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Auteur Sujet: Murakami - Underground  (Lu 590 fois)

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katchina

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Murakami - Underground
« le: 09 Juin 2013 à 23:11:36 »


Quatrième de couverture

Inspiré de l'attentat perpétré par la secte Aum en 1995, une réflexion sur le fanatisme et le terrorisme, qui offre une troublante parenté avec les thèmes à l'oeuvre dans 1Q84 et des clefs inédites pour déchiffrer les mystères de l'univers murakamien.


Livre d'entretiens, mais aussi réflexion philosophique et autobiographique, un essai indispensable pour décrypter l'oeuvre de l'auteur de 1Q84, la trilogie au succès planétaire.

Le 20 mars 1995 se produisait l'attentat le plus meurtrier jamais perpétré au Japon : en pleine heure de pointe, des adeptes de la secte Aum répandent du gaz sarin dans le métro de Tokyo, tuant douze personnes, en blessant plus de cinq mille.

Très choqué, mais aussi révolté par le traitement médiatique par trop manichéen de la tragédie, Murakami va partir à la rencontre des victimes et de leurs bourreaux : rescapés du drame et adeptes de la secte.

Au fil des entretiens apparaissent tous les grands thèmes chers à Murakami : l'étrangeté au monde, l'impossible quête d'absolu, le mal venu des profondeurs, ces little people présents en chacun de nous, incarnations des forces destructrices qui nous font basculer parfois vers l'irréparable..


Critiques

Critique Télérama

C'est un livre plein de larmes, que Haruki Murakami reconnut avoir laissé jaillir plus d'une fois en recueillant la matière première pour l'écrire. Un livre de parole vive, puisée au plus près de sa source : les victimes et les auteurs de l'attentat au gaz sarin dans le métro de Tokyo, le 20 mars 1995. L'écrivain japonais le plus secret, le plus monacal, le plus coupé des autres était alors allé à la rencontre des siens, un magnétophone à la main, pour écouter leur douleur, leur incrédulité ou parfois leur observation purement factuelle d'une épreuve vécue dans leur chair.

Aujourd'hui traduit en France, quin­ze ans après sa parution au Japon, cet essai documentaire apparaît comme un ovni dans l'oeuvre romanesque désormais mondialement plébiscitée de Murakami, fondée sur l'interprétation des signes étranges qui font irruption dans le quotidien et sur les connexions invisibles qui s'établissent entre les êtres esseulés. Très simple dans sa forme, retranscrivant tels quels les témoignages directs des protagonistes d'un événement réel, ce livre sonne comme une mise en garde incantatoire contre toute tentative d'aplatir la réalité pour en extirper une vérité unique.

Comme dans ses romans, Murakami s'intéresse ici aux ondes multiples qui commandent les gestes des hom­mes les plus transparents, les plus soumis aussi. Et qui peuvent mener à la catastrophe. Celle du 11 mars 2011 trouve ici un écho à rebours, qui fait d'autant plus regretter que l'auteur d'1Q84 n'ait pas pu actualiser cet Underground, plein de ramifications souterraines avec le présent japonais


source

Critiques des inrocks

Chaque témoignage ranime son lot de corps intoxiqués

Huis clos halluciné, enfer à ciel ouvert et pourtant coupé du monde : chaque témoignage ranime son lot de corps intoxiqués et de visages écumants. Les employés d’une station racontent comment un de leurs collègues a trouvé la mort en tentant d’évacuer les sac percés de sarin à mains nues ; dans un hôpital de la métropole, une jeune fille végète dans un lit, “mentalement au niveau d’un enfant de primaire” depuis qu’elle a inhalé le gaz. Chaque histoire, si singulière soit-elle, désigne les failles d’un système : le refus de la direction des transports de procéder à une évacuation immédiate, le temps mis par les ambulances à arriver, l’incapacité des hôpitaux à accueillir les victimes, etc.

En pointant ces dysfonctionnements, Murakami déplace le curseur du mal. Il dévoile des conditions de transport en commun inhumaines (“l’heure de pointe” dans le métro tokyoïte sonne déjà en soi comme une menace), l’indifférence des passants, l’individualisme d’une société asservie à ses horaires de bureau, qui préfère parfois risquer sa vie plutôt que de pointer en retard. Murakami ne laisse aucune place à l’apologie de ce “sang-froid” japonais dont on nous a rebattu les oreilles au moment de la catastrophe.

Ce qui fut assimilé à un comportement héroïque se traduit ici par un silence inexplicable, une inertie, à l’exception de quelques “récriminations à peine audibles”. C’est peut-être en vertu de cette défiance à l’égard d’un poncif culturel que l’écrivain a incorporé sur le tard, dans une deuxième partie de son livre, les déclarations d’adeptes de la secte Aum (rebaptisée aujourd’hui Aleph). Dans cette section intitulée “Le Lieu promis”, l’auteur dit ne pas avoir “la prétention de conférer aux membres du culte Aum le rôle de monstres tout droit sortis des pages de H. P. Lovecraft”.

Il se livre finalement à un tour de passe-passe inouï, en soudant bourreau et victimes autour d’un ennemi commun : ce corps social qui les vus naître, avant de leur assigner un rôle. Âpre réalité. Murakami résume ainsi le fanatisme, à l’origine de toute dérive sectaire : une manière “d’éviter l’angoisse de devoir affronter seul chaque nouvelle situation”, la possibilité de se “libérer de tout besoin de penser par soi-même”. À ce titre, n’importe qui peut être tenté de s’en remettre “à un ordre plus grand”. Son arpentage d’une mémoire collective phagocytée constitue une tentative puissante et obstinée d’endiguer cette menace.


début et source


LE TEXTE INTEGRAL DE LA PREFACE (20 premières pages et plan du métro de Tokyo)

Si vous n'avez pas une très bonne vue, munissez-vous d'une loupe pour déchiffrer le plan du métro.
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