puissance SANS les guerres mondiales

Ci-dessus : spectre de puissance AVEC les guerres mondiales
Enfin un simple exemple pour terminer: j'ai enfin tenté de superposer le graphique de Calleman avec l'activité du Dow Jones Industrial, qui suit de relativement près l'activité économique mondiale (les bourses étant liées) :

Très clairement, sur son graphique, le pic 6 de Nov 2008 à Nov 2009 est en contradiction avec la réalité ! En novembre 2008 le crash s'amplifiait encore. Et là où Colleman est supposé traiter de la matière économique préfère il note sur son graphique l'élection d'Obama ! Au nom de quel critère ?
GemellionEst-il possible d'avoir ton tableur avec les dates pour que je puisse l'imprimer ?
Oui, bien sûr. Dans mon prochain post je le mettrai en ligne. Il faut auparavant que je nettoie ce fichier de toutes ses scories.
Adlibles crops n'ont pas commencé dans les années 80
Tu as raison. Le début des crop-circles... c'est un peu comme le début de l'écriture et l'émergence des symboles: il n'y a pas de date précise et à la rigueur il est possible de remonter aussi loin que nous le souhaitons dans le temps.
Il en est de même pour les OVNI: si la première grosse vague d'apparition date de 1947, il y a eu de toute époque des observations.
Personnellement, pour dater ce début (approximatif) je m'appuie sur la courbe de répartition des crop-circles. une loi de distribution qui a cette forme:

Tu trouveras bien sur des événements antérieurs à 1985/1986, mais il seront bien moins nombreux ! Et c'est pour cela qu'arbitrairement, je situe le "réel" début à cette époque.
Rien ne dis que la prévision tombée juste ne fais pas partie du hasard
Bien sur cela pourrait arriver par hasard. Mais il y a deux choses que je recherche dans les prévisions: la
date et la
nature du symbole.
Aussi, je veux bien que pour la date cela tombe "par hasard". Mais alors que dire d'une prévision sur la nature du symbole ? Combien de centaines de symboles existe t-il et avec combien de combinaisons possibles? A mon avis, combiner date et nature du symbole, sans méthode c'est quasi-impossible. Et je ne connais pas d'autres méthodes à ce jour qui permettent d'anticiper ainsi.
les auteurs des crops sont différents mais ils sont, ici, tous utilisés dans le même calcul
Bien sûr! Car quels que soient les auteurs, ce qui compte c'est quand ils peuvent intervenir. Et, ce sont les conditions météo qui au final émergent et décrivent les paramètres de la loi de répartition.
Et si elles émergent ainsi, c'est grâce, aux lois du hasard et des grands nombres qui décrivent la forme d'une telle courbe en S. Cette fonction de répartition est l'intégrale d'une
loi normale
Par exemple, si tu réalises un grand nombre de tirages avec deux dés, tu trouveras une distribution des résultat qui suit une loi normale. La taille des individus au sein d'une population suit également une loi normale: les exemples sont nombreux.
Il en est de même pour les crop-circles: il est normal que le milieu de saison soit plus propice pour les auteurs, (quels qu'ils soient): les champs de blés sont alors matures et plus faciles à former. En début de saison, le blé n'a pas encore poussé et en fin de saison il est coupé...
Ensuite, ce que je trouve intéressant derrière la recherche d'une courbe approximant la densité de répartition, c'est que cela permet d'admettre des erreurs (hoax ou activisme local) qui ne changeront pas sensiblement la nature du résultat.
quelle est la théorie sous-jacente sur l'origine de ces crops finalement (auteurs ?)
Pour ma part, la question reste ouverte. A mon sens les acteurs sont multiples.
Si je privilégie le "Planet Art Network", c'est qu'ils répondent à un certain nombre conditions (milieu anglo-saxon, réseau mondial, symbolisme partagé, 2012, etc.). Sans exclure d'autres hypothèses: bien que cela reste à démontrer, pourquoi pas des civilisations avancées qui surveilleraient et maîtriseraient tout cela ?
