Citation de December Ten
Parfois j'ai l'impression que les journalistes préfèrent risquer leur peau en Irak que de lâcher ce qu'ils savent d'une manière ou d'une autre sur le sujet ovni.
Est-ce parce que le ridicule tue dans la profession ou est-ce parce que les gouvernements vous mettent une muselière ?
Le plus marrant de l'histoire est que certains soient au courant mais s'évertuent à nous faire passer pour des dingues (voir C+, par exemple...).
Tu as raison, la presse est victime d'un conformisme dans ce dossier qui tend à l'autisme. Ce n'était pas le cas dans les années 70-80, pendant lesquelles j'ai pu publier ou causer dans le poste librement. Ensuite, avec le recours systématique aux fameux "experts" de tous poils, il a fallu ramer, sauf l'été ou pendant les vacances scolaires, quand on peine à remplir le journal et qu'on a le temps.
Car aux yeux de la rédaction en chef, ou de la direction départementale, ce dossier n'est pas prioritaire. Il y a quatre éditions à sortir tous les jours avec un effectif souvent insuffisant et le chef fait ses choix, établit un programme. Tu enquêtes alors pendant tes repos et si tu tombes sur un chef-chef-censure, (une fois en 30 ans), tes papiers disparaissent de la base informatique.
En revanche, comme je l'ai déjà expliqué dans un numéro de TS, on ne m'a jamais rien interdit et je ne connais aucun exemple de pression politique dans ce domaine, du moins en PQR. Conformisme oui, peur du ridicule oui (cf Cergy-Pontoise), complot non.
Mais le journaliste n'est qu'un salarié, le plus important aux yeux de la direction, c'est le lecteur. Un lecteur, un seul, tousse sur un de tes papiers et on te le fait savoir.
Fort de ce pouvoir méconnu mais réel, c'est finalement lui qui paye, il lui revient de faire savoir son mécontentement sur le traitement de fond du dossier et le suivi de l'anecdotique. En réclamant une information honnête, quitte à fournir des exemples. On a la presse qu'on mérite.