Médias / Campagnes... => Big Brother, Libertés individuelles… => Discussion démarrée par: Mooncity le 11 décembre 2008 à 12:56:11

Titre: Les gendarmes traquent le shit dans les cartables
Posté par: Mooncity le 11 décembre 2008 à 12:56:11
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http://www.ladepeche.fr/article/2008/11/20/495235-Les-gendarmes-traquent-le-shit-dans-les-cartables.html (http://www.ladepeche.fr/article/2008/11/20/495235-Les-gendarmes-traquent-le-shit-dans-les-cartables.html)

Article de la Dépèche

Les gendarmes traquent le shit dans les cartables
Gers. Seize hommes accompagnés de chiens anti-drogue ont fait irruption en plein cours à l'école des Métiers d'Auch.
La plus grosse prise : 32 grammes sur un mineur qui sera convoqué devant le juge des enfants. Photo DDM, Ne
La plus grosse prise : 32 grammes sur un mineur qui sera convoqué devant le juge des enfants. Photo DDM, Ne

L'émotion est vive, depuis lundi, à l'école des Métiers d'Auch-Pavie. Et pour cause, seize gendarmes, dont deux maîtres-chiens, ont fait irruption en classe en début de semaine, sur réquisition du parquet. Leur mission : rechercher tout produit stupéfiant qui n'a pas lieu d'être dans un établissement scolaire comme ailleurs. En l'occurrence, Bernard Vilotte, le directeur du CFA, avoue sans détour être à l'origine de cette initiative à portée pédagogique. Et gageons qu'elle le sera pour le jeune mineur trouvé en possession de 32 grammes de shit. Il sera convoqué prochainement devant le juge des enfants… deux autres mineurs et un jeune majeur, porteurs à eux trois de 7grammes, faisant de leur côté l'objet de mesures plus souples.

Seulement voilà, enseignants et élèves décrivent un mode d'intervention cavalier des gendarmes qui seraient parfois entrés sans frapper en classe, surprenant les élèves en plein cours… ce que conteste Bernard Vilotte, au moins pour les représentants de la loi qu'il a accompagnés. Des propos ironiques auraient aussi choqué les élèves, notamment lorsque les gendarmes leur ont demandé de ne pas regarder les chiens dans les yeux sous peine d'être mordus à des endroits sensibles. Sur ce point, Bernard Vilotte sourit, un peu gêné, mais il revient vite à l'essentiel : son souci de prévenir pour mieux guérir. « En 99 ou 2000, je venais d'arriver. J'ai dû aller chercher trois apprentis, morts, dans un accident de voiture. On a voulu faire quelque chose et pas se voiler la face. Depuis, chaque année, lors de la semaine d'accueil, on leur parle des ravages de l'alcool, de la drogue. Et on leur dit qu'il pourra y avoir des contrôles en cours d'année. On le faisait en zone police. Et on continue depuis qu'on est à Pavie ; ce n'est pas nouveau. » Une politique qui a tout le soutien de la procureure Chantal Firmigier-Michel.
La procureure relativise

« Cet établissement n'est pas plus touché que les autres qu'on contrôle aussi de temps en temps. Dans le cas présent, ça démontre la responsabilisation de ce chef d'établissement qui a conscience des dangers des produits stupéfiants. Il n'y a rien de pire chez les adolescents que le sentiment d'impunité. Cette opération leur démontre qu'on ne peut pas faire n'importe quoi dans un établissement scolaire qui serait une zone de non droit quand ils savent qu'ils peuvent être contrôlés dans la rue. Non, là comme ailleurs, la justice doit lutter contre ce qui reste un fléau pour nos jeunes. » Quant à la manière, la procureure relativise. « Les contrôles n'ont eu lieu qu'aux endroits où les chiens ont marqué. »


autre site :
http://education.blog.lemonde.fr/2008/12/10/operation-anti-drogue-a-lecole-des-metiers-du-gers-la-version-des-gendarmes/ (http://education.blog.lemonde.fr/2008/12/10/operation-anti-drogue-a-lecole-des-metiers-du-gers-la-version-des-gendarmes/)


Opération anti-drogue à l’école des métiers du Gers : aux fous ?

« On lâche les chiens policiers sur les élèves dans les classes » : sous ce titre affolant, c’est un nouvel « événement » qui court, qui court sur le Net. C’est une petite histoire qui en dit long sur plusieurs sujets : à la fois sur un certain climat autoritaire, mais aussi sur le marché florissant de l’outrance idéologique et enfin sur la manière dont circule aujourd’hui un type d’information toujours à la limite de la rumeur. A la limite aussi, malgré la sincérité des relais et des témoins, de la diffamation. Cela fait beaucoup pour une seule histoire,  n’est-ce pas ?

Voici, en ce qui me concerne, donc très subjectivement, comment elle commence.

Le jeudi 20 novembre, jour de la (dernière) grève dans l’éducation, je reçois d’un confrère de la rédaction du Monde le témoignage d’un professeur de l’école des métiers du Gers, établissement de la Chambre de commerce et d’industrie (CCI) du département, accueillant une centaine d’apprentis. Le témoignage est écrit et signé et la possibilité est donnée d’un contact avec son auteur. Trois points positifs en matière de crédibilité.

Le texte porte sur les conditions dans lesquelles la gendarmerie aurait effectué le lundi 17 novembre, une opération de contrôle anti-drogue dans ce centre de formation d’apprentis (CFA). Ce professeur précise en annexe que son « récit » est passé sur France Inter à quinze heures le mardi 18, et que « des centaines de milliers de gens ont pu l’entendre. ». Point plutôt négatif, cette fois, en matière de crédibilité : cette heure-là correspond à celle des messages d’auditeurs qui ouvrent la célèbre émission de Daniel Mermet « Là-bas si j’y suis ». Le prestige et l’audience de cette émission sont justifiés, mais (c’est une critique, pas un anathème) ces messages d’introduction - j’ai eu l’occasion de le constater sur un autre sujet - donnent aux auditeurs, sous couvert de libre expression, la possibilité de propager un peu n’importe quoi, pourvu que cela soit en phase avec la sensibilité « alter » de l’émission.

Mais d’emblée, la lecture du témoignage écrit, bien tourné, posé, scrupuleux dans l’expression, évitant tout excès (sauf dans le titre), n’émanant visiblement pas d’un « excité », me fait partager l’indignation de son rédacteur. L’envie me démange de relayer ce texte - en commençant par un « post » ici-même - puis je renonce. Avant d’expliquer pourquoi,  voici le témoignage in extenso.