Soyez créatifs ! => Poèmes/Textes des auditeurs => Discussion démarrée par: là et demain le 07 décembre 2009 à 17:00:07

Titre: Histoire sans fin (à compléter)
Posté par: là et demain le 07 décembre 2009 à 17:00:07
Marcel Proust en a écrit les premières lignes...j'enchaîne, et c'est à vous de continuer...


Longtemps, je me suis couché de bonne heure. Parfois, à peine ma bougie éteinte, mes yeux se fermaient si vite que je n'avais pas le temps de me dire : « Je m'endors. » Et, une demi-heure après, la pensée qu'il était temps de chercher le sommeil m'éveillait ; je voulais poser le volume que je croyais avoir dans les mains et souffler ma lumière ; je n'avais pas cessé en dormant de faire des réflexions sur ce que je venais de lire, mais ces réflexions avaient pris un tour particulier ; il me semblait que j'étais moi-même ce dont parlait l'ouvrage : une église, un quatuor, la rivalité de François Ier et de Charles-Quint.
Un cri perçant venait de me ramener à la réalité. Quelqu'un courrait à pas lourds dans le couloir du premier étage, au point de faire vaciller le lustre de la chambre. Que se passait-il donc et quelle heure pouvait-il être ? Cherchant fébrilement les allumettes, je parvins à rallumer la lampe, alors même qu'un autre cri se faisait entendre. Il ne s'agissait d'aucune voix connue. Quelqu'un s'était-il introduit dans la maison ? J'attrapais à la hâte un coupe-papier posé sur le bureau et, presque tremblant, sortais de la chambre.   


Titre: Re : Histoire sans fin
Posté par: lilou le 07 décembre 2009 à 20:48:29
Le parquet craquait, j'aurais aimé ne pas avoir de pieds et être plus léger. Je me sentais fragile munis de ce coupe papier dans ma main droite, il se pourrais que je me blesse moi même...
Suffit! je dois ralentir  les battements de mon cœur qui cognent dans ma poitrine et avancer vers les escaliers au bout de ce couloir sans Fin et surtout ne pas faire tomber cette lampe qui déforme mon ombre à chacun de mes pas.
Titre: Re : Histoire sans fin
Posté par: herveboy le 07 décembre 2009 à 23:44:04
Malgré cette grande frayeur qui me fit tressaillir aux moindres bruits qui accompagnaient subrepticement les cris que je venais d’entendre, je me décidai  toutefois à continuer ma progression à  pas feutrés dans ce couloir qui prit une dimension que je ne lui connaissais pas. En effet, alors que celui-ci n’était qu’un petit vestibule  donnant  accès à l’escalier qui mène à l’étage supérieur, il ressemblait ce soir à une antichambre, une antichambre aux dimensions inimaginables où je pouvais encore entendre ces cris qui me firent sortir de ma torpeur, des cris qui toutefois se faisaient plus lointains, qui s’étouffaient et auxquels venaient se joindre quelques petits rires d’enfants qui semblaient jouer sans se rendre compte du terrible et lugubre évènement qui allait se produire. Mais qui donc pouvait courir ainsi à pas lourds dans le couloir du dessus ? Ce ne pouvait pas être les enfants dont les rires laissaient supposer qu’ils devaient être fort jeunes et de moyennes constitutions. Alors qui ?
Titre: Re : Histoire sans fin
Posté par: Diouf le 07 décembre 2009 à 23:59:04
J'avance à pas feutrés, lentement, guettant chaque son, je m'attends presque à un autre cri, les voix des enfants me rassurent quelque peu, mais je serre mon arme plus que nécessaire quand soudain la silhouette de Gribouille, le chat de la maison se dessine au bout du couloir, il semble observer quelque chose, le dos hérissé, prêt à bondir, mon coeur reprend son numéro de tambour, un portable sonne au loin, cette mélodie familière me calme un peu et mon pas se fait plus sûr.
Titre: Re : Histoire sans fin
Posté par: là et demain le 08 décembre 2009 à 11:18:02
Soudain un courant d’air frais et humide traverse le couloir, le parsemant des petites feuilles jaunes des hêtres du parc. J’entends la fenêtre au bout du couloir battre violemment. Je cours vers celle-ci et scrute le parc enténébré mais balayé par un vent fort. Quelqu’un vient de s’enfuir, n’ayant pas hésité à sauter d’une hauteur de trois mètres. Par où est-il donc entré ? Était-il déjà caché dans la maison, attendant la nuit pour commettre un forfait ? Sophie est à son tour dans le couloir. Elle aussi a entendu les pas. Elle me demande de faire attention à moi. Soudain, nous apercevons une lueur étrange loin derrière les arbres immenses. Une lumière irréelle, changeante et pulsante, qui semble se déplacer et monter. Une sensation étrange nous saisit. Nous nous regardons un bref instant, chacun lisant l’affolement de l’autre. Plus rien. La nuit est désormais profonde. Même le vent s’est tu. Une chouette hulule dans le lointain.
Sophie me dit qu’elle aussi a entendu les enfants, et cette sonnerie de téléphone portable.
Nous hâtant de monter à l’étage, nous inspectons soigneusement chaque mètre carré du couloir et des pièces, mais ne constatons absolument rien, pas la moindre trace, si ce n’est une légère odeur empyreumatique, que nous ne parvenons pas à définir plus précisément. L’horloge de la chambre bleue indique 2 heures 5. Pourtant dehors les premières lueurs de l’aube automnale commencent à se deviner. L’horloge s’est arrêtée. Toutes les horloges se sont arrêtées. A 2 heures 5. Mais nous sommes en novembre, le jour se lève et il doit être 7 heures ! 
Titre: Re : Histoire sans fin
Posté par: Aloysius le 08 décembre 2009 à 13:06:05
Tout est silencieux maintenant!......Terriblement silencieux!
 
...même plus un tic-tac rassurant pour calmer les coeurs qui s'affolent!
Titre: Re : Histoire sans fin
Posté par: lilou le 08 décembre 2009 à 19:16:54
Sophie me regarde, regarde l'horloge et hausse les épaules.
Elle semble ailleurs et étrangement calme, comme cette chambre bleue, si calme à présent.
Gribouille apparait, il passe la porte et vient se blottir dans mes jambes en ronronnant, je ne sais quoi dire et faire, Sophie me sourit et prend le chat dans ses bras.
Titre: Re : Histoire sans fin
Posté par: Mille-feuilles le 08 décembre 2009 à 21:39:28
 Tout ceci semble tellement iréel... Je regarde, penaud, le coupe-papier que je tiens toujours à la main. Son manche ouvragé est d'une beautée saisissante... A son observation, je ne peux m'empêcher de penser à nouveau à ce jour si spécial où il me fut offert...
Titre: Re : Histoire sans fin
Posté par: Diouf le 08 décembre 2009 à 22:30:13

image invalide

Mon esprit me replonge dans cette journée si étrange... l'ai-je vraiment vécue ou l'aurais-je imaginée ? L'objet que je tiens en main est pourtant bien la preuve que cet autre lieu existe, que je m'y suis trouvé, mais il reste silencieux à ma mémoire n'étant pas prêt à me livrer le secret que nous avons partagé.

Des effluves de café montent jusqu'à la chambre, Lamie Ricorée s'affaire dans la cuisine, c'est l'annonce d'un matin ordinaire. 
Titre: Re : Histoire sans fin
Posté par: Mille-feuilles le 08 décembre 2009 à 23:09:22
 En rentrant dans la cuisine, je m'approche de la radio que j'éteins d'un geste brusque: je ne supporte pas la publicité !
 Lami le sait bien pourtant ! Je lui ai demandé cent fois de m'épargner ces programmes lamentables à l'heure du petit déjeuner !
 
 Attablés devant un bol de boisson odorante, Sophie et moi nous regardons en silence... Je sens bien qu'elle ne souhaite pas évoquer les événements étranges de cette nuit.
 Je lui montre le coupe-papier au manche en ivoire, que j'ai négligemment posé sur la table de cuisine:
 "T'ai-je déjà raconté comment ce bel objet est arrivé en ma possession ?"
Elle a un sourire complice:
 "A peu prés deux mille fois, mais je crois bien que j'ai oublié la fin ..."

 
Titre: Re : Histoire sans fin
Posté par: là et demain le 08 décembre 2009 à 23:20:51
Cette bonne vieille Lamie ! Soixante-deux années au service de la maison, engagée par ma grand-mère en 1946, alors qu'elle n'avait que 17 ans et ne parlait que la langue Kazakhe. Depuis une vingtaine d'année, Lamie dormait dans une dépendance de la propriété et ne se présentait plus que le matin à 8h, sa journée commençant par la préparation de notre petit déjeuner, souvent à base de Manti sucré, recette qu'elle tenait d'une grande tante ousbèke. Le nom même de Rik-Horeh, francisé par la suite, trouvait racine dans le lointain Ouzbékistan. 
A présent, Lamie me regardait en souriant, attendant elle aussi que je raconte la fameuse histoire du coupe-papier.


 
Titre: Re : Histoire sans fin
Posté par: Diouf le 09 décembre 2009 à 00:11:56
Lol... 1000F...et Là et demain a un vrai talent de conteur.

- Ce sera à la condition d'avoir droit à deux bols du délicieux breuvage fortifiant, n'est-ce pas Lamie?

- АКОН РЕСПУБЛИКИ УЗБЕКИСТАН !

- Il y a des jours ou je me demande si le Rik-Horey ne provoquerait pas quelques hallucinations ! Tu l'achètes toujours à Tashkent?

- Da da. Sophie, internet commander.

- Bien...
Titre: Re : Histoire sans fin
Posté par: Diouf le 10 décembre 2009 à 09:33:25
...Mais je n'osais pas l'avouer devant Lamie, car je savais la peine qu'elle aurait de me voir ainsi diminué, c'est qu'à chaque récit de cette aventure, la difficulté de la narration se faisait plus grande. L'effort consistait à conserver une chronologie plausible des évènements.
Cette difficulté résidait dans le fait que certains souvenirs surgissaient au détour d'une description, ou bien se campaient là, en plein milieu d'un dialogue, détruisant au passage la cohérence élaborée plus avant dans le récit.
Ces mémoires remontantes ne se contentaient pas d'exister en tant que simples souvenirs, elles changeaient le cours des évènements en commençant par mélanger l'ordre des choses. Cela n'ôtait rien à la crédibilité de mon histoire, mais faisait de celle-ci un récit aux mille et une facettes dont Sophie ne se lassait pas.
Dans le passé, mes hésitations à poursuivre avaient causé le trouble chez Lamie qui s'était inquiétée auprès de Sophie du bon fonctionnement de mes capacités cérébrales...
Titre: Re : Histoire sans fin
Posté par: là et demain le 11 décembre 2009 à 00:21:33
Le coupe papier en question fut acheté en 1902 par mon arrière grand-père à Shade lui-même. Shade est pour l'immense majorité des hommes un parfait inconnu. Son nom apparait toutefois sans quelques revues scientifiques, et notamment ethnographiques du début du xxème siècle. On apprend notamment que Shade a conçu un curieux instrument appelé pendule de Shade, et ce en seulement treize exemplaires. Le pendule de Shade, une fois réglé et lancé, permettait, par un mécanisme, simple de part sa conception, mais étonnamment complexe du point de vue de son principe de fonctionnement et de la précision d’usinage de ses pièces, de sonner les heures selon le rythme des différents systèmes planétaires de l'étoile Sirius.
Eleazar Shade a établi plusieurs théories essentielles relatives aux mouvements stellaires. Ayant été à un moment un professeur apprécié et jouissant d’une excellente réputation, il finit néanmoins par perdre la raison à force d’observations sans fin et de travail solitaire acharné.
Ainsi Shade fut laissé de côté avec dédain par ses confrères quand il décida d’engloutir ses maigres économies dans la fabrication de deux machines qui devaient permettre de fabriquer les pièces optiques et mécaniques extraordinairement délicates de l’étrange invention née de  son esprit torturé. Il réussit toutefois à assembler treize pendules complets et fonctionnels auxquels, évidemment, personne ne s’intéressa.
Shade s’était donc cruellement endetté et deux mois plus tard, devant la menace pressante d’huissiers, il choisit d'abandonner son atelier et de se réfugier en Arabie, non sans avoir emporté les précieux pendules déjà construits. Quelques créanciers firent rapidement liquider ses affaires et les machines de son atelier furent vendues au poids du métal et fondues.
On ne parla plus jamais de Shade jusqu’au moment où, des décennies après, plusieurs des pendules furent retrouvés dans les souks de la région. Leurs propriétaires supposés sont inconnus et les plus folles rumeurs circulent là-dessus. On raconta aussi que l’ancien savant, ayant atteint un âge vénérable, avait finit ses jours dans une vie érémitique et contemplative.
Mon arrière grand-père m'a affirmé avoir rencontré Shade à cette époque, et lui avoir donné un peu de farine et quelques vêtements pour remplacer les loques puantes qu'il portait. Shade avait perdu la parole et il tombait plusieurs fois par jour en adoration devant le ciel, regardant à chaque fois dans une direction différente, qui par déduction s'avéra être celle de l'étoile Sirius.
Shade avait tenu à donner à mon grand-père le curieux coupe-papier au manche ouvragé en ivoire de Mammouth, le regardant avec intensité. Il m'a avoué avoir souvent été hanté par le souvenir des deux yeux sombres et brillants de Shade qui se détachaient du milieu de ce visage maigre, sale et atrocement barbu. 
Titre: Re : Histoire sans fin
Posté par: herveboy le 11 décembre 2009 à 08:08:56
Et maintenant que j'y pense, et alors que je tourne et retourne ce coupe-papier dans ma main, je me demande si il n'y aurait pas un lien direct entre cet ustensile qui m'est si cher et cette incursion nocturne dans cette maison pleine de souvenirs par un ou plusieurs inconnus, dont les pas lourds et puissants m'avaient sorti d'une torpeur dans laquelle j'étais plongé.
Titre: Re : Histoire sans fin
Posté par: Diouf le 11 décembre 2009 à 10:10:42
Cet objet que je caresse d'une main pendant que je tiens mon bol de Rik de l'autre aurait-il une importance mystérieuse, insoupçonnée de notre famille?, un pouvoir pour celui qui connait son secret? Quel lien peut-il donc y avoir entre ce coupe papier  et l'intrusion dans notre maison? Cette lumière irréelle qui semblait danser en s'élevant aperçue au bout du parc est-elle liée à tout ceci?

Le ronronnement sourd d'un aspirateur que je situe dans les étages me sort de ma rêverie, je suis seul dans la cuisine et à son habitude, Gribouille est installé pour sa première sieste du jour sur la chaise de Sophie. Matin ordinaire.

Je prends le netbook et dresse une liste des pièces de l'énigme qui nous entoure.

Sans oublier 2 To do en post-it::
* Demander à Sophie si elle n'a rien à ajouter.
* Aller ensemble au fond du parc voir s'il y a quelque chose d'anormal près des hêtres.

Arrgh ! sacrebleu !?! Le calendrier ! Que vois-je !?!
Anniversaire de la mort du Grand Spade aujourd'hui même !

Chair de poule grand modèle...

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Titre: Re : Histoire sans fin
Posté par: là et demain le 12 décembre 2009 à 00:47:13
Pourquoi suis-je donc seul à m'intéresser à ça, me dis-je ?
En quoi l'aspirateur a-t-il plus d'attrait pour Sophie ou Lamie que ces faits énigmatiques ? Pourquoi Lamie n'a pas cette fois-ci, pris la peine d'entendre en entier l'histoire du fameux-coupe-papier ?
Ceci constitue une énigme supplémentaire dont je m'empresse de noter l'énoncé sur mon Netbook.
Une hypothèse se dessine : des ondes gravitationnelles ont pu agir sélectivement sur le chromosome X.
Le breuvage est froid, il commence à pleuvoir, la bourse s'effondre de nouveau : la journée n'est en définitive pas si belle que je l'avais imaginé. Lamie a remporté ses pains et ses croissants du petit déjeuner.
Il faut pourtant que je me ressaisisse.
Titre: Re : Histoire sans fin
Posté par: Mille-feuilles le 12 décembre 2009 à 22:57:30
 Le souvenir des événements de la nuit, ne me laissant pas en paix, je décide de passer à l'action, et tel un disciple du Grand Sherlock, je me rends dans le couloir du premier étage, à la recherche d'un indice susceptible, de m'aider à élucider cette étrange affaire.
 
 Celui-ci a tout de son aspect habituel avec son papier peint désuet, les traces d'humidités au plafond, et j'ai beau scruter le plancher, je ne reléve pas la plus petite trace laissée par notre (nos ?) visiteur(s) nocturne(s).
 L'une aprés l'autre, j'ouvre alors les portes des diverses piéces adjacentes, mais là encore, je ne décelle rien d'anormal; dans la salle-de-bain, comme dans les chambres des enfants, tout semble à sa place.
 Par acquis de conscience je regarde sous les lits et j'ouvre les armoires une à une (avec à chaque fois un petit pincement au coeur , en m'attendant presque à voir apparaitre quelque fantôme comme un diable surgissant de sa boîte...).
 Mais non ! Rien de rien ! Tout est absolument normal ...
 
 Cependant, arrivé au bout du couloir, lorsque je jette en coup d'oeil à la porte du grenier située en haut d'une derniére volée de marches, je  constate que, de maniére totalement inhabituelle, celle-ci n'est pas totalement refermée...
Titre: Re : Histoire sans fin
Posté par: lilou le 12 décembre 2009 à 23:16:58
A peine fermée, à peine entrouverte, cette porte me laisse deviner que je suis sur la bonne piste.
je m'approche doucement comme pour ne pas déranger, d'une main hésitante touche doucement la poignée de la porte du bout des doigts, je caresse le bois patiné et referme ma main sur la poignée pour tirer vers moi la porte , je sens mon corps faire un effort alors que ce mouvement est aisé, je ressens le mouvement de la porte comme si j'étais elle, ce morceau de bois inanimé est moi, je suis déstabilisé par cette émotion soudaine, je me sens vaciller et envahis d'une peur soudaine, j'entends des sons étranges et  perds doucement la vue...
Titre: Re : Histoire sans fin
Posté par: là et demain le 13 décembre 2009 à 00:15:41
Faut-il continuer à avancer ? Crier ?
Mais je n'ai pas été commando de Marine pour rien, sacrebleu !
Je parviens à extraire mon Iphone, compose le 08 92 23 95 20 et attends la prise en compte de mon appel.
Titre: Re : Histoire sans fin
Posté par: Diouf le 13 décembre 2009 à 11:47:19
Au bout du fil, une voix agréable me demande si je veux dialoguer avec James  ??? tiens, qui c'est ?....puis j'entends que ce n'est pas mon tour.... De plus en plus perplexifié et la peur au ventre je vérifie que j'ai bien composé le bon numéro.

Ah, j'ai tapé l'extension Fre 1312, c'est pourtant bien ça...Le courage me revient, j'en profite pour pousser la porte du pied...
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Titre: Re : Histoire sans fin
Posté par: Mille-feuilles le 13 décembre 2009 à 15:55:39
 Alors que je pénétre, un peu chancellent dans la piéce, le voile posé sur ma vision se dissipe progressivement ... (Décidemment, il faudra que je dise à Lamy de vérifier la fiabilité de son fournisseur de Rik-Horey...).

 A la vue du bric-à-brac familier un flot de souvenirs et d'émotions m'assaille et j'éteins mon I-phone en plein couplet: "Pour passer directement à l'antenne, taper 1":
 Ici, la "caisse à chat" posée négligemment suite à notre derniére visite chez le vétérinaire,  là, quelque meubles confiés par un ami parti quelques temps en Australie , plus loin le lot de chaises que nous n'utilisons que lors des "grands événements"...
 Et voilà le portrait de mon arriére-grand-pére et de son frére jumeau lors de leur expédition au Kazakhstan ... à côté des vénérables ancétres avec leur air sévére se trouve la malle dans laquelle sont religieusement préservées quelques reliques leur ayant appartenu.
 A sa vue, une exclamation m'échappe: le couvercle est grand ouvert, son contenu, complétement retourné porte tous les stygmates d'une fouille en régle ...

Titre: Re : Histoire sans fin
Posté par: Carthoris le 16 décembre 2009 à 23:03:51

Je m'agenouille alors bien décidé à découvrir qui cherchait quoi dans ce fatras d'objets inutiles, à peine le temps de percevoir le bruit d'un craquement au fond de la pièce, que la porte derrière moi se referme sans raison avec grand fracas!
D'un bond, je me précipite sur la vieille poignée qui tombe mollement sur le parquet... un silence absolu s'installe et je cherche l'inextricable raison à cet enfermement.
Pris soudainement de panique je me mets à crier, à tambouriner, à m'égosiller faisant grand tapage pour signaler ma présence et être enfin délivré.
Le bruit de pas feutrés filtre à travers le plancher, la délivrance est proche enfin quelqu'un semble avoir pris conscience de mon enfermement dans le vieux grenier au milieu des photos fanées.

-" Je suis là vous m'entendez !! .... Vous m'entendez" ?

En guise de réponse un mince tuyau argenté filtre à travers l’orifice de la serrure, une épaisse fumée blanche emplie la cage du sol au plafond et mes yeux se mettent à brûler... hurlant, crachant et toussant à plein poumons, je cherche pour ma part à bloquer l’arrivée des vapeurs délétères, ...en vain, puisqu’il n’y a plus aucune visibilité. Reculant aveuglé et terrorisé vers le fond de la pièce c'est le visage englué dans les toiles d'araignées que je crois entendre soudain quelqu'un crier avant de sentir près de moi un corps que je ne peux identifier s’écrouler.
Dans un dernier sursaut je lance mon i-phone au jugé tentant vainement de briser un carreau à l'autre extrémité mais alors que l'objet pulvérise la vitre je sens mes jambes se dérober et le néant m'empoigner...


Titre: Re : Histoire sans fin
Posté par: là et demain le 16 décembre 2009 à 23:27:07
C'est dans une chambre décorée dans le style des années 60 que je m'éveille, hébété.
- Où suis-je ?
Titre: Re : Histoire sans fin
Posté par: Mille-feuilles le 16 décembre 2009 à 23:58:15
 Les années 60 ...aussitôt me reviennent en mémoires les folles années beat-nick, Hippies, le Rock et le Roll, le Twist, Le oula-oop, les nuits enfumées, la guerre du viet-nam.. Puis l'Algérie et l'attentat du Petit-Clamart... mon expérience comme pêcheur d'éponges à Malte, mais ...
mais ...
 "Oui, me répéte-je, où suis-je ?"
Où puis-je bien être ?
Et pourquoi ?
Comment ?
Quoi ?
( Je boirais bien une tasse de Rik-Horey)

... Ah, je crois que j'entends du bruit...

 ;D  ;D  ;D
Titre: Re : Histoire sans fin
Posté par: là et demain le 17 décembre 2009 à 00:05:35
- Où suis-je ? que je répète une deuxième fois.
- Au village, me répond une voix venue de nulle part.
Titre: Re : Histoire sans fin
Posté par: Mille-feuilles le 17 décembre 2009 à 00:59:08
 "Oulala, réponds-je ( ben oui, normal pour un ex-pêcheur ), c'est quoi c'délire ?
 Ca m'rappelle trop une histoire que j'avais vu à la télé...
Moi, j'vous l'dis tout net: Je suis pas un numéro ! Je suis un Homme Libre "
Titre: Re : Histoire sans fin
Posté par: là et demain le 17 décembre 2009 à 10:37:05
- Et encore - que j'ajoute -, vous n'aurez aucun des renseignements que vous auriez dû me demander.
Titre: Re : Histoire sans fin
Posté par: Carthoris le 17 décembre 2009 à 13:44:47

La voix pris enfin forme humaine et quelles formes !!... féminines à souhait; ses long cheveux bruns bouclés retombaient en cascade sur sa poitrine fièrement redressée. Elle était magnifique, au sens le plus intense du terme. Mieux que cela, elle devait être LE moule de la perfection féminine. Attirante par le sourire dessiné indéfiniment sur ses lèvres, douce jusqu’à la faiblesse, même dans ses mouvements, une chute de reins à damner un saint.
Elle ne me répondit pas, mais s’approcha de moi, je la pris par la taille, elle s’attendait à ce que je lui redemande où j'étais, mais muettes mes lèvres se posèrent sur les siennes, elle se cambra un peu et répondit avec passion à mon étreinte. la bête était prise dans mon filet, je sentais ses seins arrogants sur ma poitrine, ses longues jambes collées contre les miennes. Je déliai son haut qui tomba mollement dans la poussière, elle me tira vers les couvertures qui jonchaient le sol, ses yeux noir flamboyaient de désir dans la lumière verte,  alors que mes mains parcouraient ses reins de plus en plus moites. La terre était si loin et l’Eden si prés. Elle rayonnait dans sa nudité, impatiente de m’accueillir, sa chute de reins était à présent plus lisse et plus humide que jamais et mes mains glissaient jusqu’à ses rondeurs de  femme. Nos deux corps n’en formait plus qu’un. Cette nuit me fit oublier mon numéro, le village et toute la planète.


( :D)
Titre: Re : Histoire sans fin
Posté par: là et demain le 17 décembre 2009 à 14:12:14
Au petit matin, le soleil perça à travers les stores vénitiens.
Repoussant brutalement la créature démoniaque qui m'avait trop facilement ensorcelé, je me levai à la hâte, ouvrait la fenêtre, et face au soleil, inspirait profondément l'air pur qui emplissait la chambre.
- James ?! s'écria la créature démoniaque, en se frottant les yeux.
- C'est l'heure de mon sungazing matinal, je n'y peux rien !
- Mais enfin, James ?!
Titre: Re : Histoire sans fin
Posté par: Diouf le 17 décembre 2009 à 16:23:39
A qui parle-t-elle? Je suis seul dans la chambre, ne sait-elle pas comment je m'appelle... mais, tiens au fait, quel est cet endroit?
Je vois des gens entourés d'hommes en blanc, prendre leur bol matinal de Sun-Gazing, assis sur les bancs du jardin. D'autres marchent à pas lents en poussant un pied à roulettes muni d'une bouteille devant eux, une perfusion plantée dans le bras probablement....J'entends encore des cris...

Tout cela ne me réjouit pas trop , je ne sais pourquoi... je ne me souviens de rien...j'étais dans le grenier, puis il y eut cette fumée blanche, âcre à m'écorcher la gorge, la glotte, et tout ce qui suit...et cette nuit ...ah cette nuit...

image invalide 

J'entends:
-James [ah mais elle m'énerve à m'appeler ainsi], le Sun-Gazing ne fait pas partie de ton traitement, toi c'est le MgCl2 cul sec sans ajout, approche- toi, c'est l'heure.

Je me retourne et ...Crénom dédioux ! !?! ! Méconnaisssable la créature de la nuit ! Ouh maman j'ai peur...A moi...

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Titre: Re : Histoire sans fin
Posté par: katchina le 18 décembre 2009 à 13:55:38
Mais non ma chérie, réveille-toi, ce n'était qu'un mauvais cauchemar. Attends, je vais ouvrir les rideaux, un peu de lumière te fera du bien.

Regarde chérie, l'arbre arc-en-ciel a donné de nouveaux fruits dans la nuit, et la girafe et le coquelicot se sont réconciliés.

Allez debout, allons faire un tour dans la fôret magique.  :-*

Titre: Re : Histoire sans fin
Posté par: Carthoris le 20 décembre 2009 à 00:11:09
Enfin magique... maléfique aurait-elle dû dire !
Nous n'avions pas fait cent mètres à travers bois que nous étions au milieu de gigantesques arbres tous identiques s’apparentant à des Métaséquoïas, on pouvait croire qu’ils avaient poussés les uns sur les autres, chacun d’entre eux cherchant à étouffer le suivant.
Cette atmosphère lourde nous donnait l’impression d’avancer en apnée nous continuâmes en silence projetés dans une forêt étouffante qui ne laissait rien filtrer de la lumière déjà faible en cette matinée.
Les pensées encore dans ma nuit torride et la fesses douloureuse à cause de la piqure de cette damnèe infirmière je ne pris pas garde que je m'enfonçais allègrement dans le marais avec son cortège de puanteur, d’humidité, de fatigue, de serpents… nous étions apparemment en pleine journée alors que la lumière du jour paraissait étonnamment faible, une sorte de clarté sans soleil.
 
La matinée passa ainsi et l’allure à laquelle nous nous déplacions nous permis d’observer à loisir la faune et la flore du marais. Apparemment les deux espèces animales les plus répandues dans ce secteur particulier étaient de gros oiseaux orange sympathiques et insectivores  avec 2 énormes plumes vertes SUR le derrière, ma compagne m'appris plutard que c'était des Palucans il y avait aussi un grand serpent blanc des marais Le Licarl sans sonnette capable de dévorer des taureaux d'une seule bouchée... enfin c'est ce que les vieux du pays racontent.
Bref nous arrivions enfin à la lisière de la forêt finissant enfin de déambuler dans cette merdouille de marais.
Titre: Re : Histoire sans fin
Posté par: là et demain le 20 décembre 2009 à 00:34:51
Mais où donc étais-je ? Certainement pas à Combray.
Et une question lancinante ne cessait de me taurauder l'esprit : pourquoi les palucans avaient deux énormes plumes SUR le derrière et non pas DANS le derrière ?
 
Titre: Re : Histoire sans fin
Posté par: Carthoris le 20 décembre 2009 à 00:48:06

Il semblerait que la mémoire me joue des tours avec toutes ces aventures rocambolesques et sulfureuses et cette fichue piqure qui me fait perdre le sens des réalités, je reprends mon manuscrit et corrige l'erreur plus haut dans mon récit, les plumes était effectivement SUR le derrière en les agitant il parvenait même à décoller du sol avec une vivacité inouie.
Titre: Re : Histoire sans fin
Posté par: palu le 20 décembre 2009 à 02:03:12
Vraisemblablement l'infirmière avait-elle fourgué dans sa seringue une mauvaise contrefaçon de vaccin anti-palu pour me faire confondre ce qui est au-dessus de ce qui est sans dent...
 
Titre: Re : Histoire sans fin
Posté par: Mille-feuilles le 20 décembre 2009 à 12:35:45
Vraiment, cette situation devient intolérable !
 Apparemment Lami a encore modifié les paramétres du Stimulateur Psycho-Emotionnel. J'ai horreur de ces séances qui tournent à la confusion totale !

 J'arrache promptement l'électrode fixée à mon avant-bras et avalle deux pillules de Rikô-Rez dans l'espoir de retrouver un semblant d'équilibre pour la journée qui s'annonce éprouvante
 Tiens, Sophie m'a laissé un message sur le WT.4D !
J'approche ma main de la zone de réception, et aussitôt l'hologramme de ma secrétaire virtuelle apparait devant moi:
 "Bonjour Docteur ! N'oubliez-pas votre rendez-vous à Tashkent aujourd'hui !
 Bonne journée Docteur."
 
 Tashkent ! Pfff ! Quelle galére en perspective !
Il va falloir passer par le modificateur-dimensionnel ! La derniére fois ça m'a pris une bonne vingtaine de minutes !
 Depuis que les déssertes spatio-temp ont été privatisées, le service est vraiment en dessous de tout !
 Franchement; l'idée de supporter une correspondance par Bamako et Sirius, n'a rien de trés réjouissant !
Titre: Re : Histoire sans fin
Posté par: là et demain le 28 décembre 2009 à 16:53:04
La panne de modificateur-dimensionnel a duré 8 jours cette fois ! Tout ça à cause d'une turbine gelée.
Heureusement, mon Rhik-au-rhé, précieux breuvage moyen-oriental ne m'a pas fait défaut.
Pendant tout ce temps, il m'a emmené de nuages en nuages au pays des rêves.
J'y ai croisé Nounours et Pimprenelle, Pablo et Lca... non, ce n'était pas lui. Pas possible d'atteindre un tel niveau de conscience. Il faudrait utiliser d'autres médecines.
Mais là, maintenant, ici et demain, ce sera la descente, la chute, la fin du voyage. Je grelotte déjà et tire les couvertures à moi.
Mais bon sang, qui a crié comme ça et à qui appartiennent ces pas ? 
Je me demandais quelle heure il pouvait être ; j'entendais le sifflement des trains qui, plus ou moins éloigné, comme le chant d'un oiseau dans une forêt, relevant les distances, me décrivait l'étendue de la campagne déserte où le voyageur se hâte vers la station prochaine ; et le petit chemin qu'il suit va être gravé  dans son souvenir par l'excitation qui doit à des lieux nouveaux, à des actes inaccoutumés, à la causerie récente et aux adieux sous la lampe étrangère qui le suivent encore dans le silence de la nuit, à la douceur prochaine du retour.
J'appuyais tendrement mes joues contre les belles joues de l'oreiller qui, pleines et fraîches, sont comme les joues de notre enfance. Je frottais une allumette pour regarder ma montre. Bientôt minuit. C'est l'instant où le malade qui avait été obligé de partir en voyage et a dû coucher dans hôtel inconnu, réveillé par une crise, se réjouit en apercevant sous la porte une raie de jour. Quel bonheur, c'est déjà le matin ! Dans un moment les domestiques seront levés, il pourra sonner, on viendra lui porter secours. L'espérance d'être soulagé lui donne du courage pour souffrir. Justement il a cru entendre des pas ; les pas se rapprochent, puis il s'éloignent. Et la raie de jour qui était sous sa porte a disparu. C'est minuit ; on vient d'éteindre le gaz ; le dernier domestique est parti et il faudra rester toute la nuit à souffrir sans remède.
Je me rendormais, et parfois je n'avais plus que de courts réveils d'un instant, le temps d'entendre les craquements organiques des boiseries, d'ouvrir les yeux pour fixer le kaléidoscope de l'obscurité, de goûter grâce à une lueur momentanée de conscience le sommeil où étaient plongés les meubles, la chambre le tout dont je n'étais qu'une petite partie et à l'insensibilité duquel je retournais vite m'unir.