Bonjour à tous,
Cette question n'est ni une curiosité malsaine ni suscitée par le goût du catastrophisme.
Je l'espère franche du collier si on l'admet (ou pas, heureux ceux qui n'ont pas peur
car ils existent, heureusement! Funambule en est un bel exemple).
C'est en lisant l'échange entre Katchina et Funambule dans le fil " Le Krach financier mondial "
(du n° 3275 à 3277 inclus)que je propose celui-ci. Je ne sais pas s'il a sa place ici ou s'il faut le déplacer ailleurs,
ce que la modération voudra bien faire si nécessaire.C'est notre angoisse latente à tous la peur de se retrouver un jour à la rue, non ?
Oui, cela fait peur, me fait très peur. Et cela a toujours été, plus ou moins
consciemment et très consciemment ces dernières années.
J'ai réagi il y a peu de temps. Voici comment: à la suite de l'un de mes incessants
A/R entre mes ailleurs et Paris, où j'ai dû faire face à une (très) importante inondation chez moi.
J'étais en train d'arracher tout ce qui était fichu, de récupérer ce qui pouvait l'être.
Je monte sur une échelle pour mettre des dossiers à l'abri, j'ouvre des dossiers et demandes d'infos
plus ou moins renseignées (la vie d'expat, la mienne en tous cas, a fait que les dossiers administratifs
laissés en " jachère " en France étaient souvent en " souffrance " - entre les courriers qui se perdent
et les différentes administrations qui voient que vous êtes là et pas là -, bref).
Bref, la tête dans le placard ouvert, prise de conscience, choc: " Fais gaffe, ma vieille,
tu es prise dans une spirale d'énergie d'hyperactivité, certes, mais à terme, tu vas te marginaliser,
tu prends trop de risques."
L'inondation proche de la catastrophe a bien participé à ce choc qui m'est tombé, tel le gaulois de base
et sa crainte du ciel, sur la tête.
Et là, je passe quatre jours sans sortir, à mettre tous mes dossiers à jour, coups de fil etc, à organiser
des rendez-vous et des démarches. Je m'interdis de penser mais l'avenir s'annonce plutôt sombre.
Prise métaphoriquement, l'inondation était précise: mon bateau commençait à prendre l'eau.
Aucune extrapolation psychologique de ma part = les faits étaient là, sombrement concrets.
J'arrive, après des semaines d'acharnement, d'insomnies et de trouille, à tout remettre à niveau dans les dossiers.
J'ai eu de la chance d'avoir cette peur au ventre qui m'est tombée dessus, moi qui pensais que je n'avais peur de pas grand-chose (quelle idiote immature!). Si je n'avais pas eu ce choc qui a provoqué une réaction drastique, je serais aujourd'hui dans la mouise. J'ai même pu repartir de France et rejoindre l'un de mes ailleurs.
Voilà ce que je peux dire: la peur, quand elle ne tétanise pas et bloque toute action (je suis passée à deux doigts de cela et j'ai bataillé dur), peut, parfois, amener à reconsidérer les choses a minima mais de façon plus réaliste.
Et à grandir, probablement. Ce qui veut dire renoncer à certaines choses. Et arriver à en mettre d'autres en place.
Et à pouvoir rendre service. Pour moi, c'est important.
Je continue à avoir peur de la rue mais j'ai appris à faire avec puisque cela m'a rendu un immense service.