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sydgin:

Lettre à Lapointe

Si j'en crois cette nudité et le désir, cela fait une vie que l'opportunité ne m'avait été donnée; prendre le temps de vitesse, caresser plume et papier pour y allonger des mots secrets, crus ou légers, des mots pour vous.
Sous ma main s'échappe l'encre noire qui dessine leur contour, et je la regarde couler sa tache quand j'étouffe en dessous.Qu'est ce que deux nous ? Nous ne savons pas par quel abandon partir, ni quand se taire. Être une fois dans sa vie heureusement sa vie, en quoi exister suffit-il ? Depuis toi, rien ne respirera plus comme jadis, et je porte en moi un oubli.
L'enfer, c'était les autres, moins vous. Tout nous travaille, bouscule, palpite depuis qu'un toi a poussé dans ma voix. Le désir, incendie du doute, cogne à mon sang chaque seconde un peu plus. Vous êtes virelangue intime, trompe-oreilles à l'écoute qui vient nouer le front ceint d'une cravate le mot et la chair. Je suis le ravin humide de l'amour, et vous êtes chute en avant. Existe-t-il un autre mouvement ? Vivre c'est s'avoir, une écriture entre nos deux espèces, que recèle la profonde jouissance de vous savoir.
Votre bouche est poésie, et ses isocolies percutent la douleur des hectomètres qui séparent mes mains des vôtres. Chaque soir,l'écho de votre peau, chaque matin, l'inexorable.
Dans ce sexe des choses, je veux être la syllabe qui recoudra nos lèvres, embrasser la paronomase de nos regards. L'enfant, le monde, la mort, je suis prêt.
Je voulais vous écrire les feux rouges de Barcelone, les embruns de l'île d'Ouessant, les cadavres exquis que nous ferions au coin du feu quand la terre est gelée. Je ne peux que vous parler de l'Amour.

sydgin:

Paupière automatique
One two three
Elle se referme
Comme un déclic
A chaque pas
A chaque fois
Comme une claque tactique
Qui fait clac-clac!
Quand tu me plaques

J'ai la paupière automatique
Un truc inique, limite rustique
Pour qui passe en orbite
Sous mes yeux d'or vite
Elle s'oblique, mécanique
J'entends ton pas
Qui fait clac-clac!
Quand troublée tu m'évites

Une paupière automatique
C'est pas des plus pratique
Mais je ne me plains pas
J'aurai pu tout comme toi
Avoir le coeur tout comme ça
Un coeur tout comme un sac
Qui se referme à l'envie
Comme un clic-clac!
Quand tu m'oublies

pablo:
Il n'y a séparation possible.
Rien qui ne nous en empêche. L'esprit expérimente
Taisez- vous pour mieux écouter tout- bas.

Vos pensées sentent. Il se doit

Et; c'est par fortune qu'on atteind la cible ?
Par coeur
Transparent; puisque l'on ne cache rien. Tu vois. Nous sommes râvis
Merci

sydgin:
Les Tanks (2003)

Ah! Ces tanks patibulaires
Aux tourelles kakis d'ennui
Qui broient du noir, et puis du gris
Qui se voudraient hélicoptères
Où vont-ils, dans quel cimetière
Des éléphants leur dit-on "oui"
Quand s'achève leur carrière
Menée manu militari

Poésie tu n'es plus qu'à ce jour
Convoi de chansons d'amour
Sur mes doigts je compte les pieds,
Et les mains déchiquetées

Kosovo indécent discours
Derrière leurs vitres blindées
Les officiels, les PDG
Recomptent tous leurs petits fours
Sous les roulements de tambours,
C'est la fin des hostilités
Pour quelques snipers embusqués
Qui vont se faire troubadours


Poésie tu n'es plus qu'à ce jour
Convoi de chansons d'amour
Ne pourrait-on pas rimer
Sur un charnier ?

Des bombardiers j'en ai connu
Battant des ailes dans les cieux
Plus d'un avait au fond des yeux
Les cris des civils disparus
Plus d'un rêvait de s'envoler
Et d'emmener des passagers
Enfin, de prendre de la hauteur
Sans finir au World Trade Center


Poésie tu n'es plus qu'à ce jour
Convoi de chansons d'amour
A-t-on déjà vu un vautour
Faire le con entre deux tours ?

Mais comment déballer son sac
Sans même parler de l'Irak
Tandis que claquent les fusils
A quelques kilomètres d'ici
Mais comment déballer son sac
Sans causer d'Iparretarrak
Forcée de porter des cache-nez
Même en été.


Poésie tu n'es plus qu'à ce jour
Convoi de chansons d'amour
Et puis pour voir essayez donc
D'monter un front d'Libération

Puis pour finir cette chanson
J'pourrais chanter les élections
Où vous parler Kalashnikov
Planter une grenade dans ces strophes
Mais pour finir cette chanson
J'ai comme un manque d'inspiration
Alors autant suivre l'amour
Dans ses plus jolis détours


Poésie tu n'es plus qu'à ce jour
Convoi de chansons d'amour..
Poésie, chansons d'amour..

pablo:
J'aurrais voulu te faire un cadeau. Terminer cette poésie qui s'allonge
Au soleil.....

Ô Soleil !
Toi, le plus grand et util, le plus brillant.......qui donne sans cesse, subtil.

Plus de mots. De la lumière et cette chaleur vitale.
Plus d'éloquance.
Tu nous a convaincu.
Rien d'autre ?

Que l'offrende inconditionnée. Je ne peut poser mon regard sur tant de bonté. Lumineux- amour !

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