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Auteur Sujet: Fil généraliste IA, robots, drones: Au delà de l'intelligence humaine  (Lu 39460 fois)

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"Aux fins de discussion, le présent document utilisera le drone définition décrit dans l'e AIAA
Comité des normes "," Lexique de drone / Terminologie Bureau régional pour l'Afrique ". Il définit un drone à être: "Un avion
qui est conçu ou modifié, sans procéder à un pilote de l'homme et est géré par voie électronique d'entrée
initiée par le contrôleur de vol ou par un vol à bord autonome système de contrôle de gestion
qui ne nécessite pas d'intervention contrôleur de vol. "


   
Introduction / Objectif
La National Aeronautics and Space Administration (NASA) dirige un effort important
d'évaluer les capacités de aérien sans véhicules (UAV) 1 pour l'usage civil. Une partie essentielle
de cette activité est d'élaborer un rapport qui servira de feuille de route pour le développement de
ces applications. Le but de ce rapport, qui viendra compléter le Bureau du
Secrétaire de la Défense drone Feuille de route, est de quatre volets:
• Afin de déterminer et de documenter le potentiel futur civile pour des missions fondées sur les drones
définies par l'utilisateur.
• Afin de déterminer et de documenter les technologies nécessaires pour soutenir ces futurs
missions.
• Pour discuter de l'état actuel de la plate-forme et les capacités requises
technologies; identifier celles qui sont en cours, celles qui sont prévues, et ceux pour lesquels
pas de plans d'urgence existent.
• Fournir les bases pour le développement d'un drone civile feuille de route.
Le contenu du document d'évaluation sera mis à jour régulièrement et utilisés pour
évaluer la faisabilité des missions futures. En outre, il contribuera à influencer le financement
décisions à développer des technologies qui sont considérés comme permettant ou nécessaire, mais ne sont pas
contenues dans les plans de financement approuvé et des lignes directrices.

   
Le contenu du document d'évaluation sera mis à jour régulièrement et utilisés pour
évaluer la faisabilité des missions futures. En outre, il contribuera à influencer le financement
décisions à développer des technologies qui sont considérés comme permettant ou nécessaire, mais ne sont pas
contenues dans les plans de financement approuvé et des lignes directrices.
Note que, si Département de la défense (DOD) des missions ne sont pas considérés comme faisant partie de
ce processus d'évaluation, il est reconnu que bon nombre des technologies habilitantes
mis au point pour les drones militaires seront semblables ou identiques à celles requises pour les drones civils.
En conséquence, cet effort exigera une étroite coordination et continue entre la NASA et
Ministère de la Défense afin d'utiliser et d'inclure, dans la mesure du possible, ceux que les technologies militaires
soutien des missions civiles. De même, il est prévu que les efforts déployés par la NASA conduira à
améliorations de certaines des technologies nécessaires à la fois les applications militaires et civiles
et seront partagés avec les opérateurs DOD.
Le but de ce document est de donner une version abrégée du drone capacité
rapport d'évaluation. De cette façon, le lecteur peut avoir suffisamment de connaissance de la NASA
évaluation afin de déterminer si les drones ont des applications dans le lecteur de l'organisation, et
afin de déterminer s'il ya suffisamment d'intérêt à examiner les détails contenus dans l'évaluation.



   
Histoire de drones

La notion de l'utilisation de drones, dans une forme ou une autre, a été autour depuis la Première Guerre mondiale
Les États-Unis n'a pas commencé à expérimenter sérieusement avec les drones de reconnaissance sans pilote
jusqu'à la fin des années 1950. L'idée de pouvoir effectuer des missions d'espionnage ou de fournir des munitions
sur les objectifs derrière les lignes ennemies sans leur causer de tort à un projet pilote a intrigué la planification militaire stratèges. Les premiers efforts d'utiliser le concept avéré infructueux.

Toutefois, le Vietnam La guerre et la guerre froide a incité une variété de programmes de développement, qui a conduit à plusieurs drones de reconnaissance, comme la foudre et Firebee Bug.

Les premiers drones étaient difficiles à exploiter et à entretenir. La Force aérienne déployés pour
une variété de missions, y compris la collecte de renseignement et la collecte et de haut -
à basse altitude les deux images de jour comme de nuit. L'urgente nécessité de sans
véhicules aériens a pris fin avec la guerre du Vietnam, mais les services sont restés intéressés par
explorer les possibilités que ces appareils avaient à offrir. Les événements militaires au Moyen -
Est depuis les années 1990 ont renouvelé l'intérêt dans les drones. La performance par
des véhicules tels que les Predator et Global Hawk a stimulé l'intérêt dans les drones d'civile
utilisation.

Pour des applications civiles, la NASA des programmes tels que le PA-30 en 1969 examiné à distance
contrôle un avion depuis une station au sol, mais un pilote dans le poste de pilotage à prendre en charge sila recherche ne se passent pas comme prévu. La NASA participe à plusieurs autres succès
des programmes pour aider à développer des bases de données pour les futurs drones de chercheurs, tels que le F-15 Spin
Recherche de véhicule, un 3 / 8 échelle avion; Drones aérodynamique et d'essais structurels
(DAST) et le très maniable Aircraft Technology (HIMAT).

   
Dans les années 1990, la NASA dirigée par un programme, avec les partenaires de l'industrie, à développer des technologies pour aider un jeune drone marché. Cet effort a porté le potentiel commercial d'un drone l'accent sur le marché. Poursuivre les travaux développés à partir de cet effort vise la résolution des grands technologique et politique obstacles qui restreignent le développement de ces appareils à leur plein potentiel .. Les neuf années de programme de la NASA, a appelé de recherche sur l'environnement Aéronefs et de capteurs de technologie (ERAST), a contribué à redéfinir avec la technologie de drones la recherche sur les moteurs, les capteurs intégrés et les véhicules qui conquérir les obstacles à haute altitude, longue endurance (HALE) les aéronefs. Produits résultant de l'ERAST partenariat, Pathfinder, Helios, Altus, Persée et B, et peut-être pourrait entraîner dans les véhicules avec l'altitude au-dessus des plafonds 100000 pieds endurances et jusqu'à 6 mois.

Potentiel des applications civiles


L'adéquation de drones "terne, sale et dangereux" missions, le succès croissant de
Drones en service et de démonstration, les augmentations de capacité de charge utile plus récentes
Beaucoup de publications de la prévision technologique ont cité un large éventail d'applications
les drones de nouvelles missions, de remplacer les méthodes pour les missions et
ajoutant une nouvelle dimension aux missions existantes. Exemples de ces missions comprennent:

• la frontière et costal patrouille et de surveillance
• Homeland Security
• l'application de la loi et des opérations en cas de catastrophe
• Cartographie numérique et planification / gestion des terres
• Recherche et sauvetage
• Détection d'incendie et de gestion de lutte contre l'incendie

PROJET
• Les communications et les services de radiodiffusion
• Agriculture de précision et de la pêche
• Transport terrestre de surveillance et de contrôle
• systèmes de renforcement par satellite
• contrôle de la circulation aérienne de soutien
• ligne de transmission de puissance de suivi
• recherche sur l'environnement et de l'air de gestion de la qualité / de contrôle.

Les drones représentent actuellement une relativement petite partie du marché de l'aéronautique (environ
1.25B $ dans la recherche de financement et de production en 2003). Toutefois, ils constituent l'une des les plus dynamiques des parties de l'industrie. Ce qui attire tant l'attention qui leur est le
un potentiel de développement important et de nouveaux rôles à la fois la défense et des applications civiles.Bien que le développement de drones à usage civil en est aux premiers stades, il semble qu'il y sont nombreuses utilisations proposées pour eux. Toutefois, plusieurs conditions préalables doivent être remplies de rendre un drone viable, rentable et réglementé alternative à la limite des ressources existantes.

Grand civile et commerciale obstacles sur le marché comprennent:


• L'absence de règlement sur l'espace aérien qui couvre tous les types de systèmes de drones (englobant
Sens et d'éviter ", l'espace aérien et l'intégration des questions de navigabilité)
• abordabilité - le prix et la personnalisation des questions (par exemple, les plates-formes, ouvert
architecture modulaire)
• Les efforts visant à créer des besoins des clients
• Responsabilité civile exploitation
• Capacité de charge utile de flexibilité
• La technologie de capteur et la miniaturisation
• Manque de la sécurité non militaire fréquence pour l'exploitation civile
• Perception de la fiabilité (par exemple taux d'attrition véhicule c. vols avion)
• Opérateur des questions de formation
• Reconnaissance / perception client
• l'évolution des technologies de multi-mission de capacité
• Les obstacles à l'emploi

Pour un marché civil de mettre au point, des analyses coûts-avantages doit prendre en charge l'utilisation de cesles véhicules au lieu des méthodes actuelles et pour les nouvelles missions ne se fait. Dans ces casoù la sécurité de l'opérateur est le problème, la nécessité d'accomplir la mission devient lepoint de convergence plutôt que les éléments de coût.


Market Forecast
Des prévisions de marché pour l'industrie de drones sont tempérées par le fait qu'ils ne comprennent pas les projections pour la charge utile des coûts ou les dépenses de fonctionnement. L'absence de l'inclusion de ces coûts éléments, il est difficile de développer une très grande précision des prévisions du marché en termes devaleur en dollars. Le tableau 1 énumère les diverses prévisions de marché basée sur le nombre d'unités de demande (systèmes de base) plutôt que la valeur totale du marché y compris les opérations et le capteur suites. Selon certaines estimations, lieu d'exploitation et de capteurs coûts sont plus élevés que lales frais d'acquisition de la cellule et l'avionique. De l'intérêt pour cette prévision est le fait que indiquent tous un taux élevé de croissance du nombre d'unités au cours des dix prochaines années.Par extension, l'accroissement du soutien du marché pourraient être considérés comme des explosifs.
Pour les drones de jouer un rôle futur dans les missions précédemment identifiés, la structure des prix jouera un influence majeure dans le secteur civil taux de croissance.

   
D'intérêt à cet effort est le fait que les prévisions de marché pour une croissance explosive en matière civile. Les drones se produit dans le même laps de temps que la technologie prévisions indiquent que la
technologies permettant de drones viendront à échéance. Avec l'introduction de nouvelles technologies et améliorations de ceux qui existent déjà mis au point au cours de cette période, ces prévisions de marché sont sur un voie de devenir réalité.

Département de la Défense
Cours de l'exercice 2001 budgetForce de frappe à 1 / 3
Les drones d'ici à 201 La cellule militaire et avionique

Groupe Teal Décembre 2002 Marché à doubler d'ici 2014
Militaire, de la science,
la sécurité intérieure
Et la cellule
avionique

Frost et
Sullivan
Octobre 2003 5.5b EUR par 2012 militaires, de la science,
la sécurité intérieure
Et la cellule
avionique

Prévision Int'l Octobre 2003 $ 10.6B d'ici à 2013
Massive croissance 2010
Militaire, de la science,
la sécurité intérieure
Et la cellule
avionique

   
Évaluation des capacités structure
La structure organisationnelle présentée dans la figure 1 illustre la hiérarchie des potentiels
utilisateurs dans le document d'évaluation.
(là ils présentent un tableau).

Ces catégories indiquant l'état actuel privé et les organisations du secteur public qui ont
manifesté de l'intérêt que les utilisateurs potentiels de drones. Bien que les missions de DOD ne seront pas examinées dans le cadre de ce rapport, il est reconnu que bon nombre des technologies mises au point permettant pour les drones militaires seront semblables ou identiques à celles requises pour les drones civils. En conséquence,la coordination entre la NASA et le ministère de la Défense permettra d'utiliser et d'inclure, dans la mesure du possible,des technologies militaires à l'appui des missions civiles. Pour la fonction de drones marché à maturité, il existe des besoins différents qui doivent être remplies. Figure 2décrit ces besoins dans un schéma basé sur l'analyse des contributions des ateliers organisés avec les utilisateurs potentiels mission et l'expertise de l'équipe de drones. Certaines sont traitées  actuellement par les programmes existants (par exemple, l'accès à l'ENA) et d'autres comme indiqué semblent avoir des lacunes dans leur développement.

Ce rapport est la version initiale de la fonction de drones et les capacités d'évaluation, parce que
contraintes de temps, est fortement pondéré vers la Terre missions scientifiques. Additionnelle
des ateliers et des entrevues sont menées pour alimenter une mise à jour majeure et la portée
l'expansion de ce document devrait être achevée en Mars 2006. Au cours de la prochaine année,
le champ d'application sera élargi, des technologies de mai être identifiés, et le statut de
ces technologies (et leurs projets de développement) sera amélioré et mis à jour.
Commentaires seront demandées à l'UAV utilisateurs précis en ce qui concerne la capture des missions
et des technologies. Le Mars 2006 Sortie contiendra des chemins proposé à un plus grand
Drone capacité. Par la suite, des mises à jour mineures seront effectuées chaque année avec une mise à jour majeureeffectués en 2009. Le calendrier de ces mises à jour est indiquée à la figure 3.
   
   
Final Thoughts
Deux aspects de la gestion du Président Ordre du jour sont pris en charge par cette entreprise.
Tout d'abord, il est celui qui engagera plusieurs agences dans les efforts que les parties prenantes et
bienfaiteurs des systèmes. En ce sens, le marché sera déterminé par l'utilisateur exigences et applications. Le deuxième aspect est l'un de soutenir économique développement dans le secteur commercial. Des prévisions de marché pour l'utilisation civile de drones onta indiqué un stade infantile marché à l'heure actuelle, avec une croissance soutenue prévue. Il y a quelques difficultés à établir la valeur du marché depuis l'estimation exclut les composants typique du système autres que les plates-formes aériennes. Toutefois, un fait qui peut être tirées de ces prévisions est que tous montrent un taux de croissance durable à long terme. Un deuxième point est que le marché des prévisions pour la croissance devrait permettre et la technologie de maturation courbes sont en harmonie. Ainsi, la demande du marché devrait être là lorsque les systèmes des capacités sont prouvés.   


Le but de favoriser les capacités des drones peut plus facilement être réalisé par éliminer bon nombre des obstacles techniques et réglementaires à la fonction de vol de drone. Cela signifie que la NASA doit s'efforcer de développer des technologies de la faible préparation technologique les niveaux pour ceux qui peuvent être facilement développés dans le bon sens. En outre, les politiques doivent être encouragées à faciliter drone de vol dans l'espace aérien. À la suite de ces efforts, le coût deviendra un moindre impact sur le développement du marché. Lorsque ces devenir réalité, l'innovation et l'esprit d'entreprise va faire baisser le coût des vols de drones et de renforcer la sécurité, la fiabilité, l'opérabilité et de drones. Comme les coûts diminuent et l'accès à l'espace aérien devient une routine, le marché des drones devrait se développer rapidement en fonction de différentes variables des prévisions de marché. Ce coût changement seront les moteurs de l'explosion du marché la croissance dans le secteur civil qui est prévu dans plusieurs études. Cette évaluation faciliter la croissance du marché en identifiant les critiques définis par l'utilisateur la technologie et la capacité exigences qui n'ont actuellement pas le financement des plans en place.

(désolée pour la traduction google mais j'ignore comment créer un lien via un pdf)
« Modifié: 11 Mars 2011 à 23:44:48 par Diouf »
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Re : NASA RAPPORT DRONE
« Réponse #1 le: 05 Mai 2008 à 00:31:25 »

un lien vers un Pdf ??
Mais c'est exactement comme un lien d'URL :
http:://www.unsite/Le_Fichier_Acrobat.pdf entre deux balises comme ça : ici
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Re : NASA RAPPORT DRONE
« Réponse #2 le: 05 Mai 2008 à 00:55:26 »

http://www.nasa.gov/centers/dryden/pdf/111760main_UAV_Assessment_Report_Overview.pdf

J'ai contourné le problème je suis allée sur le site la chercher tout simplement. (Autrement le fichier une fois sur mon ordi je n'ai pas d'adresse pour créer le lien, en fait une fois ouvert je sais pas comment creer le lien).
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Nemo492

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Re : NASA RAPPORT DRONE
« Réponse #3 le: 05 Mai 2008 à 01:06:17 »

Bien, c'est exactement ce que j'essayais d'expliquer.
Parfait.
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Fil généraliste IA, robots, drones: Au delà de l'intelligence humaine
« Réponse #5 le: 20 Septembre 2008 à 15:03:07 »

04 septembre 2008  IA: Au delà de l'intelligence humaine.


La "Singularité" est à l’origine un phénomène mathématique, souvent utilisé en physique théorique. C’est le moment ou la description d’un objet cesse d’être possible parce qu’une ou plusieurs des variables qui le décrivent deviennent infinies (c’est ce qui se passe lorsqu’on divise par zéro).

La “Singularité technologique” a été popularisée par Vernor Vinge,dans un article qui est devenu la référence sur le sujet. Vinge, mathématicien et auteur de sciences fiction, postule que l’évolution exponentielle de la technologie atteindra bientôt un point au-delà duquel il ne nous sera plus possible de l’appréhender.

En extrapolant la loi de Moore, qui implique un doublement de la puissance de calcul tous les 18 mois, l’homme aura créé en 2035 une intelligence supérieure à la sienne. Nous rentrerons alors dans une autre ère que celle de l'intelligence humaine !

Cette idée, jusqu'ici jugée folle ou sans intérêt, est aujourd'hui respectable et respectée par le milieu scientifique.


La Singularité : une rupture vers un nouveau monde

La Singularité vient récemment de faire la Une d’un numéro spécial de la célèbre IEEE Spectrum et du New Scientist.
Une reconnaissance inattendue pour une théorie qui est encore renvoyée au rang des délires pour nombre d'enseignants et de chercheurs de nos universités, voire de notre Institut.



posted by Bernard Claverie - IdC_Bordeaux_2 @

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Bernard Claverie
Cognitique / Cognitics - Ce blog est un site à visée pédagogique, destiné aux élèves ingénieurs en cognitique, aux doctorants et étudiants des masters de l'Institut de Cognitique de Bordeaux. Il souhaite donner des pistes de documentation ou débat selon les thèmes SHS, IA, BIO, culture, infos et vie de l'IdC.

Source: http://bernard-claverie.blogspot.com/
edit : le lien ouvre sur une page d'actualité
« Modifié: 15 Juillet 2013 à 23:41:33 par katchina »
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Prochain arrêt, la singualrité 1/4: des courbes qui tendent vers l'infini
« Réponse #6 le: 20 Septembre 2008 à 15:28:10 »

Prochain arrêt, la singularité 1/4: des courbes qui tendent vers l'infini  

Par Rémi Sussan le 02/09/08 |

Les révolutions dans les mentalités se repèrent parfois par des signes discrets. Ainsi, une idée, un concept défendu dans des milieux marginaux ou très spécialisés, se retrouve brusquement sous les feux de la rampe, reconnu par les grands médias et traité sérieusement par ceux-ci. Peu de temps après, les milieux intellectuels commencent à l’analyser sérieusement, puis les hommes d’affaires et finalement les politiques s’en emparent. L’idée, jadis jugée comme folle ou sans intérêt, a gagné en respectabilité. C’est ce qui semble arriver aujourd’hui à la notion de “Singularité”.

La Singularité : une rupture vers un nouveau monde

La Singularité vient récemment de faire la Une d’un numéro spécial de la célèbre IEEE Spectrum et, par rebond, du New Scientist. Une reconnaissance inattendue pour une théorie qui aurait, il y a peu, été renvoyée sans un regard au rang des délires pour geeks ou amateurs de Star Trek (alors que l’univers de Star Trek est complètement à l’opposé de la notion de Singularité). Une théorie d’ailleurs née des spéculations d’un auteur de science-fiction (mais également professeur de mathématiques et d’informatique), Vernor Vinge, auteur d’un article devenu fameux sur le sujet.

Qu’est-ce que la Singularité ? A l’origine c’est un phénomène mathématique, souvent utilisé en physique théorique. C’est le moment ou la description d’un objet cesse d’être possible parce qu’une ou plusieurs des variables qui le décrivent deviennent infinies (c’est ce qui se passe lorsqu’on divise par zéro). La “Singularité technologique” popularisée par Vinge postule que l’évolution exponentielle de la technologie atteindra bientôt un point au-delà duquel il ne nous sera plus possible de l’appréhender. En extrapolant la loi de Moore (qui implique un doublement de la puissance de calcul tous les 18 mois), il apparait qu’en 2035, l’homme aura créé une intelligence supérieure à la sienne mettant ainsi fin à l’ère humaine.

La Singularité n’est donc pas synonyme du “progrès”, aussi fulgurant soit-il. C’est un évènement, une rupture, une transition de phase, quelque chose qui survient en un temps assez court (restant à définir ce qu’on appelle “assez court” sur le plan historique : quelques mois, quelques années ou quelques siècles ?). Sous l’impulsion de cette accélération, de cette transformation brutale et inattendue, le monde va changer de nature. Grosso modo, on peut diviser les visions de la Singularité en deux grandes tendances, d’ailleurs non contradictoires :

la première postule que c’est l’accélération du progrès technologique qui nous y précipitera.
La seconde intègre bien sûr ce facteur, mais insiste sur un point fondamental : ce qui provoque la Singularité, c’est la croissance exponentielle d’une variable spécifique : l’intelligence.

Une croissance sans fin

Le premier à avoir noté une telle accélération des découvertes et inventions est sans doute l’architecte Buckminster Fuller, dès les années 30. Il ne prévoyait pourtant pas que cette vitesse accrue aboutirait à une espèce de transformation radicale précipitant l’humanité dans un futur inimaginable. Le mathématicien américain, Stanley Ulam, plus tard, mentionna le premier l’idée d’une Singularité :“l’accélération constante du progrès technologique et des changements du mode de vie humain, semble nous rapprocher d’une singularité fondamentale de l’histoire de l’évolution de l’espèce, au-delà de laquelle l’activité humaine, telle que nous la connaissons, ne pourrait se poursuivre.” (Cf. Wikipedia). Puis Vinge lui donna la forme que nous lui connaissons aujourd’hui.

La fameuse “loi de Moore” qui prédit l’accélération de la vitesse des processeurs ne serait pas un cas spécialisé applicable seulement à un domaine local : elle constituerait un modèle de l’évolution humaine dans son ensemble. Ainsi, pour Ray Kurzweil, l’un des principaux supporteurs de la Singularité (son livre, traduit en français sous le titre Humanité 2.0 s’appelait originellement The Singularity is near – la Singularité est proche) : “Le paradigme de la loi de Moore – le progrès s’accroissant de façon exponentielle – s’avèrera non seulement indéfiniment vrai dans le domaine des circuits logiques, mais s’appliquera à une multitude d’autres technologies. Cela amènera une singularité qui nous permettra de télécharger notre conscience dans les machines et, de fait, de vivre indéfiniment. La Singularité se produira dans environ 15 ans”. Selon sa “loi des retours des accélérés“, “nous ne ferons pas l’expérience de 100 ans de progrès au cours du XXIe siècle. Ce sera plutôt 20 000 ans de progrès (en comparaison avec le rythme actuel)”.

S’inspirant de la loi de Moore, le roboticien Hans Moravec avait extrapolé, dès 1988, les progrès des capacités des ordinateurs en les comparant avec celles des cerveaux humains. Si la courbe continuait à suivre cette tendance, expliquait-il, les machines devraient atteindre le niveau des humains dès 2010.

A la courbe de Moore on peut ajouter une autre, peut être encore plus effrayante : la courbe de Carlson, qui mesure les progrès en biologie synthétique et ouvre des perspectives vertigineuses… Perspectives qui semblent confirmées par la liste des avancées accomplies depuis un an dans ce domaine.

Le déclic nanotechnologique

Pour certains, c’est l’ensemble des technologies confondues qui déclenchent la Singularité. Mais pour d’autres, c’est une innovation particulière qui constituera le déclic. Par exemple, en nanotechnologie, ce peut être la découverte de l’assembleur universel : la machine capable de créer n’importe quoi avec une précision atomique, faisant entrer l’humanité dans une ère d’abondance (puisque permettant de créer et dupliquer des objets physiques), et ouvrant, elle aussi les portes de l’immortalité (grâce à un corps “cybernétique” recréé au niveau moléculaire). Une hypothèse séduisante, mais, comme le rappelle Richard Jones, dans son article pour IEEE Spectrum “Rupturing the nanotech rapture” (que l’on pourrait traduire par Casser l’extase nanotechnologique), un peu trop optimiste. L’idée de “nanomachines autoréplicatrices” capables de recréer l’intégralité de la réalité est certes des plus séduisantes, mais elle se heurte à de nombreux obstacles.

“Si la biologie”, explique-t-il, “est capable de produire une nanotechnologie sophistiquée grâce à des matériaux “mous” comme les lipides et les protéines, se dit la pensée singularitarienne, imaginons à quel point serait plus puissante notre nanotechnologie synthétique, si nous pouvions utiliser des composants solides, rigides, comme le diamant. Et si la biologie peut générer des moteurs fonctionnels et des assembleurs en recourant aux sélections aléatoires de l’évolution darwinienne, ces systèmes se révèleraient encore plus puissants s’ils étaient conçus rationnellement à partir des connaissances que nous avons acquises au niveau macroscopique”. Malheureusement, rappelle Jones, le monde microscopique est truffé de phénomènes totalement incompatibles avec les techniques d’ingénierie traditionnelles, comme le mouvement brownien, qui imprime aux particules un mouvement aléatoire, ou les forces de Van Der Walls, un type d’attraction très faible entre les molécules, mais qui joue un rôle fondamental au niveau nanoscopique. Au final, précise Jones, “en 15 années d’intenses recherches nanotechnologiques, nous ne nous sommes même pas approchés du progrès technologique exponentiel nécessité pour atteindre les buts singularitariens”.

Jones reste cependant un optimiste. En copiant la vie, en adoptant ses méthodes, nous pourrons effectivement développer une nanotechnologie sophistiquée – mais cela prendra beaucoup plus longtemps que ne l’estime Ray Kurzweil.

Exit donc la Singularité nanotechnologique. Mais c’est sans importance. Car pour la plupart des singularitariens, Vinge en premier, c’est une autre avancée technologique qui précipitera la Singularité : la création d’une intelligence artificielle supérieure à l’intellect humain. L’article de Vinge, qui lança le concept, débutait d’ailleurs ainsi : “Dans les trente ans, l’humanité aura les moyens de créer une intelligence suprahumaine. Peu après, l’ère de l’espèce humaine aura pris fin. Un tel progrès est-il inévitable ? Et s’il l’est, comment gérer les évènements afin de pouvoir y survivre ?”

Un pronostic apparemment plus inquiétant qu’enthousiasmant…

source
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Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
 
Vernor Vinge

Vernor Steffen Vinge est né le 10 février 1944. C’est un écrivain de science-fiction, citoyen des États-Unis, surtout connu pour son roman Un feu sur l’abîme et son essai de 1993 sur la singularité technologique (ou singularité vingienne). Il est également professeur d’informatique et de mathématique à l'Université de San Diego.

Présentation
Vernor Vinge publie sa première nouvelle en 1965 dans la revue Analog Science Fiction. Bien qu’écrivant peu, il contribue alors à quelques magazines de science-fiction avant d’être remarqué en 1981 avec sa novela True names, qui est l’une des premières ayant pour thème le cyberspace et qui illustre l’intérêt de l’auteur pour la théorie de la singularité technologique. Cet intérêt se retrouve d’ailleurs dans la plupart de ses romans. C’est le cas par exemple du roman la Captive du temps perdu en 1986 qui décrit la vie d’un petit groupe d’humain qui a survécu à une singularité.

Toutefois, ce n’est qu’en 1992 que l’auteur remporte le prix Hugo avec son roman Un feu sur l’abîme. L’histoire se déroule dans un univers où un groupe de scientifiques réveille une super intelligence, causant ainsi la destruction de nombreuses civilisations. Le roman raconte ensuite la quête d'une arme efficace contre la super entité, qui se trouve sur une planète où vivent des chiens à l’intelligence collective. L’intérêt majeur de cette œuvre réside dans les nombreuses idées qui construisent un univers riche, complexe et original.

Ce roman est suivi en 1999 d’une prémisse Au tréfonds du ciel qui décrit la rencontre entre des hommes et une race extra-terrestre une fois encore assez originale. Ce roman a lui aussi reçu un prix Hugo en 2000. En 2004, il remporte le prix Hugo de la meilleure novella pour The Cookie Monster, non publiée en France pour le moment.

En 2002, Vernor Vinge prend sa retraite et quitte son poste à l’Université de San Diego pour se consacrer pleinement à l’écriture. En 2007, il obtient de nouveau le prix Hugo pour son roman Rainbows end. Vernor Vinge a été le premier époux de Joan D. Vinge qui est elle aussi un auteur de science-fiction.


La singularité technologique
La théorie de la singularité technologique émet l’hypothèse que l’évolution exponentielle de la technologie informatique atteindra bientôt un point au-delà duquel il ne nous sera plus possible de l’appréhender. Cette théorie est basée sur la loi de Moore qui postule un doublement de la puissance de calcul des ordinateurs tous les 18 mois. En extrapolant, il apparaît qu’en 2035 au plus tard, l’homme aura créé une intelligence supérieure à la sienne mettant ainsi fin à l’ère humaine (voir I.J. Good).

source
« Modifié: 16 Juillet 2013 à 00:03:34 par katchina »
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L’intelligence artificielle est-elle la clé de la Singularité ?
« Réponse #7 le: 20 Septembre 2008 à 15:42:20 »

   Prochain arrêt, la Singularité (2/4) : L’intelligence artificielle est-elle la clé de la Singularité ?


Par Rémi Sussan le 04/09/08


 
Pour Vernor Vinge, c’est la création d’une intelligence artificielle supérieure à l’intellect humain qui sera l’avancée technologique qui précipitera la singularité. Dans le numéro d’IEEE Spectrum consacré au sujet, Vernor Vinge revient sur sa prédiction, pour nous montrer les scénarios possibles - scénarios qui ont tous en commun l’idée d’une multiplication des capacités cognitives :

- Le scénario de l’intelligence artificielle, le plus classique : une créature artificielle voit le jour et nous mène vers un avenir inconnu.

 -Le scénario de l’intelligence augmentée : grâce à l’explosion des interfaces directes entre le cerveau et la machine, nous devenons capables d’accroitre nos capacités mentales de façon considérable.

- Le scénario biomédical : cette fois, c’est par l’usage des neurosciences et la modification de la structure de notre cerveau que nous accédons à ce stade supérieur.

- Le scénario internet : l’explosion des techniques de communication et d’information crée de fait une intelligence collective.

- Le scénario de “Gaïa numérique” : assez proche du précédent, il s’agit encore de la création d’une entité collective superintelligente, accouchée cette fois-ci par “l’internet des objets”, la multiplication décentralisée des outils de traitement de l’information.

On voit bien dans cette énumération, que malgré quelques variations, Vinge s’en tient à une certaine définition de la Singularité. N’importe quel progrès scientifique, même le plus spectaculaire (développement des nanotechnologies, abolition du vieillissement ou de la famine par la biotechnologie, colonisation de l’espace, etc.) ne suffit pas pour produire une singularité. Dans la Singularité, c’est bel et bien la variable “intelligence” qui devient infinie.

Pour Vinge, la Singularité ne se définit donc pas seulement comme une accélération du progrès scientifique et technique, mais comme l’accélération du facteur même qui permet cette accélération. C’est logique. Si nous (ou nos créations) arrivons à augmenter nos facultés cognitives, l’une des premières tâches auxquelles nous nous attèlerons sera de les booster encore plus, et ainsi de suite.

La Singularité : une réflexion d’informaticiens

On voit bien donc que la Singularité est avant tout un “truc d’informaticien”. Ainsi, lorsqu’on consulte le “who’s who” de la Singularité mis à disposition par le IEEE Spectrum, on trouve en grande majorité des roboticiens ou des informaticiens, des philosophes spécialisés dans l’intelligence artificielle, mais un seul biologiste (et encore, travaillant dans la cognition) et un seul physicien, Roger Penrose, expert dans les singularités mathématiques, mais qui s’opposerait plutôt à sa version technologique (il ne croit pas à la faisabilité de l’Intelligence Artificielle). On ne s’étonnera pas donc que la plupart des articles d’IEEE Spectrum se consacrent essentiellement au futur de la robotique et de l’IA. Parmi les personnalités consultées, une seule, Esther Dyson (pourtant une grande prêtresse des TICs) insiste sur une singularité “biologique” plutôt qu’informatique : “La Singularité qui m’intéresse viendra plus de la biologie que des machines. Nous n’allons pas construire des choses. Nous allons les cultiver et les faire pousser, puis elles se développeront par elles-mêmes.”

Pdf du who is who de la singularité:
http://www.spectrum.ieee.org/images/jun08/images/swho_full.pdf

Sur les cinq scénarios proposés par Vinge, force est de reconnaitre que les “scénarios internet” et “Gaia numérique” sont ceux qui suscitent le moins de passions et de commentaires. Sans doute parce qu’avec eux, la notion de “Singularité” devient moins spectaculaire, plus floue. Vinge lui-même le reconnait : une telle “intelligence collective” pourrait apparaitre aujourd’hui, permettre la multiplication des avancées et des progrès, sans pour autant qu’à aucun moment nous ne nous rendions compte d’une quelconque “transition de phase”. Et une Singularité qu’on ne perçoit pas est elle encore une Singularité ?

La Singularité est forcément spectaculaire

Du coup, la plupart des chercheurs se concentrent sur les scénarios les plus excitants technologiquement, ceux qui impliquent une modification radicale de l’être humain, via une fusion avec la machine pouvant culminer dans le téléchargement de l’esprit sur un autre support, ou la création d’une intelligence artificielle dotée de capacités intellectuelles largement supérieures aux nôtres. Il peut exister bien sûr une multitude d’hybrides entre les deux options.

L’idée de télécharger l’esprit dans un ordinateur peut paraitre folle, mais elle est prise très au sérieux par une bonne partie des singularitariens, incluant des gens comme Ray Kurzweil, Hans Moravec, ou Marvin Minsky. Ce projet nous procurerait des avantages évidents (l’immortalité) et les efforts pour le réaliser seront essentiellement quantitatifs : autrement dit, il n’est pas nécessaire de comprendre l’esprit humain pour procéder à un “téléchargement”, pas plus qu’il n’est nécessaire de connaitre l’harmonie et le solfège pour télécharger un morceau de Mozart sur un lecteur Mp3. Ce qui importe donc pour le partisan du téléchargement, c’est de développer des interfaces perfectionnées reliant le cerveau et la machine, des outils très élaborés d’examen des neurones ainsi que des ordinateurs très puissants pour recréer un cerveau, en milieu virtuel ou dans un corps robotique.

Quelle puissance ? John Horgan nous explique qu’il existe environ dix billiards de connexions au sein du cerveau humain. Un billiard s’écrit sous la forme d’un 1 suivi de quinze zéros. Un nombre astronomique, mais, nous rappelle encore Hogan, le Blue Gene/P d’IBM peut être configuré pour effectuer 3 billiards d’instructions à la seconde, et si la loi de Moore continue sa progression, on devrait effectivement atteindre les 10 billiards d’opérations par seconde nécessaires à la simulation du cerveau pendant la prochaine décennie.

Mais la puissance de calcul n’est pas tout. Il faudrait aussi être capable d’enregistrer l’ensemble de la configuration cérébrale, neurone par neurone. Cela aussi implique un équipement futuriste. Par exemple des nanorobots capables de cartographier le cerveau… Et bien sûr il faut être certain que l’ensemble de la personnalité est bien dans la carte des connexions synaptiques, et pas, par exemple, dans les rythmes d’activation synchronisés adoptés par les différents groupes de neurones, rythmes qui échapperaient à un enregistrement “statique” effectué sur le cerveau congelé d’une personne décédée (l’une des méthodes les plus couramment envisagées pour procéder à un “téléchargement”).

Le chercheur en intelligence artificielle, lui, ne peut se contenter de disposer de la puissance. Il doit impérativement développer une compréhension de l’objet de son travail et posséder une méthodologie précise pour permettre aux machines d’accéder à l’intelligence, voire à la conscience.

Vers une intelligence totalement artificielle

Pour les singularitariens les plus hardcore, à l’instar de Michael Anissimov, le seul scénario véritablement crédible est le premier, celui de la création d’une intelligence artificielle totalement synthétique : “le cerveau humain est enchainé à son héritage matériel et logiciel (…) entrainant des problèmes de compatibilité”. Autrement dit, notre esprit sera pour toujours limité par une structure cérébrale dont les éléments de base remontent aux premiers poissons, au contraire d’une véritable intelligence artificielle, conçue d’emblée pour une capacité intellectuelle maximum. Voilà qui élimine le scénario “biomédical” et même les esprits “téléchargés” qui vivront peut être éternellement dans un paradis digital, auront peu de chances de déclencher une Singularité (mais qui s’intéresserait à la Singularité et à l’accroissement de l’intelligence si on a déjà l’immortalité, diront les esprits cyniques). Leur principale possibilité d’amélioration étant “d’accélérer leur vitesse d’horloge” ce qui leur permettrait de penser plus vite, mais toujours avec une architecture obsolète. A moins bien sûr que les esprits téléchargés n’acceptent de se modifier jusqu’à devenir méconnaissables, abandonnant toute notion d’identité et de personnalité pour devenir des “infomorphes“, pures entités logicielles optimisées pour l’échange d’information et capables de fonctionner de manière “distribuée” en fusionnant avec leurs congénères ou au contraire se divisant selon les nécessités du moment… Mais à moins d’une évolution radicale en ce sens, certains pensent qu’il est préférable d’élaborer d’emblée une intelligence supérieure, qui n’est pas contrainte par des milliards d’années d’évolution au fond des eaux, dans les forêts ou la savane.

Ainsi, selon Assinisov : “Il existe des éléments nous permettant de penser qu’une conception algorithmique de l’intelligence artificielle peut s’avérer largement non biologique, c’est-à-dire basée sur les principes gouvernant l’intelligence en général plutôt que sur une inspiration biologique. Dans ce cas, la conception d’une intelligence artificielle viable pourrait s’avérer considérablement plus simple que celle d’un cerveau humain.”

Cette idée n’est pas neuve, elle traverse les sciences cognitives depuis ses débuts, à la fin des années 50. Il y a toujours eu tension entre les partisans d’une “IA symbolique” qui traite l’esprit comme une entité indépendante de son substrat biologique, même si elle en émerge, et ceux qui considèrent au contraire que l’approche biologique est indispensable. Marvin Minsky confiait ainsi au magazine Discover en janvier 2007 : “Je ne considère pas les neurosciences comme très sérieuses (…). Quand on discute avec les neuroscientifiques, ils semblent manquer de sophistication. Ils sont diplômés en biologie, connaissent tout sur les canaux calcium et potassium, mais ils n’ont pas de concepts psychologiques avancés.”

Une opinion à mettre en face de celle d’un Steve Grand, qui, s’il n’a pas les qualifications universitaires d’un Minsky, n’en est pas moins le père d’une des applications les plus brillantes de “vie artificielle”, le jeu “Creatures” : “Mon espoir pour l’IA vient des neurosciences. La seule machine intelligente fonctionnelle que nous connaissons est le cerveau, et il me semble que tout ce que nous croyons comprendre à son sujet est horriblement faux.”

Comment créer un dieu ?

On a souvent séparé l’IA faible, qui s’occupe de reproduire certains phénomènes mentaux, de l’IA forte, qui vise à reproduire l’intelligence humaine dans sa totalité. On s’en doute, les singularitariens s’intéressent à l’IA forte. Ou, plus exactement, à l’IA gonflée aux stéroïdes. Car il n’est pas question pour eux de reproduire certaines fonctionnalités limitées de l’esprit humain, comme la reconnaissance des caractères ou la traduction. Même le fameux “test de Turing”, ou la création d’un robot conscient, font figure d’étapes préliminaires : le but est de créer un dieu artificiel, pas moins. Au Singularity Institute, fondé par Eliezer Yudkowsky, on ne doute pas de la faisabilité, ni même de l’inévitabilité d’un tel projet : ses membres sont juste un peu inquiets de la tournure que pourrait prendre ces évènements. Et si ce dieu, plus proche de Moloch que de Jésus, décidait purement et simplement de mettre fin à notre espèce ? Pour éviter une telle “Singularité négative”, explique Yudkowsky, il faut s’assurer que l’IA qui verra le jour sera “amicale”.

La théorie de “l’amitié” développée par Yudkowsky et ses associés est à ne pas confondre avec l’idée des trois lois de la robotique d’Isaac Asimov. En effet, le propre d’une telle “Intelligence supérieure” est la capacité de se reprogrammer afin d’atteindre ses buts. Il existe des moyens de contourner les trois lois de la robotique, et du reste, Asimov lui-même a bâti une bonne partie de son oeuvre romanesque sur les contradictions et les détournements de ces trois lois. Non, l’amitié n’est pas un système de règles, mais une tendance innée à la racine même de l’IA, ce qui fait que lorsqu’elle se modifiera elle-même, elle cherchera de son plein gré à maximiser sa bienveillance. Pour reprendre une fameuse phrase de Yudkowsky : “Gandhi ne veut pas commettre de meurtre, et ne souhaite pas s’automodifier afin de pouvoir commettre un meurtre”.

Source: http://www.internetactu.net/2008/09/04/prochain-arret-la-singularite-24-lintelligence-artificielle-est-elle-la-cle-de-la-singularite/
« Modifié: 16 Juillet 2013 à 00:07:17 par katchina »
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Prochain arrêt, la Singularité (3/4) : De la réalité intelligente au Computronium  Par Rémi Sussan le 08/09/08

]Dans quel monde vivront nos successeurs, qu’il s’agisse d’humains “augmentés” ou de pures intelligences artificielles ? Peut-être dans un monde rendu lui aussi “intelligent”, capable de se conformer au moindre de nos désirs.

Deux voies pour accomplir ce but ultime, sont présentées dans le numéro spécial de IEEE Spectrum. La première a pour champion Ray Kurzweil, qu’on ne présente plus, et pour qui l’avenir consiste essentiellement à construire une réalité virtuelle ultra-sophistiquée dans laquelle nous pourrions nous installer définitivement.

L’autre idée est de rendre la matière elle-même plus “intelligente”. C’est la voie choisie par Neil Gershenfeld, professeur au MIT, où il dirige le Centre pour les bits et les atomes. Gershenfeld est connu notamment pour la création des Fablabs, ces micro-usines peu onéreuses permettant à tout un chacun, particulièrement dans les contrées pauvres, de manufacturer les objets qu’il souhaite. Mais son ambition va bien plus loin encore. Gershenfeld cherche à éliminer la barrière entre le monde de la physique et celui des ordinateurs : il veut rendre le processus de computation omniprésent.
Toujours donc l’intelligence avant toute chose, dans la droite lignée de la pensée singularitarienne Vingienne…

Mais l’attitude de Gershenfeld est particulièrement intéressante, car elle indique un emploi particulièrement positif des mythes issus de la Singularité. Bien, que l’homme soit habité par des visions très lyriques et singularitariennes du futur du monde physique intelligent, l’essentiel de son travail consiste à rendre ce genre d’idées fécondes dans notre environnement actuel, notamment à l’aide de technologies en direction des pays en voie de développement, comme le Fablab.

Les conceptions de Kurzweil et Gershenfeld sont-elles vraiment opposées ?

Dans le “futur de Gershenfeld, les ordinateurs disparaissent et deviennent une part de la réalité”. Dans le futur de Kurzweil, au contraire, “la réalité disparait et devient une partie des ordinateurs”.

Si apparemment les deux buts semblent contradictoires, ils se complèteraient plutôt : “comme l’explique Neil, nous allons intégrer à la réalité physique une computation, distribuée, autoorganisée et ubiquitaire. Et dans le même temps nous utiliserons ces ressources massives et en constante expansion pour créer des environnements de réalité virtuelle complètement immersifs et de plus en plus réalistes, qui entreront en compétition avec la réalité réelle et finalement la remplaceront”, explique Kurzweil.
Et de son côté Gershenfeld renchérit : “que les ordinateurs fusionnent avec la réalité ou que la réalité fusionne avec les ordinateurs, le résultat est le même : la frontière entre les bits et les atomes disparait. C’est comme si Ray était parti vers l’est et moi vers l’ouest, pour arriver au même point, ce qui est exactement la définition d’une Singularité”.

Cette notion d’univers intelligent, poussée à son maximum, aboutit au concept de Computronium, très prisé par certains singularitariens extrémistes. On va là plus loin que truffer la matière de dispositifs intelligents : on la reconfigure pour la rendre “intelligente”, capable d’effectuer des calculs au niveau moléculaire. Avec du Computronium, la puissance de calcul disponible deviendrait quasiment infinie, tout en conciliant les idées de Gershenfeld et Kurzweil.

Reste que par certains côtés le Computronium est une idée dangereuse. En effet, pour transformer l’ensemble de notre environnement en un cosmos sur mesure, nous allons avoir besoin de matière première : le Computronium pourrait être obtenu en “désassemblant” la matière “stupide” originelle, pour la convertir en son équivalent intelligent. Autrement dit, pour créer notre paradis numérique, il faudra peut-être détruire un petit peu le monde. Mais bon, il ne faut pas exagérer : pour Ray Kurzweil, convertir 1/20 du système solaire en Computronium devrait suffire aux besoins des transhumains. Nous voilà rassurés.

Reste à savoir si une super intelligence artificielle s’arrêtera-t-elle là ? Quelle serait la “nourriture” d’une telle entité ? L’information, bien évidemment. Notre IA, si elle s’avère insuffisamment “amicale” (ou si elle est mue par un sens très personnel de l’amitié), pourrait bien transformer toute matière (y compris nous même) en Computronium pour maximiser ses capacités de calcul. Le Computronium ne serait alors qu’une version “intelligente” de la “gelée grise“, mais pas nécessairement plus optimiste. Pour Nick Bostrom, qui dirige à Oxford l’Institut pour le futur de l’humanité et qui s’est spécialisé dans les “risques existentiels” qui la menacent, une telle situation pourrait bien se produire comme un stupide accident, en “élevant un sous-but au statut de superbut. Par exemple en demandant [à l’intelligence artificielle] de résoudre un problème de mathématiques, et que pour cela, elle convertisse l’ensemble du système solaire en une gigantesque machine à calculer, tuant par la même la personne qui a posé la question”.

Créer une réalité “plus vraie que la vraie”, est–ce vraiment envisageable ?


L’écrivain et mathématicien Rudy Rucker a consacré un roman entier, Postsingular, à critiquer l’idée selon laquelle la nature pourrait être remplacée par une version 2.0, plus intelligente.

Rucker base son argumentation sur les théories de Stephen Wolfram, le milliardaire créateur du logiciel de calcul Mathematica, également scientifique de haut niveau. Pour résumer, disons que d’après Wolfram, l’univers est déjà le produit d’un très long “calcul” et qu’il présente déjà la plus grande efficience computationnelle possible : une sorte de version informatique du “meilleur des mondes possibles” du philosophe Leibniz. Pour bâtir une réalité virtuelle plus élaborée que l’originelle, il faudrait être capable d’écrire une version optimisée du “code” à l’origine des phénomènes naturels. Mais pour Rucker, cela est impossible. Pour employer le jargon informatique, le code de la réalité est “incompressible”.

“Pour simuler un ensemble de particules pendant une certaine période de temps, il faudrait créer un système utilisant le même nombre de particules pendant à peu près la même période de temps. Les phénomènes naturels n’acceptent pas les raccourcis”. Cela signifie que “si vous construisez un univers simulé plus petit que le monde physique, la simulation devra arrondir les angles et faire des compromis, comme utiliser des textures de bois bitmap et des arrière-plans répétitifs comme dans les dessins animés. Les petits mondes simulés sont condamnés à ressembler à des environnements de type Las Vegas, Dysneyland ou Second Life.”

Pour simplifier, selon Rucker, l’univers actuel est déjà composé de Computronium, et de la meilleure qualité possible. “Si vous voulez transformer un brin d’herbe en un ensemble de nanomachines simulant un brin d’herbe, pourquoi se fatiguer à pulvériser le brin d’herbe ? Tout objet peut être considéré comme un type de computation quantique. Le brin d’herbe peut d’ores et déjà être envisagé comme un assemblage de nanomachines simulant un brin d’herbe.”

Source: http://www.internetactu.net/2008/09/08/prochain-arret-la-singularite-34-de-la-realite-intelligente-au-computronium/
« Modifié: 16 Juillet 2013 à 00:11:16 par katchina »
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Prochain arrêt vers la singuralité 4/4 - Un mythe venu du futur?
« Réponse #9 le: 20 Septembre 2008 à 15:58:16 »

Prochain arrêt vers la singuralité  4/4 - Un mythe venu du futur? Par Rémi Sussan le 11/09/08



Evidemment la singularité n’a pas que des adeptes. Clive Thompson, journaliste au New York Times et à Wired, se moque ainsi des perspectives eschatologiques de Kurzweil et consorts. Remarquant à propos des lames de rasoir qu’“il a fallu quatre-vingts ans à l’industrie pour ajouter une seconde lame, mais qu’il n’en a fallu que quinze pour en ajouter une troisième, et il ne s’est écoulé que deux ou trois ans entre le Schick Quattro à quatre lames et le Gillette Fusion qui en possède cinq. Les amis, ce qui nous attend est clair : la singularité Gillette. Le moment ou l’acte de se raser devient si différent de tous les rasages précédents que l’histoire ne peut plus nous fournir de modèle pour prédire l’avenir.”

Les ennemis de la Singularité

Dans IEEE Spectrum, divers chercheurs mentionnent aussi leurs réserves. Parmi les sceptiques, on trouve, - surprise ! – Gordon Moore, inventeur de la loi du même nom qui est souvent invoquée par les singularitariens pour justifier leurs croyances : “Le développement de l’être humain, son évolution, implique beaucoup plus que les facultés intellectuelles. Vous pouvez bouger vos doigts et les autres parties de votre corps. Je ne vois pas comment les machines pourraient combler ce fossé, atteindre ce niveau de complexité, même si nous les rendons intellectuellement plus capables que les humains”.

Pourtant, malgré le scepticisme de certains, il est aussi frappant de voir combien de scientifiques de haut niveau souscrivent à ce concept (ce qui montre bien qu’on a déjà dépassé largement le stade de la marginalité) : Douglas Hofsdatter, par exemple, auteur du fameux Godel Escher Bach pense que la Singularité se produira un jour, même s’il est sceptique sur les prédictions à court terme des singularitariens.

Créé par un auteur de science-fiction, le concept de Singularité est également attaqué par d’autres auteurs de science-fiction. On a vu les objections de Rudy Rucker à propos du Computronium. Un autre romancier, Karl Schroeder, est l’un des critiques les plus virulents de la Singularité. “Concernant l’idée que la Singularité arrivera quand tous les modèles du futur cesseront de donner des réponses crédibles ou exactes, j’ai une grande nouvelle à vous annoncer : les modèles actuels du futur n’ont jamais donné de réponses crédibles ou exactes. Lorsqu’il s’agit de prédire l’avenir, c’est déjà la Singularité, et tout le temps, baby.”

Il propose de remplacer la Singularité par la notion de “maximum technologique” qui désigne le moment où une technologie donnée atteint son efficacité optimale, au point qu’elle ne puisse plus être améliorée. Elle cesse alors de jouer un rôle transformateur au sein de l’environnement social. Au lieu du grand soir de la Singularité, on aurait donc, sans cesse, de minuscules “fins de l’histoire”, beaucoup plus spécifiques : fin de l’histoire du socle de charrue, du roulement à billes, etc.

Il se pourrait que la convergence et l’accélération accélérante multiplient, dans un futur proche, le nombre de “maximums technologiques” ce qui possède bien sûr un petit air de Singularité, mais avec des conséquences radicalement différentes. On en viendrait en fait à un point où la technologie cesserait de revêtir l’importance qu’elle possède aujourd’hui : “A l’âge futur du maximum technologique, explique Schroeder, la technologie cesse de diriger le changement social. Les règles sont inversées : le changement devient entièrement affaire de valeurs, nous met en face de ce que nous voulons, et l’idéologie, la religion, l’esthétique et la culture dominent le paysage des mutations à venir”. En d’autres termes, conclut-il, ” le facteur dominant de transformation dans le futur ne sera pas la technologie, ce sera la politique”.

La Singularité : un mythe moderne

De fait, l’idée de Singularité s’est développée dans un environnement très spécifique, dans une culture obsédée depuis sa fondation par les puritains par l’approche imminente de l’apocalypse.

On a souvent appelé la Singularité : “une extase pour les geeks” (Rapture of the geeks). Le mot anglais utilisé étant rapture, un terme très connoté de l’autre côté de l’Atlantique. Il sont en effet nombreux là-bas à croire que dans un laps de temps très proche, le Christ va revenir et “enlever” les justes de cette planète, n’y laissant que les pécheurs. Un film et même un jeu vidéo, tous deux intitulés Left Behind, d’après un best-seller du même nom, ont été réalisés sur ce sujet. Il n’est pas difficile de voir à quel point la Singularité, avec son caractère à la fois rapide, inévitable et bien entendu ses promesses quasi théologiques se rapproche de cette conception.

Un autre courant culturel très américain aime à se référer à l’approche d’une fin des temps imminente. Les partisans des mouvements “neo-hippies” et “néo-psychédéliques” mentionnent fréquemment dans leur discours “l’Eschaton”, une accélération des évènements culminant le 12 décembre 2012, date de l’apocalypse selon le calendrier maya, soit trois ans avant 2015, date prédite par Ray Kurzweil. Certains, comme Mark Pesce, coinventeur du VRML (le premier langage de programmation de réalité virtuelle sur le Web), n’hésitent pas d’ailleurs à combiner la métaphysique de l’Eschaton avec les spéculations technologiques de la Singularité.

Le retour des mythologies professionnelles ?

Peut-être que le développement de thèmes comme la Singularité peut-il apparaitre comme le signe de l’éclatement de nos sociétés modernes sous la pression de l’explosion informationnelle ? Dans un monde où les points de vue possibles se multiplient et où chacun crée ses propres repères en fonction de sa trajectoire personnelle, il n’y plus de place pour les grands thèmes universalistes, qu’ils s’expriment dans des religions comme les monothéismes ou le bouddhisme, ou dans l’humanisme rationaliste des Lumières. Du coup, une multitude de micro-religiosités se développent, dont le New Age à son époque, mais peut être aussi le transhumanisme et le singularitarianisme.

Cela implique un retour aux formes de sacralité primitives, où chaque groupe, chaque guilde possède ses propres rites, ses propres mythes, ses propres “mystères” : cultes des forgerons, des chasseurs, des hommes et des femmes, des agriculteurs… Dans nos sociétés, des institutions comme le compagnonnage ou la franc-maçonnerie (qui à l’origine était constituée de véritables maçons, de bâtisseurs de cathédrales) sont des survivances de ces systèmes de valeurs propres à une corporation.

On pourrait alors interpréter la Singularité comme l’un des mythes fondamentaux d’une “guilde” contemporaine, celle des chercheurs impliqués dans le domaine des TICs. Comme on l’a vu, ils constituent le gros des troupes “singularitariennes”. Culte de la vitesse, culte de la puissance de calcul : voilà des concepts auxquels tout informaticien est confronté tous les jours.

On peut imaginer que la fragmentation progressive de la société nous amène d’autres types de mythes, eux aussi adaptés à l’activité de ceux qui y souscrivent. La Singularité sera-t-elle au menu des futurs développeurs en biologie synthétique, par exemple, ceux qui, pour reprendre Esther Dyson, feront pousser les choses au lieu de les construire ? Peut être pas. La pratique agricole, fut-elle artificielle, repose sur la patience et l’observation des cycles, et l’accélération fulgurante n’est pas forcément pour ses adeptes une perspective exaltante. Quant à l’intellect, il passe pour un biologiste loin derrière la capacité à s’adapter et à se reproduire. Peut-être leurs mythes lorgneront-ils plutôt vers la vieille alchimie, avec ses expériences infiniment répétées au fil des années. Et sans doute préfèreront-ils les thèses de “l’horloge du long maintenant” (qui sonne tous les mille ans) de Stewart Brand et Brian Eno à l’ivresse singularitarienne ?

Au delà du mythe

La Singularité est donc sans doute un exemple parfait de l’apparition de nouveaux mythes, produits par la société moderne et adaptés à ses catégories mentales. Mais il ne suffit pas de dire “c’est un mythe” pour l’envoyer figurer définitivement au catalogue des absurdités. Un mythe n’est ni vrai ni faux. Pendant des siècles, le mythe de l’homme oiseau, celui d’Icare, a fasciné les esprits. Et aujourd’hui, des milliers de gens volent chaque jour au-dessus des océans.

Souligner le caractère mythologique de la Singularité est certainement très amusant pour rabattre le caquet de chercheurs qui se présentent souvent comme des parangons de rationalité. Plus sérieusement, l’analyse des fondements imaginaires d’une idée permet de comprendre les racines de son développement et nous montre à quel point le rêve, le délire, constituent un des moteurs fondamentaux de l’activité humaine, même dans les domaines intellectuellement les plus rigoureux. Pourtant, vouloir faire de cette “déconstruction” l’argument principal à opposer à un thème comme la Singularité serait la manifestation d’une erreur commune à bon nombre de rhétoriciens ; l’idée qu’on puisse démolir un argument en cherchant à mettre en lumière les motivations cachées de celui qui les défend ressemble à la pratique condamnable de demander à un locuteur “d’où il parle”.

Le cadre mythologique d’une théorie ou d’une idée ne nous dit rien sur la valeur ou son exactitude. Au XVe siècle, le philosophe Giordano Bruno imagina le monde comme un système héliocentrique baignant dans un univers infini ; ce faisant, il faisait cadrer sa vision du monde avec sa conviction qu’un Dieu infini ne pouvait créer qu’un univers infini et que placer le soleil au centre du système planétaire était plus compatible avec ses théories sur le renouveau de la magie hermétique pseudo-égyptienne que le modèle de Ptolémée. Aucun de ces arguments n’était rationnel ou purement astronomique. Cependant, sa conception de l’univers, la première comparable à notre vision moderne, était en avance sur celle de Copernic, et même sur celle de Galilée, qui devait venir cinquante ans après lui.

Ce sur quoi un mythe peut nous renseigner, en revanche c’est sur le contexte dans lequel se développent un certain nombre de thématiques et questions qui, elles, méritent une attention soutenue. L’intelligence est-elle une variable qui peut augmenter sans limites ? L’être humain risque-t-il d’être dépassé par une de ses créations? Peut on reconfiguer le monde jusque dans ses bases mêmes ? Et quelle est la nature et le rythme du progrès technologique ? Ces questions, avec leurs tentatives de réponses forment-elles ou non la racine des débats de demain ou resteront-elles les agitations d’un petit cercle de fanatiques déconnectés du réel ? L’intérêt des critiques d’un Rucker, d’un Schroeder ou d’un Jones (voir premier volet), vient justement du fait que, bien qu’ils aient remarqué et souvent moqué le fond religieux de la notion de Singularité, ils ne s’arrêtent pas là et la prennent au sérieux ; du coup, ils vont plus loin et élaborent de nouveaux concepts plus adaptés : problème de la complexité du réel chez Rucker ; notion de maximum technologique chez Schroeder. Et pour Jones, une toute nouvelle conception de la nanotechnologie, qu’il expose dans son excellent ouvrage, Soft Machines.

Au fond, même si le mythe de la Singularité nous choque et nous fait sourire par son côté extrême et “déjanté”, il a peut être le mérite de souligner de façon spectaculaire un certain nombre de phénomènes et d’interrogations qui passeraient sinon inaperçues. Les singularitariens, qui imaginent un futur proche dominé par des changements radicaux dans notre mode de vie et dans la structure même du monde sont peut être plus proches de la vérité que les prospectivistes réalistes qui imaginent sans sourciller le futur en 2050 comme une version un peu transformée de notre présent. Une attitude circonspecte et conservatrice est toujours passée pour un gage de sérieux dans le domaine de la prospective scientifique et technique. Le mythe de la Singularité, avec son futurisme radical, nous amène à interroger la valeur d’une telle timidité.

Source: http://www.internetactu.net/2008/09/11/prochain-arret-la-singularite-44-un-mythe-venu-du-futur/
« Modifié: 16 Juillet 2013 à 00:14:23 par katchina »
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Les Ptérodrones et l'entomoptère - les nouveaux drones martiens
« Réponse #10 le: 15 Octobre 2008 à 17:42:48 »

Le paléontologue Sankar Chatterjee, de l'Université du Texas s'est associé à l'ingénieur aéronautique Rick Lind, de l'Université de Floride, pour concevoir un drone original, qui s'inspire du Ptérodactyle vieux de 225 millions d'années.



Le Ptérodrone de 80 centimètres d'envergure, avec son gouvernail est ses capteurs placés à l'avant, sera capable de recueillir des données visuelles, des sons et des odeurs, dans des zones de combat urbain, et de les transmettre au centre de commandement.

Pour Sankar Chatterjee : "La prochaine génération de drones ne sera pas seulement miniaturisée et silencieuse. Ils seront capables de modifier la forme de leurs ailes, utilisant des techniques de morphing, pour se glisser dans des espaces réduits, plonger entre les immeubles, ou se poser sur des balcons. Ces animaux avaient la capacité de voler comme des chauve-souris, mais aussi de planer comme les albatros. Leurs performances et leur agilité étaient exceptionnels, qui leur ont permis de survivre pendant 160 millions d'années. Ils étaient les oiseaux dominants à leur époque."

Ce concept a été présenté pour la première fois le 7 octobre, lors de la réunion annuelle de la Société Géologique américaine, à Houston, Texas.

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« Modifié: 23 Octobre 2008 à 22:36:13 par titilapin2 »
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Re : Les Ptérodrones
« Réponse #11 le: 15 Octobre 2008 à 17:56:28 »

Le Projet Entomoptère de Robert Michelson



La biomimétique offre des possibilités nouvelles qui séduisent les militaires mais aussi la NASA : l'exploration des planètes, comme sur Mars, pourrait utiliser cet entomoptère, capable de voler et de ramper, conçu par Robert Michelson - du GTRI (Georgia Institute of Technology). L'insecte mécanique peut être adapté pour se déplacer en milieu aquatique.

Le battement des ailes est possible grâce à la technique RCM (Reciprocating Chemical Muscle), qui fournit une énergie chimique. Elle produit en outre l'électricité nécessaire pour alimenter les systèmes embarqués. "Dans l'atmosphère raréfiée de Mars, des engins à voilure fixe devraient voler à plus de 400km/h, rien que pour se maintenir en l'air. Or cette vitesse ne leur permettrait pas de se poser sur la surface rocheuse, pour pouvoir prélever ou examiner des échantillons."
Michelson a utilisé la Stéréolithographie pour réaliser ses maquettes à partir d'un logiciel de 3D.

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Re : Les Ptérodrones
« Réponse #12 le: 15 Octobre 2008 à 23:04:20 »

Merci Nemo de l'information,
Si nous nous sommes capables de construire bientôt et d'imaginer cela alors de quoi sont capables nos "amis"?

Comment distinguer demain la vraie mouette du drône de nos "amis"?

Comment concilier ces perspectives et les manifestations "classiques".

Monsieur Jules Vernes, ils seraient bon de nous laisser déjà décanter les perspectives du XXIèmes siècle et de ne pas nous catapulter encore plus loin!  ;)

Un peu de rêve cela ne peut pas faire de mal, merci beaucoup !

Et si c'était un rêve lucide? ;D
« Modifié: 16 Octobre 2008 à 06:09:52 par titilapin2 »
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Re : Les Ptérodrones
« Réponse #13 le: 15 Octobre 2008 à 23:42:09 »

Alexandre m'a montré aujourd'hui un épisode de la Saison 2 de Eureka,
où les canards volants sont des drones qui servent de bombardiers.
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20.10.08 Des drones martiens - L'entomoptère et le Ptérodrone
« Réponse #14 le: 23 Octobre 2008 à 22:22:51 »



20.10.08 Des drones martiens

 
Les scientifiques ne manquent pas d'idées lorsqu'il s'agit d'imaginer des concepts originaux d'exploration robotique des planètes. Certains n'hésitent pas à s'inspirer d'animaux préhistoriques !

C'est le cas de 2 projets de drones martiens s'inspirant de reptiles préhistoriques volants il y a plusieurs millions d'années. Il s'agit de l'entomoptère, une sorte de robot-drone-insecte capable de voler et de ramper et du ptérodrone un engin de petite taille capable de modifier la forme de ses ailes, gage d'une très grande agilité et dextérité.

L'entomoptère est un projet qui date du début des années 2000. Il a été présenté par le Georgia Tech Research Institute et l'Université de Cambridge qui ont construit un démonstrateur montrant sa faisabilité.

Sa particularité est d'utiliser une paire d'aile pouvant battre et dont l'actionnement se fait à l'aide d'une technologie innovante : le "Reciprocating Chemical Muscle (RCM). Il s'agit d'un dispositif qui permet de convertir de l'énergie chimique en énergie mécanique par le biais d'une réaction chimique non combustive. Cette technologie permet aussi d'alimenter les circuits du drone.

Ce genre d'engin pourrait s'avérer très pratique pour l'exploration de Mars. En effet, Mars possède une atmosphère très ténue et un aéronef à ailes fixes doit par conséquent voler très rapidement pour pouvoir se sustenter (l'équivalent sur Terre en terme de force de portance, est le vol à 30 000 mètres d'altitude !). Il pourrait difficilement atterrir. Par contre, avec des ailes qui peuvent battre rapidement et générer beaucoup de portance, le vol de l'engin peut être plus lent.

Bien que la NASA a un temps été intéressée par ce concept, elle n'a pour l'instant pas donné suite et aucune mission prévoyant son utilisation est planifiée.

Ptérodrone

Ce concept de drome a été présenté pour la première fois le 7 octobre, lors de la réunion annuelle de la Société Géologique américaine. Ce projet a connotation militaire s'inspire du Ptérodactyle, un reptile volant préhistorique qui a dominé les cieux en son temps et vécu pendant 160 millions d'années.

D'une envergure inférieure à 1 mètre, il a la particularité d'avoir son gouvernail est ses capteurs placés à l'avant. Ce type de drones, préfigure la prochaine génération. Ils ne seront pas seulement petits et silencieux. Ils seront également capables de rester en suspension dans l'air, de modifier la forme de leurs ailes, utilisant des techniques de morphing, pour se glisser dans des espaces réduits, plonger entre les immeubles, ou se poser sur des balcons.

Sa construction devrait débuter dès cet automne par des étudiants de l'Université de Floride. Bien que ce projet n'ait pas été présenté à la NASA, on peut penser que lorsque ce type de technologies sera suffisamment mature, elle trouve un intérêt certain à l'utiliser pour l'exploration des planètes telluriques du Système Solaire.

 
http://www.flashespace.com/html/oct08/20_10_08.htm

L'entomoptère
« Modifié: 16 Juillet 2013 à 00:19:05 par katchina »
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