Radio Ici & Maintenant! > Les Emissions de RIM

Au-delà du matérialisme spirituel - Chögyam TRUNGPA

(1/4) > >>

Nemo492:
C'est un concept qu'on doit notamment à Chögyam Trungpa (1939-1987) :

"L’ego est capable de tout annexer à ses propres fins, y compris la spiritualité. Par exemple, si l’on a appris une technique de méditation ou une pratique spirituelle particulièrement bénéfique, il commence à la considérer avec fascination, puis il l’examine. Mais, en tout état de cause, comme l’ego est d’apparence solide et qu’il ne peut pas absorber véritablement quoi que ce soit, il se borne à imiter. Aussi s’efforce-t-il d’examiner et d’imiter la pratique de la méditation et le mode de vie spirituel.

Lorsque l’on connaît toutes les ficelles et les réponses du jeu spirituel, on essaye automatiquement d’imiter la spiritualité, dès lors qu’un engagement véritable exigerait l’élimination complète de l’ego et qu’à vrai dire, abandonner complètement l’ego est bien la dernière chose que l’on souhaite faire."
...
 "Il est important de voir que le point essentiel de toute pratique spirituelle est de sortir de la bureaucratie de l’ego, c’est-à-dire de ce constant désir qu’a l’ego d’une forme plus haute, plus spirituelle, plus transcendante du savoir, de la religion, de la vertu, de la discrimination, du confort, bref, de ce qui fait l’objet de sa quête particulière. Il faut sortir du matérialisme spirituel. Si nous n’en sortons pas, si nous en faisons notre pratique, nous nous doterons peut-être d’une vaste collection de sentiers spirituels, fort précieuse à notre avis.

Nous avons tellement étudié ! Peut-être avons-nous étudié les philosophies occidentales ou les mystiques orientales, pratiqué le yoga ou même recueilli les enseignements de dizaines de grands maîtres. Nous sommes accomplis, car nous savons tellement de choses ! Nous sommes intimement persuadés d’avoir amassé un trésor de connaissances. Et, pourtant, à l’issue de cet itinéraire, il y a encore quelque chose à abandonner. Quel mystère ! Comment est-ce possible ?

C’est impossible…hélas, c’est pourtant vrai. Ces trésors de connaissances, ces sommes d’expériences ne sont qu’un élément de la vitrine de l’ego, ils concourent à le rendre plus grandiose. Nous les affichons et, ce faisant, nous nous rassurons sur notre existence, confortable et sans risques, d’êtres " spirituels "."

Extraits tirés de " Pratique de la Voie tibétaine "
Publié par les éditions du Seuil, Paris 1976 - Source & Suite

Deux excellents connaisseurs (et traducteurs) de Chögyam Trungpa :
Vincent Bardet, Le Seuil, collections Points Sagesse
& Fabrice Midal

Nemo492:
Chogyam Trungpa Interview

Nemo492:
Allen Ginsberg & Chögyam Trungpa - 1973



Par la suite, c'est Allen Ginsberg qui branchera Bob Dylan sur le bouddhisme tibétain..



ALLEN GINSBERG BOB DYLAN

Allen Ginsberg et Bod Dylan se connaissaient depuis 1965..

C'est aussi pourquoi Bob Dylan porte souvent un blouson de scène avec le mantra brodé dans son dos :



extrait d'interview :
JP : Allen, you were saying, when you write your own poetry, the rhythms of it, you try to follow natural body rhythms, or Buddhist rhythms, or Aboriginal rhythms. Do you think you've learnt something from listening to the black songwriters in Australia?

AG: Yes, very much, I was originally interested in song and working with Bob Dylan and doing blues, and also, earlier, doing mantra, as I began - "Om Mani Padme Hum" - but the mantra, as you may have noticed, is very long breath it’s "Ooooooooooooooooommmmm" – so, now what is the Aborigine breath?
http://ginsbergblog.blogspot.com/2011/07/allen-in-australia-1972-juene-pritchard.html

labbe:
Autrefois, et je pense que tu le sais Nemo, nous étions attirés par les dons spirituels.
Ce qui est tout aussi "matérialiste" que la quête de l'éveil mais à le mérite selon moi de l'être finalement moins "matérialiste" quand même et moins egocentrique.
Personnellement j'ai découvert assez tard cette folie de l'éveil. Car "de mon temps" dans les milieux de l'ésotérisme occidental on parlait d'illumination et j'ai connu une femme qui se prétendait illuminée mais ce n'était pas son illumination qui m'intéressait mais tout ce qu'elle me racontait. Elle voyait des spectres, elle prétendait avoir réussi à faire bouger un objet par la concentration et des tas de choses comme ça. Ca me faisait rêver.
Dans les cercles occultistes on n'avait pas envie d"être éveillé. On cherchait à voir l'aura, faire des voyages dans l'astral, être lucide dans les rêves, se décorporer etc... bref on expériementait, du moins on essayait.
Je pense que le mythe du nirvana oriental est comme l'époque : une preuve de superficialité.
Car on est très heureux juste en observant comment tout ça fonctionne et en apprenant à se connaître.
Je considère aujourd'hui l'éveil ou tout autre terme comme un virus mental de la pire espèce. Notons quand même que les occultistes européens même s'ils étaient très inspirés par les textes orientaux n'ont jamais fait grand cas de cette carotte adressée à l'ego.
Ils ont été à la racine des Védas ou des enseignements de Bouddha.

mat:
Mère, ou le Matérialisme Divin:
http://www.ire-miraditi.org/publications/trilogie.html

Navigation

[0] Index des messages

[#] Page suivante

Sortir du mode mobile