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Auteur Sujet: Livre: Science interdite de Jacques Vallée  (Lu 3702 fois)

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Livre: Science interdite de Jacques Vallée
« le: 12 Septembre 2008 à 21:45:53 »

Je viens de lire le livre de Jacques Vallée, Science interdite. C'est un formidable témoignage sur la recherche ufologique aux USA (principalement) dans les années 60. Ce livre dresse aussi un portrait indirectement de Allen Hynek. Un livre que j'ai eu beaucoup de plaisir à lire.

Si vous mettez la main sur un exemplaire de ce livre, hélas devenu rare, n'hésitez pas.

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Re : Livre: Science interdite de Jacques Vallée
« Réponse #1 le: 12 Septembre 2008 à 21:49:56 »

S'il est si rare, peux-tu as-tu un scanner,
et un peu de temps libre ?

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Re : Livre: Science interdite de Jacques Vallée
« Réponse #2 le: 13 Septembre 2008 à 00:57:15 »

C'est un livre de plus de 400 pages...

Si tu  n'es pas trop pressé, parce que cela  prend du temps, j'essaierai de le scanner.

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Re : Livre: Science interdite de Jacques Vallée
« Réponse #3 le: 13 Septembre 2008 à 01:35:44 »

Ce serait surement un travail apprécié par beaucoup..
s'il n'y a pas de candidats pour une réédition.

titilapin2

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Re : Livre: Science interdite de Jacques Vallée
« Réponse #4 le: 13 Septembre 2008 à 14:09:52 »

 

Science interdite : Journal 1957-1969, Un scientifique français aux frontières du paranormal (Broché)

Détails sur le produit
Broché: 440 pages
Editeur : OP éditions (1 juillet 1997)
Collection : Documents
Langue : Français
ISBN-10: 2912607000
ISBN-13: 978-2912607003

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Détails sur le produit
Relié: 466 pages
Editeur : North Atlantic Books (31 juillet 1992)
Langue : Anglais
ISBN-10: 1556431252
ISBN-13: 978-1556431258
From Publishers Weekly
Known principally as an investigator of the UFO phenomenon ( Dimensions ) and a science fiction novelist, the French-born Vallee (now a resident of the U.S.) has also worked as a computer scientist in both academia and industry. Ufologists will not find the answers to all of their questions here, for although Vallee believes that UFOs exist, he has no idea just what they are. Therein lies the excellence of his dazzling diary: it offers a glimpse into the mind of a scientist who seems to challenge every preconception and established piety. To his academic training as a mathematician and scientist, which stressed rational approaches to problems, Vallee has brought an interest in the mystical, the psychical, the paranormal. He has been a Rosicrucian and has studied the works of ancient scientists like Paracelsus. His diary is replete with profoundly insightful, often devastating observations about the strengths and weaknesses of France and the U.S., their academics and their researchers in industry. Photos.
Copyright 1992 Reed Business Information, Inc.

From Library Journal
Vallee's Anatomy of a Phenomenon ( LJ 6/1/65) was one of the first popular studies of UFOs written by a scientist. A computer specialist, Vallee became interested in UFOs after seeing an unidentified flying object near his home in France. His journals encompass a major portion of his professional life: his initial training in astronomy, his emigration to the United States, and his close association with J. Allen Hynek, noted adviser to the U.S. Air Force on UFOs. Vallee admits that he is no closer to an explanation now than he was 25 years ago as to what these objects represent. His research, however, points toward a paranormal answer, a theme he explored in Passport to Magonia ( LJ 9/15/69). Vallee characterizes the scientific community's lack of attention to UFO research as "one of the great intellectual failures of this century" and argues that U.S. government agencies have kept the best UFO data hidden and have shamelessly manipulated the public record. Vallee's journals comprise a fascinating intellectual odyssey that will be enjoyed by anyone interested in open inquiry tempered by rational thought. Recommended for most libraries.
- Gary D. Barber, SUNY at Fredonia Lib.
Copyright 1992 Reed Business Information, Inc.


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De 1957 à 1969, Jacques Vallée rédigea un journal personnel sur les évènements qu'en tant qu'observateur il jugea les plus intéressants, notamment en ce qui concerne le phénomène OVNI mais aussi sur d'autres sujets. Publié dès 1992 aux Etats-Unis sous le titre "Forbidden science - Journals 1957-1969", il fut republié en français dès 1997 sous le titre "Science interdite - Journal 1957-1969" (O.P. Editions). Jacques Vallée  a augmenté cette version française d'un épilogue afin d'apporter un éclairage sur les changements et les évolutions qui se sont manifesté depuis 1969, date à laquelle son journal personnel prend fin. Voici donc ce texte...




Le passage du temps est fortement corrosif. Non seulement il efface de notre mémoire bien des faits, des dates et des chiffres, mais il érode même notre impression de ceux qui ont eu un impact sur notre vie et il déforme la vision que nous avons de nous-mêmes. Un journal, tenu de manière suffisamment rigoureuse, est une arme formidable pour combattre cette érosion ; mais il rend aussi nos erreurs plus évidentes, nos échecs plus clairs ; source d'expérience et d'humilité, il place même les succès dont nous sommes les plus fiers dans la perspective de réussites bien plus remarquables obtenues par d'autres personnes.
Le présent volume serait incomplet si nous laissions l'histoire s'arrêter simplement à l'aube des années 70. Près d'un quart de siècle s'est écoulé depuis que la dernière ligne de ce journal a été écrite. Il est normal que mes lecteurs demandent ce que les protagonistes sont devenus, quelles découvertes ont été faites depuis et comment les événements ici décrits ont déterminé
l'état actuel du problème des OVNI et en influenceront l'avenir. Ces questions peuvent être rassemblées en cinq rubriques majeures.

************

La première question est fondamentale. Elle englobe la réalité et la nature possible des objets volants non identifiés.

La triste vérité est qu'ils demeurent un mystère aujourd'hui, comme ils l'étaient dans les années 60.
Les principaux cas qui furent enregistrés dans le journal au fur et à mesure qu'ils se développaient - Socorro, le « gaz des marais » du Michigan, Monticello, l'enquête sur l'enlèvement des Hill et bien d'autres - furent suivis d'événements tout aussi sensationnels dans les années 70 et 80. Ces nouveaux cas, telle la rencontre rapprochée des deux pêcheurs de Pascagoula ou l'enlèvement de Travis Walton, firent les gros titres et envoyèrent Allen Hynek sous les projecteurs des médias, pour tomber dans l'oubli quelques semaines plus tard. Ces cas grossirent les fichiers sans fournir de nouveaux modèles. Au contraire, le phénomène OVNI semblait prendre un malin plaisir à nous envoyer des signaux contradictoires.

Une nouvelle analyse sur ordinateur des tendances historiques, que j'effectuai vers le milieu des années 70, fournit un graphique remarquable montrant des « vagues » d'activité qui n'avaient rien de périodique. Fred Beckman et le professeur Price-Williams (de l'Université de Californie à Los Angeles) découvrirent une ressemblance entre cette évolution et les « schémas de renforcement » qui sont typiques d'un processus d'entraînement ou d'apprentissage : le phénomène se comportait comme un système de contrôle plutôt que comme une expédition de voyageurs extraterrestres.

Nous sommes entourés par des systèmes de contrôle. Certains font partie intégrante de la nature : l'écologie, les climats, la démographie en sont des exemples communs ; d'autres sont d'origine sociologique, comme le processus de l'éducation supérieure, la justice ou les camps de concentration ; d'autres encore, tels le contrôle d'altitude d'une fusée ou d'un satellite ou simplement l'humble thermostat sur le mur d'un appartement, sont de construction humaine.

Si le phénomène OVNI représente un système de contrôle, pouvons-nous le tester pour déterminer s'il est naturel ou artificiel, ouvert ou fermé ? C'est une des questions les plus intéressantes que l'on puisse poser à propos du phénomène et elle n'a pas encore reçu de réponse.

La publication de telles idées dans Le Collège invisible, un livre que je sortis en 1975, polarisa les chercheurs, car la question de la nature psychique du phénomène devait forcément être soulevée dans la foulée. Or, c'était une hérésie pour beaucoup de gens qui n'acceptaient que les OVNI en tôle et en boulons, une notion que nous avions déjà abandonnée. Venant quelques années après Visa pour la Magonie, la publication du Collège invisible élargit encore un peu plus la faille qui séparait mon travail de la ligne du parti des soucoupistes inconditionnels, comme le fossé qui m'éloignait des sceptiques.

D'un côté, mes collègues scientifiques « savent » ou croient savoir que tout ce domaine est absurde et que les témoins sont des escrocs ou de mauvais observateurs victimes d'hallucinations. Quant à mes amis ufologues, de l'autre côté, ils « savent » avec une conviction égale que les objets en question sont extraterrestres. Sur la base des données que j'ai accumulées, je ne peux me ranger ni dans un camp, ni dans l'autre. J'ai donc parfois l'affreuse sensation d'être le seul être humain qui ne sache pas ce que sont les OVNI.

Les occupants des OVNI décrits par les témoins de rencontres rapprochées sont désignés sous des termes variés : visiteurs, ufonautes, opérateurs, humanoïdes. Ils continuent  à se comporter comme les monstres absurdes des mauvais films d'Hollywood, sans donner le moindre signe que leur présence sur notre planète soit liée à un processus rationnel quelconque. Il y a pire : parmi les milliers de cas d'enlèvements qui ont été analysés, aucun modèle ne s'est révélé qui puisse être mis en corrélation avec une visite d'extraterrestres. La technologie de ces êtres est un simulacre - un fort mauvais simulacre - de notions dépassées d'ingénierie ou de biologie humaine. Le véritable mécanisme de leur fugitivité et de leur absurdité nous échappe clairement. Peut-être devons-nous y voir le signe que nos théories sont entachées d'erreur ?

Avant de nous lancer dans ce débat, il nous faut une définition plus précise de ce que la plupart des ufologues entendent par « extraterrestre. »

Aujourd'hui, l'interprétation dominante du terme continue à être donnée au niveau le plus élémentaire : les OVNI sont considérés comme les vaisseaux spatiaux d'une civilisation qui aurait évolué sur une autre planète. Leurs pilotes sont supposés être humanoïdes, généralement des « petits gris » aux grands yeux noirs qui seraient venus ici vers la date de l'observation de Kenneth Arnold, en 1947.

On nous dit qu'ils s'intéressent aux minéraux terrestres et aux matériaux biologiques et qu'ils enlèvent des humains pour procréer avec eux. Tout cela semble presque rationnel. Tous les ufologues ne suivent pas strictement cette interprétation, bien sûr ; il existe de nombreuses variantes. Pourtant, ce qui précède représente une bonne approximation de l'hypothèse « extraterrestre » qui domine la littérature actuelle en Amérique. Cette imagerie simpliste a été renforcée par plusieurs grands films comme Rencontres du troisième type (1977), pour lequel le professeur Hynek était conseiller et E.T,. l'extraterrestre (1982). On la trouve également dans des documentaires télévisés et des films de science-fiction innombrables.

Le fait que de nombreux témoins décrivent en fait quelque chose de complètement différent, qui remonte à une date bien antérieure à 1947 et même au siècle actuel et ne ressemble que rarement à un vaisseau spatial, a été passé sous silence. Même quand ils décrivent des êtres extraterrestres, le modèle-type des humanoïdes nains à peau grise n'est pas nécessairement suivi. Les formes et les comportements correspondent à une grande variété.

Ma propre spéculation est que les OVNI opèrent dans une réalité multi-dimensionnelle dont le continuum espace-temps constitue un sous-ensemble. En ce sens, je ne rejette pas complètement l'idée d'une origine extraterrestre ; mais je crois que la forme d'intelligence représentée par le phénomène peut coexister avec nous sur terre, tout comme elle peut provenir d'une autre planète dans notre univers ou même d'un univers parallèle.

La formation scientifique est un lourd fardeau. Mes professeurs m'ont enseigné que la science commençait par l'aptitude à critiquer les théories, même les miennes. Mais le simple fait de remettre en question l'origine extraterrestre des OVNI est perçu comme une trahison par ceux qui ont besoin de croire au contact extraterrestre pour leur confort personnel. Ces gens-là prétendent qu'ils cherchent la vérité scientifique, mais ils sont tout bonnement en train de créer un dogme de plus.

Mon refus obstiné de suivre toute ligne de parti a créé une confusion regrettable au cours des années. Inévitablement, on m'a attribué diverses théories absurdes, ainsi que des déclarations que je n'ai jamais faites.

Par exemple, quand j'ai avancé que le phénomène OVNI était en partie de nature psychique, on a voulu entendre que j'accusais les témoins d'être les victimes de simples illusions, ce que je n'ai jamais dit, écrit ou pensé.

Plus tard, mon observation selon laquelle certains cas étaient manipulés par des sectes, souvent inspirées par des services de renseignement, a été déformée. On a prétendu que j'avais renié mes écrits précédents pour attribuer toutes les « soucoupes volantes » à des prototypes humains ou à des outils de manipulation psychologique. Je n'ai jamais dit pareille chose.

Pour clarifier la question une fois pour toutes, je répète ici ma position sur le phénomène, position qui est dans la ligne de tout ce que j'ai précédemment écrit :
Le phénomène OVNI existe. Il a été avec nous tout au long de l'histoire. Il est de nature physique et reste inexpliqué pour la science contemporaine. Il représente un niveau de conscience que nous n'avons pas encore reconnu et qui est capable de manipuler des dimensions qui dépassent le temps et l'espace tels que nous les représentons. Il affecte notre propre conscience humaine d'une manière que nous ne comprenons pas et il se comporte globalement comme un système de contrôle.

Parce qu'il peut manipuler notre conscience de manière inconnue, le phénomène produit aussi des effets que nous ne pouvons décrire que comme paranormaux. Je crois, comme Allen Hynek, que la science humaine d'un siècle à venir fournira l'explication de ces effets.

Aimé Michel est resté en désaccord avec moi sur ce point : jamais un chien, même dans un siècle à venir, ne comprendra la relativité d'Einstein, parce qu'il manque au cerveau du chien la structure requise.

Sommes-nous dans la même position que le chien ? C'est, là encore, une importante question non résolue.

Le phénomène OVNI joue un rôle important dans de nombreuses traditions mythologiques. Il a affecté nos religions et nos vues modernes sur l'univers. Il se peut qu'il nous trompe par les images qu'il nous présente, masqué comme il l'est sous différents déguisements dans différentes cultures : Dieu pour les anciens Hébreux ou pour les Mésopotamiens, elfe ou sylphe pour les chroniqueurs médiévaux, démon pour les Inquisiteurs chrétiens. Il a pu également se manifester sous la forme de fantôme ou d'esprit frappeur devant nos grands pères à la fin du XIXe siècle ou sous l'aspect de la Vierge Marie pour les dévots catholiques. Aujourd'hui, au sein de la civilisation technologique de la fin du XXe siècle, nous observons un phénomène qui surpasse nos astronautes et leurs brillantes combinaisons ou encore les nains à grosse tête de la science-fiction classique.

************

La seconde question que cet épilogue doit traiter est la réaction du monde scientifique devant le phénomène.

 Et là encore, peu de choses ont changé depuis la rédaction du journal.

Si l'Armée de l'air américaine a pu se permettre de traiter le problème OVNI d'une manière aussi lamentable et superficielle, c'est que la communauté académique, aussi bien aux Etats-Unis qu'ailleurs, a manqué tout autant d'information que d'intérêt envers le sujet. Pour la plupart des universitaires, l'ufologie est une aberration.

Comment pourraient-ils aboutir à une conclusion différente ?

Les vraies données n'ont jamais été exploitées. Le travail scientifique n'a jamais été fait et le lecteur de mon journal peut facilement en voir la raison : quelques scientifiques comme Hynek et moi et peut-être une douzaine d'autres, à titre individuel, ont consacré leurs ressources et leur temps libre à documenter des anecdotes intéressantes, mais la puissante machinerie de la science n'a jamais été utilisée pour analyser le phénomène. Notre plus grand échec fut notre incapacité à construire une argumentation assez forte devant nos collègues et à lancer une véritable enquête. Il est tout simplement impossible de spéculer sur les découvertes qui auraient pu en résulter.

Comme le journal le montre, mes premiers ouvrages soulevèrent un certain intérêt, à titre privé, parmi quelques scientifiques comme Fred Beckman à l'Université de Chicago, Douglas Price-Williams à l'Université de Californie à Los Angeles et Peter Sturrock à Stanford. Ils étaient arrivés à des conclusions semblables par leurs propres déductions. Ils furent les courageux pionniers d'un « Collège invisible » qui poursuivit son développement sans toutefois être en mesure d'entreprendre des recherches à long terme. Même l'ouvrage lucide publié par Allen Hynek en 1972 sous le titre The UFO Experience, un classique qui visait à lancer  ce qu'il appelait à juste titre « l'histoire naturelle du phénomène », ne réussit pas à créer un intérêt durable au sein du monde scientifique.

Comme je l'avais prédit à Allen, tout effort pour documenter les cas authentiques et pour les placer sur la scène publique créait en même temps un lucratif marché pour les escrocs de tout poil, qui n'hésitaient pas à fabriquer des histoires ahurissantes pour la plus grande joie de la presse à sensation et pour le plus grand profit des chaînes de télévision. Dans l'esprit de nombreux scientifiques, conservateurs par nature, un phénomène qui se prêtait ainsi à une exploitation éhontée par les médias et par des zélotes échevelés ne pouvait pas être digne d'attention. Les appels de Hynek, comme les miens, furent tout simplement noyés dans le tumulte.

Vers le milieu des années 70, les scientifiques qui s'intéressaient réellement aux intelligences non humaines, comme Carl Sagan à Cornell et Frank Drake à l'Université de Californie ou Barney Oliver chez Hewlett-Packard ou encore Ronald Bracewell à Stanford, avaient trouvé un plat plus substantiel à se mettre sous la dent : ils avaient lancé le projet SETI qui utilisait des radiotélescopes pour tenter de capter des signaux intelligents en provenance du cosmos.

La plupart des astronomes pensent que la vie existe dans tout l'univers, surtout sur des systèmes planétaires centrés sur des étoiles jaunes à rotation lente comme notre soleil. Mais une civilisation avancée, basée sur une telle planète, en serait-elle encore à se servir des ondes radio pour annoncer sa présence ?

On a dit que le projet SETI, comme son prédécesseur le projet OZMA, était une tentative de la part de ceux qui étaient morts depuis longtemps pour communiquer avec ceux qui n'étaient pas encore nés ! Pourtant la presse scientifique y prêta beaucoup plus d'attention qu'aux OVNI. Malgré son intérêt, SETI ignorait complètement les nombreux rapports de témoins authentiques qui décrivaient une forme d'intelligence non humaine qui interférait avec la destinée terrestre dans notre propre environnement. Je considère le manque d'attention prêté aux OVNI par la science comme un des grands échecs intellectuels de notre siècle.

Si la science officielle se détournait du problème, qu'en était-il donc de la recherche privée ?

Que ce soit en archéologie ou en médecine, les chroniques sont remplies d'exemples de riches mécènes ayant eu l'intelligence et le courage d'explorer des régions scientifiques négligées par l'establishment. Les noms de riches familles comme Kettering, Ford, Rockefeller et Carnegie sont associés à des fondations de recherches qui représentent certaines des plus grandes réussites des arts et des sciences. Malheureusement, ces institutions ne s'intéressèrent jamais au sujet, bien que Hynek et d'autres, au fil des années, aient tenté d'obtenir des fonds pour un effort limité, mais bien focalisé.


Les grands mécènes ont souvent une arrière-pensée. Ils soutiennent des recherches qui confirment leurs propres théories, étudient leurs maladies ou flattent leurs excentricités. Des millionnaires frappés d'un cancer en phase terminale ont parfois financé des chaires d'oncologie et de riches familles qui avaient vu leurs enfants mourir prématurément ont fourni des fonds pour des parapsychologues qui tentaient de communiquer avec les âmes des disparus. Mais les mécènes qui soutiennent des recherches audacieuses et spéculatives sur la base de leur propre mérite sont vraiment rares.

Allen Hynek découvrit cette vérité d'une manière brutale. On lui a souvent promis de grosses sommes qui s'évaporaient dès qu'il refusait de compromettre ses standards scientifiques. Pendant l'été 1984, amèrement déçu par le Centre pour l'Etude des OVNI (le CUFOS) qu'il avait établi à Evanston et qui était devenu un groupuscule comme les autres, il chargea ses dossiers personnels dans un camion et partit pour Scottsdale sur la foi d'une promesse de financement faite par un richissime Anglais.

Malheureusement, les choses n'allèrent pas mieux en Arizona. Allen me proposa de l'y rejoindre, mais il devint vite évident que l'intérêt de son mécène se bornait à s'entourer de quelques scientifiques disposés à promouvoir ses théories personnelles. Un espoir de plus mordit la poussière. La situation de la recherche reste la même aujourd'hui. Quelques millionnaires ont fourni des sommes modestes pour des projets qui renforçaient leurs vues personnelles sur l'origine extraterrestre des OVNI, mais ils ont exclu toute autre théorie. Non seulement un tel biais est inacceptable dans n'importe quel domaine de la science, mais il garantit que les quelques résultats valables qui pourraient découler du projet seront rejetés comme entachés d'erreur par toute commission scientifique chargée de les valider. C'est comme si quelqu'un acceptait de financer un nouvel observatoire planétaire, mais à la condition expresse que les astronomes appelés à y travailler acceptent la théorie que la Terre est fixée pour toujours au centre de l'univers !

Le peu de recherche qui se fait aujourd'hui sur le sujet est malheureusement exposé à toutes les insultes du sectarisme. Le travail valable de quelques groupes d'amateurs est défiguré par leurs intenses querelles de clochers. Le scientifique indépendant qui s'aventure au milieu de leurs vitupérations est vite pris entre deux feux, tel un malheureux touriste qui entrerait à l'improviste dans un bar du Far West. Les bonnes enquêtes sur le terrain faites par des chercheurs bénévoles (heureusement, ils restent nombreux et actifs) ne sont que rarement publiées. Beaucoup de cas importants sont enterrés pour toujours.

Vers 1976, ma propre carrière avait pris une direction nouvelle. Je dirigeais une entreprise d'informatique à Silicon Valley, au grand chagrin de Hynek : « Vous devriez être professeur quelque part », me disait-il souvent. Mais j'avais vu quel sort on réservait aux professeurs d'université qui montraient un peu trop d'indépendance et je n'avais pas envie de perdre la liberté intellectuelle que me donnait mes compétences techniques en Californie, cette terre bénie des informaticiens.

Je voyais souvent Hynek ces années-là, soit chez moi à Belmont, soit là où nos voyages coïncidaient. Un étranger qui aurait surpris nos conversations aurait été étonné de découvrir que nous passions relativement peu de temps à parler d'OVNI. Il est vrai que nous avions un certain désaccord à ce sujet. Il refusa toujours de remettre en question les incohérences de l'Air Force. Au fur et à mesure que mes recherches sur les sectes ufologiques et les cultes s'approfondissaient, je découvris à quel point les systèmes de croyances étaient susceptibles d'être manipulés par des groupes extérieurs qui avaient des motifs cachés. La véritable étendue des expériences de contrôle des esprits (en particulier dans le projet MK-Ultra qui fut dénoncé par le Congrès) ne fut révélée que quelques années plus tard dans toute son horreur.


Hynek et moi étions en désaccord quant à l'urgence d'une enquête sur les faits cachés par les agences gouvernementales. Pourtant, il rejoignit graduellement ma position, selon laquelle les OVNI n'étaient probablement pas des vaisseaux extraterrestres.

En octobre 1976, il dit courageusement à un journaliste : « j'en suis arrivé à donner de moins en moins de poids à l'idée que les OVNI soient des engins spatiaux en tôle et boulons venant d'une autre planète. (...) Trop de choses vont à l'encontre de cette théorie. Il me semblerait ridicule qu'une super-intelligence voyage sur de si grandes distances pour se livrer à des activités relativement stupides comme d'arrêter les voitures, de ramasser des échantillons de sol et d'effrayer les gens. Je crois qu'il est temps de reprendre l'examen des faits. Il faut chercher plus près de nous ».

Inévitablement, nos discussions nous entraînaient dans des eaux plus profondes : les derniers développements en parapsychologie, la nature psychique de l'homme et l'échec de la science devant les niveaux supérieurs de la conscience. Nos débats touchaient aux phénomènes du mysticisme et à la signification de l'initiation.

L'homme à qui je parlais en de telles circonstances était le véritable Allen Hynek et il est dommage que ses collègues en science et ses disciples en ufologie n'ont jamais entendu ou compris ce qu'il pouvait leur offrir à cet égard. Il en savait beaucoup plus en parapsychologie qu'il ne le laissait voir publiquement. Après sa mort en 1986, sa femme Mimi me dit qu'il avait demandé à ce que les livres qu'il avait accumulés sur ce sujet me soient légués. Ils représentent aujourd'hui une section très spéciale de ma propre bibliothèque, que je garde précieusement.

Dans mon travail actuel, qui a trait au financement de la technologie, je reviens souvent avec quelque amertume sur les leçons de ces années-là, marquées par la déformation et l'évidente malhonnêteté des quelques projets académiques consacrés au paranormal, la débâcle du projet Livre Bleu et le spectacle de frayeur et de petitesse donné par les mandarins de la science qui jugeaient sommairement sans prendre les cas en considération sérieuse ou détruisaient tout simplement les données, comme mon patron l'avait fait quand j'étais jeune astronome payé par le comité de l'espace.

************

Le scandale intellectuel du Mémorandum de Pentacle constitue la troisième question qui doit être traitée ici.

Il est difficile de trouver une excuse pour la trahison de la science qui eut lieu quand les services de renseignements décidèrent de ne pas fournir au comité Robertson les résultats obtenus par Pentacle et son groupe.

La découverte du mémorandum de Pentacle eut un effet profond sur moi. Il me donna une vision très désagréable des méthodes pratiquées par les agences gouvernementales et les consultants de haut niveau qui les servent. Si j'étais resté silencieux à ce sujet, comme j'aurais pu le faire en coupant ces passages du journal, certaines de mes actions passées seraient restées inexplicables. C'est en partie à cause du mémorandum que je revins en Europe en 1967. Il éclairait les vices de la politique scientifique au niveau le plus élevé. Pour un jeune astronome idéaliste, c'était toute une éducation.

En tout état de cause, je ne sais pas jusqu'où on doit aller en soupçonnant un dessein sinistre derrière ce fameux document. Un groupe de responsables de la CIA avaient réuni un comité formé des cinq physiciens les plus éminents des Etats-Unis pour passer en revue une série de cas potentiellement significatifs en matière de science et de sécurité nationale. On ne leur donna pas accès aux conclusions atteintes par une institution de recherche prestigieuse, quoique le « Projet Cigogne à Battelle » ait été brièvement mentionné, d'après un rapport de F.C. Durant sur la réunion de janvier 1953, rapport adressé au sous-directeur des Renseignements scientifiques de la CIA.

Le fait qu'aucun membre de l'équipe de Battelle n'ait été invité à développer les découvertes mentionnées dans le mémorandum de Pentacle est remarquable. Le lecteur doit noter que le comité en question  n'était pas un groupe de consultants ordinaires : le professeur Luis Alvarez reçut le Prix Nobel de Physique ; Lloyd Berkner était un savant spécialisé en aérospatiale ; Sam Goudsmit, de Brookhaven, était l'un des dirigeants de la physique nucléaire américaine ; Thornton Page était l'un des plus éminents astronomes des USA ; quant au chairman, H. P. Roberston, c'était un physicien de renommée mondiale qui travaillait à l'Institut de Technologie de Californie.

Certains diront que Hynek aurait dû faire un scandale auprès de l'Académie des Sciences en brandissant ce document dès que je l'ai retrouvé dans ses archives.

C'est peut-être vrai. Mais Hynek était un homme tranquille qui détestait l’affrontement et le scandale, craignait les autorités et ne posait pas de questions en matière de secret. Il me dit un jour qu'il ne regarderait pas sous le lit, même s'il était certain que quelque chose y était caché. Le document que j'avais trouvé dans ses dossiers resta poétiquement dissimulé dans le sous-verre où je l'avais glissé, sous une reproduction en couleur d'une tapisserie de La Dame à la Licorne. Le cadre resta suspendu à un clou dans son bureau de l'Observatoire de Corralitos dans les montagnes désertiques du Nouveau-Mexique où il ne risquait pas d'attirer l'attention de journalistes curieux ou d'ufologues fouineurs. Ce n'est qu'après bien des hésitations que j'ai décidé moi-même d'en révéler l'existence.

Pour ceux qui croient aux complots, le document de Pentacle peut fournir une indication supplémentaire d'un « cover-up » qui daterait au moins de 1953. Dans un roman que j'intitulai Alintel (publié en 1986 au Mercure de France), je développai un scénario démontrant comment le Pentagone avait fort bien pu enterrer ses recherches sur les OVNI après le comité Robertson. Le roman développe l'idée que le projet Livre Bleu servait de leurre pour détourner l'attention de la communauté académique et du public pendant qu'un petit groupe de spécialistes poursuivaient l'étude des cas.

Ceux qui voient l'ufologie d'un œil plus conservateur peuvent argumenter que le mémorandum ne prouve qu'une seule chose, à savoir que certaines conclusions importantes ne furent pas communiquées à Alvarez, Robertson, Page et leurs collègues, sans toutefois démontrer l'existence d'une conspiration délibérée.

Mais pourquoi les conclusions de Battelle ne furent-elles pas discutées ?
Se pourrait-il que les recommandations détaillées, intelligentes, faites par Pentacle, visant à simuler des vagues d'OVNI artificielles dans des zones choisies aient été effectivement exécutées ?
Est-ce là l'explication de certaines observations bizarres faites dans les années qui suivirent ?


Quand j'attirai l'attention sur l'évidente manipulation des systèmes de croyance qui se profilait derrière ces montages, beaucoup de chercheurs refusèrent d'y croire. Il m'était difficile de défendre ma thèse puisque ni Hynek ni moi ne voulions parler de Pentacle.

Aujourd'hui on ne peut plus nier que, depuis le milieu des années 50, la communauté des renseignements  envisageait exactement ce genre de manipulation et qu'elle faisait des plans à grande échelle. Les confessions publiques d'un chercheur indépendant, William Moore, au sujet des opérations secrètes ourdies par l’OSI, le Bureau des enquêtes spéciales de l'Armée de l'air, sont venues renforcer ce scénario.

J'ai décrit ces manœuvres relevant de la guerre psychologique dans un livre récent intitulé Révélations (Laffont, 1992) et je n'ai pas besoin de m'y étendre davantage. Je préfère laisser aux historiens futurs le soin de décider objectivement s'il existait oui ou non, un projet sur le modèle d'Alintel. Mais le mémorandum de Pentacle représente le genre de facteur négatif dans les rouages internes de la science que les sociologues feraient bien d'élucider, au lieu de passer leur temps à ridiculiser les témoins du phénomène OVNI qui ne font qu'offrir généreusement leurs expériences à la recherche contemporaine.

Aujourd'hui, il me semble probable que l'exécutif du gouvernement des Etats-Unis, comme d'ailleurs dans les autres nations, est parfaitement au courant de la réalité physique et des formidables conséquences du problème OVNI.

Il me semble également évident qu'un accord est en place à ce niveau pour étouffer les données et pour décourager la recherche indépendante. Les expériences répétées que nous avons connues au cours des années 60, quand nos requêtes discrètes au niveau le plus élevé du gouvernement français se heurtèrent à un mur de secret et de dénégations sont un indice très clair.

Allen Hynek eut la même expérience à Washington. Bien sûr, un tel effort pour cacher des données publiques sans l'autorisation du Congrès est illégal aux Etats-Unis ; les militaires n'ont pas le droit de mentir délibérément aux citoyens ou de tromper les chercheurs scientifiques sur une question aussi fondamentale. Mais quand on y cherche un complot plus intelligent et plus diabolique, il est possible de se méprendre sur la profondeur de la stupidité bureaucratique. Il nous faut attendre qu'une lumière plus grande s'étende sur le sujet tout entier.

La suite sur le post suivant ;)  avec les sources  ;D
« Modifié: 13 Septembre 2008 à 14:54:45 par titilapin2 »
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titilapin2

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Re : Livre: Science interdite de Jacques Vallée
« Réponse #5 le: 13 Septembre 2008 à 14:11:30 »

La suite: ............

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La quatrième question que nous devons soulever ici concerne la tentation sectaire qui est présente sans aucun doute parmi ceux qui ont investi leurs croyances personnelles dans la réalité des OVNI.

Tout chercheur sérieux dans ce domaine qui a le courage de se confronter aux sceptiques doit aussi trouver le courage de dénoncer la dangereuse paranoïa qui s'est emparée des fondamentalistes de la cause extraterrestre.

Quand il abandonna ce domaine en 1991, l'écrivain Whitley Strieber décrivit les ufologues comme « les gens les plus cruels, méchants et dingues que j'aie jamais rencontrés ». Ce jugement est trop sévère, car il ne manque pas d'amateurs intelligents, généreux et diligents qui ont apporté une contribution majeure à notre connaissance du problème OVNI. Malheureusement, ils sont écrasés par des zélotes braillards qui réagissent à la moindre critique avec tout le venin et toute la bile qui caractérise les extrémistes religieux.

Tout chercheur qui n'a pas eu l'occasion de faire face à ceux qui croient à l'existence des soucoupes en « tôle et en boulons » ne peut avoir qu'une idée vague de la signification du mot « vitriolique ». Les ufologues en question ne cessent de proclamer qu'ils veulent voir des scientifiques professionnels se joindre à l'étude des OVNI, mais on s'aperçoit très vite qu'ils ne veulent que des scientifiques qui sont d'accord sur toute la ligne avec leurs idées préconçues de l'origine et de la nature du phénomène.
Les idées paranoïaques les plus extrêmes ont un impact grandissant sur le public à cause d'une question très sensible, très chargée d'émotion, qui est devenue une obsession pour les groupes ufologiques : il s'agit de la question des enlèvements. Divers auteurs, qui n'ont qu'une idée vague et non professionnelle de la psychologie clinique, se sont mis à interroger les témoins sous hypnose et cette pratique les a conduits à des fantasmes qui viennent, comme par hasard, renforcer leurs propres thèses préconçues. Ils les répandent dans un cercle toujours plus vaste à travers des livres, des films et des conférences. Sous des dehors rassurants et même paternalistes, ces auteurs ne font qu'augmenter plutôt que de soigner le choc émotionnel ressenti par les témoins. Ils créent l'impression très dangereuse d'une crise globale, imminente, qui ne fait qu'exacerber l'anxiété de leurs « clients ».

Il est donc nécessaire de faire ici le point sur la question des enlèvements.

Notons d'abord qu'au cours de la période couverte par ce journal, les enlèvements étaient déjà reconnus comme un des plus intéressants aspects du phénomène. Le cas de Vilas Boas au Brésil avait fait l'objet des recherches du docteur Olavo Fontes et il avait été publié en anglais par Gordon Creighton. Le lecteur se souvient des nombreuses conversations que Hynek avait eues avec ces personnes, ainsi qu'avec des témoins comme Betty et Barney Hill, le docteur Simon et John Fuller, l'écrivain de talent à qui le crédit est dû pour avoir attiré le premier l'attention sur les « trous » dans l'emploi du temps des témoins.

En 1970, nous avions déjà une douzaine de cas d'enlèvements dans nos dossiers. Certains chercheurs chevronnés, comme Coral et Jim Lorenzen, en avaient accumulés encore davantage. Il était clair que les enlèvements faisaient partie du problème depuis le début. La question était donc beaucoup plus complexe que la « simple » arrivée sur terre d'une expédition de visiteurs spatiaux, aussi sensationnel que puisse être un tel événement. Le phénomène posait un défi non seulement à nos définitions des objets physiques, mais à nos concepts de conscience et de réalité. En même temps, il remettait en question l'histoire des croyances humaines, la genèse même des religions, le mythe de l'interaction entre les humains et des êtres soi-disant supérieurs qui affirmaient qu'ils venaient du ciel ; les OVNI sont un défi à toutes les limites que nous plaçons sur la recherche, la science, la spiritualité. A mon avis, l'expérience des enlèvements est réelle, traumatique et extrêmement complexe.

Il est fort dommage que les quelques chercheurs qui ont étudié ces cas s'y soient lancés sans prendre la peine de développer soigneusement une méthodologie appropriée. En l'absence d'une telle discipline, le débat s'est rapidement transformé en une dispute absurde entre ceux qui croient que les extraterrestres sont méchants et ceux qui croient qu'ils viennent nous aider !

Betty Hill elle-même résuma sa déception quand elle se retira en septembre 1991, citant « les idées dingues, les fantasmes et l’affabulation », qui déformaient l'étude des enlèvements.

Je pense que deux facteurs sont importants dans la détérioration de ces recherches.

Le premier facteur est la disparition des quelques « sages » du domaine qui auraient pu mettre un peu d'ordre parmi les données et ramener au calme les participants en évitant les conclusions hâtives. En particulier, le professeur Hynek et les Lorenzen avaient accumulé assez d'expérience à la fois sur les enlèvements et sur l'hypnose pour en comprendre les implications et les limites, alors que les nouveaux « experts » n'avaient pas ce genre de scrupule.

Le second facteur qui mit les enlèvements à la mode à la fin des années 80 fut la soudaine popularité des émissions sensationnelles du type « tabloïd » aux Etats-Unis. Les interviews les plus échevelées et les plus bizarres remplacèrent les anciens programmes de l'après-midi et de la soirée. Toutes les stations de télévision conscientes de leurs profits et de leur coefficient d'audience se jetèrent sur le sujet des enlèvements à cause de son contenu émotionnel et de son dramatique côté visuel.

Lorsque j'entends des sceptiques comme Carl Sagan et Paul Kurtz  tonner contre les dangers croissants de l'irrationnel dans notre société, il est difficile de les contredire. Et pourtant, les périls créés par les fondamentalistes de la croyance irrationnelle sont proportionnels à la négligence des savants qui nient toute réalité d'un phénomène qu'ils ne se sont jamais donné le mal d'étudier.

Le phénomène OVNI est un des grands mystères scientifiques et sociologiques que le XXIe siècle est sur le  point d'hériter du nôtre. Pour l'étudier de manière responsable nous devons être guidés par des spécialistes à l'esprit ouvert, disposés à définir des standards et à développer des méthodes neuves pour le traitement des cas les plus traumatiques.
Un tel programme ne peut s'accomplir que dans le calme du laboratoire et non dans la confusion d'un débat télévisé ou dans les pages de la presse à sensation.

************

La cinquième question que je dois soulever avant de clore ce volume est celle des recherches futures et de mes propres projets.

A mon avis, le phénomène OVNI cache un problème encore plus vaste. Et je reste optimiste quant à l'aptitude de la science à traiter les observations nouvelles, les phénomènes dits « paranormaux » et les discontinuités de la connaissance.

Les témoins, fort généreusement, nous apportent des observations remarquables qui demandent à être expliquées. Si les données sont un défi à notre vision de la réalité, ce n'est pas la faute des témoins. La responsabilité de trier patiemment les erreurs de perception possibles, d'éliminer les canulars et de garder précieusement les gemmes des phénomènes vraiment inexpliqués, cette responsabilité repose entièrement sur nos épaules, à nous les scientifiques. Nous devons le faire avec soin, avec respect envers ceux qui nous offrent leur témoignage et avec une vision réaliste des limites de nos propres connaissances.

A l'heure où toutes les idées sur l'univers sont en pleine révolution, le phénomène OVNI possède une valeur potentielle considérable pour les développements théoriques. En lui-même, il ne représente pas une solution, bien sûr. Même si nous pouvions ramasser des résidus matériels d'OVNI et des lambeaux de chair de leurs occupants, il nous faudrait peut-être des siècles pour les comprendre, mais nous ne devons pas laisser de telles considérations nous arrêter. L'histoire des sciences est truffée d'anecdotes sur des phénomènes qui étaient bien connus, mais qui n'eurent pas d'application pendant très longtemps. Les Egyptiens de l'Antiquité, par exemple, connaissaient les propriétés magnétiques de certains métaux et leur joaillerie montre qu'ils avaient découvert le placage électrique et, pourtant, ils n'arrivèrent pas à la compréhension des lois des circuits simples. L'astronome Messier, au XVIIIe siècle, observa les principales nébuleuses du ciel boréal et leur donna des noms, mais ce n'est qu'au XXe siècle qu'on y reconnu des galaxies extérieures à la nôtre. Il en va de même pour la technologie moderne : le principe du radar était connu depuis cinquante ans quand il fut finalement appliqué à un problème pratique à la fin de la Seconde Guerre mondiale. La liste est fort longue. Pour qu'une observation soit incorporée à une théorie nouvelle, de nombreuses notions doivent mûrir jusqu'à ce qu'une correspondance s'établisse. Nous n'avons pas encore atteint ce niveau dans l'étude des OVNI. Cela ne veut pas dire qu'il faille jeter les données ou ignorer le phénomène. Au contraire, soigneusement guidée par les paramètres physiques des meilleurs cas, la recherche sur les topologies alternatives applicable à notre propre réalité peut d'ores et déjà se développer.

Au cours des années 70, l'écrivain Jacques Bergier, qui était un fin observateur des tendances technologiques et culturelles, me dit un jour qu'il fallait revoir la vieille idée d'un seul « univers ». Peut-être la seule leçon à tirer des OVNI, disait-il, était que nous habitions dans ce qu'il appelait un « multivers » avec beaucoup plus de dimensions que nous n'avions cru possible.

Il m'encouragea à réfléchir aux nombreux modes d'opération d'un système de contrôle conscient dans une telle structure à niveaux multiples.

Le célèbre auteur de science-fiction Philip K. Dick explora une notion semblable dans une série de nouvelles fulgurantes. Il appelait cette entité supérieure VALIS (pour « vaste système vivant d'intelligence active »). C'est au niveau des univers multiples et des systèmes de contrôle de la conscience que le phénomène OVNI devient scientifiquement intéressant et non pas au niveau simpliste de la recherche d'un « système de propulsion » des OVNI. La technologie que nous observons n'est peut-être pas même basée sur ce que nous entendons actuellement par le mot « propulsion ».

La cosmologie contemporaine reconnaît la possibilité et même le caractère inéluctable d'univers multiples ayant plus de quatre dimensions. Les communications et les voyages à travers notre propre univers ne sont plus considérés comme absolument soumis à la vitesse de la lumière et à une flèche constante du temps. Même le voyage vers le passé peut être envisagé sans créer nécessairement des paradoxes théoriques insurmontables. Ces développements sont fascinants. Ils ouvrent de vastes perspectives pour des aventures théoriques et expérimentales.

Si l'on considère le monde d'un point de vue informationnel et que l'on imagine toutes les manières possibles de structurer le temps et l'espace, la vieille idée de voyage spatial à bord de vaisseaux  interplanétaires, idée à laquelle les technocrates restent attachés, apparaît comme franchement ringarde. La physique moderne l'a déjà dépassée en offrant une interprétation radicalement différente de la notion d'« extraterrestre ».

Quand je regarde vers l'avenir, mon but est d'explorer certaines hypothèses sur le système de contrôle et les formes de communication qu'il est susceptible de favoriser. J'ai l'intention de reprendre à zéro les données accumulées, de critiquer mes propres conclusions et de tester à nouveau les théories en vigueur. Le moment est venu de tirer les leçons de notre échec devant la nature fondamentale du phénomène. Cela implique de chercher conseil auprès d'un cercle élargi d'experts, de réorganiser notre travail et d'éliminer une masse de données dépassées.

Il y a longtemps que des amis bien informés me conseillent de me retirer à nouveau dans les coulisses. J'ai l'intention de les écouter. Je ne peux pas justifier de rester associé avec l'ufologie telle qu'elle se présente au public aujourd'hui. D'ailleurs, je soupçonne que le phénomène offre à nos yeux une structure fort différente dès que l'on abandonne les sentiers battus et les faux débats qui cachent ou défigurent les questions « recherchables ».

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Cette extraordinaire aventure emporte avec elle une certaine dose de tristesse, car Janine et moi avons vu des amis chers et des collègues disparaître, parfois même tragiquement.

Un des rares grands scientifiques qui ait risqué leur réputation en étudiant les OVNI, le professeur James McDonald, a été mentionné longuement dans ces pages. Jim tenta de se suicider, mais il ne réussit qu'à se rendre aveugle. Il finit par se procurer une autre arme à feu, se tira une balle dans la tête et mourut en 1971. Son suicide était dû à des problèmes personnels où le phénomène OVNI ne jouait qu'un rôle secondaire, mais il ne fait aucun doute que le rejet de ses efforts par la communauté scientifique avait contribué à son désespoir. En revenant sur nos relations avec la perspective de l'époque actuelle, je doute que nous aurions pu travailler en collaboration plus étroite. Nul n'aurait pu influer sur ses idées. C'était un esprit d'une intégrité impeccable, mais sa vision de la science ne laissait aucune place à un assouplissement de ses théories. Le travail en équipe avec lui était pratiquement impossible.

Le professeur Hynek lui-même mourut le 27 avril 1986, chez lui à Scottsdale, d'une tumeur cérébrale pour laquelle il avait été opéré à San Francisco quelques mois auparavant. Nous étions proches l'un de l'autre jusqu'à la fin. Je ressens sa perte chaque jour.

Coral Lorenzen mourut à 63 ans d'un problème respiratoire, le 12 avril 1988. Son mari Jim était décédé d'un cancer deux ans auparavant, en août 1986. Parmi nous tous, c'étaient peut-être les Lorenzen qui s'étaient approchés le plus près d'une documentation complète du mystère des OVNI. Leur influence dans ce domaine continue à être perçue. L'organisation qu'ils avaient fondée, l’APRO (Organisation pour la recherche sur les phénomènes aériens) avait une impeccable réputation internationale et entretenait d'excellentes relations avec les spécialistes étrangers.

Donald Keyhoe, fondateur du NICAP, mourut en novembre 1988, le quatrième grand pionnier de ce domaine qui ait disparu en deux ans. Il était âgé de plus de 90 ans. Sa mort soulève un sujet regrettable pour moi, car une des erreurs que je fis dans les années 60 fut de ne pas chercher à le rencontrer. Aujourd'hui, quand je lis les livres de Keyhoe, j'y trouve une note de vérité qui m'avait échappé à l'époque. Les bureaucrates du NICAP qui l'entouraient s'affublaient de titres ronflants et créaient des obstacles absurdes : je m'étais laissé trop facilement décourager par leurs manœuvres.

Keyhoe lui-même semble avoir compris beaucoup de choses sur le phénomène et il connaissait de l'intérieur le fonctionnement des milieux militaires.

Un regard en arrière montre que j'aurais pu faire bien des choses, au cours de ces années-là, qui ne me vinrent jamais à l'idée. Pour commencer, j'aurais dû mieux me documenter sur les années Ruppelt. Je m'étais appuyé sur les souvenirs de Hynek en ce qui concernait les premières phases du projet Livre Bleu, mais il m'avait dit lui-même que Ruppelt ne lui disait pas tout, loin de là et qu'il « cachait soigneusement ses cartes ». L'officier de l'Armée de l'air n'avait pas montré toutes les données à son conseiller astronome. Il y avait là un fossé important que j'aurais dû combler, puisque les archives de Ruppelt étaient accessibles. Le fait que personne n'y ait pensé ne justifie pas mon omission.

Un autre personnage important, John Fuller, qui rendit populaire la notion de trou dans l'emploi du temps des témoins (« missing time ») mourut d'un cancer du poumon en novembre 1990 à l’âge de 76 ans.

Gérard de Vaucouleurs, qui m'offrit l'occasion exceptionnelle de travailler aux Etats-Unis, est maintenant membre de l'Académie des Sciences. Il a gardé l'esprit ouvert sur le sujet, mais son scepticisme restait évident lorsqu'il m'écrivit à la suite de la publication d'Autres dimensions (Laffont, 1989) en me faisant remarquer que les observations rapportées montraient simplement que l'esprit humain était vulnérable à des distorsions remarquables. Il résumait ainsi le consensus scientifique sur le paranormal. Des hommes comme Carl Sagan et Philip Klass continuent à dire publiquement  que l'étude des OVNI est une perte de temps et qu'elle ne mérite pas qu'on lui consacre des crédits.

Aimé Michel, qui eut une influence décisive sur mes recherches dans ses premières années et resta un ami et un précieux conseiller, mourut dans son cher village de Saint-Vincent-les-Forts le 28 décembre 1992. Janine et moi étions allés le voir quelques mois plus tôt pour lui offrir la version américaine de ce journal, qu'il avait lu avec intérêt.
Fred Beckman est resté un ami proche qui n'a pas cessé de me prodiguer ses conseils dans cette recherche. Gordon Creighton, autre personnage au caractère aimablement colérique qui domine ce domaine depuis plusieurs décennies, a remplacé Charles Bowen comme rédacteur de la Flying Saucer Review. Nous communiquons régulièrement et nos rencontres sont toujours intéressantes et fructueuses.

D'autres amis de cette période ont simplement quitté la scène. Don Hanlon, à qui je dois des idées importantes, disparut sans laisser de trace dans les années 70. D'autres ont poursuivi leur carrière, comme Pierre Guérin qui a récemment pris sa retraite de l'Institut d'astrophysique ou Bill Powers qui publia un ouvrage important intitulé Behavior : The Control of Perception (le comportement : contrôle des perceptions) qui le fit connaître en psychologie et en théorie des systèmes. Sam Randlett enseigne la musique avec talent. D'autres membres de notre vieux Collège invisible se signalent de temps à autre à notre attention par un article, un livre ou une conférence.

Quant aux soucoupes volantes, elles sont toujours avec nous sous leurs formes diverses et variées. Il ne se passe pas un seul jour sans que l'on apprenne la nouvelle d'une observation quelque part. Les détails sont rarement catalogués. On laisse un des phénomènes les plus profonds et les plus étonnants de l'histoire de l'humanité se produire autour de nous sans interférence de notre part, sans même une parcelle de compréhension, sans le moindre signe d'une réponse intelligente.

J'ai honte de notre silence, de ce refus de reconnaître la présence de l'inconnu. Je ne peux qu'espérer que mon témoignage, dans ces pages, sera un défi à d'autres et qu'un jour, collectivement, nous trouverons la force de répondre.

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La destinée de l'homme est de se tenir toujours entre la certitude de sa réussite scientifique et l'évidence embarrassante qu'elle ne rend pas compte de la réalité que nous observons : il existe d'autres forces.

Nous les appelons fantômes, esprits ou extraterrestres. Quand ils nous échappent totalement, nous en faisons des dieux avec une lâcheté abjecte, pour mieux adorer ce que nous sommes incapables de comprendre ou pour mieux idolâtrer ce que nous sommes trop paresseux pour analyser.
C'est une vérité d'un autre ordre que je cherche. Je suis retourné à Pontoise en 1991 pour revoir les collines de mon enfance, pour me recueillir sur la tombe de mon père, pour passer en revue les étapes que j'avais franchies dans cette recherche et pour évaluer ce que j'avais appris. J'en tirai la certitude que si j'en avais l'occasion, je passerais par les mêmes actions aujourd'hui, parce que la seule chose qui compte dans cette vie, c'est de s'interroger sur son mystère avec tous les moyens dont nous disposons, avec chaque instant de lucidité, avec chaque souffle.

© Jacques Vallée - Observatoire des Parasciences – 1997

Vous pouvez également visiter l’excellent site ‘Agence Martienne’ : http://www.agence-martienne.fr/


Merci à http://home.nordnet.fr/~phuleux/science.htm
« Modifié: 13 Septembre 2008 à 14:51:40 par titilapin2 »
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La réponse de Gildas BOURDAIS sur le Pentacle (fin du livre et épilogue)
« Réponse #6 le: 13 Septembre 2008 à 15:01:16 »

Le sujet du Pentacle a fait débat entre Jacques VALLEE et Gildas BOURDAIS, il est donc nécessaire d'avoir en retour l'analyse de notre autre éminent français, Monsieur Gildas BOURDAIS:

JACQUES VALLEE ET LE "MEMORANDUM DE PENTACLE"

Par Gildas Bourdais

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"MEMORANDUM DE PENTACLE"

Epilogue paru dans Science interdite, par Jacques Vallée


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Le récit et la thèse de Jacques Vallée

En 1992, était publié aux Etats-Unis un livre de mémoires de Jacques Vallée, Forbidden Science, traduit l’année suivante en français sous le titre Science interdite (1). C’était en fait son journal, de décembre 1957 à juillet 1969, dont une bonne partie était consacrée à ses années aux Etats-Unis comme assistant de l’astronome Allen Hynek, à l’époque conseiller scientifique de la commission d’enquêtes “ Livre Bleu ” de l’armée de l’Air sur les ovnis.

Dans ce livre, Jacques Vallée accorde une grande importance à un document mystérieux qu’il avait découvert le 18 juin 1967, en rangeant les papiers de Hynek qui s’accumulaient en désordre.

Il s’agit d’une lettre classée secret (et non pas d’un “ mémorandum ”) adressée au service technique de l’armée de l’Air pour transmission au capitaine Ruppelt, responsable de la commission “ Livre Bleu ”.
 Datée du 9 janvier 1953, elle faisait des recommandations concernant la fameuse commission scientifique (Scientific Advisory Panel) devant se réunir à Washington du 14 au 18 janvier 1953 sous l’égide de la CIA, et connue aujourd’hui sous le nom de “ Commission Robertson ” (Robertson Panel).


Elle avait donc été écrite en urgence, quelques jours seulement avant la réunion. Vallée ne cite que partiellement le texte et ne révèle pas le nom de l’auteur, qu’il surnomme bizarrement “ Pentacle ”. Cependant, pour en souligner l’importance, il donne également ce nom de Pentacle à la troisième partie de son livre, consacrée aux années 1966-1967, et il en reparle dans son épilogue, révélant que ce “ mémorandum de Pentacle ” l’avait conduit à quitter les Etats-Unis et à revenir en France.

Que contient donc ce mystérieux et inquiétant document ? Selon Jacques Vallée, l’auteur fait des recommandations importantes à l’armée de l’Air. Vallée souligne d’abord que ce document fait allusion aux “ milliers de rapports ” déjà analysés (par qui ? par un groupe de recherche de haut niveau, responsable du mystérieux “ Projet Stork ”), qu’il recommande ensuite d’annuler ou de reporter la réunion de la commission Robertson tant que l’étude en cours ne sera pas terminée, ou au moins de convenir préalablement de ce qui peut ou ne peut pas être discuté à Washington dans le cadre de cette commission. L’auteur recommande ensuite de mettre en place une observation systématique des ovnis dans certaines zones favorables, et d’y mettre en scène secrètement différents types d’activité aérienne. Ainsi, commente Vallée : “ Ce que ces gens recommandaient n’était rien de moins qu’une simulation soigneusement calibrée et manipulée d’une vague d’ovnis tout entière ” (2). “ Pour qui travaillait Pentacle ? ”, s’interroge Jacques Vallée, “ A quel genre de jeu jouait-on ? ”.

Ces commentaires datent de 1967. Dans son épilogue, rédigé avant la parution du livre en 1992, Vallée persiste dans son analyse, parlant même du “ scandale intellectuel du document Pentacle ”, qu’il qualifie de "document menaçant"  (ominous document ) (3), qui prouve qu’on avait caché des faits importants à la commission Robertson, et qu’on avait sans doute mis en scène, à la suite de ces recommandations, de fausses apparitions d’ovnis dans le but de manipuler nos “ systèmes de croyances ”. Quand le livre de Vallée parut en 1992 aux Etats-Unis, cette histoire du “ mémo Pentacle ” fit quelques remous parmi les ufologues, sur internet et dans les revues ufologiques.

Voici comment réagit le CUFOs (Center for UFO Studies), l’un des organismes les plus sérieux, dont le fondateur est justement l’astronome Allen Hynek.

L'enquête du CUFOs

Précisons tout de suite que cette mystérieuse lettre “ Pentacle ” a été retrouvée au cours de l’année suivant la parution du livre de Vallée, d’abord par l’organisation CAUS (Citizen Against UFO Secrecy) et diffusée sur internet en avril 1993. Une copie de cette lettre a été ensuite retrouvée sans difficulté par des membres du CUFOs dans les archives du défunt astronome Hynek. Elle était signée par l’ingénieur Howard Cross, du Battelle Memorial Institute, et sa traduction intégrale est reproduite à cette adresse.

Très surpris et intrigués par le point de vue de Jacques Vallée, les membres du CUFOs firent une enquête très poussée sur l’origine et la signification de cette lettre, qu’ils publièrent dans leur revue IUR (International UFO Reporter), de mai-juin 1993 (4). Leur conclusion était claire et nette : un constat de désaccord complet avec l’interprétation de Jacques Vallée. Il semble que cette étude importante du CUFOs soit très peu connue en France, où Jacques Vallée continue à jouir d’un grand crédit auprès de certains ufologues, sans doute grâce au fait que tous ses livres ont été publiés en français et largement diffusés. Il n’est donc pas trop tard pour la présenter et la commenter.

Dans l’éditorial de ce numéro spécial de IUR, intitulé “ Leçon d’histoire ”, l’éditeur en chef Jerome Clark, l’un des auteurs les plus réputés aux Etats-Unis avec son encyclopédie en trois volumes The UFO Encyclopedia (récemment rééditée), explique la démarche du CUFOs et résume ses conclusions. Il explique que deux membres du CUFOs, Mark Rodeghier (Docteur en sociologie, actuellement Directeur scientifique du CUFOs) et Jennie Zeidman, ancienne et fidèle collaboratrice de Allen Hynek et pilier du CUFOs, ont enquêté sur la “ lettre de Pentacle ”, en retrouvant notamment trois anciens ingénieurs du Battelle Institute, et en la replaçant dans le contexte de l’étude menée par cet institut ainsi que de la “ Commission Robertson ”. Ces ingénieurs sont Art Westerman (métallurgiste, comme Howard Cross), Perry Rieppel (spécialiste de soudage), et William Reid (directeur technique), qui figurent sur la liste des destinataires de la lettre.


Citons Jerome Clark, parlant de Vallée :
“ …A la page 428 (édition américaine), il écrit “  Se pourrait-il que les recommandations habiles et détaillées de Pentacle, pour créer délibérément des vagues d’ovnis artificielles et des cas simulés dans des régions sélectionnées, aient été effectivement appliquées ? Est-ce là l’explication de certaines observations bizarres qui ont été rapportées ces dernières années ? ”. I

l se trouve que la réponse à ces questions est négative, comme aurait dû le savoir Vallée ; au lieu de cela, il se mit à écrire Messengers of Deception (1979) et Revelations (1991), inspirés par l’idée erronée qu’il était tombé sur la preuve d’une conspiration pour manipuler les apparitions d’ovnis et phénomènes paranormaux. L’objectif des ces manipulations, théorisa-t-il sans preuves, était et reste d’agir sur la conscience humaine ”.

Et Jerome Clark conclut plus loin, déplorant les commentaires peu informés déjà publiés en s’inspirant de Vallée :
“ Et ici les dégâts sont particulièrement flagrants : les théories de Vallée ont eu une énorme influence sur l’ufologie internationale. Il est troublant d’apprendre maintenant qu’elles sont fondées dans une large mesure sur une stupéfiante incompréhension (stunning misinterpretation) d’un document dont le sens n’aurait pas dû être difficile à comprendre, même en 1967 quand Vallée le découvrit. Que cette erreur de lecture soit restée inchangée dans l’esprit de Vallée jusqu’à la publication de Forbidden Science frise l’incompréhensible ”.

Le contexte historique

Comme l’explique très clairement le CUFOs, La lettre de Howard Cross à l'attention de capitaine Ruppelt ne prend tout son sens que si on la replace dans le contexte de l'époque.

A la fin de 1951, la commission "Rancœur" (Grudge) chargée des enquêtes sur les ovnis au sein des services techniques l'armée de l'Air (l'ATIC, sur la base de Wright-Patterson, près de Dayton dans l'Ohio) se borne à empiler les rapports d’observations et à les mettre en doute sans véritable enquête, appliquant ainsi les directives non écrites qu’on lui a données lors de sa création au printemps 1949, après la dissolution de la commission Sign. Le général Cabell, responsable du Renseignement de l'armée de l'Air à Washington, découvre la carence de cette commission et il décide en septembre 1951 de relancer son activité. Début 1952, le général Samford, successeur de Cabell, nomme un nouveau responsable, le capitaine Edward Ruppelt, à la tête de cette commission qui va prendre le nom de "Livre Bleu" (Blue Book) en mars 1952.

Le capitaine Ruppelt relance effectivement l'activité avec des moyens renforcés. Il constate que la plupart des témoignages et des enquêtes - il y a déjà à cette date plus de 3000 cas archivés - manquent cruellement de données précises, et d'études comparatives. Il fait appel à des scientifiques, en particulier l'astronome Allen Hynek qu'il nomme conseiller principal de la commission. Il obtient de l'ATIC de passer commande d'une étude statistique de ces archives à l'Institut Battelle (Battelle Memorial Institute), un organisme privé d'études techniques réputé, se trouvant dans la région, près de Colombus dans l'Ohio. Il donnera à cette étude le nom de "Project Bear" dans son livre Unidentified Flying Objects, paru en 1956.

Le projet “ Bear ” et le projet “ Stork ”

L'institut Battelle avait la confiance des militaires pour mener des études secrètes, et même très secrètes. Selon l'enquête du CUFOs, Il avait participé pendant la guerre à des études pour la bombe atomique, et il avait, depuis le début des années 50, un important contrat d'étude, le Projet “ Stork ”, pour évaluer le niveau technique de l'URSS. Il se trouve que l'armée de l'Air leur a alors demandé d'étudier les archives de "Livre Bleu" sans crédit supplémentaire, dans le cadre de ce contrat Stork. Selon les trois anciens ingénieurs de Battelle interrogés par le CUFOs, le Projet “ Bear ”, classé secret, n'était qu'une petite partie du Projet “ Stork ”, lui même classé très secret. Il était considéré par les ingénieurs de Battelle comme beaucoup moins intéressant, et avait été confié à un petite équipe d'ingénieurs de niveau moyen, n'y travaillant même pas à plein temps. Les sommes dépensées sur l’étude ovni étaient au plus de 150 000 Dollars (et peut-être beaucoup moins), et non les 600 000 Dollars cités par Jacques Vallée dans son livre (5). C’est sans doute Hynek qui a induit Vallée en erreur car il ignorait la mission principale du projet “ Stork ” : il croyait qu’il était entièrement consacré aux ovnis !


La surveillance des zones favorables

En janvier 1952, l'équipe de l'ATIC avait déjà signalé, dans le rapport N° 3 du "Project Grudge", une tendance à la concentration des observations d'ovnis dans certaines zones géographiques, notamment White Sands et Albuquerque au Nouveau-Mexique (et Dayton et Columbus dans l'Ohio !). Ruppelt commença à réfléchir au renforcement des moyens sur le terrain dans ces zones "favorables". Dans le rapport N° 5 de la commission, il envisageait déjà une surveillance organisée, avec des caméras, sur la base de Holloman (jouxtant le terrain de White Sands). Le Dr Joseph Kaplan, membre de la commission scientifique de l'armée de l’Air, et la Rand Corporation conseillèrent de munir les caméras d’objectifs à longue focale et d'une grille de diffraction pour obtenir des spectres lumineux. Cette idée fut effectivement appliquée l'année suivante sur un certain nombre de bases militaires, mais les résultats n’ont pas été divulgués. Le général Cabell avait aussi recommandé que l'on s'efforce de combiner photos et enregistrements radar.

Toujours au printemps 1952, Ruppelt contacta le Groupe de conseil technique de l'armée de l'Air (Air Force Technical Advisory Group), au Laboratoire de recherche de l’armée de l’Air, à Cambridge dans le Massachusetts (Air Force Cambridge Research Laboratory, AFCRL), qui recommanda le déploiement de divers systèmes de détection, notamment des détecteurs de son, dans les zones à forte concentration d'ovnis.

Il est intéressant de rappeler ici l’épisode du Projet “ Twinkle ”, bien que le CUFOs ne le fasse pas. C'est ce Laboratoire de Recherche de Cambridge, plus précisément sa Division de Recherche Géophysique (GRD) qui avait participé à un effort analogue en 1950 et 1951, pour étudier les mystérieuses "boules de feu vertes", observées fréquemment au Nouveau-Mexique. Elles avaient déjà fait l’objet d’une étude par le Dr Lincoln La Paz, spécialiste des météorites à l'université d'Albuquerque, qui l’avait présentée lors d’une réunion au laboratoire de Los Alamos le 14 octobre 1949, à laquelle la commission Grudge n’avait pas jugé bon de participer. En février 1950, une nouvelle étude fut confiée par l’armée de l’Air au laboratoire militaire de Cambridge, et dirigée par le Dr Louis Elterman. Ce projet “ Twinkle ” consista à installer pendant un an, d’avril 1950 à mars 1951, avec le concours de la société Land-Air, des caméras spéciales Askania à cinéthéodolite dans la région de White Sands au Nouveau-Mexique. Officiellement, les résultats furent négatifs, tels que présentés par Elterman dans son rapport final du 27 novembre 1951, mais le Dr Bruce Maccabee, physicien de la Marine et ufologue émérite, les a contestés lors d'un symposium du Mufon, en 1986 (6). Selon lui, les archives de Livre Bleu contiennent des rapports faisant état d’enregistrements simultanés par deux caméras, sur la base de Holloman en avril et mai 1950, permettant une estimation des dimensions et de l’altitude des ovnis par triangulation, et apportant ainsi une preuve scientifique de la réalité de ces phénomènes. Le capitaine Ruppelt raconte dans son livre qu’il voulut voir les films de ces caméras, mais qu’il ne put les obtenir. S’il y a eu dissimulation de preuves à l’époque, elle venait en l’occurrence de ce laboratoire militaire de Cambridge et non de l’Institut Battelle, ni du capitaine Ruppelt. Quoi qu’il en soit, il est clair que le concept de surveillance renforcée d'une zone "favorable", qui est proposé dans la lettre de Howard Cross au début de 1953, n'est pas nouveau et s'inscrit tout à fait dans la réflexion de l'époque.

La CIA et la commission “ Robertson ”

L'équipe de l'institut Battelle poursuivit son travail de dépouillement des archives de Livre Bleu tout au long de l'année, mais le travail était loin d'être achevé à la fin de 1952. Or les événements se précipitèrent, à la suite du fameux "carrousel de Washington" - l'observation nocturne de nombreux ovnis dans le ciel de la capitale, deux samedis de suite, en juillet 1952 - qui fit du bruit et provoqua même la plus importante conférence de presse militaire depuis la fin de la guerre. C'est alors que la CIA entra en lice. Le souci majeur de la CIA, tel qu'il apparaît dans les documents de cette période qui ont été rendus publics, n’était nullement l’étude scientifique des ovnis. C’était celui de la sécurité nationale, notamment le risque de voir les canaux d'information saturés lors d'une vague d'observations, et de mettre en difficulté les capacités de surveillance aérienne. Il y avait aussi, bien sûr, le souci d’éviter la panique dans la population. Une attitude que commente ainsi le CUFOs :

“ C’est à ce moment que l’influence de la CIA devint particulièrement détestable (nefarious) et que l’étude gouvernementale des ovnis fut définitivement altérée. La CIA détourna la question des ovnis pour la considérer uniquement comme un problème de sécurité, et non un problème scientifique ”.

A cette époque, le capitaine Ruppelt souhaitait réunir un groupe scientifique permanent pour examiner à fond les meilleurs cas. Mais la CIA, à la suite de plusieurs réunions de travail avec l'Air Force, prit en main ce projet de commission scientifique et le transforma en une brève réunion organisée d’urgence, la fameuse “ commission Robertson ”, dont on sait aujourd’hui qu’elle avait uniquement pour objet de “ dégonfler ” la question des ovnis.

Leurs recommandations ont même été publiées en 1969 en annexe du “ Rapport Condon ” :
“ Le groupe recommande :
“ a. que les agences de sécurité nationale prennent immédiatement des mesures pour priver les Objets Volants non Identifiés du statut spécial qui leur a été donné et de l’aura de mystère qu’ils ont malheureusement acquise ”.
Dans le mémorandum qui précède ces recommandations, le groupe est encore plus explicite. A la rubrique “ Programme éducationnel ”, il recommande particulièrement le “ debunking ”, c’est à dire la démystification des ovnis :
“ L’action de “ Debunking ” aurait pour résultat la réduction de l’intérêt du public pour les “ soucoupes volantes ” qui évoquent aujourd’hui une forte réaction psychologique ” (7).

Ce qui explique pourquoi la CIA, suivie par les militaires, n’avait pas jugé bon d’y associer l’Institut Battelle, dont elle connaissait cependant l’étude en cours, et même pas d’attendre qu’ils aient terminé leur travail. L’équipe de Battelle fut mise au courant tardivement de la mise en place de cette réunion qui la court-circuitait, lors d’une réunion qui eut lieu à l’ATIC avec la CIA le 12 décembre, et elle eut juste le temps de manifester son mécontentement à l’armée de l’Air, par cette fameuse lettre de l’ingénieur Howard Cross adressée à l’ATIC et au capitaine Ruppelt. Voilà donc quel était l’objet principal de cette lettre.

On sait aujourd’hui que l’intervention de la CIA fut un tournant majeur pour l’étude des ovnis. Rapidement, la politique de l’Air Force se durcit à nouveau, Ruppelt préféra s’en aller, quittant l’armée définitivement en septembre 1953, et Blue Book devient une commission de mise en doute permanente des ovnis, jusqu’à sa dissolution en 1969. Le mot d’ordre gouvernemental était devenu la négation systématique des ovnis et il n’a jamais varié depuis.

Le “ Rapport spécial 14 ”

L’étude statistique de l’Institut Battelle, achevée en 1954, fut publiée en 1955 sous le nom de “ Rapport spécial 14 ” (Special Report 14) de la commission Livre Bleu, mais ses résultats furent d’abord présentés d’une manière très négative dans un bref communiqué de presse, comme l’a raconté Allen Hynek en 1977 dans son livre The Hynek UFO Report (“ Le nouveau rapport sur les ovnis ”) (8). La première diffusion du rapport complet fut limitée à une centaine d’exemplaires, et Hynek lui même ne le reçut pas ! Il n’avait pas le droit d’en parler : “ A maintes reprises, les officiers du Projet Blue Book me rappelèrent qu’en aucun cas ne devait être cité nommément l’organisme de recherche ” (9). On peut comprendre, dans ces conditions, que Hynek ait nourri des soupçons sur le rôle exact de cet institut, soupçons repris et amplifiés par Vallée. En fait, la raison de cette opacité est simple, comme Hynek le montre lui même dans son livre. L’analyse de Battelle, examinée de près, fournissait des chiffres très convaincants sur la réalité des ovnis, une information qui allait dans le sens contraire de la politique de l’Air Force ! Ce Rapport 14 est aujourd’hui disponible, notamment en s’adressant au CUFOs.

L’analyse de la lettre par le CUFOs

Dans son étude, le CUFOs procède à une analyse minutieuse, paragraphe par paragraphe, de la lettre de l’ingénieur Howard Cross. Le sens de la lettre est déjà bien esquissé par ce qui précède, mais il reste à en examiner quelques points clé.

Il faut souligner la nature de la relation entre l’Institut Battelle, qui est fournisseur privé d’une étude à l’armée de l’Air, son “ client ”. Le fait que la lettre de Cross soit adressée à quelqu’un comme Ruppelt, et par voie hiérarchique (le lieutenant-colonel Goll), permet déjà de douter qu’elle traite d’un projet très secret. Elle est d’ailleurs classée Secret, et non pas Top Secret.

Le deuxième paragraphe de la lettre contient une phrase qui a choqué Jacques Vallée :
Puisqu'une réunion est maintenant fixée de manière définitive, nous pensons qu'il est nécessaire que le projet Stork et l'ATIC arrivent à un accord concernant ce qui peut et ce qui ne peut pas être discuté lors de la réunion de Washington les 14-16 janvier au sujet de notre recommandation préliminaire à l'ATIC ”. Que signifie réellement cette phrase ? Les enquêteurs du CUFOs ont posé la question aux trois anciens ingénieurs qu’ils ont retrouvés, et chacun a souligné que l’Institut Battelle était toujours très loyal (uncommonly loyal) avec ses clients. En l’occurrence, son client était l’ATIC et il n’était pas question de fournir à la CIA et à la commission Robertson des informations sur son étude en cours, et sur le projet qu’il proposait dans cette lettre, sans l’approbation de l’ATIC. Plus précisément, l’Institut Battelle ne souhaitait visiblement pas que le projet dont il parle soit proposé prématurément, en leur absence, devant une commission où il pourrait bien leur échapper. En fait, selon le CUFOs, Battelle espérait sans doute obtenir un nouveau contrat qui serait cette fois vraiment rémunéré.

Venons-en au projet en question, celui de mettre en place un surveillance des ovnis dans une zone favorable, qui est développé à partir du paragraphe 3. Le point qui a choqué particulièrement Jacques Vallée est au paragraphe 5 :
“ De nombreux types différents d'activité aérienne devraient être secrètement et systématiquement organisés à l'intérieur de la zone ”.Or là aussi, comme l’explique très bien le CUFOs, il n’y a rien de particulièrement inquiétant et menaçant dans cette suggestion, qui est tout simplement de tester la validité des méthodes de détection d’ovnis mises en place en faisant enregistrer des vols aériens d’appareils bien identifiés. A l’insu, bien entendu, des équipes au sol chargées des enregistrements. C’est une suggestion de routine et c’est de la bonne méthode scientifique, ce qu’on appelle une expérience en “ double aveugle ” (double blind experiment), commente avec bon sens le CUFOs.
Howard Cross souligne ensuite un autre avantage d’une telle expérience contrôlée : elle permettrait de “ calibrer ” les instruments, et tout simplement de mesurer la fiabilité des témoins, ce qui serait bien utile pour évaluer les témoignages accumulés depuis cinq ans.
Pour finir, Cross fait valoir tout le bénéfice que pourrait retirer l’armée de l’Air d’une clarification du dossier ovnis, en donnant l’impression au public qu’elle maîtrise bien la question ! Cette suggestion paraît bien naïve aujourd’hui (à mon avis), alors que l’Air Force et la CIA étaient sur le point de renforcer de manière draconienne la politique de secret sur les ovnis. En fait, l’Institut Battelle n’était pas dans le coup de ces grandes manœuvres, ni des secrets profonds, s’il y en avait, sur les ovnis.

Jacques Vallée n’est pas le seul à avoir commenté cette lettre, mais il est bien le seul à lui avoir donné un sens aussi inquiétant. Allen Hynek lui même en parle brièvement dans deux de ses livres, sans en faire une histoire (10). Il y voit un effort honnête pour présenter leurs recommandations sur la meilleure manière de résoudre l’énigme des ovnis. Et l’historien David Jacobs partage ce point de vue dans son livre de référence, The UFO Controversy in America. Il nous reste nous poser la question : quelle mouche a piqué Jacques Vallée pour monter un tel échafaudage spéculatif ?

Une spéculation au cœur des idées de Jacques Vallée

Tentons de replacer brièvement cette étrange idée de Jacques Vallée - la mise en scène délibérée de fausses vagues d’ovnis (qui seraient la cause de certaines observations récentes) - dans l’évolution de ses idées.
Ce thème apparaît pour la première fois, semble-t-il, vers la fin de son livre The Edge of Reality, écrit en coauteur avec Allen Hynek, paru aux Etats-Unis en 1975 (traduction française : Aux limites de la réalité, Albin Michel 1978). Dans son dialogue avec l’astronome Hynek, Vallée lance l’idée que les ovnis pourraient être mis en scène, non pas par les militaires ou les services secrets, mais par une “ société occulte ” qui aurait fait des découvertes révolutionnaires et s’en servirait pour “ manipuler l’opinion publique à une grande échelle ” (11). Il est vrai que ce n’est encore là qu’une spéculation parmi d’autres.

Ce thème d’une manipulation humaine apparaît parallèlement avec le thème beaucoup plus connu d’un mystérieux “ système de contrôle ” d’origine non-humaine, développé la même année dans son livre The Invisible College (12). Dans ce livre, Vallée insiste également à plusieurs reprises sur l’idée que l’armée et les services secrets américains ne savaient pas grand chose sur les ovnis. Dès la page 20 (édition française), il lâche l’idée que “ la communauté des services secrets n’a pratiquement rien fait ” ; à la page 66, il s’emploie à dédouaner aussi bien la commission Condon que les militaires qui avaient été bien contents de passer l’affaire à une université :
“ Ma théorie personnelle sur le fiasco de Condon n’est pas un scénario de dissimulation. Je crois que l’armée de l’Air américaine, en 1966, en avait simplement, comme on dit, “ ras le bol ” ”.
Vallée attache de l’importance à cette idée de disculper l’Air Force : il reprendra exactement la même phrase, treize ans plus tard, dans son livre Autres Dimensions (13) !.

La thèse des ovnis comme étant la création d’un groupe de “ manipulateurs ” humains, pour nous faire croire aux extraterrestres, devient le sujet principal du livre suivant, Messengers of Deception, paru en 1979 (Ed. Fr. : OVNI. La grande manipulation) (14). Je me souviens d’avoir écrit à l’époque une lettre à Jacques Vallée pour lui faire part de ma perplexité devant ce livre très bizarre, lettre à laquelle il ne répondit point. On trouve cette thèse dès la page 20 (éd. originale) :
“ Est-ce le sens profond de la “dissimulation ” OVNI ? Les “ manipulateurs ” ne sont-ils, en dernière analyse, qu’un groupe humain qui maîtrise une forme de pouvoir très avancée ? ”.
A la page 53, Vallée ne s’interroge plus, il affirme :
“ La croyance en un contact OVNI, et l’attente de la visite d’êtres venus de l’espace, est promue par un certain groupe de gens. Je les appelle les “ Manipulateurs ”, et j’entends par ce terme les gens qui sont responsables de la promotion de contacts OVNI, de la mise en circulation de fausses photographies (souvent en liaison avec de vraies observations), qui interfèrent avec les témoins et les chercheurs, et qui produisent de la “ désinformation ” systématique sur le phénomène ”.

Jacques Vallée donne en exemple de nombreux cas de contactés comme Adamski et Menger aux Etats-Unis, voire d’enlèvements comme celui de Betty et Barney Hill, ou encore l’affaire Ummo. Incidemment, on retrouve dans ce livre le mot “ Pentacle ” : c’est le symbole de l’ “ Ordre français de Melchizedek ” un groupuscule ésotérique découvert par Vallée à Paris ! Après avoir envisagé un certains nombre d’hypothèses sur la nature et les objectifs de ces manipulateurs, Vallée finit par une courte conclusion, assez confuse et mystérieuse, dans laquelle il semble esquisser une unification de ses deux thèmes principaux :
“ Il y a un autre système. Il nous envoie des messagers de la dissimulation (messengers of deception). Ils ne viennent pas forcément des étoiles proches. Peu importe d’où ils viennent, ce qui compte ce sont leurs effets sur nous. Je soupçonne même que le “ où ” et le “ quand ” n’ont pas d’importance ici. Comment pourrions-nous être seuls ? La boite noire de la science a cessé de faire tic-tac. Les gens regardent vers les étoiles avec de grands espoirs ”.
“ Recevoir une visite de l’espace semble aussi confortable que de recevoir Dieu. Mais ne nous réjouissons pas trop vite. Peut-être allons nous recevoir les visiteurs que nous méritons ” (15).
Ainsi, le mystère s’épaissit et il devient menaçant!

La question du rôle des militaires et des services spéciaux n’est pas absente de ce livre, où l’on trouve à vrai dire un peu de tout. Vallée signale qu’ils manipulent notamment les groupes OVNI. Il en a donc démissionné et conseille aux lecteurs d’en faire autant. Sont-ils donc les mystérieux “ manipulateurs ”, ou travaillent-ils avec eux ? Cela n’est pas dit clairement.

Tous ces thèmes vont être évoqués de nouveau dans la fameuse “ trilogie ” des livres les plus connus de Vallée, dont les versions françaises ont été publiées par Robert Laffont  : Autres Dimensions en 1989, Confrontations en 1990, et Révélations en 1992 (16).
Le thème de la manipulation occulte y poursuit son chemin, ou plutôt ses deux chemins parallèles. C’est d’abord le thème bien connu de la mystérieuse “ force de contrôle ” non-humaine qui s’emploie à nous faire croire aux extraterrestres pour mieux nous tromper. Mais, nous explique Vallée, les militaires font la même chose de leur côté, pour faire des expériences, des manœuvres de diversion, pour cacher des avions et engins secrets. Par exemple, dans Autres Dimensions (17) :
“Découvrir le secret du mécanisme de propulsion des OVNI constituerait une telle percée pour les militaires que tout projet de recherche s’y rapportant jouirait du plus haut niveau de confidentialité ”. Et plus loin : “ A cause de leur volonté de croire à tout ce qui pourrait indiquer que les autorités possèdent déjà la preuve de la réalité des OVNI, de nombreux enthousiastes sont un canal idéal pour ceux qui voudraient propager l’évangile extraterrestre. L’objectif d’une telle pratique n’a pas besoin d’être complexe ou important du point de vue stratégique. Ce pourrait être quelque chose d’aussi banal qu’une couverture politique ou une façon de tester la fiabilité des canaux d’information dans une situation de crise simulée, ou encore une manœuvre de diversion pour des opérations paramilitaires ”.

Jacques Vallée continue à broder sur ces thèmes dans les deux livres suivants.
Dans Confrontations, on retrouve la surveillance des organisations ufologiques (18), la mise en scène de fausses observations et la fabrication de faux documents. Dans Révélations, Vallée poursuit l’idée que les militaires américains ont favorisé la croyance aux ovnis pour camoufler leurs engins secrets :
“ Il est possible, par exemple, que nos scientifiques de l’armée aient découvert le moyen de construire des disques volants servant de plate-forme pour des opérations de reconnaissance , pour l’obtention de renseignements, pour le contre-terrorisme ” (19). Peut-être de tels engins ont-ils même été déjà utilisés sur des théâtres d’opérations comme la guerre du Golfe. Et il ajoute : “ Faire croire aux gens qu’ils observent des soucoupes volantes est peut-être un scénario astucieux ”.

Mais surtout, Vallée dénonce dans ce livre de fausses révélations pour propager la croyance aux extraterrestres, faisant visiblement allusion à l’affaire de Roswell qui, justement, revient très fort avec le premier livre de Kevin Randle et Donald Schmitt, paru la même année aux Etats-Unis :
“ Certaines observations d’ovnis sont des expériences secrètes de manipulations des systèmes de croyances du public. Certains des faits relatés ne se sont jamais produits. Les histoires qui s’y rapportent, telles que les rumeurs de soucoupes écrasées et d’ufonautes brûlés, ne sont pas tant le résultat d’une illusion que le produit d’une manipulation : des rumeurs ont été volontairement implantées dans l’esprit avide de personnes crédules, dans le but de cacher des faits réels que le public et la communauté scientifique ne devaient pas connaître ” (20).

Des spéculations invraisemblables

Arrêtons-nous là car il devient urgent de prendre un peu de recul.
Cette thèse de Vallée ne peut s’appliquer en aucune manière à l’affaire de Roswell ! Les enquêtes ont démarré lentement, avec plusieurs équipes sur le terrain. Quand les enquêteurs du Cufos, Randle et Schmitt, sont venus à Roswell vers la fin des années 80 pour rechercher des témoins, ils étaient très sceptiques sur cette histoire, déterrée dix ans plus tôt par Friedman et Moore (par le plus grand hasard, à l’occasion d’un voyage de Friedman en Louisiane, où le major Marcel coulait une paisible retraite). Ils comptaient la déblayer rapidement, or ils découvrirent de nombreux témoins locaux, et l’histoire de Roswell s’en trouva très renforcée. Quant à l’armée, elle en vint à employer les grands moyens pour tenter de couler les trop bonnes enquêtes sur Roswell, avec notamment un livre de mille pages en 1994, et un autre de 350 pages en 1997 ! L’idée que les militaires seraient les auteurs d’une fausse rumeur de crash d'un ovni à Roswell pour manipuler nos croyances et nous faire croire aux extraterrestres est une fiction totale, aux antipodes de la réalité.

Plus généralement, s’il y a une constante dans le discours de l’Air Force depuis cinquante ans, c’est la négation des ovnis, ou plus subtilement l’affirmation que rien ne menace notre sécurité. Ce qui a émergé peu à peu, en revanche, c’est une longue histoire de recherches très secrètes sur les ovnis, sur lesquelles des témoignages ont commencé à filtrer il y a plusieurs plusieurs décennies. Ce sont souvent des témoignages individuels et isolés, mais on peut aussi penser qu’il existe des gens dans l’appareil des services secrets, militaires et civils, qui travaillent discrètement à la divulgation de ces secrets, avec beaucoup de précautions pour éviter tout emballement et panique médiatiques. Cependant, cette démarche ne ferait pas l’unanimité, et certains lui seraient probablement hostiles, d’où la situation actuelle, très confuse, faite de révélations sur fond de dénégations officielles.

Jacques Vallée a certainement raison de souligner le risque de fausses rumeurs, mais il en donne une interprétation qui est peut-être, également, le contraire de la réalité.
Il y a une idée qui semble échapper totalement à Jacques Vallée, celle de la “ désinformation amplifiante ”, pour reprendre l’expression du rapport du Cometa, évoquée aussi par l’astronome Pierre Guérin dans son livre OVNI. Les mécanismes d’une désinformation (21). Le point de départ est le même que celui de Vallée – il y a des informations fausses qui sont fabriquées par les services secrets – mais ce n’est pas pour nous faire croire aux accidents d’ovnis et aux extraterrestres ! C’est au contraire pour “ noyer le poisson ” en accumulant des rumeurs trop grosses pour être crédibles.

Il est étrange que Jacques Vallée n’ait jamais envisagé, dans ses nombreux livres, ce genre d’hypothèse. Il est troublant, d’autre part, de retrouver le thème de l’exploitation de la croyance aux ovnis par les services secrets pour protéger les avions secrets, sous la plume de Gerald Haines, l’historien officiel de la CIA ! (22). Il est plausible que les services secrets aient été satisfaits qu’on ait parfois pris des avions secrets pour des ovnis. Mais il y a très loin de là à croire qu’ils auraient pu organiser de fausses vagues d’ovnis, dans le seul but de protéger ces avions ! Il semble bien, pourtant, que Jacques Vallée ait songé sérieusement à la vague d’ovnis en Belgique, comme un exemple d’un tel programme secret. Lors d’une réunion récente à Paris, Bertrand Méheust a eu du mal à plaider ce qu’il appelle “ l’anomalie belge ” (un doux euphémisme pour parler des ovnis) face à un Vallée visiblement sceptique (23).

Un rapport de la DRM s'inspirant de Vallée

Jerome Clark soulignait avec raison l’influence considérable de Jacques Vallée à travers le monde avec ses nombreux livres. Il est clair qu’il a influencé beaucoup d’ufologues et auteurs, notamment en France, où tous ses livres ont été traduits. En témoigne un petit rapport de la Direction du Renseignement Militaire (DRM) dont a fait grand cas la revue Phénomèna (24).
On sait maintenant que ce rapport, datant de 1995, a été en fait rédigé par un appelé du contingent, et n’implique donc que faiblement la hiérarchie militaire française. Quoi qu’il en soit, le point intéressant ici est qu’on y retrouve en bonne place certains thèmes de Jacques Vallée (qui y est d’ailleurs cité comme auteur), avec des phrases comme celle-ci :
“ Ne serait-il pas intéressant de faire passer des avions bien terrestres pour autre chose que ce qu’ils sont en réalité en exploitant les croyances et les attentes aux ovnis ? ”
Ou encore, à propos du rôle de la CIA :
“Le principal enjeu justifiant une utilisation du phénomène ovni en matière de désinformation n’étant autre que la maîtrise de l’information circulant dans le microcosme ufologique et dans le public afin de couvrir d’éventuelles expérimentations ”.
Et pour finir, dans la conclusion :
“ Les Américains camouflent leurs Black Programs et entretiennent peut-être certains aspects du phénomène ovni afin de protéger des activités expérimentales ”.

Il y a là une approche très particulière, qu’on peut à bon droit qualifier de “ réductrice ” (mot qui devient à la mode) sur la question des ovnis. Ce texte ne se pose pratiquement pas la question de la réalité des ovnis, et d’autre part l’idée ne semble pas venir à l’esprit de l’auteur que le principal objectif des militaires et des services secrets américain est aujourd’hui encore, non pas de s’amuser à faire croire aux ovnis au moyen de divers stratagèmes compliqués, mais bien au contraire de cacher au public leur réalité. Et par dessus tout, de cacher les connaissances qu’ils ont accumulées depuis cinquante ans à leur sujet, dans le plus grand secret. Une bonne question à se poser aujourd'hui, c'est : combien de temps cela va-t-il encore durer ?

Gildas Bourdais, Avril 2001


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Notes

(1) Forbidden Science, 1992, North Atlantic Books, Berkeley, California (Trad. fr. : Science interdite, Observatoire des Parasciences, BP 57, La Plaine, 13244 Marseille Cedex 01).

(2) Ibid., p 281 de l’édition originale.

(3) Ibid., p 427 de l’édition originale.

(4) Numéro spécial de la revue International UFO Reporter (IUR) : “ The Pentacle letter and the Battelle UFP Project ”. Mai/juin 1993. Publication du CUFOs, 2457 West Peterson Avenue, Chicago, Illinois 60659, USA.

(5) Jacques Vallée, op. cit., p. 196.

(6) Bruce Maccabee, “ Still in Default ”, dans MUFON 1986 UFO Symposium Proceedings. Disponible au MUFON, PO Box 369, Morrison, CO 80465-0369, USA.

(7) Edward Condon, Scientific Study of Unidentified Flying Objects, Bentam Books, New York, 1969, pp. 915 et 918.

(8) Allen Hynek, The Hynek UFO Report, 1977, nouvelle édition par Souvenir Press, Londres 1998 (trad. fr. : Nouveau rapport sur les OVNI, 1979, Belfond, et l'édition de poche J’ai lu)

(9) Ibid., p. 324 (éd. Fr.).

(10) Allen Hynek, The UFO Experience, A Scientific Inquiry, p. 169 (trad. fr. Les objets volants non identifiés : mythe ou réalité ? , Belfond, 1974, p. 202). Et The Hynek UFO Report, p. 11 (éd. Fr., p. 24).

(11) Allen Hynek et Jacques Vallée, The Edge of Reality, 1975, p.256 (éd . fr. Aux limites de la réalité, 1978, pp. 272 et 273).

(12) Jacques Vallée, The Invisible College,1975, (trad. fr. : Le collège invisible, Albin Michel, 1975)

(13) Jacques Vallée, Dimensions, 1988, (trad. fr., Autres Dimensions , R. Laffont, 1989, p. 258).

(14) Jacques Vallée, Messengers of Deception, 1979, And Or Press, Berkeley, Californie (Ed. Fr. : OVNI. La grande manipulation, 1983).

(15) Ibid., pp. 222 et 223.

(16) Jacques Vallée, Dimensions, 1988 (trad. fr. : Autres dimensions, R. Laffont, 1989) Confrontations, 1989 (trad. fr. : même titre, R. Laffont, 1990)
Revelations, 1991 (trad. fr. : Révélations, R. Laffont, 1992).

(17) Autres Dimensions, p.279.

(18) Confrontations, p. 33

(19) Révélations, p. 272.

(20) Ibid., pp. 17 et 18.

(21) Pierre Guérin, OVNI. Les mécanismes d'une désinformation, Albin Michel, octobre 2000.

(22) Gerald Haines, A Die-Hard Issue. CIA’s Rôle in the Study of UFOs, 1947-90, 1997. Cette étude de 19 pages est accessible sur le site Studies In Intelligence Vol. 01 No. 1, 1997

(23) Réunion du CENCES à Paris, le 18 novembre 2000

(24) Revue Phénomèna N° 44, novembre 2000.

Source: http://home.nordnet.fr/~phuleux/jacques.htm
« Modifié: 13 Septembre 2008 à 15:40:20 par titilapin2 »
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M. Miles E. Goll
Box 9575
Wright-Patterson Air Force Base, Ohio

A l'attention du capitaine Edward J. Ruppelt

Cher M. Goll :

La présente lettre a pour objet une recommandation préliminaire à l'ATIC au sujet des méthodes futures de traitement du problème des objets volants non identifiés. Cette recommandation est basée sur notre expérience à ce jour dans l'analyse de milliers de rapports à ce sujet. Nous considérons cette recommandation comme préliminaire parce que notre analyse n'est pas encore terminée et nous ne sommes pas en mesure de la documenter sur les points où, à notre avis, elle devrait être supportée par les faits dérivés de l'analyse.
Nous faisons cette recommandation de manière prématurée à cause d'une réunion d'un comité scientifique patronné par la CIA, qui doit se tenir à Washington les 14, 15 et 16 janvier 1953 pour examiner le problème des « soucoupes volantes ». La réunion organisée par la CIA fait suite à une réunion entre la CIA, l’ATIC et nos représentants qui s'est tenue à l'ATIC le 12 décembre 1952. Lors de cette réunion du 12 décembre, nos représentants ont fortement recommandé de ne pas établir de comité scientifique avant que notre analyse des témoignages collectés par l'ATIC soit disponible. Puisqu'une réunion est maintenant fixée de manière définitive, nous pensons qu'il est nécessaire que le projet Stork et l'ATIC arrivent à un accord concernant ce qui peut et ce qui ne peut pas être discuté lors de la réunion de Washington les 14-16 janvier au sujet de notre recommandation préliminaire à l'ATIC.
Notre expérience à ce jour dans l'étude des objets volants non identifiés fait ressortir un net manque de données fiables sur lesquelles nous pourrions travailler. Même les rapports les mieux documentés manquent souvent d'informations critiques qui rendent impossible une identification positive ; en d'autres termes, même dans un rapport bien documenté, il existe toujours un élément de doute sur les données, soit parce que l'observateur n'était pas en mesure d'obtenir les données requises, soit qu'il ne pouvait pas utiliser les moyens qui étaient à sa portée. Nous recommandons donc qu'une expérience contrôlée soit organisée pour obtenir des données physiques fiables. Un plan préliminaire grâce auquel l'expérience pourrait être montée et exécutée est présenté dans le paragraphe suivant.
Sur la base de notre expérience actuelle, nous nous attendons à  ce que certaines conclusions soient atteintes à l'issue de notre analyse et qu'elles rendent évident le besoin d'un effort nouveau pour obtenir des données fiables venant d'observateurs compétents utilisant un équipement adéquat. Aucune réponse positive ne pourra être donnée au problème avant qu'un plus grand nombre de données fiables soit disponible.
Nous nous attendons à ce que notre analyse démontre que certaines zones des Etats-Unis ont connu un nombre anormalement élevé d'incidents d'objets volants non identifiés ayant fait l'objet de rapports. En supposant, sur la base de notre analyse, que plusieurs zones bien définies productrices de rapports puissent être sélectionnées, nous recommandons qu'une ou deux de ces régions soit établie en zone expérimentale. Cette région ou ces régions, devrait être dotée de postes d'observation avec surveillance visuelle complète du ciel, couverture radar et photographique, plus tous autres instruments nécessaires ou susceptibles d'aider à l'obtention de données positives et fiables sur tout ce qui se trouve dans l'air au-dessus de la région. Un enregistrement très complet des conditions météorologiques devrait être tenu pendant toute la durée de
l'expérience. La couverture devrait être assez complète pour suivre n'importe quel objet aérien et pour que l'information ayant trait à son altitude, vitesse, taille, forme, couleur, heure de la journée, etc. puisse être enregistrée. Tous les lancers de ballons ou trajectoires connues de ballons, vols d'avions et trajectoires de fusées dans la région-test devraient aussi être portés à la connaissance des directeurs de l'expérience. De nombreux types différents d'activité aérienne devraient être secrètement et systématiquement organisés à l'intérieur de la zone.
Nous nous rendons compte du fait que cette expérience que nous proposons équivaudrait à une manœuvre ou opération militaire de grande envergure et qu'elle exigerait des préparations intensives et une excellente coordination, accompagnée de la sécurité la plus totale. Bien qu'il s'agisse d'une opération majeure, qui serait chère, des bénéfices secondaires nombreux seraient obtenus en plus des données ayant trait aux objets volants non identifiés.
La question se pose de savoir exactement ce qu'on pourrait tirer de l'expérience proposée. Comment peut-on résoudre le problème de ces objets non identifiés ? A partir de cette zone-test, pendant la durée de l'expérience, on peut s'attendre à recevoir un flot de rapports venant de citoyens ordinaires ayant fait des observations, en plus de celles faites par des militaires et autres observateurs officiels. Grâce à une telle expérience, on devrait pouvoir démontrer l'identité de tous les objets rapportés ou bien déterminer positivement qu'il existe bien des objets dont l'identité est inconnue. Dans de telles conditions, tout canular pourrait être dénoncé avec une quasi-certitude, peut-être pas publiquement, mais au moins pour l'autorité militaire.
De plus, sur la base des données obtenues à partir de cette expérience contrôlée, les rapports des cinq dernières années pourraient être réévalués, à la lumière d'informations similaires, mais positives. Cela devrait permettre d'atteindre des conclusions raisonnablement certaines quant à l'importance du problème des « soucoupes volantes ».
Les résultats d'une telle expérience, telle que nous l'avons décrite, pourraient aider l'Armée de l'air à déterminer quel niveau d'attention elle devrait accorder à des situations futures où, comme ce fut le cas l'été dernier, des milliers d'observations sont rapportées. A l'avenir, donc, l'Armée de l'air devrait être en mesure de faire des déclarations positives, rassurantes pour le public, indiquant que la situation est bien tenue en main.
        Bien à vous,

HCC :ee       H. C. Cross

****************************************************




Le document original, publié par le CUFOS, dans International UFO Reporter, Vol.18 - N°3, Mai-juin 1993


Source:  http://home.nordnet.fr/~phuleux/mmorandu.htm
IP archivée

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Re : Livre: Science interdite de Jacques Vallée
« Réponse #8 le: 13 Septembre 2008 à 15:50:47 »


L'Institut BATTELLE existe toujours:

http://www.battelle.org/


Battelle is an international science and technology enterprise that explores emerging areas of science, develops and commercializes technology, and manages laboratories for customers.  Battelle supports community and education programs to promote an enhanced quality of life for our community neighbors.

       

We’re committed to making the world a better place through our work with government, industry and community in the key areas of:

       Energy       Health & Life Sciences       National Security       Laboratory Management       Education

 

These key businesses integrate capabilities across Battelle,

including the national laboratories we manage or co-manage for the U.S. Department of Energy and the U.S. Department of Homeland Security, to create greater value for our customers, the nation and, ultimately, the global community.


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Innovative businesses see the future - and make it better. Battelle is investing today in key initiatives that will deliver a safer, healthier, and more productive tomorrow. These “signature businesses” integrate assets across Battelle, including the national laboratories we manage or co-manage for the U.S. Department of Energy, to create greater value for Battelle’s customers, the nation, and ultimately the global community.

 

ENERGY  - Battelle is leading a global energy revolution to diversify sources of energy, ensure reliability of the energy system, and maximize productivity for economic advantage. From leading major government and industrial initiatives like FutureGen and coal conversion to developing commercially viable fuel cells and energy storage “beyond batteries,” Battelle’s science and technology base and dedicated leadership are forging a powerful future - with energy for all.

 

HEALTH & LIFE SCIENCES - Beyond sequencing the human genome, Battelle is tapping assets in proteomics, advanced computational biology, and medical device development to take life sciences to the next level. We are building the science and technology foundation for major changes in medicine, healthcare, and bio-energy..

 

NATIONAL SECURITY & DEFENSE- Battelle is applying unmatched expertise and unique facilities to deliver homeland security solutions. From detection and protection against weapons of mass destruction to emergency preparedness/response and protection of critical infrastructure, we are working with industry and government to integrate policy, operational, technological, and logistical parameters that will secure a safe future.

 

LABORATORY MANAGEMENT - High impact managers of scientific resources, Battelle delivers the highest return on research dollars. Serving on the management teams of four premier Department of Energy National Labs whose staff are redefining the sciences of energy, materials, security, and biological systems, we are trustworthy stewards of the most powerful scientific instruments in the world.

 

COMMUNITY & EDUCATION - A strong partner in building tomorrow’s technology workforce, Battelle follows our founder’s mandate daily: invest in educating men and women who will become the innovators of the future. We are leading STEM education initiatives - from a million dollar donation to the National Society of Black Engineers to building Metro High School - that leverage the power of business/government/educator partnerships for students.


Ci-joint la plaquette des revenant sur les 75 ans d'innovation de l'Institut Battelle et de contrats militaires ;)

http://www.battelle.org/ASSETS/36DC84C50C0049778FAE3A68E7FD1F02/75.pdf
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Jacques Vallée, une approche différente... Par Grégory Gutierez (UFOCOM)
« Réponse #9 le: 13 Septembre 2008 à 16:01:59 »

Jacques Vallée, une approche différente...  Par Grégory Gutierez (UFOCOM)

Introduction
I - Parcours ufologique...

1 - Première approche du phénomène OVNI
2 - Passons aux choses sérieuses...
3 - Un système de contrôle ?

 

II - Quelques pièces et outils versés au dossier OVNI...

1 - La classification Vallée
2 - Les sept pièges du faux raisonnement
3 - Ummite-moi un extraterrestre
4 - Cinq arguments contre l’origine extraterrestre des OVNI

Conclusion
Bibliographie

Source: www.ufocom.org/UfocomS/vallee.htm  le lien est mort pour le moment ???
modération : le lien semble mort définitivement...
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Introduction
Pourquoi un article sur Jacques Vallée ?

Toute personne intéressée par l’ufologie connaît son nom et sait bien que c’est lui qui inspira le rôle du scientifique français joué par François Truffaut dans le film de Spielberg, Rencontre du IIIème type. Mais à part ça, que sait-on aujourd’hui de son travail considérable depuis les années 50, dans la petite communauté virtuelle qui chasse l’OVNI ?

Et pourtant, à la lecture de ses nombreux livres, on ne peut qu’être favorablement impressionné par le temps et l’argent qu’il a investis à la recherche des sacrés soucoupes, par toutes les pistes d’étude qu’il a pu défricher, et par son habitude d’aller directement enquêter sur le terrain, quel que soit le pays concerné, plutôt que de se fier aux habituelles informations de seconde main qui dénaturent tant les rapports... Bien entendu Vallée n’est pas parfait, loin de là, et nous verrons qu’il a parfois sous-estimé l’importance de certains aspects du dossier, mais il n’en reste pas moins que son travail est incontournable pour toute personne qui voudrait en savoir plus.

Je vous propose donc un petit tour d’horizon de ce que je sais de l’homme et de son travail... D’abord son parcours ufologique et ses livres, puis quelques unes des pièces qu’il apporte au débat et qui peuvent intéresser les autres chercheurs.

À vous de vous faire votre avis...

***

I - Parcours ufologique...

 

1 - Première approche du phénomène OVNI

Tout commence pour l’étudiant Jacques Vallée en France, dans les années 50. Il vit à Cergy-Pontoise et par un beau matin de 1955, dans le jardin de la maison familiale, il aperçoit dans le ciel un objet bizarre, " un disque avec une coupole transparente dessus ", qui reste stationnaire dans le ciel durant plusieurs minutes... Il refoule cette expérience pendant de nombreuses années, se persuadant que ce devait être un quelconque prototype militaire, mais au fond de lui-même cette explication est loin de le satisfaire.



Jacques Vallée, à son domicile de Cergy-Pontoise, en 1957

En 1961, sa maîtrise en astrophysique lui permet d’entrer à l’Observatoire de Paris, au tout nouveau service des satellites artificiels (basé à Meudon). Son travail consiste à traquer tout les objets traversant le ciel en haute altitude, afin de tenir à jour les éphémérides. Il travaille avec 2 autres astronomes à cette tâche. C’est à cette époque qu’il se rend compte que des choses tout à fait inhabituelles et inexpliquées parcourent le ciel. Il lui arrive parfois de traquer des cibles qui ne correspondent à rien de connu, qui ne sont pas des météorites et qui ne sont répertoriées nulle part... Il est alors confronté au mutisme des institutions : lorsqu’avec ses camarades il fait part de ces observations étranges à son supérieur direct, celui-ci se contente de les jeter à la poubelle : pas question de se tourner en ridicule, les Américains se riraient bien de nous !

Jusque là, Vallée s’était dit que si les OVNI existaient vraiment (à l’époque on parle encore de M.O.C., mystérieux objets célestes, comme les avait baptisés Aimé Michel), les astronomes les auraient vus et étudiés depuis belle lurette. Désormais il sait que les choses ne sont pas si simples. À titre personnel, il se met en contact avec des scientifiques, en France et aux États-Unis. La même attitude de censure instinctive se retrouve partout, mais aussi une tripotée de collègues qui se rendent bien compte que la situation doit changer, qu’on ne pourra continuer ainsi longtemps, à faire comme si rien ne se passait.

2 - Passons aux choses sérieuses...

En 1962, il part aux États-Unis pour aller travailler au département d’astronomie de l’université du Texas. Il prend rapidement contact avec le professeur J. Allen Hynek qu’il rejoint en 1963, à l’université de Northwestern, près de Chicago. Hynek est alors le conseiller scientifique de l’armée de l’Air pour le projet Blue Book. Cet universitaire Américain est encore confiant et optimiste à l’époque, persuadé que son gouvernement s’intéresse véritablement au problème.

En 1969, le rapport Condon met un terme définitif au projet Blue Book : les OVNI ne présentent aucun intérêt scientifique, leur étude ne sert à rien. Ouf, la communauté scientifique peut vaquer à ses occupations légitimes, et le public se rendormir sur ses deux oreilles (comme le faisait d’ailleurs Condon pendant les réunions qu’il dirigeait).

Mais pour Hynek et son bras droit Vallée, la réalité est tout autre. Durant leur collaboration avec l’armée de l’Air, ils s’aperçoivent petit à petit que tous les rapports d’observation ne sont pas envoyés à Hynek, loin de là : on ne lui transmet que les cas les moins probants... Les militaires avec qui ils travaillent semblent adopter 2 attitudes : certains veulent à tout prix se débarrasser de ce dossier encombrant qu’ils jugent sans intérêt, d’autres sont bien réservés, faisant des cachotteries et mêlant le chaud et le froid. Hynek et Vallée ont la forte impression d’être manipulés comme des marionnettes, utilisés comme caution. Vallée finit par avoir la certitude que le rôle de l’armée n’est pas clair du tout, qu’elle cache une grosse partie de ce qu’elle sait, et qu’enfin elle mène discrètement de son côté des recherches bien plus poussées, à partir de rapports très bien fournis qui restent confidentiels. Le projet Blue Book ne serait qu’une façade bien pratique pour calmer les esprits...



"Vallée fut parmi les premiers à critiquer l'attitude très douteuse de certains services gouvernementaux, utilisant la désinformation et la noyautage afin de "couler" la recherche civile... (ci-dessus, la très discrète NSA et la DIA)"


N’ayant plus vraiment confiance en une collaboration militaires - universitaires, Vallée se retire progressivement des turpitudes officiels et se met à travailler à titre personnel sur le sujet...

En 1965, Vallée publie sa première étude sur le sujet, Anatomy of a phenomenon : unidentified objects in space - A scientific apraisal. Toute la communauté ufologique Américaine reçoit avec enthousiasme ce livre écrit par un scientifique, à mille lieux des divagations extrêmes de la littérature OVNI du moment.

Puis en 1966 et en français cette fois, il écrit Les phénomènes insolites de l’espace.

Il pose dans ces livres les bases d’un travail rigoureux de collecte des témoignages, et d’analyse des caractéristiques qui en ressortent.

En 1969 est publié un livre plus ambitieux, Passport to Magonia - from folklore to flying saucers (bêtement traduit en français sous le tire Chroniques des apparitions extraterrestres !). Vallée y met en parallèle les témoignages modernes d’OVNI d’une part, et des récits folkloriques de tous pays de l’autre. Gnomes, lutins, elfes qui dansent dans les champs et laissent des " ronds de fées " où l’herbe ne repousse plus, qui capturent parfois un humain pendant une journée alors qu’une année s’est écoulée pour ses proches, qui donnent des galettes aux humains rencontrés dans la forêt, qui s’envolent dans leurs grands paniers volants... font curieusement penser aux histoires de soucoupes et aux actes de leurs occupants...

Qu’en déduire ? Vallée parle de " folklore en formation ", sans déterminer l’origine de cette formation. Visiblement, depuis très longtemps, ces phénomènes sont là et interagissent avec l’homme, modifiant sa culture et ses croyances de manière non négligeable. Il faut se méfier de l’explication moderne de vaisseaux extraterrestres visitant la Terre dans un but d’étude, car celle-ci colle trop à notre culture et à nos connaissances actuelles, comme le " Petit Peuple " collait bien à la conception que l’on avait du monde au moyen âge...

Dès cette époque, Vallée systématise ses recherches, il est en relation avec de nombreuses personnes, Aimé Michel est son ami depuis longtemps, tout comme Hynek, mais il a aussi fréquenté le major Quintinilla du Blue Book, et tous les acteurs de l’ufologie américaine, notamment l’APRO. Il correspond aussi beaucoup avec des ufologues d’Amérique Latine, d’Italie, d’Espagne, et avec de nombreux scientifiques qui s’intéressent à titre privé et anonymement au problème OVNI...

Se forme alors autour de lui et d’Hynek tout un cercle de chercheurs. Des réunions sont organisées chez lui à Chicago. On baptise le groupe le " Collège invisible ". Des histoires incroyables, simples rumeurs et faits plus crédibles, sont amassées durant cette période.

3 - Un système de contrôle ?

Quelques années plus tard, en 1975, Vallée publie The Invisible college - What a group of scientists has discovered about UFO influences on the human race. C’est certainement un de ses plus importants livres. On y trouve les pistes de recherches et de réflexion qui faisaient le quotidien du groupe de " UFO brainstorming " qu’était le collège. Notamment les témoignages des siècles passés, des bas-reliefs Phéniciens par exemple qu’on peut interpréter dans une optique OVNI (mais attention, Vallée se garde bien d’en tirer des conclusions hasardeuses comme le fit Von Danïken).

Mais Vallée développe surtout dans ce livre l’hypothèse du " système de contrôle ". Le phénomène OVNI semble se dissimuler lui-même, aujourd’hui le camouflage consiste en vaisseaux extraterrestres, parce que cette explication s’adapte à notre culture. Mais à chaque époque de l’humanité, le même phénomène s’adapterait aux croyances alors en vigueur...

Mais qu’est ce que c’est que ce " système de contrôle " ? La notion reste vague malgré ses tentatives d’explication. Personnellement, j’ai cru y discerner l’idée qu’un élément totalement inconnu de nous, naturel dans une certaine mesure puisqu’il semble avoir toujours été présent, influe sur l’humanité de manière discrète mais profonde, en modifiant petit à petit la psychologie des masses, et ce pour une raison qui nous échappe totalement. Pour prendre une image, la fonction et l’existence de mon PC échappent totalement à l’insecte qui vient de se poser sur mon écran parce que la luminosité l’attirait... (bon, l’image est de moi, et elle vaut ce qu’elle vaut...).

Certains rapprochements de Vallée sont audacieux. Il cite par exemple un des miracles dûs à la grotte de Lourdes : au XIXème siècle, un ouvrier était immobilisé depuis plusieurs années par une jambe parce qu’une section de l’os de quelques centimètres avait été détruite au cours d’un accident de travail. Miraculeusement, il fut guéri et la section manquante réapparut, fait attesté par les médecins qui le suivaient depuis son accident, et qui ne trouvèrent évidemment aucune explication. Et Vallée d’avancer comme hypothèse de travail qu’une technologie suffisamment avancée pourrait greffer, voire synthétiser, des parties d’os du squelette tout aussi bien que ne le ferait le bon Dieu....

Vallée se pose aussi la question de la part " psychique " du phénomène OVNI. Il prend l’exemple d’Uri Geller, qui prétendait avoir été contacté par des OVNI dans sa jeunesse, et en avoir développé ses dons paranormaux.... Évidemment Geller était un habile manipulateur, mais Vallée s’intéresse moins à la validité de l’histoire, qu’au fait que Geller et ses amis aient pu y croire sincèrement, ce qui aurait influencé leur parcours. Vallée passe ainsi en revue plusieurs histoires de " contactés " s’étant par la suite découvert des dons de clairvoyance ou de télékinésie, et ayant constitué de véritables cercles culturellement séparés du reste de la société...

La sonnette d’alarme

En 1979 est publié Messengers of deception - UFO contacts and cults (titre français : La grande manipulation). Cette fois-ci, Vallée étudie les répercutions du phénomène sur de micro-groupes sociaux. Il s’alarme de l’augmentation progressive de cultes voués aux Visiteurs, et qui ont parfois comme base de véritables observations. Dans quelle mesure le témoin/futur gourou est-il seul responsable de la tournure que prennent les événements ? À quoi joue l’intelligence qui se cache derrière le phénomène ? Vallée tire la sonnette d’alarme. Il se pourrait très bien que ses groupements sectaires se développent au-delà de toute attente, et finissent par ruiner une recherche sérieuse. Claude Vohrilon (aussi appelé Raël, aussi appelé " celui-qui-lave-plus-que-blanc " à cause de ses tenues) semble assez inoffensif en 79, qu’en sera-t-il dix ans plus tard ? Enfin, quel est le rôle exact des autorités dans ce jeu trouble et confus ? L’État est-il un simple observateur, ou bien un acteur particulièrement actif ?

Le travail de synthèse

Après quelques années de silence pendant lesquels Vallée s’éloigne de plus en plus de la scène ufologique et de ses polémiques, tout en continuant une étude personnelle, il publie coup sur coup trois volumes, qui synthétisent et détaillent son approche.

Dimensions - a casebook of alien contacts en 1988

Confrontations - a scientist’s search of alien contact en 1990

Revelations - alien contact ans human deception en 1991

N’ayant pas encore lu Dimensions, vous me permettrez de ne pas le résumer.

Dans Confrontations, Vallée se penche sur quelques dossiers qu’il connaît très bien, puisqu’il a personnellement participé aux enquêtes. Il consacre de longs chapitre aux effets physiques des rencontres, modification biologique de certains végétaux (le célèbre cas de Trans-en-Provence), guérisons miraculeuses (cas du fameux docteur X français), voire mort pure et simple (vague brésilienne de 1977)...

Vallée veut démontrer ainsi qu’on en sait un peu plus aujourd’hui qu’il y a 40 ans, les dossiers s’accumulent, mais malheureusement aucun travail de synthèse n’est effectué... Enfin, il insiste beaucoup sur les vertus du travail sur le terrain : inspecter soi-même les lieux, interroger les témoins plusieurs fois, recouper des informations diverses ; vérifier encore et encore ses sources. Il s’est ainsi aperçu que souvent, l’événement réel n’avait rien à voir avec ce qui était raconté et discuté en long et en large dans le milieu ufologique : aller sur le terrain est la base de tout travail sérieux... C’est ainsi qu’un chapitre est consacré à la vague brésilienne de 1977, totalement ignorée par la communauté ufologique jusqu’à ce qu’il se rende lui-même sur les lieux pour savoir de quoi il retournait. Et pourtant, cette vague fut importante : pendant 2 mois, toute la population d’une petite ville isolée put voir, tous les soirs, de nombreux ovnis aux formes très diverses vaquer à d’obscures occupations, et parfois même prendre en chasse des personnes isolées, lesquelles souffraient par la suite de symptômes précis (baisse de tension, fatigue générale, apparition de " cloques " sur le corps, perte passagère de pilosité par endroits...). Une paranoïa collective fit se dépeupler petit à petit les environs, pendant qu’une équipe de militaires était envoyée sur les lieux.

Dans Révélations, il aborde un autre sujet en profondeur : le rôle trouble joué par les autorités dans certains dossiers. Ainsi, Hynek et lui-même furent contactés par des représentants officiels de l’Air Force par exemple, qui leur racontaient avec le plus grand sérieux de fantastiques histoires sur des contacts entre ufonautes et militaires.

Des preuves ? Évidemment qu’il y en avait, il suffisait d’attendre encore quelques semaines, le temps que les dernières formalités administratives soient remplies... Mais les preuves promises se faisaient toujours désespérément attendre. Vallée parle de " technique de la carotte et du bâton ". Lorsque lui et Hynek se lassèrent de ce petit jeu stérile, alors tout simplement les " informateurs " se tournèrent vers d’autres chercheurs moins regardants, moins méfiants, plus crédules. Et l’on vit progressivement apparaître sur la scène ufologique les rumeurs les plus extraordinaires : MJ-12, Zone 51, pacte entre E.T. et gouvernement... Toutes allégations qui s’avéraient plus bancales et infondées les unes que les autres si on se donnait la peine d’aller au fond des choses. Mais ces manœuvres de désinformation avaient réussies. En quelques années, Vallée vit les débats sombrer dans des méandres de plus en plus paranoïaques et fumeux, alors que les observations continuaient à s’accumuler, sans que personne ne se donne plus la peine d’y prêter attention.

Vallée passe en revue quelques unes de ces manipulations et désinformations, notamment l’affaire de Bentwaters en Angleterre en 1980, les allégations de Bill Moore (qui avoua lui-même par la suite avoir travaillé avec les services de renseignements américains pour une opération de désinformation), le canular de l’APEN, l’étrange et inextricable affaire des six de Gulf Breeze...

Il dégonfle au passage quelques baudruches, entre autres la fameuse histoire de " l’expérience de Philadelphie " : en 1943, l’armée américaine aurait procédé à un test secret visant à rendre un porte-avion invisible. Nous sommes en 1943 et la technologie du radar est en plein boum... Effectivement, dit Vallée, il s’agissait de rendre le navire invisible... mais invisible aux radars ! Les sous-marins allemands ayant la désagréable habitude de repérer constamment les flottes alliées... Quant aux suites de cette expérience, on les trouve dans l’actuelle technologie " stealth "...

Enfin, autre manipulation gouvernementale selon Vallée, le dossier Ummo... Nous y reviendrons tout à l’heure.

En 1992 sort UFO chronicles of the Soviet Union : a cosmic samizdat, écrit en collaboration avec la journaliste Martine Castello. À l’heure actuelle, l’ouvrage n’est toujours pas traduit en français, ce qui est bien dommage vu qu’il traite de la vague russe de 1989-1991 (on notera la concordance des dates avec la fameuse vague belge). Il faut noter que ces événements furent tout simplement occultés par l’ufologie américaine et européenne, qui s’en désintéressa rapidement.

Selon Vallée, se désintérêt serait dû en partie à cause des a priori de l’ufologie actuelle : les témoignages parlent de sphères lumineuses d’où sortaient des " géants " blonds d’au moins 3 m. de haut. Or, tout ufologue averti sait bien que les pilotes des ovnis sont petits, gris, poilus et qu’ils travaillent de concert avec le gouvernement américain !

Enfin, en 1996, Vallée publie Forbidden science - Journals 1957-1969. Ce gros volume est un document exceptionnellement intéressant : tout simplement la chronique au jour le jour de la vie et du travail de Vallée pendant une période phare (l’époque du Blue Book). On y croise des personnes aussi intéressantes et disparates que Aimé Michel, J. Allen Hynek, Jacques Bergier, Betty et Barney Hill, Serge Hutin, le capitaine Edward J. Ruppelt... On y comprend aussi quelle était l’atmosphère de l’époque, le rôle trouble de l’armée, les groupements privés qui sont encore sérieux pour la plupart, les médias et leur manière outrancière de galvauder le sujet...

Le plus intéressant dans tout cela étant sans doute la présence du " rapport Pentacle ", que Vallée retrouve dans des archives que Hynek avait laissées s’agglutiner sans espoir d’y mettre de l’ordre...

Il faut aussi noter l’excellente édition française de ce livre, qu’on doit aux éditions O.P. (Observatoire des Parasciences), qui éditent aussi la revue Anomalies, dirigée par Yves Bosson et Pierre Lagrange. Même si le travail de Lagrange est très discutable, il faut rendre hommage à cette équipe pour ce superbe volume.

Et aujourd’hui ?

Voici comment Vallée termine son Journal :

" Il y a longtemps que des amis bien informés de conseillent de me retirer à nouveau dans les coulisses. J’ai l’intention de les écouter. Je ne peux pas justifier de rester associé à l’ufologie telle qu’elle se présente au public aujourd’hui. D’ailleurs, je soupçonne que le phénomène offre à nos yeux une structure fort différente dès que l’on abandonne les sentiers battus et les faux débats qui cachent ou défigurent les questions "recherchables". "

Remarquons que Vallée n’est pas le seul chercheur sérieux à choisir cette attitude de repli et de travail " en coulisses ", ce qui est évidemment bien dommage : la scène ufologique est ainsi laissée aux pires amateurs, qui marchent dans tous les pièges, et s’attachent aux théories les plus fantasques au détriment d’une recherche raisonnée et scientifique...

Voilà pour ce tour d’horizon du parcours de Jacques Vallée.

Voyons maintenant de plus près quelques uns des éléments que Vallée a développé tout au long de sa carrière...

 

II - Quelques pièces et outils versés au dossier OVNI...

 

1 - La classification Vallée

Depuis les années 60, époque de sa collaboration avec Allen Hynek qui était alors le conseiller scientifique du projet Blue Book, Vallée a rassemblé des milliers de témoignages sur les ovnis, issus de tous pays. Ce nombre peut paraître trop généreux, mais il ne faut pas oublier qu’il a pu inclure dans son travail beaucoup de témoignages préalablement centralisés par l’armée américaine, ainsi que ceux que lui fournissaient ses correspondants un peu partout dans le monde. De plus, lorsque le reste des ufologues se battait au sujet du MJ-12 ou de la zone 51, Vallée continuait tranquillement, loin du tumulte, à collecter de nouvelles observations.

Mais une fois toutes ces données rassemblées, encore faut-il pouvoir les trier, les classer, avec si possible le plus de rigueur et de maniabilité possible. S’il est astronome de formation, Vallée est informaticien de métier. Il est conscient du formidable outil de recherche que représente l’ordinateur, et les bases de données qu’il permet de créer puis de manipuler...

Vallée a ainsi créé une méthode de classification du phénomène. Elle inclut la catégorie des Rencontres Rapprochées de Hynek, si célèbres, mais insuffisantes. C’est dans son livre Confrontations qu’il expose cette méthode de classification.

Elle comprend 2 parties, le " Type de phénomène " à proprement dit, et le critère de fiabilité " SVP ". Ce dernier est très important, il permet de donner une estimation de l’intérêt de l’observation.

Voyons cela de plus près...

TYPE D’OBSERVATION (voir tableau ci-dessous)

Vallée considère 4 types d’observations :

Anomalie (AN),

Survol (SU),

Manœuvre (MA),

Rencontre Rapprochée (RR).

Pour chacun, 5 sous-groupes différents :

1-Observations simples,

2-Effets physiques,

3-Créatures vivantes,

4-Transformation de réalité,

5-Traumatisme.



"Tableau de la Classification Vallée (tiré du livre Confrontations,éditions J'ai Lu, 1992)"


Ce classement permet de considérer 20 types différents d’événements, allant du plus basique, AN1 (une simple lumière anormale dans le ciel) au plus impressionnant, RR5 (guérison miraculeuse ou au contraire mort à la suite de l’observation de l’ovni).

Notez que les catégories AN3 et AN4 permettent de prendre en compte une observation où n’apparaît pas un ovni, mais simplement une créature anormale (cas des observations de Varghina au Brésil en 1995), et pouvant altérer la réalité du témoin.

ÉCHELLE DE FIABILITÉ SVP

Ces trois lettres désignent les mots Source (de l’observation), Visite (du lieu de l’observation) et Possibilité (d’une explication naturelle).

À chacune des lettres est associé un coefficient de fiabilité allant de 0 (nul) à 4 (excellent). Ce qui donne en fin de compte une " note " pour l’observation considérée, allant de 000 (sans intérêt) à 444 (Bingo ! Cas très sérieux !).

Voici l’échelle détaillée pour chaque critère.

S = Source :

S0 = Source inconnue, invérifiable

S1 = Source connue mais dont on ne peut estimer le degré de fiabilité

S2 = Source digne de foi mais de seconde main

S3 = Source digne de foi et de première main

S4 = Interview directe du témoin, recueillie par un enquêteur compétent

V = Visite (du lieu de l'observation) :

V0 = Pas de visite du site

V1 = Visite par une personne non spécialisée

V2 = Visite par une personne familiarisée avec le phénomène

V3 = Visite par une personne spécialisée en "ufologie"

V4 = visite par un enquêteur chevronné qui a fait une enquête

approfondie sur les lieux

P = Possibilité (d'une explication naturelle) :

P0 = Les données concordent avec une explication naturelle

P1 = une explication naturelle peut être appliquée si l'on modifie légèrement les données originales

P2 = Il faudrait modifier excessivement un des paramètres pour trouver une explication naturelle

P3 = Il faudrait modifier plusieurs paramètres pour trouver une explication naturelle

P4 = L'évidence fournie ne permet pas de conclure à une explication naturelle

Évidemment Vallée a appliqué cette méthode de classification pour ses dossiers. Il donne dans Confrontations une longue liste de cas ainsi traités. La méthode semble porter ses fruits puisqu’il pourra en tirer plusieurs courbes, dont une qui permet de conclure que les cas de Rencontre Rapprochée se déroulent principalement en soirée (21h-23h), puis juste avant l’aube (vers 5h du matin). Ces résultats sont confirmés par les travaux d’autres chercheurs (Poher, Randles...) qui aboutirent à la même conclusion, quelle que soit la " vague " considérée.

Je ne peux qu’encourager le lecteur à lire de lui-même l’exposé de cette méthode de classification par Vallée dans Confrontations, qui constitue un modèle du genre pour toute enquête sur le terrain puis traitement des données collectées.

2 - Les sept pièges du faux raisonnement

Dans Révélations, Vallée explique le mécanisme de 7 pièges de faux raisonnement, qui finissent par faire croire à tout et à n’importe quoi, au-delà de toute attitude rationnelle et critique, comme il le constata autour de lui lorsque les faux documents du MJ-12 par exemple commencèrent à circuler.

Voici, résumés, ces 7 pièges :

Piège numéro 1 : la transitivité de l’étrangeté

" Nous sommes tous enclins à commettre cette erreur qui se développe comme suit : quelqu’un fait une déclaration très étrange que j’appellerai (A). (A) pourrait être par exemple l’affirmation "Je suis en contact avec une civilisation extraterrestre." Quand on demande à cette personne d’en apporter la preuve, elle fait une seconde déclaration que l’on appellera (B). Par exemple : "Ils m’ont donné le pouvoir de tordre cette petite cuiller par le simple fait d’y penser." "

La personne en fait alors la démonstration, bluffant les observateurs en tordant réellement la petite cuiller en question.

" L’esprit humain, prompt à tirer des conclusions hâtives, a établi une transition (B est vrai, il a été énoncé dans le contexte de A, donc A doit être vrai), qui est complètement injustifiée. "

Piège numéro 2 : l’effet d’engrenage

" Cette illusion particulière a été mise en lumière par un sceptique qui a remarqué que la plupart des passionnés de phénomènes paranormaux ne reviennent jamais à des croyances ordinaires après avoir été convaincus de la réalité d’un fait surnaturel, même s’il est prouvé par la suite qu’il était totalement faux. (...) Cette illusion n’est pas limitée aux ufologues. Si l’on parvient à convaincre quelqu’un d’acheter une seule fois un billet de loterie en lui faisant miroiter la perspective de gagner un million de dollars, il continuera probablement à acheter des billets, même s’il ne fait que perdre : il serait trop pénible de renoncer à l’illusion de pouvoir gagner un million la semaine suivante, d’autant plus que les pertes (considérées désormais comme des "investissements") continuent de s’accroître. "

Piège numéro 3 : le séquançage des aberrations

" Cette illusion est de nature émotionnelle et, de ce fait, elle est encore plus dévastatrice que les deux premières. Elle montre que la plupart des enquêteurs sur le phénomène, lorsqu’ils ont été dupés une fois, continueront d’être fascinés par les "révélations" successives, même en sachant pertinemment qu’elles sont fausses. "

Ainsi, un mystérieux informateur vous prévient qu’une soucoupe va atterrir en tel lieu à telle date. En enquêteur consciencieux, vous êtes au rendez-vous. Mais il ne se passe rien, aucune soucoupe à l’horizon... (la mésaventure est arrivée à Vallée lui-même !)

Malgré tout... " ce correspondant est maintenant devenu pour vous une source d’aventures excitantes et de renseignements confidentiels. Vous craignez, en le contrariant, d’être privé de ces renseignements. De nombreux ufologues tirent une curieuse forme de satisfaction et un sentiment de puissance personnelle de ces sources bidons dont les informations sont toutes mensongères ! Peu importe si le mystérieux individu se trompe à chaque fois, du moment qu’il continue de fournir de bonnes histoires qui répondent à vos espérances. "

Piège numéro 4 : l’attrait du matériel

" J’ai remarqué que des chercheurs expérimentés, des gens qui, pendant des années, avaient patiemment étudié des phénomènes paranormaux et les effets qui s’y rapportent, pouvaient basculer totalement, en quelques heures, en écoutant des interviews enregistrées de farceurs comme Faucon et Condor. Un jour, à San Fransisco, tout le gratin de la recherche parapsychologique californienne écouta ainsi une conférence du célèbre Arthur Young (...). (Il) présenta une bande vidéo renfermant des révélations sur les prétendus extraterrestres et leurs bases secrètes de la Zone 51. La majorité des participants quittèrent la salle convaincus que des preuves décisives étaient enfin à portée de main. (...)

Il va sans dire qu’il n’en était rien. Tout ce que nous avions était une bande montrant "Dennis", un inconnu sympathique, en train de faire des déclarations farfelues. (...)

Quelle ironie de voir une pleine salle de "lumières" psychiques se laisser embobiner par une histoire de soucoupe écrasée, pour cette seule raison qu’enfin il y a "quelque chose de tangible". "

Bref, le 4ème piège, c’est celui de la preuve matérielle toujours annoncée pour dans très peu de temps...

Piège numéro 5 : l’illusion de la noix de coco

Un ami intéressé par la parapsychologie raconte à Vallée une histoire qui lui est arrivée...

" On m’avait dit que si je me rendais dans un monastère, à 2 heures de route de Bénarès, j’y trouverais un saint homme ayant le pouvoir de faire apparaître un objet à l’intérieur d’une noix de coco que je tiendrais dans la main. Ils ne s’attendaient pas à ce que je le fasse. Mais, avec l’obstination d’un scientifique américain, je me rendis immédiatement au marché local pour y acheter une noix de coco : je me fis conduire dans le monastère situé à deux heures de Bénarès où je trouvai des moines qui me conduisirent vers un homme d’une grande sainteté qui méditait dans sa cellule étouffante et poussiéreuse. Il m’assura qu’il était en mesure de faire apparaître un objet à l’intérieur de la noix de coco par le seul pouvoir de son esprit, mais me demanda ce qui me permettait de penser que j’étais capable de tenir la noix de coco. "

En ufologie, si le gouvernement affirme qu’il détient des soucoupes dans un hangar qui doit rester secret et auquel aucun enquêteur ne pourrait prétendre accéder, alors nous somme dans la même situation : affirmation totalement invérifiable, on devrait faire aveuglément confiance...

Piège numéro 6 : la fusion des mystères

" Quand deux événements étranges (A) et (B) se produisent dans un intervalle de temps et d’espace rapproché, il est naturel pour l’esprit humain de les unir en un seul mystère. C’est souvent une grave erreur. Le fait que des citoyens dignes de foi aient vu d’étranges objets volants au-dessus de Groom Lake (événement A), ne confirme en aucune manière les affirmations de John Lear selon lesquelles il existe des hangars abritant des disques (événement B) sur la base aérienne de Nellis. Et même si ces disques existaient, rien ne prouve qu’ils soient liés au mystère des ovnis.

On trouve le même défaut dans les déclarations publiées sur le cas de Roswell (...). Tout ce que nous savons, c’est que quelque chose s’est écrasé sur un ranch (événement A) et que l’affaire a été étouffée par l’armée de l’air, qui utilisa l’explication ridicule du ballon-sonde pour nier les faits. Les débris ne semblaient par provenir d’un objet discoïdal et il n’y avait pas de cadavres.

En revanche, un disque et des corps auraient été découverts à plusieurs kilomètres de là presque une semaine plus tard (événement B). Où se trouve le lien logique entre ces deux événements et pourquoi les ufologues amalgament-ils automatiquement ces deux événements pour en faire "l’incident de Roswell" ? "

Piège numéro 7 : l’amplification du secret

" Ceux qui adhèrent à la théorie extraterrestre brandissent souvent à la télévision des documents gouvernementaux abondamment censurés, pour prouver qu’ils sont dans le vrai. Le public adore le scandale, et ces hommes tirent un grand prestige et une influence accrue à soutenir la thèse que les agences gouvernementales essaient à tout prix de dissimuler les faits.

En réalité la censure peut provenir d’une grande variété de raisons fort banales, allant de la nécessité évidente de protéger les nouvelles découvertes techniques à la pure stupidité bureaucratique. Quand la censure est levée, le texte censuré se révèle souvent être de nature purement technique. Les ufologues ont tout simplement magnifié la nature et le sens du secret. "

Vallée conclut ainsi son exposé des 7 pièges :

" Le fait même que les militaires américains fassent en secret leurs propres recherches, interrogeant des témoins et menant de discrètes analyses en laboratoire, montre combien ils en savent peu sur le sujet, et non le contraire ! (...)

Serait-il nécessaire de mener des expériences clandestines, de surveiller des groupes de recherche civils, ou encore de financer par des moyens douteux les recherches de certains ufologues, si l’armée de l’air avait déjà des soucoupes volantes dans ses hangars et des petits extraterrestres sous le scalpel de ses chirurgiens ? Tout indique une conclusion évidente : l’attente de visiteurs venant du ciel est systématiquement encouragée et exploitée par divers groupes, parce qu’elle sert leur propre dessein. "

 

3 - Ummite-moi un extraterrestre

Comme beaucoup d’autres chercheurs, Vallée a reçu chez lui des lettres Ummites. La première, envoyée de New York, était même sur-timbrée à 10 dollars ! On était pressé de rentrer en contact avec lui ! Mais Vallée est toujours resté très critique envers le dossier " U ".

À la lecture de ses critiques, notamment dans Révélations où il consacre tout un chapitre au dossier, on ne peut s’empêcher de constater quelques lacunes, et l’on a la désagréable impression qu’il n’a pas étudié sérieusement le sujet...

Ainsi, voici un de ses arguments pour démonter l’histoire ummite :

" Dans un de ses documents les plus curieux, la source Ummo déclare que le tout premier atterrissage d’un de ses engins eut lieu le 24 avril 1950 près de La Javie, dans les Alpes françaises. Un équipage aurait établi une base temporaire dans une caverne et aurait ensuite effectué un certain nombre d’incursions dans les environs. (...)

En 1974, je me rendis à La Javie avec deux enquêteurs français, Aimé Michel et Fernand Lagarde (...). Nous parlâmes aux habitants d’un hameau accroché au flanc de la montagne, où la route s’arrêtait. Ils n’avaient jamais entendu parler de cavernes dans la région. De plus, la géologie de l’endroit semblait peu propice à la formation de cavités naturelles. "

Vallée semble croire que les Ummites se sont cachés dans une grotte naturelle, ce qui ne colle pas avec la nature du terrain... Mais ce n’est pas du tout ce qu’explique la lettre dont il parle !

Voici ce que précise la lettre en question :

" Peu après sortaient (des nefs ummites) les six expéditionnaires accompagnés de 20 membres de l'équipage. Il était nécessaire de commencer les travaux d'une construction souterraine d'urgence. (...)

Il était nécessaire de réaliser la perforation en fondant à grande température des grés et des calcaires. la haute composition silicieuse du sol provoqua au début un sérieux problème qui fut rapidement résolu. Les matériaux ainsi fondus furent transmutés en un isotope d'azote. De cette façon, à l'extérieur n'apparaissaient pas des tas de terre qui auraient révélé notre présence à d'éventuels observateurs humains terrestres. L'on travailla toute la nuit jusqu'à 7 heures. Peu avant l'aube nos EUWA se déplacèrent dans un petit bois d'étranges arbres à feuilles filamenteuses identifiés après sous le nom terrestre de "PINUS MONTANA".

La galerie ouverte dans le sous-sol d'une longueur de 4 mètres, à une profondeur de 8 mètres et étayée avec des IGAAYUU (sortes de CINTRES extensibles modulaires d'un alliage de Magnésium très léger), se maintenait à une température très élevée (quelques 500 degrés) bien que la fusion au moyen d'un processus énergétique nucléaire des produits ou des composés du sous-sol s'accompagne ensuite d'un refroidissement très rapide. De plus il était nécessaire de résoudre le problème de la condensation de vapeur d'eau sous forme de petits nuages qui en se décrochant de la galerie en une haute colonne pouvaient révéler notre présence. Il fut nécessaire d'obturer la bouche du tunnel ou galerie avec une plaque de plastique et de recueillir aussi par aspiration les fumées décrochées à partir de la combustion des substances organiques du sol ".

Vallée a-t-il bien lu cette lettre ? En tout cas son argument se base sur une grossière erreur de lecture... Il a sans doute dû uniquement parcourir la lettre, sans y prêter vraiment attention, voire n’en a eu qu’un rapide résumé entaché d’erreurs, ce qui laisse planer un sérieux doute sur le bien fondé de son opinion au sujet des Ummites...

Malgré cette largesse, au moins une de ses critiques est recevable. On a souvent lu que les lettres Ummites étaient tellement riches, variées et nombreuses qu’un seul homme, voire même un petit groupe, n’aurait pu toutes les écrire, depuis tant de dizaines d’années. Il lui aurait fallu une imagination et des connaissances tout à fait fabuleuses.

Faux, répond Vallée. On connaît au moins un cas tout à fait exceptionnel : un homme, Kirk Allen, brillant savant américain travaillant pour le gouvernement, avait été étudié par le psychiatre Robert Lindner, lequel raconte l’histoire de Allen dans son livre L’heure de cinquante minutes.

Il est clair, à la lecture de l’exposé du cas par Vallée dans Révélations, qu’il reprend en grande partie, presque mot pour mot, un article paru dans la revue française Planète en 1963. Il s’agit d’un extrait du livre, intitulé Le fabuleux voyage d’un atomiste, paru dans le 9ème numéro (p.123 à 135). Bizarrement, Vallée ne cite pas une seule fois sa source, et pourtant il emprunte énormément à l’article en question.

En tout cas, l’histoire de Kirk Allen laisse rêveur...

Ce brillant physicien croyait passer une partie de son temps sur une autre planète, Seraneb, sur laquelle il pouvait se rendre à volonté par la simple pensée. Comme il passe de plus en plus de temps à rédiger des mémoires et des études sur cette planète, son travail s’en ressent et c’est ainsi que Lindner est contacté par des collègues s’inquiétant de l’importance grandissante de ses " voyages "... En traitant Allen, Lindner se prend à son tour de passion pour la planète Seraneb et découvre les textes rédigés par son patient, qui comprennent :

- 100 pages de dictionnaire

- 82 cartes minutieuses en couleurs et à l’échelle

- 161 études sur la géologie et l’architecture

- 12 tableaux généalogiques rigoureux

- 18 pages de description du système galactique auquel appartient Seraneb, avec 9 cartes d’étoiles

- 200 pages d’une histoire de l’Empire dirigé par Allen

- 44 brochures de 2 à 20 pages chacune traitant avec beaucoup de rigueur scientifique d’aspects particuliers de la vie sur Seraneb, tels que " Application de la théorie du Champ Unifié à la propulsion hyperphonique ", " Métabiologie des habitants des Vallées ", " Culte du Feu et sacrifices rituels sur Srom Sodrat II ", ou encore " La sexualité chez les Crystopèdes "...

Après quelques mois de travail commun entre le patient et son psychiatre, Allen avoue un jour à Lindner qu’il ne croit plus à toutes ces histoires, et qu’il se considère désormais comme guéri... Lindner le laisse partir, mais avoue dans son livre qu’il eût l’impression que Allen voulait se débarrasser de lui.

L’article de Planète se termine ainsi :

" Je n’ai pas vu Allen depuis des années, mais je pense souvent à lui et aux jours où nous parcourions ensemble les galaxies. Son image revient me hanter, certaines nuits d’été, sur Long Island, quand le ciel, recouvrant Peconic Bay, est tout frémissant d’étoiles. Et parfois, levant les yeux, je me murmure en souriant : "Comment vont les crystopèdes ?" "

Et Vallée termine ainsi son chapitre sur les Ummites :

" Au cours des longues nuits d’été de Long Island, quand le ciel est constellé d’étoiles, il arrive encore au docteur Lindner de lever la tête et de murmurer en souriant : " "Comment vont les crystopèdes ? Que se passe-t-il à Seraneb ?"

De même, je suis parfois tenté de me demander :  "La paix règne-t-elle sur le système planétaire d’Iumma ? Les Ummites sont-ils entièrement satisfaits de la fonction transcendantale d’Oemii ?" "

Que peut-on en conclure ? Certains n’hésiteront pas à avancer le fait qu’on a tiré des textes Ummites quelques idées scientifiques très intéressantes, ce qui est loin d’être le cas pour les textes de Seraneb... Oui mais, encore eut-il fallu qu’un scientifique de bon niveau se penche, par exemple, sur l’Application de la théorie du Champ Unifié à la propulsion hyperphonique, ce qui n’a jamais été fait...

Imaginons que Kirk Allen, peut-être avec la complicité de quelques amis, se mette à envoyer par vois postale ses rapports et mémoires sur Seraneb à des ufologues... Belle concurrence pour les Ummites !

 

4 - Cinq arguments contre l’origine extraterrestre des OVNI

C’est le titre que donne Vallée à un article d’abord publié en anglais dans le Journal of scientific exploration, puis repris en annexe à la fin de Révélations.

Vallée explique :

" ...les données accumulées tendent à montrer, de diverses manières, que les ovnis existent bel et bien, qu’ils relèvent d’un phénomène précédemment non reconnu, et que les faits ne corroborent guère l’hypothèse de "visiteurs de l’espace", tels qu’on les conçoit généralement. "

Puis il expose ses 5 arguments. À vous de vous faire votre opinion...

Argument 1 :

Les rencontres rapprochées sont beaucoup plus nombreuses que ne l’exigerait toute exploration physique de notre planète.

Argument 2 :

La morphologie humanoïde des prétendus " visiteurs " a peu de chances d’être apparue sur une autre planète, et d’un point de vue biologique, elle est mal adaptée au voyage dans l’espace.

Argument 3 :

Le comportement rapporté dans des milliers de récits d’enlèvements est en contradiction avec l’hypothèse d’expérimentations génétiques ou scientifiques menées sur des humains par une race plus avancée.

Argument 4 :

La présence du phénomène tout au long de notre histoire prouve que les ovnis ne constituent pas une manifestation propre à notre époque.


Argument 5 :

L’apparente aptitude des ovnis à manipuler l’espace et le temps suggère des hypothèses radicalement différentes et plus riches. (ces hypothèses sont : des lumières sismiques (travaux de Derr et Persinger), un " système de contrôle " naturel (Vallée) et les " trous de vers ", c’est-à-dire l’hypothèse de voyageurs temporels (Randles)...)

Tout au long de son article Vallée développe ces 5 arguments. Remarquons que les 2ème et 4ème arguments sont pour le moins discutables et semblent partir d’une simple opinion de l’auteur (notamment, en quoi la présence du phénomène dans les siècles passés invalide-t-elle l’hypothèse extraterrestre ?).

***

Conclusion
Ce résumé du travail de Jacques Vallée est donc terminé. J’espère avoir pu montrer que ce travail est essentiel pour toute personne s’intéressant sérieusement au phénomène OVNI. On peut évidemment discuter plusieurs conclusions de Vallée. On a vu qu’il semble avoir traité avec beaucoup de légèreté le dossier des Ummites par exemple, ce qui peut laisser planer des doutes sur le reste de ses recherches.

Malgré tout son travail force le respect par son ampleur et sa richesse.

On l’a parfois catalogué à tort dans la catégorie " sceptiques ", parce qu’il est toujours resté méfiant envers certains dossiers. On se rend compte avec le recul qu’il n’avait peut-être pas tord...

Il fut tout de même l’un des premiers à s’inquiéter de la montée en puissance des cultes voués aux Visiteurs, à prévenir la communauté ufologique contre les manœuvres de debunking de certains gouvernements, et à insister sur l’aspect psychologique et culturel du phénomène OVNI à travers les siècles...

 

Bibliographie
Le signe * indique une édition chez J’ai Lu en livre de poche, dans la collection bien connue " Aventure mystérieuse ".

- Anatomy of a phenomenon : unidentified objects in space - A scientific apraisal, éd. Ace, 1965

(non traduit en français à ce jour)

- Les phénomènes insolites de l’espace (en collaboration avec Janine Vallée), éd. La Table Ronde, 1966

- Passport to Magonia - from folklore to flying saucers, éd. Henry Regnery, 1969

(Chroniques des apparitions extraterrestres, Denoël, 1972)*

- The Edge of reality - A progress report on ufo (en collaboration avec Allen Hynek), éd. Henry Regnery, 1975

(Aux limites de la réalité, Albin Michel, 1978)*

- The Invisible college - What a group of scientists has discovered about UFO influences on the human race éd. E. P. Dutton, 1975

(Le Collège invisible, Albin Michel, 1975)*

- Messengers of deception - UFO contacts and cults, éd. And/Or, 1979

(OVNI : la grande manipulation, Le Rocher, 1983)*

- Dimensions - a casebook of alien contacts, éd. Contemporary, 1988

(Autres dimensions : chronique des contacts avec un autre monde, Robert Laffont, 1989)*

- Confrontations - a scientist’s search of alien contact, Ballantine, 1990

(Confrontations - Un scientifique à la recherche du contact avec un autre monde, Robert Laffont, 1991)*

- Revelations - alien contact ans human deception, Ballantine, 1991

(Révélations - Contact avec un autre monde ou manipulation humaine ?, Robert Laffont, 1992)*

- UFO chronicles of the Soviet Union : a cosmic samizdat (en collaboration avec Martine Castello), Ballantine, 1992

(non traduit en français à ce jour)

- Forbidden science - Journals 1957-1969, North Atlantic, 1992

(Science interdite - Journal 1957-1969, O.P. Éditions, 1997)

 

Romans :

- Le Sub-espace, (sous le pseudonyme de Jérome Sériel) Hachette, 1961

- Le Satellite sombre (sous le pseudonyme de Jérome Sériel) Denoël, 1962

- Alintel - La première enquête du professeur Lesage, Mercure de France, 1986

- La mémoire de Markov - Une enquête de Pierre Lesage, Mercure de France, 1986

 

« Modifié: 17 Octobre 2011 à 00:50:06 par katchina »
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Re : Livre: Science interdite de Jacques Vallée
« Réponse #10 le: 13 Septembre 2008 à 16:16:42 »

http://www.jacquesvallee.net/


Jacques and his wife Janine live in San Francisco. They have two children.

Mail can be addressed to Jacques Vallee at:
P.O. Box 641650, San Francisco, CA 94164





Dr. Jacques Vallee (l) and Brent Raynes at ARE UFO Conference

Sa biographie y compris son côté "homme d'affaires": http://www.rr0.org/personne/v/ValleeJacques/

Et sur le post sur notre forum rim : http://icietmaintenant.fr/SMF/index.php?topic=2212.0
« Modifié: 13 Septembre 2008 à 16:30:48 par titilapin2 »
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Jacques Vallée Interview sur Europe 1 le 20 mai 2001 par Marc MENANT
« Réponse #11 le: 13 Septembre 2008 à 16:21:30 »

Interview de Jacques Vallée
Menant, Marc: Europe 1, 20 mai 2001

Merci RR0.org - Merci RR0.org - Merci RR0.org - Merci RR0.org - Merci RR0.org - Merci RR0.org - Merci RR0.org - Merci RR0.org - Merci RR0.org -

Marc Menant : ...la bonne nouvelle, c'est parce que nous allons nous consacrer à un personnage étonnant, sortant véritablement de l'ordinaire, et comme il vit aux Etats-Unis, et bien il n'était de passage que dans la semaine à Paris et par conséquent, nous ne pouvions pas l'avoir dans notre studio en ce dimanche matin. Ce personnage, il est chercheur, il est astronome, il habite aux Etats-Unis depuis 35 ans — aujourd'hui il est informaticien — Rencontre du 3ème Type, au cinéma ça vous dit quelque chose, le film de Spielberg ; et bien le scientifique, c'était lui, scientifique incarné par Truffaut. Je nomme Jacques Vallée, il est à nos côtés, et avec lui nous allons vers le point sur les extraterrestres, grâce à tous ces dossiers qu'il a eut en sa possession. Alors il y a les croyants purs et durs qui disent : "A n'en pas douter, ça existe" ; il y a les autres qui disent : "Bouchons-nous les oreilles, tout çà n'est qu'inepsies". Et puis, ben, je dirais que vous êtes entre les 2, et peut-être le plus crédible parce que vous êtes le seul a avoir eut accès, entre autres, aux dossiers de l'Air Force, et pendant des années et des années, vous avez pu puiser là matière à information et surtout mener des enquêtes pour voir ce qu'on pouvait en tirer.

Jacques Vallée : Mais je ne sais pas d'ailleurs pourquoi vous m'avez invité parce que je suis probablement la seule personne au monde qui ne sait pas ce que sont les ovnis... tous mes...

Marc Menant : (rires)

Jacques Vallée : ...tous mes collègues en science savent très bien que ce sont des hallucinations, des mirages, etc. et tous mes amis en ufologie savent que nous sommes visités par des petits-gris extraterrestres, etc. Je continue à faire de la recherche, je suis persuadé qu'il y a un phénomène, qu'il y a un phénomène physique, non expliqué, matériel, mais qu'il n'y a pas que çà. Et je suis arrivé à cette conclusion par une lente progression qui a commencé en France — j'ai fais comme vous le rappelez mes études d'astrophysique en France — et j'étais persuadé que s'il y avait des ovnis, les astronomes les verraient et les astronomes nous le diraient. Sur quoi, au cours de mon adolescence, j'avais vu un objet au-dessus de Pontoise, là où je suis né, originaire de cette région, et j'ai vu un objet avec d'autres témoins, indépendants, que je n'ai jamais su expliquer.

Marc Menant : Alors il était comment cet objet déjà ?

Jacques Vallée : Ben cet objet, c'était une soucoupe classique. C'était un disque, argenté, qui réfléchissait le Soleil, avec ce qui ressemblait à un dôme transparent par-dessus. J'avais un ami qui était... qui se destinait à des études d'ingénieur, qui habitait à 1 km de chez moi et qui l'a regardé à la jumelle et qui a décrit exactement la même chose. On a jamais réussi à l'expliquer, mais sur le moment je me suis persuadé que ça devait être un prototype de quelque chose... seulement ça faisait pas de bruit, ça... c'était suspendu dans l'air... pas à très grande altitude, c'était clairement visible. Et, bon, sur le moment je... c'était tellement en dehors de la réalité normale que je n'y ai pas vraiment prêté attention, j'ai continué mes études...

Marc Menant : D'autant plus que votre papa, il n'était pas très ouvert dans le...

Jacques Vallée : Non, il n'était ouvert à çà...

Marc Menant : Il y a un livre, qui est prétexte à notre rencontre, c'est... il s'appelle Science Interdite, et c'est le journal intime que vous avez rédigé de 1957 à 1969, où on voit bien tous les atermoiements, toute vos curiosités, d'abord comment vous êtes dans l'avalisation, du phénomène, presque dans la croyance pure et dure, et après vous dites : "c'est peut-être pas tout à fait çà". Et c'est passionnant parce que en plus vous avez une sorte d'impudeur qui nous permet de vous comprendre et de suivre ce qu'est le cheminement d'une pensée pour un jeune chercheur.

Jacques Vallée : Mon père était magistrat, il avait été longtemps juge d'instruction ; il avait une grande expérience du témoignage humain. Et pour lui les témoignages qui n'étaient pas vérifiables — parce que souvent on se trouve devant des témoignages de gens qui ont été surpris par le phénomène mais qui n'ont pas de preuve du phénomène — donc pour lui ces témoignages étaient suspects. Et...

Marc Menant : Pour un juge c'est normal que les témoignages soient suspects... (sourire)

Jacques Vallée : ...Non mais c'est normal. Il avait l'expérience de... Bon, c'est vrai que quand vous avez un accident de voiture, s'il y a 10 témoins, il y a 10 histoires différentes ; bon il faut arriver à reconstituer ce qui s'est vraiment passé. Ce qui m'a vraiment convaincu de me passionner pour le problème c'est, dans mon travail d'astronome, c'était tout à fait au début de nos expériences spatiales, et nous faisions du suivi de satellites, du tracking de satellites artificiels, et de temps en temps nous faisions du tracking de satellites n'auraient pas dû être là. Or, bon il y a des satellites secrets bien sûr... sauf que c'est difficile de garder secret un lancement de fusée. Et que le satellite peut être difficile à voir, mais la fusée on la voit. Et à ce moment-là il n'y avait pas tellement de satellites c'était tout à fait au début — et, plusieurs nuits de suite, nous — c'est-à-dire toute l'équipe en fait à l'observatoire de Meudon — avait fait le suivi d'un objet sur lequel on avait 11 pointés, qui était rétrograde en plus. Alors ça ne dit peut-être rien pour les gens qui nous écoutent mais à cet époque là il n'y avait pas de fusée au monde qui pouvait lancer un satellite qui était en orbite autour de la Terre dans le sens inverse de la rotation de la Terre. Donc c'était très... donc ça m'a passionné parce que c'était un objet non identifié...

Marc Menant : Et qui était, disons, au rendez-vous tous les soirs ?

Jacques Vallée : On l'a vu plusieurs fois et plusieurs observatoires français l'ont vu, oui.

Marc Menant : D'accord.

Jacques Vallée : Et... Ben il y a une question qui se pose tout de suite un astronome, c'est : est-ce que ça peut-être une météorite ou un objet cosmique qui se trouvait en orbite autour de la Terre ? Ce qui serait très intéressant... Et le lendemain le directeur du département a pris cette bande magnétique et l'a effacée. Or, çà, ça m'a beaucoup choqué parce que en astronomie — bon en physique on peut toujours refaire une manip — en astronomie on apprend que si on ne peut expliquer une observation on la garde. Et surtout si on ne peut pas l'expliquer on le communique à ses collègues et puis peut-être que dans 1 an, dans 50 ans, ou dans 100 ans, quelqu'un découvrira la raison du phénomène.

Marc Menant : Mais surtout on considère ça comme un trésor, un filon potentiel, et on a la curiosité et je dirais la déontologie de le conserver et de l'étudier.

Jacques Vallée : Oui. Alors pour moi ça a vraiment été un choc parce que je voyais que les astronomes voyaient des choses qu'ils expliquaient pas, et ils détruisaient les données. Alors ce n'est pas du tout comme ça que je concevais la science, et d'ailleurs la principale raison qu'il nous a donnée pour cette destruction des données c'est : "Si on transmettait çà aux américains" — parce qu'on faisait partie de l'année géophysique internationale, donc on transmettait toutes les données internationalement — "...nos collègues étrangers se moqueraient de nous". C'était déjà cette peur du ridicule qui causait cette crispation... destruction des données. Plus tard j'ai donc travaillé... or plus tard j'ai donc travaillé à l'Université Northwestern, où j'ai fait mon doctorat en informatique. J'ai travaillé... j'ai eu le privilège de travailler avec le professeur Hynek qui était le conseiller scientifique de l'Armée de l'Air américaine sur la question des ovnis, tout à fait officiellement. Et c'est là que j'ai eu accès aux dossiers de l'Air Force. Et ils avaient non seulement les observations du même, du même objet que nous à l'observatoire de Paris, mais ils avaient les photographies. Et cet objet n'a jamais été expliqué. Les américains en avaient fait le tracking aussi et j'ai toujours la photo.

Marc Menant : Alors ce qui est formidable, c'est que dans ces dossiers de l'Air Force, quand on suit l'élaboration je dirais de cette accumulation d'éléments troublants, il y a ceux, qui sont là avérés, vous sentez bien qu'il y a des manipulations, et puis un jour, vous allez vous aperçevoir qu'en réalité tout cela c'est peut-être aussi une façon de faire plaisir aux scientifiques mais pour mieux les endormir...

Jacques Vallée : Le phénomène est tellement varié dans les... entre... Alors en 4 ans si vous voulez — sur mon temps personnel bien sûr — j'ai épluché 11 000 dossiers de l'Armée de l'Air américaine. Bon. C'était... cette époque-là, l'Armée de l'Air américaine faisait 1 rapport toutes les ans au Congrès en disant : "Cette année encore nous avons réussi à expliquer 97 % ou 98 % de tous les cas", ce qui voulait dire que si on dépensait un petit peu plus d'argent, si on avait un peu plus de chercheurs, on pourrait expliquer les 3 % qui restaient. ... plutôt que les statistiques, il était clair qu'une majorité des cas était explicable — donc y compris les cas vus avec des pilotes, etc. c'était explicable par des effets de l'atmosphère — tout ça c'est bon — ce que disent rationalistes, les sceptiques. C'est vrai qu'une majorité de cas est explicable. des mirages... Mais il reste les cas qui ne sont pas expliqués. Et c'est ceux-là qui devraient... Alors il y a un crime qui est commis, aux Etats-Unis, en France, dans tous les grands pays : c'est que les vraies données ne sont pas à la disposition des scientifiques. Les vraies données sont les cas des pilotes militaires, des radars militaires, souvent même des cas donnés venant du public, sont censurées, ou sont gardées par des équipes militaires et qu'ils... alors les militaires ont une raison légitime de s'intéresser à ces questions-là... parce que...

Marc Menant : Ils croient que ça vient de l'ennemi... potentiel... surtout à l'époque, parce que c'était les soviétiques.

Jacques Vallée : Bien sûr, c'était à l'époque de la guerre froide... ou bien ils peuvent... Je me souviens d'un des 1ers dossiers du projet Blue Book de l'Air Force, c'était donc au début des années... fin des annés 1940s ou début des années 1950s,... des gens qui voyaient un objet au-dessus de l'Alaska, 1 objet qui volait très très haut, et qui visiblement ne pouvait pas être un avion parce qu'il était beaucoup plus haut qu'un avion. Bon. Et ils ont donc fait un rapport à l'Amée de l'Air, et l'Armée de l'Air l'avait classé comme non identifié, c'est-à-dire comme ovni. En fait ils savaient très bien ce que c'était, c'était des U-2 qui allaient vers l'Union Soviétique, mais ils ne pouvaient pas donner l'explication. Donc il y avait une censure... D'autre part il peut y avoir des phénomènes, ou naturels ou artificiels, qui sont... on sait que le phénomène ovni, entre autres choses, a un effet sur les capteurs, sur les radars, sur un certain nombre d'appareils déployés par les militaires, et il pourraient à la limite déclencher une alerte, voire une alerte nucléaire. Si on supposait qu'un ovni, quel que soit cet objet, arrive sur une trajectoire qui ressemble à un missile, il déclencherait une alerte. Et en fait c'est arrivé... c'est arrivé aux Etats-Unis... c'est arrivé en Union Soviétique.

(...)

Marc Menant : Eh bien vous avez eu ce bonheur de pouvoir être en contact avec ces dossiers presque secrets de l'Air Force pendant des années et des années. On a commencé à les ouvrir avec vous, on a vu qu'il y avait, ben oui, les cas qui n'étaient pas à prendre en considération. ce que les sceptiques devraient quand même prendre en considération au lieu de se fermer les yeux.

Jacques Vallée : Mon professeur d'astrophysique de France, qui s'appelait Vladimir Kourganoff, il avait écrit que "Toute vérité pour entrer dans le royaume de la science doit passer entre 2 montres qui sont le fanatisme et le scepticisme". Je crois que ça s'applique particulièrement à ce sujet. Pour beaucoup gens, s'il y a des ovnis, c'est des extraterrestres. Pour eux, il n'y a pas de problème, on a fait l'équation, si vous voulez, entre ovnis et extraterrestres. Pour les sceptiques, bien sûr, ça ne peut pas exister, donc ça n'existe pas, donc c'est pas la peine d'aller voir les cas. Je me souviens il y avait un organisme français au sein du CNES, qui s'appellait le GEPAN, qui s'appelle maintenant le SEPRA, dont les chercheurs avaient invité des sceptiques français, en particulier des rationalistes astronomes, à venir avec eux sur le terrain ; ils avaient toujours refusé d'ailleurs d'aller sur le terrain, ils n'avaient pas besoin d'aller sur le terrain puisque ça n'existait pas. Donc on avait déjà la réponse. Alors ce n'est pas comme çà qu'on fait de la science. On fait de la science en regardant le phénomènes, les phénomènes et en essayant de les trier. J'avais repris l'ensemble des statistiques de l'Armée de l'Air, donc il y avait une majorité des cas s'expliquait, il y avait quelques cas qu'on pouvait attribuer à des phénomènes naturels mal connus, et d'ailleurs depuis on a découvert sur un certain nombre de choses sur la haute atmosphère, à cause des satellites, à cause des... et puis il restait des cas qui étaient vraiment des cas où il y avait un objet physique, matériel...

Marc Menant : Est-ce qu'il y a un pourcentage à peu près ? C'est 5 % ? 10 % ?

Jacques Vallée : Alors il y avait en gros 4 catégories : il y avait une catégorie de... vraiment d'erreurs physiques classiques...

Marc Menant : Les cas qui pour vous appartiennent à l'inexplicable ? C'est 5 % ?

Jacques Vallée : C'est 5 à 10 %. C'est vrai dans tous les pays, hein, on fait des statistiques en France, des statistiques aux Etats-Unis... c'est à peu près la même chose. Le phénomène est très robuste.

Marc Menant : Alors, pour parler très clairement : dans votre livre Science Interdite, ce journal intime de 1957 à 1969, aux éditions O.P., vous dites très clairement par exemple en 1954, alors là il y en a partout des ovnis. Et puis, bon, après, on s'apperçoit que... c'est à tel endroit... qu'il y aurait également une sorte d'ordonnancement, c'est-à-dire que les apparitions ne se feraient pas tout à fait au hasard.

Jacques Vallée : Oui alors, au début, on avait réuni un petit groupe, un petit club qui s'appellait le Collège Invisible de scientifques à la fois aux Etats-Unis et en France qui se passionnaient pour le sujet. Alors il y avait par exemple Yves Rocard, le professeur Rocard, on avait des gens comme Pierre Guérin, qui est mort récemment, qui était astronome, et on avait une certaine arrogance. ... on a une formation scientifique, on a des ordinateurs, on va classer tout çà, on va prendre les meilleurs cas, et puis on va trouver la réponse. Alors on a commencé à chercher ... dans le temps, dans l'espace, etc. On est tout de suite tombé sur ce découpage en vagues, hein, le phénomène n'est pas un phénomène constant sur la planète, il se manifeste par des vagues intenses sur une région donnée, qui durent 2 à 3 mois, et puis qui disparaissent. Et donc on va essayer de reconstituer cette structure de vague et de voir s'il y avait une corrélation avec quelque chose. On a jamais trouvé de véritable corrélation. Donc ça reste un problème. Le phénomène est extrêmement robuste, dans la mesure où les manifestations sont les mêmes sur toute la planète dans toutes les cultures. Donc quand les psychosociologues nous disent "C'est des hallucinations", les hallucinations au Brésil c'est pas la même chose que les hallucinations au Grand Nord du Canada et les hallucinations en France. Bon. Donc...

Marc Menant : Alors on peut s'arrêter sur cette notion là d'hallucination, puisque vous avez dit... alors on va faire une petite dérive. C'est-à-dire que les hallucinations, pour certains ce sont des hallucinations mystiques. Alors vous parlez du Brésil, extrêmement religieuses, il y a, hein, Jésus qui est sur la baie de Rio, la vierge Marie, etc. etc. Alors est-ce qu'on pourrait considérer qu'il y a une sorte d'analogie dans le fait de l'envisager comme hypothèse entre ce type quand même de ressenti d'une population capable de croire à une sorte de d'omniprésence comme çà, et puis les phénomènes ovni en tant que tels ?

Jacques Vallée : J'ai beaucoup travaillé sur... le livre s'attachait à rappeler et noter les conversations que j'avais pu avoir avec notamment avec Aimé Michel par exemple, qui est un esprit méconnu, un des... vraiment brillants esprits qui ont existé en France sur ce sujet... C'est lui qui m'avait orienté vers ce lien qui existe entre le phénomène ovni et les phénomènes paranormaux. Alors — et là je suis responsable un peu d'une erreur, il y a beaucoup de gens qui m'ont attaqué là-dessus et qui m'ont... essayé de me classer parmi ceux qui nient le phénomène parce que j'employais le mot de "psychisme". Alors c'est un peu erreur, une mauvaise traduction de l'anglais parce que en anglais, "psychic research" ou "psychic phenomenon" ça veut dire un phénomène lié à la conscience. Or quand on emploie phénomène "psychique" en français ça suggère quelque chose qui n'existe pas, ça suggère une hallucination. Et là, franchement, j'ai fais un contresens. Il est clair que, au-delà des manifestations matérielles, physiques, réelles du phénomène, environnement, interaction électromagnétiques, traces, résidus matériels, etc... qu'on a étudié et continue à étudier, il y a un effet sur le psychisme des témoins. Alors... du moins sur la conscience des témoins.

Marc Menant : Donc il y a des personnes qui se retrouvent avec une réalité au moins pour eux.

Jacques Vallée : Oui...

Marc Menant : Et puis bon on ne peut pas non plus, dans notre conversation — et on va rapidement l'aborder parce que, si on était uniquement dans le rapport avec des photos, il y a toujours les doutes, les trucages, etc. etc. — mais il y a les stigmates de relations pseudo-extraterrestres.

Jacques Vallée : Le cas classique c'est le cas de Betty et Barney Hill, que je connais, qui était le 1er témoin... les témoins dans le 1er cas d'abduction aux Etats-Unis... Ils...

Marc Menant : Abduction c'est quand on est enlevés, c'est çà ?

Jacques Vallée : C'est des... Oui. Le rapport qu'ils ont fait c'est que d'abord ils avaient vu un objet dans le ciel du New Hampshire dans l'est... le nord-est des Etats-Unis ; ils rentraient chez eux, et à la suite de leur voyage — ils rentraient de vacances — ils ont une série de cauchemars absolument affreux et ils ont allés voir un médecin qui les a ammenés voir vers un psychiatre. Le psychiatre était un psychiatre ex de l'armée américaine pendant la guerre, quelqu'un qui avait une grande expérience de l'hypnose, qui les a hypnotisé en étant à peu près certain qu'il allait trouver une raison dans les relations du couple, et il a été obligé de se convaincre que, sous hypnose, indépendamment l'un de l'autre, les 2... entre Betty et Barney se rappellaient de quelque chose dont ils n'étaient pas conscients normalement : d'avoir approché cet engin — il faut bien l'appeler un engin — et d'avoir été emmenés à l'intérieur de cet engin. Alors j'ai passé 2 jours avec Betty et Barney Hill et le docteur Simon, dans... chez le ... dans le New Hampshire. Et j'ai demandé à un certain moment, un certain moment où on a écouté les bandes — qui sont absolument terrifiantes, hein, c'est horrible — je lui dit : "Docteur, si vous et moi avions été dans cette voiture, avec eux, qu'est-ce que nous aurions vu ? Est-ce que nous aurions vu Betty et Barney simplement rouler comme çà et puis voir une lumière dans le ciel, ou est-ce que vous avez vu arrêté par un objet qui bloquait la route, et puis des petits êtres qui les emmenaient à l'intérieur ?". Il me dit : "Je peux absolument pas répondre à cette question. Tout ce que je peux vous dire c'est que c'est réel pour eux. C'est réel, ça fait partie de la réalité de mes patients, je ne peux pas vous dire ce que vous et moi on aurait vu à ce moment là".

(...)

Marc Menant : Je rappelle votre livre quand même ... de temps en temps parce que il mérite le détour car, au-delà du phénomène, j'ai beaucoup ap... aimé cette impudeur qui est la vôtre, où on voit les mélanges, je dirais, de psychologie personnelle, de philosophie et également de façon d'envisager l'existence. On sent l'homme qui aime vivre. Et puis, bon, cette difficulté, dans la différence qui est la vôtre, à insérer le monde, à vous faire comprendre. Et donc tout ça rend le livre extrêmement attachant au-delà du phénomène, et c'est donc une originalité en soi qui permet d'entrer dans un univers qui est celui de la recherche d'un homme sortant de cette façon de vivre le quotidien dont on souffre pour la plupart. Alors Jacques Vallée, Science Interdite, journal 1957-1969 ; il y aura également tout un reportage dans le journal de l'association ONDES sur vous prochainement. Et puis, continuons donc... Il y a ce cas de la famille Hill, mais il n'est pas le seul. Dans votre livre à un moment donné on va faire un saut, un peu plus loin, c'est au le Brésil. On va retrouver 2 techniciens qui étaient montés sur une montagne afin de prendre rendez-vous avec des extraterrestres, c'est bien çà ? Alors que ce passe-t-il à ce moment-là ?

Jacques Vallée : Tout à fait, et je crois que là on touche l'aspect du phénomène qui me... qui continue de me passionner... qui continue à m'inciter à poursuivre cette recherche ; ce qui est pas évident, hein, parce que on tombe... dès qu'on entre pas dans une... dans... si vous voulez le catéchisme de l'ufologie — ou du scepticisme — on tombe dans une série de chapelles, et les ufologues ont vraiment une attitude totalement inepte vis-à-vis des scientifiques, pour essayer de convaincre les scientifiques de s'intéresser à la question. L'ufologie est un bastion d'inaptitudes...

Marc Menant : Allez, laissons-les de côté, et intéressons-nous à...

Jacques Vallée : Le phénomène lui-même dépasse tout çà et il nous force à nous poser des questions, non seulement sur la vie extraterrestre, sur ce genre phénomènes, mais sur notre histoire sur la Terre, et sur la nature de la réalité. Alors il y beaucoup de choses en science aujourd'hui qui interrogent la nature de la réalité. Et on rejoint ce que vous disiez tout à l'heure sur les phénomènes religieux, et sur les miracles soit-disant... qu'on peut faire un parallèle entre les effets... Si on retire le dogme, si on retire la croyance, des ufologues, ou des différentes sectes ou des différentes religions, et qu'on regarde simplement les phénomènes. Et bien il y a un parallèle absolu dans... au cours de toute l'histoire entre le phénomène ovni tel qu'on peut le voir aujourd'hui et les phénomènes religieux — il y a qu'à voir Fatima par exemple au Portugal — Alors au Brésil, il y a effectivement un certain nombre de groupes qui se sont passionnés pour ce genre de choses, et qui se sont... qui ont cru qu'ils pouvaient rentrer directement un contact avec ce phénomène.

Marc Menant : Alors ils ont envoyé par exemple un message ou pas ? Ils se postaient en haut d'une montagne, et puis ils attendaient parce qu'ils pensaient, en fonction d'une informations qui auraient pu détenir, ou cru détenir, que théoriquement... ben... je sais pas... qu'il y avait une piste d'atterrissage qui était là...

Jacques Vallée : Ils pensaient que... qu'ils étaient en contact, ils ont reçu des messages...

Marc Menant : D'accord.

Jacques Vallée : ...de la part d'extraterrestres, ou d'une certaine conscience liée au phénomène et que ils allaient avoir une rencontre. Et ces 2 techniciens ont visiblement pris, ingéré quelque chose, une capsule... des capsules particulières... qui leur donnait un état de conscience altéré, modifié, et on a retrouvé leurs cadavres sur cette montagne.

Marc Menant : Avec un masque sur les yeux.

Jacques Vallée : Avec un masque de plomb sur les yeux. Je l'ai appelé "Le Mystère du Masque de Plomb". Le message qu'ils avaient reçu disait qu'il fallait qu'ils protègent leurs yeux de la radiation de l'objet qui allait... Ce qui est curieux c'est que des personnalités brésiliennes ce jour-là avaient indépendamment fait un rapport sur une lumière lenticulaire qu'ils ont vu au-dessus de la montagne à ce moment-là. Ca ça n'a jamais été expliqué. Je suis retourné au Brésil avec des amis, des correspondants. Je suis allé sur les lieux avec le témoin qui avait découvert les corps et avec le détective de la Police de Rio qui continue à faire une enquête sur le cas. Parce que ils ont... bien entendu c'est un cas qui n'a pas été résolu, et la police a un certain nombre de dossiers qu'ils continuent à regarder, et qui n'est pas classé.

Marc Menant : Attendez... Est-ce qu'on pourrait simplement penser qu'il s'agisse d'un fait divers... criminel, particulièrement bien mené, et que on aurait du mal à pouvoir récolter des indices pour confondre les auteurs du crime, mais est-ce que cette hypothèse-là est recevable ou est totalement à écarter ? Est-ce qu'il y a, disons, dans les éléments dont on dispose, d'observation sur les lieux du crime, les indices qui laisseraient supposer que, non, il y a bien eu là une manifestation qui ne peut pas être dans le registre terrestre je dirais ?

Jacques Vallée : Je crois que sur ces cas-là on ne peut pas se prononcer. Il n'est pas évident qu'il y a eu crime... il est possible que... qu'ils aient pris une dose ... de cette substance qu'ils avaient prise... Je pense qu'ils étaient... On sait beaucoup de choses sur eux quand même ; on sait que ils avaient fait un certain nombre d'expériences... c'était des techniciens en infor... en électronique, on sait qu'ils avaient fait un certain nombre d'expériences pour essayer de contacter le phénomène. Là où... il y a une autre région du Brésil, où il s'est passé quelque chose de beaucoup plus intéressant à mon avis du point de vue physique : c'est à l'embouchure de l'Amazone, j'ai passé 15 jours avec une équipe brésilienne parce que il y avait eu une série de rapports sur... vraiment une vague d'ovnis qui s'était passé en 1977, qui était d'une intensité telle que l'Armée de l'Air brésilienne a envoyé une équipe sur place, une équipe de renseignement, qui comprenait comprenait un photographe, qui comprenait des experts en renseignement, qui ont campé pendant 3 mois sur une plage du nom de Colares, où le phénomène se produisait. Et le phénomène se produisait tous les soirs. Il y avait des objets qui sortaient de l'eau, il y avait des objets qui venaient du ciel, et il y avait des objets qui venaient de tous les points de l'horizon.

Marc Menant : On a des films ?...

Jacques Vallée : Absolument. On a des films, des photographies, des enregistrements, des enregistrements radar. Il y avait une équipe de militaire, une équipe de renseignement militaire qui était d'une cinquantaine de personnes. Pendant 3 mois. La population locale était évacuée. Il ne restait plus que quelques personnes, dont un médecin que j'ai pu interviewer, qui ont soigné un certain nombre de témoins... qui arrivait c'est que les objets s'approchaient des habitations et émettaient une sorte de faisceau qui avait un effet physiologique sur les témoins. Alors...

Marc Menant : C'est-à-dire ? Ils se retrouvaient par exemple immobilisés c'est çà ? Dans la...

Jacques Vallée : ...ils se retrouvaient immobilisés, ou ils se retrouvaient affaiblis. Affaiblis au point qu'ils pouvaient à peine se traîner dans les jours qui suivaient. Il y a une personne qui est décédée, une personne âgée qui est décédée, mais le faisceau si vous voulez ce n'était pas une arme, c'était pas... ils sauraient très bien faire une arme qui tueraient les gens directement. Donc c'est pas nécessairement... l'intention, si on peut prêter une intention à ce phénomène, c'est pas nécéssairement de blesser la population. Mais la population l'a ressenti comme çà. Donc tous les gens qui avaient de la famille sur la terre ferme sont partis. Les pêcheurs n'allaient plus à la pêche, donc ils n'étaient plus alimentés parce que en général ils pêchent la nuit et la nuit il y avait ces objets. J'ai pu... j'ai passé 1 journée entière sur la base militaire proche, à Bélêm, une base militaire du Claudio Comar — qui est la région... une région brésilienne de la taille de la France, qui couvre toute la basse Amazone — avec le moniteur qui dirigeait cette task force, qui dirigeait cette équipe. Donc là c'était eux qui étaient les témoins, c'est-à-dire que les militaires étaient pas venus pour interroger les témoins, ils étaient là pour être témoins. Et il m'a donné accès à leur rapport sur ces observations. Et c'est ce genre de document qui devrait être mis à la disposition des scientifiques.

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Marc Menant : ...Bon, euh... Là, c'est plus que du suspens, c'est mieux que le héros de Rencontres du 3ème type de Spielberg, dont vous êtes le héros — le scientifique c'est vous dans ce film, joué par Truffaut. Alors revenons... ce dossier, inimaginable, vous y avez accès... Ces militaires qui deviennent en quelque sorte les acteurs de la situation, acteurs volontaires, qu'ont-ils vécu ?... Ou du moins, la sensation de vécu ?

Jacques Vallée : Ce qu'ils décrivent, c'est des objets, des objets physiques, matériels...

Marc Menant : des disques ?

Jacques Vallée : Non, qui étaient de toutes sortes de formes. Il y avait des disques, il y avait des ovoïdes, il y avait... vraiment une série de forme différentes ; des objets de très grandes dimensions, dont certains sortaient des eaux de l'Amazone, qui sortaient illuminés, ils ont pris des... j'ai vu les photographies — je n'ai pas vu toutes les photographies, hein...

Marc Menant : Vous êtes scientifique, vous n'êtes pas le premier venu, bon, vous êtes vraiment un vrai chercheur, astronome...

(...)

Jacques Vallée : Absolument pas.

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Interview de Jacques Vallée sur Europe 1 - fin
« Réponse #12 le: 13 Septembre 2008 à 16:23:13 »

Suite et fin de son interview:

Marc Menant : Bon, ça c'est le 1er point. 2ème point : dans — on va revenir au témoignage en tant que tel — Je suppose qu'on a essayé de faire des relevés sur le terrain, afin de voir s'il y avait des indices...

Jacques Vallée : Les trajectoires sont connues. Les trajectoires sont absolument cataloguées dans le rapport que j'ai vu, et des rapports comme çà, il y en a d'autres, il y en a en France, il y en a...

Marc Menant : Mais est-ce qu'il...

Jacques Vallée : Ce qui était intéressant dans cette vague brésilienne, c'est l'intensité...

Marc Menant : Bien sûr bien sûr... restons simplement dans l'observation, hein, on est à vos côtés, on a les dossiers, et on essaie de voir. Est-ce qu'il y a par exemple sur le sol des traces qui laissaient, donc... la preuve, qui affirmeraient... qu'il y a bien eu des objets qui se sont posés là.

Jacques Vallée : Euh les objets ne se sont pas posés. C'est-à-dire il n'y a pas eu... Mais il y a d'autres cas, notamment aux Etats-Unis où on a des traces. Il y a des cas en France, qui sont bien connus, qui sont bien répertoriés, ne serait-ce que Trans-en-Provence sur lequel le GEPAN a travaillé, où il y a des traces qui ont pu être analysées. J'ai constitué une petite collection personnelle de matériaux, si vous voulez, de résidus matériels, qui sont... qui ont été liés à l'observation d'un ov... d'un objet au sol, que j'ai analysés... Alors j'ai eu la chance d'avoir accès à des sociétés de haute technologie où ce genre d'appareils est disponible, et j'ai pas mal d'amis si vous voulez à la Silicon Valley et ailleurs, qui m'ont aidé à faire ces analyses que j'ai publiées d'ailleurs.

Marc Menant : Alors ces analyses... là on est... on oublie 2 s les brésiliens — mais on va y revenir, on va pas se perdre. Ces analyses, est-ce qu'elles permettent de dire : tiens, on est avec des molécules qui ne sont pas les molécules dont on a les composants sur le globe terrestre ?

Jacques Vallée : Jusqu'ici ce qu'on a pu dire, notamment l'article publié récemment par professeur Sturrock à l'Université de Stanford, analysant justement un de ces... un de ces... échantillons...

Marc Menant : de ces échantillons, ouais, c'est çà, oui...

Jacques Vallée : ...on a été jusqu'à l'analyse des isotopes. Hein, on peut... Parce que même si c'est un élément qu'on trouve sur la Terre, si les... la composition isotopique est différente, on pourrait dire que ces élements sont venus de l'espace extraterrestre.

Marc Menant : D'accord, mmh.

Jacques Vallée : ...et jusqu'ici la réponse est non. Notamment ces échantillons ont été analysés avec la collaboration de laboratoires français, etc. Ce qu'on peut dire c'est que l'analyse des échantillons confirme ce qu'ont dit les témoins. C'est-à-dire il y a des choses qui ne trompent pas dans la structure des échantillons qui correspondent à ce que le témoin nous raconte. Donc si ce que le témoin nous racontait, c'était un canular, on pourrait le trouver. Mais il y a une chose sur laquelle je veux revenir quand même. C'est vrai que j'ai une formation scientifique... C'est vrai que des gens comme Hynek, comme Sturrock, comme Poher en France, comme Pierre Guérin qui a analysé ces cas sur le terrain, mais on a pas fait de la science. On a fait çà...

Marc Menant : Non mais avec beaucoup de logique.

Jacques Vallée : Oui mais on avait pas avec nous l'appareil de la science. C'est-à-dire on faisait çà à temps... un petit peu à temps perdu, le week-end, je continue à le faire, à financer mes propres recherches mais quand même limitées aux cas que m'envoient mes lecteurs par exemple. Mais — bien que je sois scientifique j'applique la méthode scientifique dans mes petites études — mais on ne peut pas appeler çà de la science.

Marc Menant : D'accord. Il n'en reste pas moins, c'est le sérieux de l'approche... et puis après donc, le matériel humain, là, le témoignage. Il y n'a a pas que les mots en l'occurence, il y a les témoignages physiologiques, puisque des traces apparaissent sur le corps.

Jacques Vallée : Absolument. Et au Brésil il y avait 50 patients qui ont été traités, soit par le dispensaire local, soit par le personnel militaire

Marc Menant : Alors que souffraient-il ? De brûlures par exemple ?

Jacques Vallée : Alors ils présentaient d'une part des — alors je ne sais pas si on peut appeler çà des brûlures — mais ils présentaient des... — j'ai publié les photographies — des lésions. Des petites lésions circulaires sur la peau, en général sur la face ou sur le torse...

Marc Menant : Est-ce que toutes ces lésions étaient identiques d'un corps à l'autre ?

Jacques Vallée : Elles étaient identiques.

Marc Menant : D'accord. C'est important.

Jacques Vallée : Ils souffraient d'anémie... et il souffraient d'une faiblesse générale. D'ailleurs la seule personne... il y avait eu des rumeurs comme quoi des gens étaient tués par les engins, etc. Cà on a pu vraiment l'exclure en allant sur le terrain, mais il y a 1 personne qui est morte, qui est morte essentiellement de faiblesse...

Marc Menant : et d'émotion aussi on peut penser.

Jacques Vallée : ...et peut-être d'émotion mais surtout de faiblesse ; une personnage âgée. Mais encore une fois c'est pas une arme. Ce n'est pas une arme.

Marc Menant : D'accord.

Jacques Vallée : ...Les militaires bien sûr, les militaires brésiliens — c'était encore une fois une équipe de renseignement militaire des renseignements de l'Armée de l'Air brésilienne — ils cherchaient à l'origine s'il y avait une expérimentation d'une arme étrangère... clairement. Et puis ça a rapidement débordé sur ce cas...

Marc Menant : Est-ce que parmi les militaires lorsqu'ils se retrouvent en situation d'acteurs témoins, certains se retrouvent avec ces stigmates physiologiques ?

Jacques Vallée : A ma connaissance non. A ma connaissance il n'y en a pas eu dans cet équipe.

Marc Menant : D'accord. Et dans d'autres coins du monde, lorsqu'il y a eut ce type de pseudo-contacts — gardons le terme de pseudo-contacts — avec les extraterrestres, est-ce qu'il y a des personnages, qui soient des personnages ayant une notoriété, étant des scientifiques patentés, etc. etc. et dont on puisse moins mettre en cause la parole ?

Jacques Vallée : Oui mais alors souvent ces observations restent confidentielles. C'est un des drames du problème de l'ufologie aujourd'hui. Les media ont tellement... vraiment prostitué le sujet, polarisé vers le sensationnel que les vrais témoins, les gens qui ont vraiment quelque chose à dire, et qui risqueraient leur carrière n'en parlent plus.

Marc Menant : Mais est-ce que vous en avez rencontré vous, personnellement, sous le sceau du secret ?

Jacques Vallée : Je vous donne un exemple récent, le président d'une société qui connait mes recherches et qui m'aide, m'a dit qu'il avait un ami qui voulait me parler de ses observations. C'était un officier de la Marine, on a déjeûné ensemble, et il m'a raconté qu'il avait vu 3 fois des objets. La 1ère fois quand il était adolescent au Texas, et les 2 autres fois il était aux commandes d'un jet de haute performance, et il avait été suivi, il avait observé des objets qui étaient clairement à une altitude étant donné les performance des jets... qui était inexplicable, sous un aspect inexpliqué. Et je lui ai dit, évidemment la question à 64000 $, à 4 millions de $ : "A qui avez-vous raconté çà ?", et qui vous a projet secret recueilli votre observation ?". Il m'a regardé dans les yeux en disant : "Je ne serais pas aujourd'hui le commandant d'un porte-avion nucléaire de la Marine des Etats-Unis d'Amérique si j'avais raconté çà à qui que ce soit".

Marc Menant : Alors çà, on comprend, effectivement. Mais il y a un point sur lequel j'aimerai avoir un éclairage. Vous, vous êtes adolescent, vous voyez un ovni. Lui, il a une 1ère expérience, il est jeune. Peut-on imaginer que des personnages, comme vous, sont très tôt dans l'effervescence de l'esprit, qui lisent énormément, qui... se soient à leur corps défendant imprêgnés d'une certaine fantasmagorie... sans doute avec quelques incursions dans la littérature de science-fiction, Interprètent un phénomène, et ensuite et bien que ça mature, et que ça aide à l'émergence de quelque chose ?

Jacques Vallée : Ben, je passe beaucoup de temps à écouter les témoins...

Marc Menant : Est-ce qu'il y a toujours une 1ère expérience dans la jeunesse comme çà, une sensibilisation qui se ferait de façon précoce ?

Jacques Vallée : Pas nécessairement. Il y a beaucoup de témoins qui me disent : "J'ai jamais cru à ces trucs-là, j'ai toujours crû que c'était des hallucinations des visions, et puis un jour ça m'est arrivé" et... bon. On a tendance, il est très tentant de... Le phénomène est tellement varié que, quand on a une hypothèse, on peut la prouver. C'est-à-dire que, si vous me laissez choisir... il y a une base de données qui est tellement large, que si vous me laissez choisir les cas, vous me donnez une hypothèse, je vous la prouve. A condition bien entendu de censurer tout le reste... mais ça, on passe sous le tapis, on en parle plus.

Marc Menant : Mais çà c'est le propre de l'intime conviction. Bon, un enquêteur, il est là, même s'il se croît honnête, il pense que untel est le coupable, il va chercher les preuves à charge, il va construire son raisonnement.

Jacques Vallée : Absolument. Mais c'est pas comme çà qu'on fait de la science. J'ai essayé, et j'ai d'ailleurs antagonisé beaucoup de gens en faisant comme çà, j'ai essayé de ne pas adhérer à une hypothèse quelconque. Alors l'hypothèse extraterrestre, bien sûr, c'est possible. Ca semble évident, quand on est astronome que la vie soit très répandue dans l'univers — d'ailleurs en ce moment on trouve des planètes toutes les semaines — C'est une hypothèse parmi d'autres, mais c'est pas la seule hypothèse.

Marc Menant : Bon Jacques Vallée, il y a un petit point sur lequel j'aimerai revenir. Tout à l'heure vous disiez : ils sont acheminés ces personnes qui ont des brulûres, qui ont des traces. Est-ce qu'on a pu remarquer par exemple, une charge ionique ou atomique plus dense que chez un personnage...

Jacques Vallée : Les effets... bon la 1ère chose qui vient à l'esprit c'est qu'ils ont été exposés à des radiations.

Marc Menant : Mmh.

Jacques Vallée : On pourrait expliquer ces lésions par une combinaison de faisceaux de micro-ondes. Mais ça ne ressemble pas à l'échelle des radiations classiques. Il y a par contre 1 cas aux Etats-Unis, où il est incontestable que les 3 témoins ont vu du côté de Houston... des lésions après — ils n'en sont pas morts. Il y avait autour de cet objet une vingtaine d'hélicoptères. Alors ça... comme... La route était brûlée, la route était fondue...

Marc Menant : Est-ce qu'on pourrait imaginer là un prototype ?

Jacques Vallée : Oui absolument. On a retrouvé les hélicoptères. Ca a été très très loin... Il y a eu une enquête de l'Armée de l'Air, une enquête de l'Armée, et il semble qu'il s'agissait d'un prototype de propulsion nucléaire... qui était peut-être transporté d'une base à l'autre.

Marc Menant : Là on est dans les dossiers qui à priori intéresse l'ufologue, mais... que tous les gouvernements, l'armée et les services secrets, aient tendance à mettre sous le manteau...

Jacques Vallée : Sous le manteau, ou alors le contraire. Et là il faut faire très attention, la part des choses. Je suis un petit peu tombé dans un panneau... dans les journaux, dans les journaux soviétiques. Les gens décrivaient des espèces de croissants lumineux jaunes qui se déplaçaient dans l'atmosphère... ces cas étaient plantés dans les journaux... en envoyant des satellites illégaux dans l'espace et comme ils ne pouvaient pas cacher la fusée... double tuyère, quelque chose qui ressemblait à une soucoupe volante jaune... et ils avaient planqué dans les journaux le fait qu'il y avait des ovnis dans cette région de l'Union Soviétique.

Marc Menant : Là il est évident qu'on finit par abonder dans votre sens, on est ni pour ni contre, on est au moin persuadé d'une chose, c'est qu'il se passe effectivement des événements qui méritent le détour.

(...)

Marc Menant : Eh ben oui Jacques Vallée, je crois qu'on peut pas en rester là... passer à côté de phénomènes purement psychiques, les rendraient encore plus attachants...

(...)

Marc Menant : Alors tout à l'heure vous avez parlé de ce qui s'est passé au Brésil, vous nous avez ouvert, bon, bien des perspectives, mais moi j'aimerais revenir sur une autre information qui apparaît dans votre ouvrage : à un moment donné vous parlez de scientifiques — je crois que c'était des scientifiques mais si je me trompe vous me corriger bien sûr — enfin tout du moins d'un groupe de personnes qui est en situation de spiritisme, et qui vont faire apparaître une soucoupe. Racontez-nous çà...

Jacques Vallée : Alors c'était pas vraiment des scientifiques, enfin des vrais... des gens qui... font de la haute technologie, mais c'était une équipe de renseignement américain. Ca a avait commencé par un lieutenant de la Marine qui avait enquêté sur un cas où il y avait 1 femme qui faisait de l'écriture automatique et qui était persuadé qu'elle avait... qu'elle était entrée en contact avec une forme de conscience extérieure, et que cette forme de conscience extérieure lui disait qu'elle pouvait se manifester physiquement. Et donc ça avait intrigué le... ce lieutenant et ses amis et ils avaient réuni une équipe, de très très haut niveau, une équipe de renseignement militaire américain. Et ils avaient... le... ce lieutenant pensait qu'il pouvait lui-même faire de l'écriture automatique et contacter cette même entité, disons, de conscience extérieure. Et ce qui est extraordinaire c'est que non seulement ils a contacté cette entité mais quand il a posé la question : "Est-ce qu'on peut voir quelque chose ?", la réponse était "Allez à la fenêtre". Ils ont ouvert la fenêtre et au-dessus de Washington ils ont vu un ovni. Il y en a 1 qui s'est précipité sur le téléphone, qui a appelé le centre de radar, des radar militaire au-dessus de Washington qui lui ont dit que le radar était bloqué dans cette direction-là.

Marc Menant : Donc il y avait une information qui aurait été reçue par le centre radar en l'occurence ?

Jacques Vallée : Le radar lui-même était bloqué. Le radar ne voyait rien dans cette direction.

Marc Menant : Ah bon d'accord.

Jacques Vallée : Il y avait une panne dans cette direction.

Marc Menant : Ah il y avait une panne.

Jacques Vallée : Ca n'a jamais été expliqué. C'est une situation assez absurde. On en a jamais parlé. Ca a fait l'objet d'un rapport confidentiel qui est parvenu au professeur Hynek et c'est ainsi que je l'ai appris. J'ai rencontré plus tard 1 des participants, qui s'appelait Arthur Lundahl, qui était le fondateur, en fait, des études par satellite — d'abord par... des... de la photographie aux Etats-Unis et ensuite des satellites — c'est lui qui était venu à Paris montrer au général de Gaulle les photos de Cuba, au moment de l'intervention liée au problème de Cuba. Donc c'est lui qui dirigeait le Centre d'Interprétation Photographique des services américains. Il faisait partie de ce groupe et m'a confirmé l'observation, m'a confirmé qu'il n'avait jamais pu comprendre ce qui s'était passé ce jour-là.

Marc Menant : Alors est-ce qu'il y a une sorte de constante lorsque l'un de ces phénomènes se produit, qu'il y a suffisamment de témoins, qu'apparemment le cas soit recevable et que les objets d'observation style radar et autres tombent en panne ? Est-ce çà c'est...

Jacques Vallée : Le problème c'est qu'on a pas la méthodologie. Bon, c'est une anomalie. Comme le disait Niels Bohr, l'auteur de la théorie de l'atome : "Il n'y a pas de science sans anomalie". Hein, il faut... Dans un laboratoire, on fait des expériences ; il y a des expériences qui marchent, et d'autres qui ne marchent pas comme elles devraient, c'est une anomalie, on creuse l'anomalie, et c'est comme çà qu'on avance dans la découverte. C'est comme qu'on découvre la radioactivité, c'est comme qu'on découvre les particules élémentaires, c'est comme qu'on découvre la mécanique quantique, etc. c'est en avançant dans les anomalies. Donc une anomalie pour un scientifique c'est pas choquant. Mais au laboratoire vous avez par définition autour de vous la méthodologie, les instruments, etc. pour avancer dans l'étude cette anomalie. Quand vous êtes sur le terrain et qu'un truc comme çà arrive, vous êtes pris par surprise, mais la méthodologie n'existe pas. C'est là que les scientifiques devraient rentrer dans le dossier, et pas le laisser à des...

Marc Menant : Justement. Mais simplement, simplement. Puisque vous aviez accès, et pendant des années, bon, aux dossiers de l'Air Force, que vous ne le faisiez pas en pirate, que les autorités le savaient, que vous pouviez leur poser des questions, je suppose que, dans la structure d'esprit qui est la vôtre, extrêmement logique, vous avez cherché à savoir si lorsqu'un phénomène qui semblait avéré se produisait, il y avait sur les radars, sur les éléments d'observation satellite, des points d'ancrage qui vérifient l'information ? Est-ce que... Est-ce que...

Jacques Vallée : Oui absolument, on a ce genre de dossiers, on en a de plus en plus. En regardant historiquement, si vous voulez, en remontant un peu l'histoire du phénomène, on retrouve tous ces éléments.

Marc Menant : Mais est-ce que dans d'autres cas, et avec suffisamment de constance, il y aurait le mutisme des objets, une sorte de paralysie, tel ce que vous avez évoqué il y a quelques instants ? C'est-à-dire que le radar est en panne, il est bloqué. est-ce que çà ça s'averrait souvent aussi ?

Jacques Vallée : Euh...

Marc Menant : Une sorte d'affolement de la matière ou au contraire de fainéantisme de la matière, de panne ou de grève involontaire.

(rires)

Jacques Vallée : Les ovnis font les 35 h... (rires) Je pense pas qu'on puisse dire çà, je pense que c'est simplement un phénomène qui est au-delà de... qui ne suit pas les règles techniques... nos règles techniques habituelles. Il y a des cas par exemple où les ovnis ne sont détectés par le radar, et des cas où les ovnis sont vus au sol, vu par un pilote, absolument avérés, et où le radar ne voit rien.

Marc Menant : Voilà c'est çà. Ce qui pourrait expliquer qu'on ait une structure de la matière dit "ovni", et que bon, ça ne corresponde pas à notre capacité de perception.

Jacques Vallée : Oui alors c'est très ennuyeux pour les ingénieurs, mais c'est pas ennuyeux nécessairement pour les physiciens. ...J'ai émis une des hypothèses sur laquelle je me suis orienté c'est : est-ce que nous avons devant nous un phénomène qui est très précieux parce qu'il nous donne une information sur d'autres dimensions que les dimensions habituelles de l'espace-temps telles qu'on l'apprend à l'école ? Et aujourd'hui ça fait partie du principal courant de la physique, de la recherche de la physique ; on sait très bien aujourd'hui en cosmologie qu'on peut pas expliquer l'univers avec 4 dimensions. Il faut aller au-delà, avec la théories des cordes, les théories qui dépassent si vous voulez les théories qu'on a apprises à l'école, mais c'est pas du tout choquant pour les physiciens mais c'est choquant pour les ingénieurs.

Marc Menant : Bien sûr, mais est-ce que...

Jacques Vallée : Alors en particulier pour les ingénieurs par exemple en France, sans être méchant, des ingénieurs militaires qui aujourd'hui cherchent la moindre soucoupe en tôle et boulons... (rires) et qui ne veulent surtout pas entendre...

Marc Menant : (rires) Y'a pas de boulons, y'a pas de soucoupe.

Jacques Vallée : Il y a des boulons et de la tôle mais il y a autre chose, ça marche pas simplement... C'est pas des super-fusées.

Marc Menant : On pourrait penser, dans la logique de la physique quantique — tiens je prend la place d'Alain Cirou d'un seul coup — qu'il y a une sorte de projection et que ce que nous percevions soit plus une image de quelque chose se situant ailleurs. Est-ce que çà c'est recevable ?

Jacques Vallée : C'est recevable. On peut supposer... On a déjà dans notre arsenal des hologrammes, des hologrammes qu'on peut projeter. Ca, on a vu... à Hollywood mais ils sont aussi utilisés dans la guerre psychologique. On peut projeter des images, on peut projeter des objets, mais ils ne seront pas matériels.

Marc Menant : Alors là...

Jacques Vallée : Alors le problème... Bon ce serait une très bonne explication si on avait pas les traces matérielles. Bon, malheureusement, on a les traces matérielles, on a les résidus, on a tout çà.

Marc Menant : D'accord. Malgré ces résidus, malgrés toutes ces preuves tangibles, j'aimerais qu'on revienne au phénomène lié à la psyché pure. Tout à l'heure vous avez parlé de ces séances de spiritisme, qui souvent font ... la soucoupe. Même s'il n'y en a qu'une seule, elle me plaît bien cette séance-là. Mais il n'y a pas que çà : vous avez fait allusion aussi à Fatima, vous avez fait allusion aussi à ces hallucinations mystiques. Mais, j'me souviens d'avoir fait une émission, et çà ça apparaît clairement dans votre livre Science Interdite, sur les lutins, sur les fées... de personnes disant bon teint : "oh mais moi j'ai été enlevé par un petit lutin, etc." et c'était exactement les caractéristiques d'un témoignage d'une personne qui aujourd'hui serait enlevée par un... par les ovnis.

Jacques Vallée : Ecoutez il y a un cas moi qui m'a vraiment charmé et passionné, continue à me passionner, c'est l'archevèque Agobard. Au 9ème siècle, de Lyon, qui s'appellait Agobard, était un homme absolument remarquable. Il a écrit une série de 22 livres — en latin bien sûr — sur les superstitions. Il était... et c'était un sceptique, c'était un rationnaliste, Agobard. Il écrivait des livres contre les superstitions. Et son argument c'était : si les sorcières pouvaient faire des tempêtes, etc. ça retirerait quelque chose à la majesté de Dieu. Alors Dieu seul contrôle les phénomènes atmosphériques et s'il veut faire des tempêtes, il fait des tempêtes, mais les sorcières ne peuvent pas. Et il dit dans un de ses livres qui s'appelle De Grandine Tonitruis, c'est-à-dire De la grêle et du tonnerre — justement sur les phénomènes aériens — que un jour les braves gens de Lyon lui ont amené 4 individus, 3 hommes et une femme, enchaînés, qui étaient descendus d'un vaisseau aérien. D'un... Et visiblement les gens de cette région-là voyaient des vaisseaux qu'ils croyaient venir de la Magonie. La Magonie c'était le pays magique au-dessus des nuages, donc la nuit et les étoiles. Et ils parlent donc de la Magonia — j'ai écris un livre qui s'appelle d'ailleurs qui s'appelle "Visa pour la Magonie" — où j'ai commencé à reprendre ce genre de témoignages, dans les archives de l'Eglise. Et il a prêché sur les marches de la cathédrale en leur disant que, comme ces vaisseaux des nuages ne pouvaient pas exister; il fallait relâcher ces braves gens. Donc la population voulait les jeter dans le Rhône, elle voulait les enchaîner et les jeter dans le Rhône. Donc ça prouve que les sceptiques peuvent quand même servir à quelque chose. ... Mais qu'est-ce que c'était ces vaisseaux dans les nuages, hein ? Alors les gens croyaient que c'était des sorciers... française. Bon des cas comme çà, quand on regarde — bien sûr il y a les contes de fées — mais quand on regarde derrière les contes de fées, quand on regarde le folklore, le folklore celtique, le folklore de... on retrouve la robustesse de ce phénomène... à ce moment-là il y avait un censure ; la censure c'était la censure de l'Eglise ; c'est-à-dire le paysan qui se trouvait devant une espèce de lumière lenticulaire, avec des petits êtres qui l'emmenaient danser et qui perdait 1 h ou 2 h, etc. il ne pouvait pas raconter çà à son curé, parce que à ce moment-là on lui dirait qu'il avait vu le diable ; ça pouvait très mal finir. Donc ces histoires-là étaient censurées, et là je comprends que ça passionne les sociologues, parce que ces histoires-là sont ressorties par le contes de fées, les histoires un petit peu amusants, qu'on racontait aux enfants... anodin. Et derrière çà il y avait une vérité...

Marc Menant : Et on le retrouve aujourd'hui.

Jacques Vallée : Et on le retrouve aujourd'hui ! La censure, aujourd'hui, c'est la science qui la fait. C'est la science et les militaires... ces informations et le paysan qui trouve un truc dans son champ et qui va danser avec des petits êtres aujourd'hui, ça ressort sous forme de bande dessinée, ça ressort sous forme de films...

Marc Menant : Mais la question à poser : ces paysans, sous couvert d'une certaine poésie, ne faisaient-ils pas rapport des phénomènes que nous vivons aujourd'hui ? Mais qui pose aussi des questions, parce que si depuis aussi longtemps nous sommes entourés d'extraterrestres — qui n'évolueraient pas spécialement — à ce moment-là...

Jacques Vallée : C'est pas forcément des extraterrestres. Il y a peut-être d'autres formes de conscience. Là je crois qu'il faut garder l'éventail d'hypothèses complètement ouvert, quand on en est à ce stade de la recherche, il y a une chose qu'il ne faut surtout pas faire c'est s'enfermer dans une hypothèse.

Marc Menant : Voilà c'est çà.

Jacques Vallée : Et ce que j'essaie de faire avec mes collègues américains et avec mes collègues français, c'est de démontrer qu'on peut faire de la science sur des observations sans présupposer une explication finale. Et l'erreur qu'on a faite depuis des années, c'est de dire "s'il y a des ovnis, c'est des extraterrestres", donc il faut sélectionner les ovnis qui répondent à çà. Cà c'est une erreur scientifique énorme. Je crois qu'il faut regarder les données quellles qu'elles soient... On peut analyser les radar, on peut analyser les... on peut analyser la puissance optique, on peut mesurer la puissance optique de ces objets sur la base des observations qui sont données par des témoins bien placés. Le GEPAN a commencé à le faire, on le fait aux Etats-Unis maintenant, et on peut arriver à des données, et sur cette base de ces données, on fera de la science plus tard.

Marc Menant : Alors aux Etats-Unis il y a, encore, des faits bien troublants qui ne trouveraient pas d'explication ; j'aimerai qu'on feuillette le dossier quelques instants. Il s'agit de bétail.

Jacques Vallée : Oui.

Marc Menant : Alors racontez-nous, parce que çà ça...

Jacques Vallée : J'ai été un des premiers des observations sur ce genre de cas... nombreuses enquêtes moi-même sur le terrain, que je ne l'ai jamais publiées. La raison pour laquelle je ne l'ai jamais publié c'est que je n'ai pas pu trouver un lien au sein des observations où des... les ranchers, des propriétaires de ranch, des éleveurs de bétail, ont retrouvé leur bétail mutilé.

Marc Menant : Alors mutilations... parce que des mutilations, bon on pourrait penser que c'est le paysan d'à côté, le ranch-man... à porter tort à l'image de son camarade pour vendre plus cher son propre bétail, j'en sais rien moi. Quels sont le types de mutilation et en quoi sont-elles intéressantes ?

Jacques Vallée : Très souvent c'est... ça s'applique aux organes de la communication et les organes sexuels. C'est-à-dire les yeux, les oreilles, les organes sexuels, parfois des organes internes. Et c'est fait d'une façon qui ne correspond pas à ce que feraient les prédateurs. Et souvent sur les cas que j'ai étudiés, c'était sur sur des relatives petites propriétés, ont été retrouvés au matin avant que les prédateurs, les coyotes, les serpents, les oiseaux aient pu intervenir.

Marc Menant : Bon mais ça pourrait être une intervention humaine. On en revient à la logique...

Jacques Vallée : Alors je n'ai jamais pu trouver la preuve qu'il y avait un lien avec le phénomène ovni. Mais c'est pas exclu, il y a des cas...

Marc Menant : Par exemple, est-ce qu'une incision... Quand vous dites il y a ablation de... des parties génitales, est-ce que c'est fait de telle sorte que l'on pourrait imaginer qu'un coup de bistouri d'une personne suffisamment adroite arrive à ce résultat ou c'est plus...

Jacques Vallée : On pourrait trouver... moi je me souviens d'un cas que j'ai étudié, j'étais sur le terrain avec le rancher qui... j'ai dis au vétérinaire, qui avait fait l'autopsie de l'animal. J'ai dis au vétérinaire : "Qui a fait çà, qui aurait pu avoir la technique pour faire ce genre de chose ?" et il m'a dit : "C'est pas un vétérinaire, c'est un chirurgien". On peut imaginer que ce soit une intervention humaine, mais alors pourquoi ? C'est...

Marc Menant : ...

Jacques Vallée : Mais encore une fois, je n'ai pas publié si vous voulez, je ne ne me suis pas engagé dans ce genre de recherches... d'abord c'est un problème de compétence, il faut que ce soit fait par des vétérinaires, des professionnels, et puis surtout j'ai pas pu faire le lien avec des observations d'ovnis au même moment au même endroit.

Marc Menant : Alors le lien, le faites-vous lorsque vous vous retrouvez face à une personne, qui a des brûlures, des cicatrices — comme vous l'avez évoqué dans une partie de l'émission — et puis le temps ; car il semblerait bien qu'il y ait une dilatation du temps dans la vie des personnes qui vivent le phénomène.

Jacques Vallée : Alors dans les rencontres rapprochées, il y a un certain nombre d'effets... D'abord désorientation... Il y a des gens qui nous disent : "J'ai pris ma voiture, je suis parti vers le nord". Vous regardez et vous voyez qu'ils sont partis vers le sud. donc ils étaient désorientés. Souvent une perte de temps — qu'on retrouve d'ailleurs dans les contes de fées — hein, on danse avec les fées, et puis on essaye de ... et il y a un vieux... qui dit "oh vous devez être le fils de machin, le fils de McDonald qui a disparu en 1895..." Et donc il y a déjà cette idée de la relativité du temps dans les contes de fées...

Marc Menant : qu'on fasse des sortes de bonds, qu'on va appeler quantiques, et qui nous rende le temps, non plus réferrent mais que l'on puisse avoir cette projection qui nous valle d'être au 14ème siècle et puis même pourquoi pas un...

(...)

Jacques Vallée : On est en totale révolution aujourd'hui... on est en évolution constante, la cosmologie est en évolution constante, et on va vers des grandes interrogations sur la nature du temps, la nature de la réalité, la nature des dimensions... dimensions... on peut imaginer que l'univers a une dimension, on peut imaginez que l'univers n'a pas de dimensions... Et c'est demain que viendra... un jour ou l'autre je crois que la physique rencontrera ce genre de phénomène et à ce moment-là... Je crois que tout ce qu'on peut faire aujourd'hui... pour le mettre à la disposition de ces gens-là...

Marc Menant : Alors ce qui est intéressant aussi, c'est ce que vous avez évoqué tout à l'heure avec la séance de spiritisme. En général, le spirite, il espère entrer en contact avec des esprits, et donc là c'est l'idée du mort, de l'éclairage de ceux qui cherchent à nous porter la parole et nous rassurer sur notre devenir. Est-ce que dans cette logique-là, on est pas dans un phénomène paranormal mais... notre sensibilité d'expression. Est-ce qu'il arrive souvent des spirites disent : "J'ai eu des informations..." tels ces 2 techniciens qui se placent au sommet d'une colline pour rencontrer une soucoupe, est-ce que les informations qu'ils avaient eues c'était de cette manière-là ?

Jacques Vallée : Alors, la conscience humaine, c'est quelque chose qui ... La théorie sur la conscience... le fait que la conscience soit ou non liée au cerveau, c'est une hypothèse. La consc... il n'est pas évident que la conscience se... Il y a des gens qui se posent des questions en informatique par exemple sur : "peut-on créer une machine qui serait consciente d'elle-même ?" Est-ce que la conscience a besoin d'une structure physique ou est-ce que la conscience peut se passer de cette structure physique ? La question est ouverte en science aujourd'hui. La question est ouverte quand on regarde ce genre de phénomène...

Marc Menant : Et quel est le cas qui vous a le plus perturbé. Là où vous vous êtes dis : là, il y a des enseignements à prendre, et qui soient des enseignements totalement imprévisibles dans notre structure mentale actuelle ?

Jacques Vallée : ...Le cas qui continue vraiment... C'est le cas qui est bien connu en France, le cas de Valensole en 1965, où un exploitant agricole dans la région de Valensole qui s'appelle Maurisse Masse a vu un objet... c'était un matin, en arrivant dans son champ... il croyait que c'était une espèce d'hélicoptère ou d'avion, il s'en est approché, il y avait des être près de l'objet... il a été paralysé. Il est resté paralysé pendant 20 mn après le départ de l'engin, qui a décollé. Des traces qui ont été analysées par 5 services différents du gouvernement français : ... la gendarmerie, le service... la DST, etc. pensaient que c'était peut-être un hélicoptère qui faisait de la contrebande d'or avec la Suisse ou des trucs comme çà... Ils sont tous arrivés à la même conclusion qu'il y avait quelque chose de matériel qui s'était passé, avec des traces inexplicables comme... a été profondément bouleversé par .. par cette paralysie. Et on a refait une partie de l'enquête ... en France... On a rencontré... Maurice Masse, vraiment après. Je sais que Pierre ... a fait une enquête sur les choses... physique, mais aussi une composante agissant sur la conscience, et quand on regarde bien les observations dans la région, il y en a certaines des observations au même moment, là c'était une autre observation à un moment donné... d'autre personnes dans la même localité ont aussi fait des observations qui sont restées inexpliquées. Moi ça continue de m'interroger...

Marc Menant : Alors est-ce qu'on est sujet, comme certains seraient sujets aux hallucinations, aux "rencontres" — très entre guillemets — avec ce type d'objets et donc avec les extraterrestres... est-ce qu'il y a une sensibilisation ... (rires)

Jacques Vallée : Non je vous arrête sur le mot... le fait... Une forme de conscience sociale existe ça ne veut pas dire que...

Marc Menant : Oui oui d'accord.

Jacques Vallée : Ils sont tombés dans le même panneau des phénomènes spirites qui disent, "puisqu'il y a un phénomène spirite, c'est les morts"

Marc Menant : Bien sûr.

Jacques Vallée : C'est la tante Marthe... 19ème siècle on rencontrait des trucs...

Marc Menant : ...et je partage... l'enquête telle que vous l'avez menée — simplement c'est que ceux qui disent : "J'ai rencontré un humanoïde", "J'ai rencontré un personnage"... quand on regarde ... est-ce qu'il y aurait une sorte de portrait-robot d'un extraterrestre potentiel ?

Jacques Vallée : Le cinéma nous a longtemps... aujourd'hui oui il y a un portrait-robot... En 1954 il n'y avait pas de portrait-robot. le problème c'est ... échelle... qui contrôle la réalité... ça c'est certain qu'il n'y a pas 1 seul type d'êtres... le problème c'est... ça on en a discuté souvent avec Aimé Michel ; Aimé Michel me disait, écoute, ... le témoin nous raconte un truc auquel on peut pas croire puisque il fait partie du phénomène aussi... le témoin... On se trouve un petit peu, l'analogie qui me plaît beaucoup c'est le cinéma. si vous interrogez 100 personnes qui sortent du cinéma, vous leur demandez ce qu'ils ont vu, ils vous diront qu'ils ont Gozilla. Ils sont tous d'accord sur l'existence de Godzilla. En fait, Godzilla c'était juste une projection sur un écran. C'était le projecteur. Moi je voudrais rencontrer le projectionniste.

Marc Menant : Merci d'avoir eu la gentillesse de faire ce détour en notre compagnie. Connivance avec Jacques Vallée, scientifique français... Si vous voulez partager en quelque sorte une connivance avec Jacques Vallée, Une longue connivance, entre 1957 et 1969, Son journal intime, tout intime, parce que ... Ca s'appelle Science Interdite, c'est aux éditions O.P., Il y aura également un long papier sur Jacques Vallée dans le journal de l'association ONDES. Merci beaucoup. Si vous avez un phénomène qui sort de l'ordinaire, n'hésitez pas à nous donner un petit coup de fil.

Jacques Vallée : Ben vous aussi...

(rires)

Marc Menant : Parfait (rires)

Source: http://www.rr0.org/data/2/0/0/1/05/20/Menant_InterviewVallee.html
IP archivée

anakin_nEo

  • Invité
Re : Livre: Science interdite de Jacques Vallée
« Réponse #13 le: 14 Septembre 2008 à 01:20:26 »

merci
fort interessant
les analyses stats du projet blue book etaient tres poussees pour l'epoque
les graphiques fort interessants
ce rapport de batelle a ete fort longtemps delaisse
et en fait il n'existepas de version moderne de ce genre d'analyse

le rapport est ici (pas si simple a retrouver ce qui est un signe en soi )
http://www.ufocasebook.com/pdffiles.html
http://www.ufocasebook.com/specialreport14.pdf
modération : lien mort

je vous invite a le lire serieusement
et vous conviendrez facilement que de telles analyses avec des moyens modernes devraient etre evidentes
or
elles ne sont pas
rien n'empeche toutefois de les refaire
je ne desespere pas d'y arriver, je finis enfin par voir le bout du tunnel de cet exercice dantesque
le probleme est de savoir si une guerre ne se declanchera pas avant
eee oui .. on en est la
enfin certaines choses ne sont pas fermees

jetez donc un oeil a ceci
http://www.ufocasebook.com/specialreport14.pdf
modération : lien mort

vous comprendrez que l'ufologie des annees 50 n'avait rien de "a la papa" et que pire elle etait plus serieuse et avancee que la majorite des analyses actuelles mod et geipan inclus y compris le rapport cometa
« Modifié: 17 Octobre 2011 à 00:53:05 par katchina »
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titilapin2

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Le rapport de l'institut Battelle repris dans le projet Blue Book
« Réponse #14 le: 14 Septembre 2008 à 08:03:33 »

Merci du lien anakin_nEo vers le rapport de l'Institut Battelle inclus dans le projet Blue Book :)

Citer
merci
fort intéressant
les analyses stats du projet blue book etaient très poussées pour l'époque
les graphiques fort intéressants
ce rapport de batelle a été fort longtemps délaissé
et en fait il n'existepas de version moderne de ce genre d'analyse

.../...
vous comprendrez que l'ufologie des années 50 n'avait rien de "a la papa" et que pire elle était plus sérieuse et avancée que la majorité des analyses actuelles mod et geipan inclus y compris le rapport cometa


Je partage l'avis d'anakin_nEo sur cette période qui est très riche d'informations et qui dès cette époque mobilisait des moyens importants.

Même si dans le débat entre Gildas BOURDAIS et Jacques VALLEE ce travail a été payé 150 000 dollars et non 600 000 dollars et que les collaborateurs pouvaient ne pas être de "1er rang", ce budget est plus important en euros d'aujourd'hui que celui du GEIPAN ou MOD et peut puiser dans les ingénieurs, statisticiens, ... de l'Institut Battelle qui "vivant" de contrats de l'armée (ici USAF) y a accordé le sérieux voulu.


Il s'agit du:
"Special Report n°14" intitulé Study No 102-EL-55/2-79
Analysis of reports of unidentified aérial objects
Project No 10073
du 5 may 1955


C'est une analyse statistique de 310 pages couvrant la période 1947 à 1952 aux USA.

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Ce pdf nous est mis à disposition par:

The Project Blue Book Archive
http://www.bluebookarchive.org
with the support of Project 1947, Sign Historical Group, Fund for UFO Research, and the Archives for UFO Research, News and Information Service

About the Project Blue Book Archive

The Project Blue Book Archive contains tens of thousands of documents generated by United States Air Force investigations from the early AMC period through to the end of Project Blue Book.
In addition to individual UFO reports the Archive includes administrative files that provide insight into Project Blue Book operations. These administrative files include correspondence, formal reports, status reports, AFOSI investigative reports, and various public statements and briefing
materials.
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Espérant pouvoir lire les études d'Anakin_nEo

Encore merci de ton éclairage
« Modifié: 14 Septembre 2008 à 18:37:27 par titilapin2 »
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