Bonsoir;
J'ai pris le temps de faire un résumé, un peu long, j'en conviens, du documentaire Zeigeits3. En fait j'ai principalement repris un certain nombre de phrases clefs de la vidéo. Un certain nombre de lecteurs de ce forum n'auront peut-être pas l'envie ou le temps de consacrer 1h30 à la visualisation de cette vidéo. J'espère que cette présentation leur donnera une certaine idée sur l'argumentaire de Peter Joseph. Bien que je sois un peu réticent vis à vis de ce projet, j'estime qu'il se doit d'être connu et pris en considération. Après c'est à chacun d'en tirer les conclusions qui lui sont personnelles. Pour ma part, et comme je l'ai déjà expliqué, je suis sensible à l'analyse. Par contre pour ce qui est des conclusions, j'ai beaucoup plus de réserves. Voici donc le résumé qui reprend les quatre parties de le vidéo.
La nature humaine :
Dans une première partie sur la nature humaine, Peter Joseph exprime que, contrairement aux idées reçues, rien n’est programmé génétiquement. Les gênes ne sont pas déterminants dans notre comportement. Si nous voulons comprendre ce qui prédispose certaines personnes, nous devons observer les expériences vécues. L’argument génétique est simplement un échappatoire qui nous permet d’ignorer les facteurs sociaux, économiques et politiques qui, en fait, sont à la base de nombreux troubles comportementaux. Il insiste par contre sur le fait que notre vie in-utéro et par la suite notre enfance conditionnent largement notre futur. Non seulement les premières expériences façonnent le comportement adulte, mais aussi, et surtout, les premières expériences dont on ne se souvient pas sont primordiales. Le contact humain est essentiel pour le développement et, en vérité, les nourrissons n’ayant jamais été stimulés, meurent. Cela prouve à quel point le toucher est un besoin fondamental pour les êtres humains. Il en conclut donc que nous sommes largement conditionnés, ou du moins modelés, par la société. Il conclut sa première partie par les trois questions suivantes :
Est-ce que la condition du monde moderne que nous avons créée soutient vraiment notre santé ?
Est-ce que les fondements de notre système socio-économique agissent comme une force positive pour le développement humain, social, et le progrès ?
Ou, est-ce que le fondement central de notre société va en réalité à l’encontre des bases de l’évolution nécessaires pour créer et maintenir notre bien-être personnel et social ?La Pathologie sociale :
Dans une deuxième partie appelée "pathologie sociale", Peter Joseph s'élève contre la notion de PIB supposé être l'indicateur de développement d'un pays ou plus encore comme l'indicateur de base de la santé sociale. En effet il nous fait remarquer très justement que les dépenses de santé entrent pour une part non négligeable dans les pays développés (17 % en 2009 aux USA, soit près d'un sixième). C'est énorme. Autrement dit si l'on se fit au PIB, plus les gens sont malades, meilleur est l'économie du pays !!!
Il en conclut donc que le système économique recherche l'opposé de ce qu'une vraie économie est supposée accomplir. En aucun cas, notre système économique n'a le désir de conserver les matériaux pour la production et la distribution des biens de première nécessité. Pour que l'économie marche, il faut dépenser et non économiser. Il faut gaspiller les ressources naturelles.
Peter Joseph se résume en disant que nous ne sommes donc pas en présence d'un système économique, mais, plutôt d'un système anti-économique.
"L'efficacité, la durabilité et la préservation sont donc les ennemies de notre système économique". Notre système économique ne peut fonctionner que s'il y a consommation à outrance.
Après relevé les incohérences de notre système marchand, Peter Joseph s'en prend à notre système monétaire en reprenant les principaux arguments développés par Paul Grignon dans son célèbre documentaire "Argent dette" :
1°)
Tout l'argent est créé à partir de dettes. 2°)
Des intérêts sont ajoutés à tous les prêts effectués et l'argent nécessaire pour rembourser cet intérêt n'existe pas dans la masse monétaire totale.Si tous les encours de la dette devaient être remboursés tout de suite il n'y aurait plus un dollar en circulation.
Il souligne alors que le nec plus ultra de notre système économique repose sur un hybride unique du système monétaire et marchand : le marché boursier qui, plutôt que de produire quelque chose de réel, achète et vend simplement l'argent lui-même. Les plus gros investisseurs ou les traders les plus importants sont des personnes qui n'ont aucune empathie sociale. Les sommes colossales échangées sur le marché boursier sont devenues la principale source de croissance de l'économie des États-Unis.
Peter Joseph termine alors cette seconde partie en soulignant que le plus destructeur de richesses n'est pas à rechercher dans des causes secondaires mais dans les fondements même de notre système socio-économique.
Le projet Terre :
Après avoir fustigé notre système socio-économique basé sur une recherche du profit à tout prix, Peter Joseph présente, dans une troisième partie nommée "Projet Terre", une esquisse de solution à travers le projet fondé sur l'idée «
d' Économie Basée sur les Ressources (EBR) ». Il développe alors l"idée selon laquelle pour atteindre une "durabilité maximale", la seule méthode valable est la méthode scientifique.
Le projet présenté repose sur deux systèmes principaux :
1°)
Le Système de gestion de ressources : lequel repose principalement sur deux idées clefs :
a) "la préservation stratégique" dont le but principal est de préserver les ressources naturelles
b) "l'Efficacité stratégique" laquelle repose sur l'idée essentielle que chaque produit doit être conçu pour durer aussi longtemps que possible
2°)
Le Système de gestion de production : lequel repose sur une stratégie de proximité
Selon Peter Joseph seule cette approche permet de satisfaire les besoins de la population, pour l'accès à ce dont elle a besoin, lorsqu'elle en a besoin. Selon lui, les méthodes les plus efficaces pour optimiser la santé humaine, la production matérielle, la distribution, les infrastructures urbaines, etc. résident dans le domaine de la science et des technologies pas dans la politique ou les économies monétaires. Il explique qu'une
Économie Basée sur les Ressources n'est rien de plus qu'un ensemble de connaissances solides dont le but est de préserver la vie, un système au sein duquel toutes les décisions sont prises dans le but d'optimiser le développement durable humain et environnemental.
Concrètement son projet repose sur :
L'automatisation de la livraison du courrier
L'automatisation de l'enlèvement des déchets
L'automatisation maximale des transports et des déplacements en voiture particulière
L'automatisation de la production industrielle
L'automatisation de la construction des logements individuels ou collectifs
Le développement des cultures basées sur l'hydroponie et l'aéroponie
La production d'électricité à partir de sources renouvelables (énergie éolienne, solaire, géothermique, marémotrice, houlomotrice .. etc ...)
Les villes seraient circulaires. Au centre se situerait le dôme central qui abriterait les pôles éducatifs et les centres de transport, ainsi que l'unité centrale qui conduirait les opérations techniques de la ville. Les zones résidentielles, les zones de production des biens, les zones de production d'énergie, les zones agricoles, ainsi que les zones réservées à l'éducation, à la culture, aux loisirs seraient placées en périphérie de la ville où de grands espaces verts seraient aménagés. Bien entendu dans les villes conçues sur ce projet, les échanges monétaires seraient inexistants.
Pour conclure cette troisième partie, et afin de faire face à la critique, Peter Joseph explique qu'une
Économie Basée sur les Ressources applique la méthode scientifique au domaine social, et cela ne se limite pas simplement à l'efficacité technique. Cela prend également en considération le bien-être social et humain et ce que cela comporte. Il estime qu'avec la suppression du système monétaire, et une fois que les nécessités de la vie seront satisfaites, nous verrions, quasiment immédiatement, une réduction globale des crimes à hauteur de 95% car il n'y aurait plus rien à voler, détourner, escroquer. Il estime que plutôt que de mettre des gens en prison, suite à un comportement violent et agressif, nous devons éliminer l'environnement qui produit ces comportements aberrants et concevoir un nouvel environnement qui incite les êtres humains à avoir un comportement vertueux.
S'élever :
Finalement Peter Joseph conclut sa présentation par une quatrième partie appelée : "S'élever". Dans cette quatrième partie, Il souligne la nécessité de s'élever contre les tous les "ismes". Il souligne que nous avons affaire à un trouble du système de valeurs, un système complètement dénaturé dans lequel la recherche de la santé personnelle et sociale est devenue secondaire au profit de notions préjudiciables telles que la richesse artificielle et de la croissance infinie. Il explique également que la violence structurelle tue plus de personnes que l'ensemble de ceux liés à la violence comportementale. La violence structurelle est aussi la principale cause de la violence comportementale.
Il termine alors sa présentation en expliquant que l'argent étant l'unique moteur de l'action, nous ne pouvons guère espérer qu'un seul pays sur la planète puisse être en mesure d'investir les sommes gigantesques nécessaires pour révolutionner l'agriculture, le traitement de l'eau, la production énergétique et autres ? La pauvreté ne peut donc qu'augmenter.
Selon lui, il est évident que nous sommes au bord d'une grande transition. Il doit y avoir un lien entre l'économie et les ressources de cette planète. Les ressources étant, évidemment, toute la faune, la flore, la santé des océans et tout le reste.
En résumé et pour simplifier, selon Peter Joseph et Jacques Fresco, tous les problèmes de notre société viennent de l'argent. Au-delà du Venus Project, il convient donc de se demander si oui ou non on accrédite cette thèse. Honnêtement lorsque l'on examine nos relations sociales, nous pouvons voir que les problèmes d'argent empoisonnent souvent notre vie. Devant cet état de fait il y a deux attitudes possibles. L'un est de dire qu'étant que l'argent est source de tous nos maux. Il suffit alors de l'éliminer et, par effet de magie, tous nos problèmes seront alors résolus !!! L'autre attitude est de souligner que ce n'est par l'argent en lui-même qui est source de nos maux mais plutôt le rapport que nous avons avec lui. Si nous modifions nos rapports avec lui, nous ne pourrons que nous en porter mieux. La première solution est une solution de type matérialiste et la seconde une solution plus "spirituelle". La seconde solution repose sur l'éducation. Interrogé lors d'une table ronde sur ses rapports avec l'argent et sur son salaire, le président de la Caisse des dépôts a souligné qu'il était bien de se soucier de sa postérité en se limitant à une ou deux générations. Au-delà il soulignait que les héritiers avaient plutôt tendance à dilapider l'héritage reçu. Ce n'est pas tellement l'argent qui est un problème mais plutôt l'usage que l'on en fait. Encore une fois, très tôt il convient d'éduquer la jeunesse vis à vis de cette richesse. La tâche est ardue, j'en conviens. Elle peut paraître impossible mais là réside la challenge.
Il est vrai que l'actualité quotidienne et notamment la quasi faillite de Dexia ne plaide pas en faveur du maintien du statu quo. Au-delà du problème de fond, le projet Vénus, très beau en théorie, repose, plus ou moins, sur une certaine planification des besoins. Or, l'expérience socialiste derrière le rideau de fer nous a tous enseigné que ce système était voué à l'échec. Nous ne pouvons que nous interroger sur la viabilité d'un tel projet. Ceci dit il convient de saluer leur analyse.
Lien vers la retranscription de la vidéo :
http://interobjectif.net/zeitgeist-moving-forward/Kris