Soyez créatifs ! => Espace Zen => Discussion démarrée par: Nemo492 le 30 juillet 2016 à 01:57:17

Titre: Comment on se parle ?
Posté par: Nemo492 le 30 juillet 2016 à 01:57:17
Comment vous parlez-vous en dedans ?

Exemple : pour toute action, comme aller faire des courses,
se mettre en route, se définir un objectif, est-ce que vous vous dites
Je, Tu, Vous, Nous, On ??

Perso je nous traite comme On, et je me dis Nous.
Comme si nous étions plusieurs. Ca m'amuse.
Titre: Re : Comment on se parle ?
Posté par: thomas b le 30 juillet 2016 à 04:46:43
Tu, vous, nous et on en fonction de l'humeur, de l'intention. J'ai remarqué que j'étais souvent infantilisant avec moi même(j'ai 27 ans). Le plus souvent j'utilise l'impératif "allons-y, hâte-toi, cesse, oublions ça"
Titre: Re : Comment on se parle ?
Posté par: DecemberTen le 30 juillet 2016 à 11:32:21
Bizarre, je ne m'étais jamais posé la question. D'un autre côté, tu as le chic pour les trouver, Némo...
En fait, je ne me parle pas, je dois être trop tourné vers l'autre, pour l'une ou l'autre plus ou moins bonne ou mauvaise raison..., et pour les décisions, si j'ai quelque chose à faire, j’agis parce que j'ai à faire, mais je ne me dis pas,  "je vais faire ceci..." ou "je pourrais faire ceci" "il faudrait que je fasse ceci" "et si je faisais ça".
En y réfléchissant, les seules situations où je vais, non pas me parler, mais en pensée utiliser le je, c'est lorsque je rêvasse, et que je me dis par exemple "j'aimerais tellement que....".
Mon athéisme y est-il pour quelque chose; sans doute oui, possible; je pense que ce n'est pas qu'une question de croyance ou pas, AMAH ça modifie sa propre perception du soi, des autres, son rapport à soi-même et à l'autre.
Je suis toujours très très étonné de voir des gens se parler seuls, parfois en rue en marchant (non, ils n'ont pas de gsm); je me suis toujours demandé, "mais pourquoi font-ils ça ?". C'est étrange pour moi de se parler, vraiment.
Titre: Re : Comment on se parle ?
Posté par: Roger le 30 juillet 2016 à 12:02:46
Némo vient de nous fournir l'explication du vouvoiement...
J'ai toujours été persuadé que c'était une marque de respect ! Ben non !

Je ne pourrai plus jamais tutoyer Némo vu qu'il est plusieurs :)

Titre: Re : Comment on se parle ?
Posté par: Nemo492 le 30 juillet 2016 à 13:53:02
Hi DT !

Quand tu doutes de la date et que tu consultes le calendrier,
tu te dis bien, intérieurement : "Ah ! nous sommes le 30 juillet", non ?

Ou encore : "On est bien le 30 juillet"...

Quand même pas : "Je suis le 30 juillet", si ?

Ca me semble difficile de mémoriser le constat s'il n'est pas phrasé intérieurement.
Titre: Re : Comment on se parle ?
Posté par: DecemberTen le 30 juillet 2016 à 16:52:20
Alors, c'est plutôt, "c'est quoi la date ?", "le 30..."
Et pour un truc que j'ai à faire, "bon, faire ...", "il faut aller..."
En y réfléchissant plus profondément, je ne dis pas qu'il y n'y a pas de temps en temps un "on", si c'est une action collective, voire même un "je", mais c'est souvent impersonnel, plutôt axé sur l'action à effectuer.
Franchement, j'y ai réfléchi, je ne suis pas un martien pourtant, mais ça doit être une question d'ego assez effacé chez moi, enfin je pense, vais en parler à mon psy  ;).

Némo vient de nous fournir l'explication du vouvoiement...
J'ai toujours été persuadé que c'était une marque de respect ! Ben non !

Je ne pourrai plus jamais tutoyer Némo vu qu'il est plusieurs :)

Ah mais, Roger, le tutoiement n'existe pas dans toutes les langues, par exemple chez moi, dans cette très ancienne langue d'oïl locale qu'est "le wallon" en Belgique francophone (au sud pour ceux qui n'ont toujours pas pigé...), un mélange d'ancien français, de latin, une langue romane, et quelques rares germanismes anciens (dus à quelques proximités au nord et à l'est  ::)), on ne tutoie pas, et si on le fait, c'est considéré comme étant grossier ou basse classe, ou s'emploie quand on se dispute violemment (ti pour tu).
Même entre enfants et parents/parents et enfants, ou entre frères ou sœurs, c'est le vouvoiement qui est utilisé (vo pour vous).
Enfin pour ceux qui connaissent et pratiquent encore la langue, et c'est de plus en plus rare; je veux dire ceux qui le parlent encore de manière correcte. Ceux qui le parlent mal, d'ailleurs tutoient (ti), c'est très mal vu.
A l'école, quand j'étais gosse, même à 7 ou 8 ans, les professeurs nous appelaient Monsieur suivi du nom de famille et nous vouvoyaient (en français), le wallon était interdit, on pouvait se faire punir si on le parlait..., comme en France d'ailleurs avec plusieurs langues ou dialectes locaux.
Le wallon et le picard sont très très proches, comme un peu le chti aussi, il y a quelques similitudes, mais eux tutoient systématiquement; là ce n'est pas grossier.
Lorsque j'ai été au Québec, au début, j'étais vraiment étonné de me faire tutoyer partout, même par une toute jeune caissière étudiante au magasin, c'est normal pour eux, ce n'est pas choquant, juste étonnant pour nous, mais on s'y fait vite.
Titre: Re : Comment on se parle ?
Posté par: Roger le 30 juillet 2016 à 18:27:16
C'est amusant Némo quand tu dis "le tutoiement n'existe pas dans toutes les langues". Amusant car tu part du principe qu'il n'y a que le vouvoiement !
Personnellement, je dirais : Le vouvoiement n'existe pas dans toutes les langues".

Durant mes 2 dernières années en Algérie, j'avais commencé à apprendre l'arabe et je me souviens du fait qu'en arabe, il n'y a pas de vouvoiement !
D'ailleurs, un arabe qui arrive d’Afrique du nord, qu'il soit algérien, marocain, tunisien, egyptien ou autre, aura un mal fou à intégrer le vouvoiement et dira "tu" au premier flic venu :) Ce ne sera nullement un manque de respect !

Pas de vouvoiement en italien, ils utilisent la 3° personne du singulier : "il"
En hébreux non plus, pas de vouvoiement !
etc etc...

Mais je m'égare du post original, "nous pensons nous faire rappeler à l'ordre par Katchina" me dis-je en mon for intérieur :)

PS : Excellentes pages sur les vouvouyes et les tutuyes : http://projetbabel.org/forum/viewtopic.php?t=2789&postdays=0&postorder=asc&start=0 (http://projetbabel.org/forum/viewtopic.php?t=2789&postdays=0&postorder=asc&start=0)
Titre: Re : Comment on se parle ?
Posté par: katchina le 30 juillet 2016 à 19:20:42
Héhé Roger, ce que tu t'es dit en ton for intérieur ne concerne pas ce que tu crois.
Ce n'est pas Nemo, mais DT qui a dit que le vouvoiement n'existait pas dans toutes les langues  :P

Comment vous parlez-vous en dedans ?
Exemple : pour toute action, comme aller faire des courses,
se mettre en route, se définir un objectif, est-ce que vous vous dites
Je, Tu, Vous, Nous, On ??

Comme DT, ta question m'a parue tellement étrange ! J'utilise très très rarement les Je, Tu, Vous, Nous, On.
Le Nous et le Vous, jamais, j'en suis à peu près certaine. Rarement le Je.

Pour reprendre tes exemples : "Quel jour on est" - Je ne me parle pas, j'interroge le calendrier.
Sinon, ma pensée verbalisée doit prendre des raccourcis, je zappe les je/tu/nous...  "Zut ! Mon téléphone" plutôt que "J'ai oublié mon téléphone"
Pour la pensée qui accompagne les listes de courses je ne verbalise pas mentalement "Il faut que j'achète" - mais "Paprika" "Produit à vaisselle" souvent accompagné d'un claquement de doigts, que je note immédiatement sur un carnet, ou "Il faut racheter du paprika".

Rarement le possessif, comme dans "Ma pauvre fille, n'importe quoi !"

Peut-être le Je ou le On pour définir des objectifs mais je ne suis même pas certaine que ce soit verbalisé mentalement, peut-être parce que je prends tout le temps des notes sur des bouts de papier, des posts-it, des carnets... Ca doit être ça, la pensée passe directement dans mon crayon.  ::)

Par contre, contrairement à DT, je parle pas mal (mentalement) toute seule, mais sur un ton impersonnel (j'allais dire un peu comme les questions de Neptune, mais non, car Neptune utilise beaucoup le "On" dans ses questions)  :)

ou lorsque je m'adresse à un interlocuteur qui n'est pas physiquement en ma présence - cela peut être une personne qui existe réellement, mais aussi un personnage, un végétal, etc.. c'est mon côté animiste.
Titre: Re : Comment on se parle ?
Posté par: Paulo le 30 juillet 2016 à 20:08:29
Je ne me suis jamais posé la question, mais en observant un peu j'ai l'impression que j'utilise "Tu"
Titre: Re : Comment on se parle ?
Posté par: Nemo492 le 30 juillet 2016 à 22:33:15
C'est fun d'appendre que Paulo se tutoie intérieurement !
Comme en s'adressant à un coloc', qui serait là, en dedans.
Titre: Re : Comment on se parle ?
Posté par: Roger le 30 juillet 2016 à 23:05:16
Ça me plait bien l'analogie du coloc !
J'aurais tendance comme Paulo à employer le "tu". Tu vas faire ci, tu vas aller là...Un peu comme si j'envoyais mon corps accomplir des tâches.
Par contre, vers midi, c'est : "Je" vais m'envoyer un p'tit apéro :)

Grosso modo, le "tu" pour les trucs pénibles et le "je" pour le bien ou bon !

Houla, ça va finir chez le psy ! (Tiens je m’appelle "ça" maintenant :) )
Titre: Re : Comment on se parle ?
Posté par: Paulo le 31 juillet 2016 à 00:10:20
C'est fun d'appendre que Paulo se tutoie intérieurement !

Pas seulement, avec les gestes aussi et à voix base,
mais quand je suis seul seulement. Autrement ça ferais désordre.  :D

Pour les actions de mouvement je me dis "je" ou "on".
Titre: Re : Comment on se parle ?
Posté par: Nemo492 le 31 juillet 2016 à 10:32:58
 :) C'est fun qu'un "je" en arrive à se dire "tu"  :)

et "à voix basse, avec les gestes aussi"..

Un vrai défi pour les labos pharmaceutiques !

Par contre, vers midi, c'est : "Je" vais m'envoyer un p'tit apéro :)

Ca évite de remplir deux verres, comme celui qui pratique le "on" :
"On se ferait bien un p'tit apéro"..

(Celui qui se voit double s'alcoolise plus vite)
Titre: Re : Re : Comment on se parle ?
Posté par: Paulo le 31 juillet 2016 à 11:52:51
:) C'est fun qu'un "je" en arrive à se dire "tu"  :)

et "à voix basse, avec les gestes aussi"..

Un vrai défi pour les labos pharmaceutiques !

Il n'y a aucun conflit là dedans, le corps et l'esprit marchent ensembles naturellement,
dès lors que l'esprit analytique ne se prend pas pour le vrai Moi et qu'il ne cherche pas à se comprendre,
chacun est à sa vraie place et il n'y a pas de dualité.
Titre: Re : Comment on se parle ?
Posté par: Nemo492 le 31 juillet 2016 à 12:38:21
Pas de conflit, c'est juste amusant.
Titre: Re : Comment on se parle ?
Posté par: katchina le 31 juillet 2016 à 12:51:26
A la lecture de ce fil j'ai été envahie par un grand moment existentiel de "solitude et d'isolement" comme dit la chanson.

Ceci dit si je comprends mal la pronom personnalisation du dialogue intérieur, se scénariser est toujours amusant.
Titre: Re : Comment on se parle ?
Posté par: DecemberTen le 31 juillet 2016 à 16:39:51
Ben non, t'es pas toute seule Katchi, c'est Némo qui m'a forcé la main, et je suis si influençable ...quand je veux avoir la paix..., ;D :P
Non Didier, je rigole là... ;)
Enfin... :angel:
Titre: Re : Comment on se parle ?
Posté par: Capitaine Renard le 31 juillet 2016 à 17:57:42
« Moi, classiquement je m'aligne sur le « Je ». Je suppose que c'est parce qu'« On » me l'a apprit. Était-ce un « Il » ou une « Elle » ? Une « Elle » au début ils nous semblent. Elle m'a expliqué qu'il y avait un gentil « Je » et un méchant « Je », séparés mais pourtant unis, un « Toi » « Tu » et un autre  « Toi » « Tu ». Ils se ressemblaient mais ce n'étaient pas les mêmes !!!
Un « Je » plaisir. « Elle » et « Nous » nous nous entendions bien. Un « Je » déplaisir. Lui il était plutôt sombre. Mais certaines fois on s'entendait bien quand même. « Elle » aussi elle était de son côté une « Elle » et une autre « Elle ». Ensuite on a appris, nous, qu'il fallait mettre un « S ». « Ellse » ! Mais que le « S » était secret et qu'il ne fallait pas le dire. C'était compliqué pour nous tous. En plus, ceux que je ne connaissais pas c'était des « Vous ». Mais en plus, encore, s'il y avait plusieurs « Vous » c'était quand même des « Vous » et pas des « Vousse », encore avec un « S » secret. C'était rigolo.

Après c'était les animaux. Il y avait des « Il » et des « Elle ». Il ne fallait pas se tromper. Les Anglais, eux, ces patates, ne savaient même pas le faire.
»

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Salut tout le monde / Version longue  :laugh: :

Bref, ce n'est pas parce qu'on a pas conscience de la structure de notre pensée que notre pensée n'est pas structurée. Du moins c'est le point de vue Structuraliste et ce que je pense perso'
Le fait de remplacer le « Je » (vais faire ci et ça) par « On » (va faire ci et ça) est secondaire. Un épiphénomène. C'est, dans l'ordre, le « Je » déguisé (!) en « On ». Même chose pour les autres formes de phrasé auto-centré. Par exemple dans l'auto-dérision ou la rêverie. « Il s'avança et la regarda longuement. Il l'embrassa » (en se parlant à soi même) est en fait un masque de « Je m'avance et la regarde profondément. Je l'embrasse » dans la pensée profonde et inconsciente. D'ailleurs si cette « langue racine » n'était pas une réalité, c'est à dire si elle n'était pas partagée par le groupe (ou même l'Humanité  / voir plus bas) , il serait très difficile de communiquer. Donc, par exemple si je déclame un poème sur une scène de théâtre par exemple, « Ô rage ! Ô vieillesse ennemie! N'ai-je donc tant vécu que pour cette infamie !? », si quelqu'un pense que « Je » « Lui » est un simple « Je », il pensera que je suis sincère et vrai dans ce que je dis, c'est à dire qu'il ne s'agit pas d'un rôle de composition, tandis que nous savons tous qu'il s'agit d'un « Je » « Lui » / « Il » « Personnage » et non pas d'un seul « Je ». Les exemples pourraient se multiplier sans fin.

Cette grille matricielle, constitutive du rapport de notre « Soi » au « Monde », est tout à fait réflexe et de ce fait difficilement perceptible. Les Français d'enfance n'auront par exemple aucune chance de ressentir l'impression d'entendre parler le Français sans le comprendre. Processus qui tient donc à la fois du végétatif (comme les rêves par exemples) et du décisionnel (se penser soi-même temporellement).

L'apprentissage d'une langue étrangère (Et idéalement de la culture qui l'accompagne) peut palier en partie à ce défaut.

Donc, quand Didier demande comment on se pense soi-même, il demande en réalité quelle attitude temporaire nous adoptons par rapport au « Je » (unique). Ce « Je » nous est commun à tous (ou presque). Le reste n'est qu'un jeu de l'esprit si je puis dire …
Que l'un soit multiple c'est aussi à mon avis indéniable. Question d'adaptation. Un « soi colère ». Un « soi tristesse ». Un « soi indifférent ». Etc.
Eux-mêmes évoluant les uns par rapport aux autres au fil de la vie. Cela n'exclue d'ailleurs ni l'âme ni la transcendance ...

Pour ces raisons, et bien d'autres il me semble, certains pensent qu'il existe une grammaire universelle. (>> Grammaire Universelle (wiki) (https://fr.wikipedia.org/wiki/Grammaire_universelle))

Cette grammaire universelle suppose des «  universels linguistiques » partagés par tous les Humains.
(Par exemple, « Moi », « Toi », « Le monde »).

A partir de là, et c'est pour ça que je développe cette idée et que je décris cette forme-pensée (Conforme ou non ? À vous de voir), il y a plusieurs points intéressants :

L'évolution du langage a sans doute pris des milliers et des milliers d'années. Si on prend le silex en exemple, rien que pour passer du silex poli et rond au silex taillé et coupant, il a fallu environ un million d'années. De même on peut supposer que pour le langage, le fait de définir le passé et le futur, et donc de calculer les conséquences d'un événement a dû prendre la même échelle de temps évolutif.
Pourtant l'enfant Humain apprend une langue issue de milliers de milliers d'années d'évolution en quelque années (environ 7 pour un niveau de communication correcte). Où est la logique empirique dans ce cas ?
L'enfant apprendrait-il logiquement en quelques années des milliers d'années d'évolution ?
Ne possédant pas la capacité d'assimilation logique-expérimentative d'une telle opération quel est le processus véritable ?
Il semblerait qu'en fait d'apprentissage de la langue, l'intuition vraie, un instinct faisant très peu appel à la logique, soit en jeu.
La structure psychique et les articulations [logique-mental] seraient dans ce cas assimilés instinctivement. Une fois en place, ce moteur organisant les perceptions pourrait prendre le pas sur l'intuitif.

Mais je pense qu'en réalité l'instinct est utilisé (avec plus ou moins de bonheur) dans l'immense majorité des processus psychique.

Tout comme l'ombre inconsciente dans laquelle se cache la structure language-sémantique = mental, je pense que l'instinct et l'intuition sont mal saisis dans nos sociétés, et donc, dans notre langue-esprit. Il nous manque des mots. Des mots-esprits ?

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Salut tout le monde / Version courte  ??? :

Je m'aligne en général sur le « Je » mais je change de temps en temps pour m'amuser.
Il m'arrive de me penser en « Tu » (devrais faire ci ou ça) et notamment à travers des personnages ou des figures-symboles très distincts de ma propre personne. Ce processus est parfois envahissant mais j'ai appris à le gérer.
Titre: Re : Comment on se parle ?
Posté par: Paulo le 31 juillet 2016 à 19:03:12
Comme pour toutes les interrogations existentialistes, rien que le fait de se poser la question créé le problème. Si l'on supprime la question automatiquement on supprime le problème.

En forme de conclusion type Zen, que reste-il ? RIEN !

C'est juste la nature du Je, Tu, On, Nous, Vous, etc.... qui a changé.
Titre: Re : Re : Comment on se parle ?
Posté par: katchina le 31 juillet 2016 à 20:37:49
Ben non, t'es pas toute seule Katchi
Merci  :-[

Si l'on supprime la question automatiquement on supprime le problème.
En forme de conclusion type Zen, que reste-il ? RIEN !

Pour rester dans l'esprit de cet espace ZEN (et pas dans café philo), c'est pas faux.   :)

Titre: Re : Comment on se parle ?
Posté par: justebienlibre le 31 juillet 2016 à 23:10:50
je dirais que je parle à mon moi profond celui qui ne change que très peu , ou varie très peu. Et je lui dit le plus souvent tu ! Et parfois on. Et parfois on pourrait  être très nombreux . Alors je dis faisons actions "nous".
Titre: Re : Comment on se parle ?
Posté par: Edith le 01 août 2016 à 11:51:14
Avec ces Je, Tu, Vous, Nous et On ... il est évident que nous avons le choix pour "nous" parler. Le tout étant de savoir qui est ce "nous". Car "se" parler est une verbe pronominal.
Ah ces verbes pronominaux que nous utilisons sans cesse sans jamais percevoir leur importance !
J'ai longtemps été fascinée par cette forme pronominale employant deux Sujets, que peut prendre notre conjugaison, sans qu'aucun prof de grammaire ait jamais pu m'en démontrer l'utilité.

Je me suis amusée à compter combien de fois nos premiers intervenants l'avaient employée :
Nemo, 5x / December Ten, 7x / Roger, 4x / et Katchina, 2x .

Ces verbes, vous êtes-vous jamais interrogés sur leur raison d'être et surtout sur leur signification réelle, ou profonde ?
Parce que :
lorsque "Je m'interroge", "m'énerve", "m'endors", "m'efforce de", "me considère", "me permets" ... qui interroge qui ? qui énerve qui ? qui endort qui  ... etc.

Serait ce notre "Moi" mental qui interroge, énerve ou endort  notre corps ? Parce que si c'est le cas, nous avons là la preuve évidente d'une totale symbiose corps et esprit. Et si ce n'est pas le cas, alors "QUI" pourrait être ce second Sujet qu'emploie la conjugaison pronominale ?

Mais ce qui est tout autant étrange, c'est que pour exprimer nos mécontentements ou nos dramatiques ressentis, l'être humain dispose d'une impressionnante panoplie d'expressions, qui ont ceci de curieux qu'elles sont toutes en "co"-rrélation avec notre propre physiologie. En voici un échantillon :

- Je me fais de la bile,
- Tu me pompes l'air,
- J'en suis resté sans voix !,
- Tu me casses les oreilles (quand ce n'est pas autre chose ! ),
- J'ai une dent contre lui,
et enfin :
- Ah ça je ne pourrai jamais le digérer ,
ou
- J'en ai plein le dos,
dont on ne soupçonne pas combien on leur doit d'ulcères ou de lombalgies.
(expressions du reste souvent ponctuées, pour enfoncer le clou, d'un geste approprié. )

Se pose alors la question de savoir s'il existe, dans notre corps - ou notre cerveau - un "endroit" chargé d'opérer la jonction entre nos champs psychique et corporel.

Oui cet endroit existe bien, car dans certains territoires de notre cerveau existent des "carrefours" d'activité électrique au sein desquels s'élabore continuellement l'image que nous avons de nous-même, et que l'on a appelée "le schéma corporel".

Ce schéma c'est l'image globale que nous avons de nous-même, qui est en constante évolution, et sans laquelle aucun être humain ne pourrait se considérer comme  un "Je".

Nous voici donc confrontés à  des réalités psycho-corporelles qui n'ont évidemment rien à voir avec des considérations spirituelles, mais dont nous pourrions peut-être tenir compte pour expliquer nos choix d'employer les Je, Tu, Vous, Nous ou On ... lorsque nous n'avons que nous-même pour dialoguer.

Ce qui n'empêche pas d'en reparler par la suite.

Titre: Re : Comment on se parle ?
Posté par: katchina le 01 août 2016 à 15:57:16
Il m'arrive de me penser en « Tu » (devrais faire ci ou ça) et notamment à travers des personnages ou des figures-symboles très distincts de ma propre personne. Ce processus est parfois envahissant mais j'ai appris à le gérer.

En gros, tu fais parler tes avatars.

@Edith
Et toi, tu fais comment quand tu te parles toute seule ?

Titre: Re : Comment on se parle ?
Posté par: Capitaine Renard le 03 août 2016 à 20:10:09
Citer
Comme pour toutes les interrogations existentialistes, rien que le fait de se poser la question créé le problème. Si l'on supprime la question automatiquement on supprime le problème.

Citer
C'est juste la nature du Je, Tu, On, Nous, Vous, etc.... qui a changé.

(Oui … Ici d'ailleurs, la pensée Zen rejoint la philosophie Platonicienne. Retrouver les fondamentaux !

A proprement parler il s'agit d'un processus de simplification. Séparer le vrai du faux, l'effectif de l'illusoire. Rendre les choses-idées claires de façon à ce qu'elles ne soient plus « choses » justement.

Dans l'Allégorie de la Caverne on retrouve cette vérité dans la libération des prisonniers (liens) qui contemplent leurs propres ombres :

Le maître libère un des prisonniers et s'il en a la volonté, il peut alors se retourner pour voir la simplicité de la situation. Mais n'ayant vu que son ombre toute sa vie, on peut supposer qu'au début il soit ébloui par le feu souterrain et que le maître lui apparaisse à la fois comme ombre-feu et trop brillant. Des mots d'apaisement seraient-ils nécessaires ?)


___________________________________

Citer
Pour rester dans l'esprit de cet espace ZEN (et pas dans café philo), c'est pas faux.
   

Laissons nos jeux philosophes aux vestiaires dans ce cas (mais à mon avis le Zen est une philosophie).

_____________________________________________________________________

La quiétude est-elle donc atteinte lorsque l'on comprend spirituellement que les « Je » ne sont qu'un ?

Il y aurait donc deux sortes de « Je » :

- Un petit « je » qui se pense individué (et incompris?)
- Un grand « Je » qui est enclin à l'élévation et, inversement au premier, à l'empathie


Citer
Avec ces Je, Tu, Vous, Nous et On ... il est évident que nous avons le choix pour "nous" parler. Le tout étant de savoir qui est ce "nous". Car "se" parler est une verbe pronominal.
Ah ces verbes pronominaux que nous utilisons sans cesse sans jamais percevoir leur importance !

Citer
Serait ce notre "Moi" mental qui interroge, énerve ou endort  notre corps ? Parce que si c'est le cas, nous avons là la preuve évidente d'une totale symbiose corps et esprit. Et si ce n'est pas le cas, alors "QUI" pourrait être ce second Sujet qu'emploie la conjugaison pronominale ?



Ca alors … C'est très bien pensé … Et cela me parraît très clair pour le coup …

J'arrivais à la même conclusion en mettant en parallèle Biologie et Psychologie. Exemple :

 - On ne s'énerve pas parce qu'on a de l'adrénaline dans le corps mais parce qu'un schéma réel, hors de notre corps, nous révolte pour une raison ou une autre.

Si en plus la grammaire vient appuyer cette idée, eh bien … C'est un plus !

A rajouter aux indices qui montrent que l'esprit précède la matière d'après moi.

Si on rajoute à ça que chez Lacan l'esprit-mental et aussi l'intuition-psyché se situent entre l'espace du corps et la réalité du monde, c'est à dire hors de notre corps ...


Citer
Se pose alors la question de savoir s'il existe, dans notre corps - ou notre cerveau - un "endroit" chargé d'opérer la jonction entre nos champs psychique et corporel.

Citer
Oui cet endroit existe bien, car dans certains territoires de notre cerveau existent des "carrefours" d'activité électrique au sein desquels s'élabore continuellement l'image que nous avons de nous-même, et que l'on a appelée "le schéma corporel".

(Voir ma réponse ci-dessus)

Citer
Mais ce qui est tout autant étrange, c'est que pour exprimer nos mécontentements ou nos dramatiques ressentis, l'être humain dispose d'une impressionnante panoplie d'expressions, qui ont ceci de curieux qu'elles sont toutes en "co"-rrélation avec notre propre physiologie.
 

Je ne trouve pas ça curieux moi … C'est plutôt l'inverse qui l'est, non ?

Par exemple … « Un tiens vaut mieux que deux tu l'auras » … Une expression qui fait appel à la temporalité est autrement plus complexe que ce qui est visible dans l'ici et le maintenant …

Non ?


Citer
Ce schéma c'est l'image globale que nous avons de nous-même, qui est en constante évolution, et sans laquelle aucun être humain ne pourrait se considérer comme  un "Je".

Citer
Nous voici donc confrontés à  des réalités psycho-corporelles qui n'ont évidemment rien à voir avec des considérations spirituelles, mais dont nous pourrions peut-être tenir compte pour expliquer nos choix d'employer les Je, Tu, Vous, Nous ou On ... lorsque nous n'avons que nous-même pour dialoguer.

Séparer spiritualité et matière ? Paradoxe à mon avis …

Comment l'Humain se pense-t-il d'un point de vue neurobiologique ?

D'un point de vue psychique ?

L'homonculus de Penfield (1930) répond en partie à la première question. Il présente l'importance que le cerveau accorde aux différentes parties du corps :

(http://zupimages.net/up/16/31/a1bo.jpg) (http://zupimages.net/viewer.php?id=16/31/a1bo.jpg)


On voit que même si l'aire corporelle du langage y tient une grande part, elle n'en occupe néanmoins pas la totalité (je souligne pour plus de clarté).

Bien ...

Et maintenant d'un point de vue psychique ?

Ne nous pensons-nous pas totalement dans le psychisme ?

Le système végétatif n'est pas une activité consciente (repos, digestion, réflexes, etc.). Cette activité occupe très peu de place. C'est un processus automatique.

En revanche, l'activité spirituelle, dans le sens d'être capable de se penser en tant que sujet pensant, n'occupe-t-elle pas la totalité de notre activité consciente ?

Ce qui semblerait donc indiquer que d'une part la pensée du corps (et donc neuronale) est minime et que d'autre part la pensée spirituelle serait bien plus grande et prégnante, occupant la totalité de notre activité consciente, donc de notre être au monde.

Malgré leur point commun, le corps, l'activité de penser le monde et de se penser soi-même seraient tout de même distincts. La pensée-corps et la pensée-spirituelle.

C'est ce qui définit la capacité d'abstraction :

N'être qu'un et pourtant être capable de se penser plusieurs.