Ô combien intelligent - regardez le beau regard intelligent de l'auteure sur le rabat de la jaquette du livre - ô combien caustique, ô combien iconoclaste, c'est le dernier livre de Lionel Shriver, qui a écrit le fameux " Il faut qu'on parle de Kevin " (lisez aussi ce livre ********** et terrible mais évitez le film, beaucoup moins bien).

L'article du Monde:
Un livre tel un bras d'honneurLionel Shriver a une réponse inattendue : " C'est un "fuck you book !", dit-elle. Un livre de colère... Un livre où le héros, Shep, a toujours fait ce qu'il pensait devoir faire. Et voilà qu'il en a par-dessus la tête, justement." De quoi ? Pas de Glynis qu'il accompagne avec tendresse et abnégation. Mais plutôt de tout ce qui entoure la fin d'une vie. Des médecins " programmés pour fourguer à leurs patients le dernier médicament ". Des soignants " qui ressassent que "tant qu'il y a de la vie il y a de l'espoir "." De "la façon dont on traite une femme adulte en gamine de 12 ans" en lui prescrivant un placebo quand on n'a pas le courage de lui dire qu'elle va mourir. "Bref, je ne vais pas déflorer la fin du livre, dit Shriver, mais oui, Shep va faire un bras d'honneur à tout ça. Dire à tous " Allez vous faire foutre". C'est ça un " fuck you book" !"
Voici un livre réjouissant. Pas par ses qualités littéraires - le récit n'aspire qu'à être vivant et efficace, ce qu'il est bigrement. Mais par l'énergie qu'il insuffle. Après le portrait de la mère confrontée à la monstruosité de son fils (Il faut qu'on parle de Kevin) et en attendant le brûlot sur l'obésité qu'elle est en train d'écrire, Shriver s'attaque à " l'industrie de la mort " en Occident et à la façon dont on peut (ou pas) lui échapper.