La réaction de Jean-Pierre PETIT
http://www.jp-petit.org/Presse/canal_plus_mars_08/canal_plus_3_08.htmdossier mis en ligne le 21 mars 2008
Mes lecteurs m'ont demander de commenter cette émission. je vais donc le faire. Je vous dis tout de suite : c'est document à voir et à enregistrer. C'est probablement un des meilleurs, des mieux documentés et consciencieux qui nous ait été donné à voir sur le sujet depuis des décennies. Pour le voir en ligne :
http://ovnis-usa.com/quand-larmee-enquete/=====> ! Réaction de Jean-Pierre Petit qui propose une pétition afin d'obtenir une émission “droit de réponse” scientifique.
Celui-ci estime que l'aspect “potentiel d'étude scientifique” de la problématique Ovni est totalement passé sous silence dans l'émission, mais aussi en général…
Si vous souhaitez signer la pétition: http://www.ufo-science.com
L'équipe qui a réalisé ce document est allé chercher des éléments aux quatre coins de la planète. L'émission commence par un reportage sur une réunion " confidentielle " qui se tient au Cnes. Nous retrouvons la DGA ( recherche militaire ) , l'Armée de l'Air, la Gendarmerie et la Police, et bien entendu le GEPAN relooké, devenu le Geipan. J'ai appris au passage que ce service avait trois salariés et un budget annuel de 150.000 euros. Pour faire de la collecte de témoignages et de l'information, c'est pas mal. Je me souviens d'un échange téléphonique avec Patenet, le responsable de ce service " du très sérieux Cnes " il y a dix huit mois où il précisait :
- Ca sera aux scientifiques de réagir. Nous, faire de la recherche, ça n'est pas notre mission.
Mais revenons à ce reportage. On voit à l'image le " père du GEPAN ", Yves Sillard ( qu'il a effectivement fondé de sa propre initiative, m'a-t-il dit en 2006, en 1977 ), présidant cette réunion confidentielle, à laquelle participent la gendarmerie nationale :
Le commandant Barrue annonce vite la couleur : non, nous n'aurons pas accès aux contenu des enquêtes. Eh oui, qui sait ? Nous pourrions un jour tomber sur des éléments qui créeraient l'émoi chez les docteurs Zaïus, de notre bonne vieille planète Terre. Pourquoi sont-ce les forces de l'ordre et non les scientifiques qui doivent mener ces enquêtes ? Que craignent ces gens ? De découvrir une vérité que les militaires Américains connaissent de longue date et qu'ils font de leur mieux pour cacher à leur population ?
Vous savez à quoi j'ai pensé en voyant ces images ? Au film La Planète des Singes. Eh oui, vous les avez devant vous, ces bipèdes morts de peur. Un pas en avant, deux pas en arrière. Vous voulez un exemple de cette cosmotrouille qui les tenaille ? Le reportage évoque la rencontre d'un pilote anglais, Ray Bower, au dessus de la Manche. En face de son appareil, " à douze heures " , comme disent les pilotes, il aperçoit un engin lenticulaire orangé " grand comme un Boeing 737 ". Il appelle la tour. Il ne sait que faire, notre brave singe-pilote. Il espère encore être face à une hallucination. L'affaire est récente : avril 2007. La Manche est encombrée. Il a un plan de vol, dont il ne doit pas s'écarter. Mais il y a ce machin immense, sur sa route. Il appelle le contrôle au sol :
- Le voyez-vous sur le radar ?
Non, le radar ne voit rien. Mais les passagers le voient aussi, tous. Que faire ? Ce machin énorme barre la route. Fait aggravant, voilà qu'un second pilote de ligne, qui arrive sur les lieux voit aussi ce léviathan cosmique dont aucun, depuis un demi-siècle, n'a jamais attaqué personne. Interviewé par les journalistes de l'émission ce pilote anglais aura cette phrase révélatrice :
- Honnêtement, je serais heureux de ne ravoir revoir un truc pareil ! C'est une chose qui fait froid dans le dos.
Eh oui, la voilà, la peur, la bonne vieille trouille de singe amélioré.
A propos de l'absence d'écho radar il faut savoir de quels enregistrent on parle, ce qui n'est pas précisé. Il existe deux sortes de radars
- Les radars " primaires " , à détection active, qui envoient des impulsions qui sont réfléchies par les " cibles "
- Les radars " secondaires ", détectant les émissions IFF émanant des aéronefs, dans les fréquences reçues par les radars. Ces radars ne sont pas " passifs ", ce ne sont pas de simples récepteurs. Mais ils envoient vers les avions un signal qui déclenche en retour l'envoi d'une séquence codée, une sorte de " code-barre " de l'avion, qui contient un certain nombre d'informations. Le numéro du vol, etc. Ce système IFF date de la fin de la seconde guerre mondiale. On en trouve mention dans le livre de Closterman, "le Grand Cirque ". A l'époque les opérateurs radar de la côte anglaise demandaient aux pilotes d'émettre un signal d'identification et leur disant " faites chanter votre canari ".
Les contrôleurs civils suivent les vols à l'aide des signaux émis par les dispositifs IFF équipant tous les avions, qui signalent ainsi leur identité et leur position. Il est évident qu'un ovni n'émet pas de signal IFF.
Les contrôleurs militaires analysent les deux types de signaux. En général, civils et militaires coopèrent pour opérer une surveillance du ciel. Mais les moyens des militaires sont bien évidemment supérieurs à ceux dont disposent les civils. Ne vous attendez pas à ce que les contrôleurs militaires fournissent aux civils les informations qu'ils pourraient éventuellement capter avec des moyens plus sophistiqués.
Je ferai une remarque au passage. Les avions militaires sont devenus furtifs, offrent des réponses atténuées aux signaux radar classiques. Les militaires tentent donc par tous les moyens de mettre en oeuvre des systèmes de détection empêchant ces appareils de " passer au travers des mailles du filet ". Les systèmes anti-échos qui sont essentiellement constitués par les revêtements spéciaux des avions ne peuvent s'avérer efficaces pour toutes les fréquences. Ils sont conçus pour les fréquences de détection classiques.Un lecteur plus au fait que je ne le suis de ces fréquences nous éclairera sans doute sur ce point. Mais le bruit court que ces fameux " chemtrails " pourraient correspondre à l'épandage en haute altitude de substances permettant à des ondes radar de de réfléchir, voir d'être guidées par ces allées de micro-gouttelettes, à grande distance, le système accroissant la portée des systèmes de détection. S'il en est ainsi, que ces système s'accompagne de retombées toxiques sur des régions habitées serait le cadet des soucis de l'armée. Voir à ce sujet le dossier composé par un lecteur.
Au delà de la peur de l'objet lui-même il y a la " peur sociale ", comme le confirme Marc Angée, du contrôle aérien de Brest :
Marc Angée, du centre de gestion de l'espace aérien de Brest
A gauche, Marc Augée montre l'enregistrement, au magnétoscope, du trafic aérien au moment de l'évènement. Il s'agit des données captées par le radar secondaire, c'est à dire à ce que voit le contrôleur du vol dans un suivi standard du trafic. Mais l'installation brestoise est multifonction, opère à la fois sur le mode radar primaire, recevant un écho et en mode radar secondaire, enregistrant les signaux IFF en retour. Questionné, Augée répond que l'ovni n'était pas visible au radar, sans préciser si cette invisibilité ne concernait que la détection d'un IFF ou les deux systèmes. On peut supposer qu'il s'agissait des deux modes de détection. A propos des " cas aéronautiques " il déclare lors de l'émission :
- Beaucoup de pilotes refusent de témoigner, par peur du ridicule.
Le Cnes le confirmera : 28 % des cas restent inexpliqués. La gendarmerie :
- Nous enregistrons quatre témoignages d'ovni par mois.
Des témoignages, quatre photos, qui iront grossir des archives dépourvues de toute information scientifiquement exploitable. Et cela continuera tant que les enquêtes " matière première du Geipan ", pour reprendre le mot de Patenet dans son livre, seront l'exclusivité de la gendarmerie ( ordonnance de 1979 excluant toute intervention d'enquêteurs " non agréés ").
Les journalistes s'en vont interviewer Jack Krine, pilote de chasse en retraite, qui vole toujours sur son Fouga Magister, sur lequel j'ai aussi volé jadis. Ancien pilote de la patrouille de France il a à son actif 15.000 heures de vol.
Jack Krine, rencontre rapprochée avec un OVNI en 1975
Monsieur Krine, vous me faites rêver avec votre machine. Je me souviens de mes premiers vols sur cet engin. Pour faire un looping ou un tonneau avec un biplan " Stampe " c'était toute une histoire.
µ
Il fallait prendre de la vitesse, sinon l'appareil s'arrétait et redégringolait en marche arrière. Son moteur était trop peu puissant. Pour le tonneau il fallait combiner savamment le pied et le manche, compenser au pied pour éviter de partir "tranche". Mon ami pilote, sur le Fouga m'avait dit :
- Un looping ? Rien de plus facile. Vas-y mon garçon, tu tires, passe tout seul.
Eh oui, ça devenait aussi simple que de piloter un boulet de canon.
- Et le tonneau ?
- Pareil, manche à gauche et ça tourne comme un tire-bouchon.
Lui, savait tourner des " tonneaux à facettes ". Sur ce bac j'ai découvert les "g ", à ne plus pouvoir refermer la mâchoire ! Mais je ferais des kilomètres sur les genoux pour poser une dernière fois mes fesses dans ce genre d'engin.
Krine a donc rencontré un bel ovni, de nuit. Je le vois mal perdant ses moyens celui-là, comme le brave fils d'Albion de tout à l'heure. N'était-ce pas à cet homme, Jack Krine que cette présentatrice, Lucet, avait dit, dans une émission de la sértie Contre-Enquête, avec un sourire imbécile :
- N'y aurait-il pas eu un problème avec votre ... oxygène ?
- Madame, nous étions deux. C'était un vol de nuit et nous faisions des exercices de "rassemblement" en nous guidant au radar. Mon compagnon a aussi été témoin. C'était grand comme une carlingue d'avion, jaune orangé, avec une dizaine de hublots très brillants. Quand cet engin est parti il a subi une accélération fulgurante qu'aucun appareil ne pourrait assurer.
Krine confie qu'à l'époque, après s'être concerté avec son ailier, ils avaient décidé de ne pas parler de cette histoire. Aujourd'hui il accepte de parler. Accepterait-il de figurer dans un éventuel comité de parrainage d'UFO-science ?
Cette émission est très riche et je ne vous la conterai pas plan par plan. Les journalistes ont bien travaillé, bien ciblé leurs reportages. Ils ont du, disent-ils, s'accrocher dur pour rencontrer certaines personnes. On parle d'Hessdalen, ce coin de Norvège où les gens voient et filment d'étranges lueurs, phénomène d'autant plus étrange quand deux d'entre elles se tiennent " par la main".
Hessdalen : qu'y a-t-il de si intéressant dans ce bled ?
A un moment un des scientifiques impliqués dans ce projet dit :
- La lumière s'est mise à clignoter. Nous avons envoyé des signaux avec un laser et cette source a répondu en modifiant sa fréquence de clignotement.
Le film de gauche est pris par une caméra automatique, déclenchée quand un signal électromagnétique est détecté, et réglée pour filmer pendant 12 secondes.
Qu'est-ce que c'est ? Des cosmo-trolls ?
Des chercheurs italiens ont installé un radar et capté des échos superbes, corrélés avec l'observation visuelle
Hessdalen, le ballet de l'ovni. Un spectre
Un spectre ? Voilà qui intéresserait Jérôme. Mais avec quel argent l'envoyer là-bas ? Jérôme :
- Bien sûr, c'est passionnant. Mais nous avons tellement de matériel à acheter et si peu d'argent. Il nous faudrait un bon microscope, pour exminer les tissus cellulaires.
Il a raison. Je lance des appels, je me demande comment équiper le labo de MHD, avec quel argent nous irons présenter nos travaux, à Vilnius, Lithuanie, à un congrès international de MHD qui se tiendra septembre prochain ? Un bourge friqué qui coule une retraite dorée dans une splendide propriété vinicole, près de Pertuis, a eu cette réponse pleine de mépris :
- Je ne donnerai pas un euro pour des bricolages fûmeux faits dans un garage !
Tiens, ça me fait penser que nous attendons toujours le chèque que nous a promis Jean-Claude Bourret......
Dans ce reportage des scientifiques interviennent, de loin en loin. Un Italien, l'astronome Massimo Teodoradin nous explique que ce peut être un plasma, " sorte de mélange de protons et d'électrons ". Un plasma d'hydrogène, dans le Grand Nord, fichtre ! A moins que ce brave type ne sache finalement pas très bien de quoi il parle. Avec les astronomes, tout reste possible, sous toutes les latitudes. Vous le verrez plus loin.
Le reportage nous emmène en Amérique Latine. Et là, ça devient de la folie complète. Le commandant Santa Maria nous conte son combat avec un ovni, en 1980.
Santa Maria contant son interception. A droite, son appareile. Un Sukhoi bisonique de fabrication russe
En Amérique Latine on a le sang chaud. L'ovni se balade paisiblement au dessus de la base militaire péruvienne, à 600 mètres d'altitude. Bonne mère ! le commandant Santa Maria décolle sur son jet supersonique, prend de l'altitude et effectue une passe de tir, sans préavis.
- J'ai pensé qu'il faisait de l'espionnage ....
Il pique vers l'engin, vu par deux mille témoins, et lui tire 64 obus. Ca ne lui fait ni chaud ni froid. L'ovni prend simplement de l'altitude. Le Péruvien tire sur son manche, met les gaz à fond, passe à Mach 1,6 et accompagne l'ovni jusqu'à 19.000 mètres d'altitude. Le plafond de l'avion est atteint. Santa Maria a du mal à le tenir. Il est d'ailleurs à bout de carburant et ... de munitions, ayant tiré toutes celles qu'ils avait. Il se rapproche et voit alors l'objet de près, est sphérique, lisse, avec une coupole sur le dessus. Pugnace, il demande alors au sol " si on peut envoyer un autre appareil pour continuer l'attaque", mais on lui répond "qu'on n'a pas d'avion capables de réaliser des interceptions à cette altitude". Le commandant Chamorro, présent sur la base ce jour-là a depuis fondé une sorte de " GEPAN militaire " ( mais n'est-ce pas un pléomasme, quand on revient à cette " réunion confidentielle " au siège du Cnes, sans le moindre scientifique civil ? ) .
Dans ces régions d'Amérique du Sud les forces aériennes enregistrent jusqu'à une observation par jour.
On passe aux Etats-Unis. Rappel sur une célèbre observation de 1952, au dessus de Washington, où les chasseurs de l'Air Force ont joué au chat et à la souris avec une escadrille d'ovnis. Paradoxalement, alors que ce phénomène " explose " dans différents pays, les Etats-Unis pratique plus que jamais le black out le plus complet. Le Pentagone refuse toute interview sur le sujet. Comme le Freedom Act fait que dans ce pays " tout ce qui ne relève pas de la défense nationale peut et doit être fourni sur toute requête d'un citoyen américain " un avocat intente un procès au gouvernement et peut consulter des documents dont on connaissait l'existence depuis un demi siècle.
A gauche un général explique "que tout cela est du à une inversion de température". A droite, un des dossiers déclassifiés
Cette affaire, dans l'ouvrage en bandes dessinées de Lob et Gigi, 1979.
Richard Haines, ancien chercheur à la Nasa, spécialiste des accidents aériens, qui pensait dégonfler le sujet ovni interroge 3000 pilotes. Les récits qu'il recueille le troublent.
- 20 % des pilotes professionnels voient des ovnis, mais seuls les civils acceptent d'en parler. Les militaires ne veulent pas sabrer leur carrière
Le 13 mars 1997, donc à une date relativement récente la ville de Phoenix, en Arizona, est le siège d'une observation nocturne qui touchera 725 témoins. Emma Barwood est employée à l'hôtel de ville. Elle reçoit tous ces appels téléphoniques, qui la stupéfient. Elle essaye de donner suite, contacte un sénateur, lequel se heurte à l'indifférence des autorités du pays. Contacté, le maire déclare qu'il ne saurait donner suite à une affaire où il y a moins de cinq témoins. Emma proteste : " il a menti ". Elle est alors l'objet d'une campagne de dénigrement. La mairie diffuse des cartes de visite à son nom indiquant qu'elle provient de la planète Zénon. Le coup de grâce lui sera donné par le gouverneur de l'état où elle réside, l'Arizona qui, participant à une émission de télévision, présentera au public " le responsable de cette affaire, à droite ", c'est à dire une technicien déguisé en extraterrestre.
Emma Barwood : " ils ont menti !" Le gouverneur de l'Arizona présentant au public le responsable de cette affaire
La base militaire explique que ces lumières n'étaient que les lueurs de fusées éclairantes. Comme dans l'ensemble du dossier, les journalistes de Canal + font bien leur boulot et parviennent à dénicher un militaire, qui n'acceptera de témoigner que de de manière anonyme, sans qu'on voie son visage :
- Oui j'ai vu cet ensemble de lumières. Les fusées éclairants descendent au bout de petits parachutes. La lumière qu'elles émettent éclaire le sillage de fumée qu'elles laissent en descendant. De plus ces "flares" ne se déplacent pas horizontalement, et on ne les tire pas au dessus d'une ville où elle risqueraient de mettre le feu. Cette explication n'a aucun sens.
Cette affaire brisera la carrière d'Emma Barwood. Onze ans plus tard, à la retraite, le gouverneur se confie à une télé locale. Oui, il a menti, " pour éviter que les gens ne paniquent ". Pour éviter d'avoir des ennuis, aussi. Mais comme sa carrière politique est maintenant achevée, alors il est bon qu'il dise la vérité : " oui, cet objet, je l'ai aussi vu ".
L'ancien gouverneur de l'Arizona avoue Un dessin réalisé par un des témoins.
Les journalistes de Canal +, consciencieux, tentent de rencontrer quelqu'un de la base aérienne, qui leur confirme cette thèse des fusées éclairantes. Mais on leur répond :
- C'est déjà de l'histoire ancienne ( 1997 ! ). Il y a eu beaucoup de mutations ici, à la base. Personne ne sait plus de quoi il s'agit et nous n'avons aucun dossier là-dessus.
Ce dossier monté par Canal + est décidément bien riche et instructif. Nous ne citerons pas tous les thèmes abordés. Le 26 décembre 1980 un ovni survole un bois situé à proximité d'une base de l'OTAN, située à 200 km au nord est de Londres, à Rendlesham, abritant des missiles nucléaires. Le premier témoin est un soldat américain, James Penniston, dont on entend le témoignage. Il donne un croquis de l'engin posé sur le sol "grand comme un char d'assaut" . Deux jours après, retour de l'ovni. Cette fois c'est le colonel Charles Halt qui se rend sur les lieux, de nuit, avec douze hommes. Il passe devant les journalistes la bande magnétique relative à sa correspondance avec la base, qu'il a enregistrée au moment de son observation. Ils aperçoivent une énorme lueur au dessus d'eux, qui disparaît soudain en se fractionnant en cinq objets. Au sol, trois marques, imprimées dans un sol gelé, très dur. La profondeur des traces permettent d'évaluer la masse de l'objet à plusieurs tonnes.
Le clou de l'émission est l'interprétation qu'un astronome anglais donne de toute cette histoire. Selon cet " expert " Halt et les autres n'ont vu qu'un phare à travers les arbres. Quand aux traces dont les empreintes ont été moulées, elles ont été faites par ... des lapins. Halt éructe : " je n'ai jamais vu un phare se déplacer horizontalement et éclater en cinq morceaux ! ".
Le moulage d'une des traces L'astronome : " ces traces ont été faites par des lapins "
Vous voyez, c'est fantastique ! Pour les scientifiques les choses peuvent toujours s'expliquer très simplement. On cherche toujours des choses trop compliquées.
Je finirai en évoquant ce fantastique rapport Cometa, de 1999, intitulé " les ovnis et la Défense. A quoi devons-nous nous préparer ". Cometa est une association 1901 qui a été créée par général de l'armée de l'air : Denis Letty. Quand le rapport est sorti, certains disaient " on veut nous préparer à quelque chose ". Non, il s'agissait d'une simple initiative d'individus, en général des militaires de haut grade, dont pas mal avaient été témoins d'ovnis. Ce rapport, remis en mains propres au président ( Chirac ) et au premier ministre de l'époque ( Jospin ) a ruiné la réputation du groupe au sein du Ministère de la Défense. Letty y a été traité en pestiféré, a vu les portes se fermer devant lui . A l'époque j'avais tenté, vainement, de prendre contact avec lui. J'aurais pu lui apporter les éléments technico-scientifiques qui manquaient dans ce rapport. J'aurais pu l'aider.
Le rapport Cometa, 1999 Le président de l'association Cometa
Il faut dire qu'en dehors de prises de positions incroyablement hardies, la plaquette ne reposait sur aucun support scientifique et ses recommandations étaient indigentes, et même parfaitement ridicules : renforcer le SEPRA ( c'est à dire donner des moyens et des crédits à Jean-Jacques Vélasco ). Un coup d'épée dans l'eau, qui laisse aux auteurs de ce mémoire une certaine amertume. Mais, devant la caméra Letty ne se rétracte pas. Il maintient sa conclusion : selon lui les ovnis sont des machines, mises en oeuvre par des intelligences. Et comme il est exclu que ces engins puissent être conçus avec le technologie terrestre c'est, conclut-il, ... qu'ils viennent d'ailleurs.
Le rideau retombe. Les journalistes concluent et disent :
- Les scientifiques sont prudents, pour ne pas alimenter les délires des ufologues et des chasseurs d'extraterrestres ( ... ) . Les experts continuent de chercher pour pouvoir peut être donner un jour une réponse à ce phénomène mystérieux.
Il n'y a pas trente-six réponses possibles. Il suffit de revoir le contenu de cette émission, les aspects du dossier pour se rendre compte que le phénomène ovnis ne saurait être un jour réduit à un phénomène naturel ou à des phénomènes produits par l'homme, à des machines construites par lui. Si on sait aujourd'hui créer des choses qui pourraient sembler singulières avec, par exemple, des drones, ou des lasers, ces choses étaient exclues il y a trente ou cinquante années. La seule explication à laquelle il faut accepter de se confronter c'est l'hypothèse d'incursions d'extraterrestres. C'est celle vers laquelle se tourne Letty et c'est aussi la nôtre.
Tout au long de l'émission vous entendrez les " responsables " nous expliquer leur point de vue. Les militaires doivent contrôler l'espace aérien national, et le maintenir la crédibilité de leur système de défense. Au besoin ils n'hésitent pas à tirer, comme ce Péruvien, sans se soucier du risque de déclencher ... un conflit à échelle interplanétaire. Le cas n'est pas isolé. Là, l'ovni pouvait sans problème vaporiser ces obus avant qu'ils ne le frappent, après un système à énergie dirigée. Nous ne tarderons pas à pouvoir protéger des appareils de tirs d'objets aussi primitifs que des obus, si ça n'est pas déjà fait. Il en est tout autrement avec les armes laser, qui frappent leur cible à la vitesse de la lumière. Avec celles-ci les Américains auraient déjà mis plusieurs ovnis au tapis, paraît-il. Les Cow-boys ont la détente facile, c'est bien connu. Mais il y a aussi la technologie de ces machines, vers laquelle lorgnent toutes les armées du monde.
Le plus comique, c'est ce brave Patenet, qui vient enseigner aux jeunes élèves de l'ENAC, de l'Ecole National de l'Aviation Civile la conduite à tenir quand on est confronté à un ovni.
- Si vous croisez un ovni sur votre route, laissez-lui la priorité
Il faut se montrer prévoyant. Si ces visites s'intensifient, ne faudra-t-il pas envisager un partage des couloirs aériens ?
Les scientifiques, les professionnels dse la science eux, pratiquent depuis un demi-siècle la politique de Tartuffe :
- Cachez cet ovni que je ne saurais voir....
Cette émission aura sans doute eu pas mal d'impact au sein du public. Va-t-elle relancer l'intérêt des médias ?