Médias / Campagnes... => Des Animaux & des Hommes => Discussion démarrée par: Natacha le 13 mars 2009 à 15:40:05

Titre: Textes et citations d'auteurs classiques et de personnages célèbres
Posté par: Natacha le 13 mars 2009 à 15:40:05
Viande de Boucherie
Par Pierre Loti, écrivain français et officier de marine (1850-1923)
dans "Livre de la Pitié et de la Mort", Calmann-Lévy, Paris, 1891.


Au milieu de l’océan Indien, un soir triste où le vent commençait à gémir.

Deux pauvres boeufs nous restaient, de douze que nous avions pris à Singapoor pour les manger en route. On les avait ménagés, ces derniers, parce que la traversée se prolongeait, contrariée par la mousson mauvaise.

Deux pauvres boeufs étiolés, amaigris, pitoyables, la peau déjà usée sur les saillies des os par les frottements du roulis. Depuis bien des jours ils naviguaient ainsi misérablement, tournant le dos à leur pâturage de là-bas où personne ne les ramènerait plus jamais, attachés court, par les cornes, à côté l’un de l’autre et baissant la tête avec résignation chaque fois qu’une lame venait inonder leur corps d’une nouvelle douche si froide ; l’oeil morne, ils ruminaient ensemble un mauvais foin mouillé de sel, bêtes condamnées, rayées par avance sans rémission du nombre des bêtes vivantes, mais devant encore souffrir longuement avant d’être tuées ; souffrir du froid, des secousses, de la mouillure, de l’engourdissement, de la peur…

Le soir dont je parle était triste particulièrement. En mer, il y a beaucoup de ces soirs-là, quand de vilaines nuées livides traînent sur l’horizon où la lumière baisse, quand le vent enfle sa voix et que la nuit s’annonce peu sûre. Alors, à se sentir isolé au milieu des eaux infinies, on est pris d’une vague angoisse que les crépuscules ne donneraient jamais sur terre, même dans les lieux les plus funèbres. - Et ces deux pauvres boeufs, créatures de prairies et d’herbages, plus dépaysés que les hommes dans ces déserts mouvants et n’ayant pas comme nous l’espérance, devaient très bien, malgré leur intelligence rudimentaire, subir à leur façon l’angoisse de ces aspects-là, y voir confusément l’image de leur prochaine mort.

Ils ruminaient avec des lenteurs de malades, leurs gros yeux atones restant fixés sur ces sinistres lointains de la mer. Un à un, leurs compagnons avaient été abattus sur ces planches à côté d’eux ; depuis deux semaines environ, ils vivaient donc plus rapprochés par leur solitude, s’appuyant l’un sur l’autre au roulis, se frottant les cornes, par amitié.

Et voici que le personnage chargé du service des vivres (celui que nous appelons à bord : le maître commis) monta vers moi sur la passerelle, pour me dire dans les termes consacrés : « Cap’taine, on va tuer un boeuf. » Le diable l’emporte, ce maître-commis ! Je le reçus très mal, bien qu’il n’y eût assurément pas de sa faute ; mais en vérité, je n’avais pas de chance depuis le commencement de cette traversée-là : toujours pendant mon quart, l’abatage des boeufs !... Or, cela se passe précisément au-dessous de la passerelle où nous nous promenons, et on a beau détourner les yeux, penser à autre chose, regarder le large, on ne peut se dispenser d’entendre le coup de masse, frappé entre les cornes, au milieu du pauvre front attaché très bas à une boucle par terre ; puis le bruit de la bête qui s’effondre sur le pont avec un cliquetis d’os. Et sitôt après, elle est soufflée, pelée, dépecée ; une atroce odeur fade se dégage de son ventre ouvert et, alentour, les planches du navire, d’habitude si propres, sont souillées de sang, de choses immondes.

Donc c’était le moment de tuer le boeuf. Un cercle de matelots se forma autour de la boucle où l’on devait l’attacher pour l’exécution, - et, des deux qui restaient, on alla chercher le plus infirme, un qui était déjà presque mourant et qui se laissa emmener sans résistance.

Alors, l’autre tourna lentement la tête, pour le suivre de son oeil mélancolique, et, voyant qu’on le conduisait vers ce même coin de malheur où tous les précédents étaient tombés, il comprit ; une lueur se fit dans son pauvre front déprimé de bête ruminante et il poussa un beuglement de détresse… Oh ! le cri de ce boeuf, c’est un des sons les plus lugubres qui m’aient jamais fait frémir, en même temps que c’est une des choses les plus mystérieuses que j’aie jamais entendues… Il y avait là-dedans du lourd reproche contre nous tous, les hommes, et puis aussi une sorte de navrante résignation ; je ne sais quoi de contenu, d’étouffé, comme s’il avait profondément senti combien son gémissement était inutile et son appel écouté de personne. Avec la conscience d’un universel abandon, il avait l’air de dire ; Ah ! oui… voici l’heure inévitable arrivée, pour celui qui était mon dernier frère, qui était venu avec moi de là-bas, de la patrie où l’on courait dans les herbages. Et mon tour sera bientôt, et pas un être au monde n’aura pitié, pas plus de moi que de lui… »

Oh, si, j’avais pitié ! J’avais même une pitié folle en ce moment, et un élan me venait presque d’aller prendre sa grosse tête malade et repoussante pour l’appuyer sur ma poitrine, puisque c’est là une des manières physiques qui nous sont le plus naturelles pour bercer d’une illusion de protection ceux qui souffrent ou qui vont mourir.

Mais, en effet, il n’avait plus aucun secours à attendre de personne, car même moi qui avais si bien senti la détresse suprême de son cri, je restais raide et impassible à ma place en détournant les yeux… A cause du désespoir d’une bête, n’est-ce pas, on ne va pas changer la direction d’un navire et empêcher trois cents hommes de manger leur ration de viande fraîche ! On passerait pour un fou, si seulement on y arrêtait une minute sa pensée.

Cependant un petit gabier, qui peut-être, lui aussi, était seul au monde et n’avait jamais trouvé de pitié, - avait entendu son appel, entendu au fond de l’âme comme moi. Il s’approcha de lui, et, tout doucement, se mit à lui frotter le museau.

Il aurait pu, s’il y avait songé, lui prédire :

« Ils mourront aussi tous, va, ceux qui vont te manger demain ; tous, même les plus forts et les plus jeunes ; et peut-être qu’alors l’heure terrible sera encore plus cruelle pour eux que pour lui, avec des souffrances plus longues ; peut-être qu’alors ils préfèreraient le coup de masse en plein front. »

La bête lui rendit bien sa caresse en le regardant avec de bons yeux et en lui léchant la main. Mais c’était fini, l’éclair d’intelligence qui avait passé sous son crâne bas et fermé venait de s’éteindre. Au milieu de l’immensité sinistre où le navire l’emportait toujours plus vite, dans les embruns froids, dans le crépuscule annonçant une nuit mauvaise, - et à côté du corps de son compagnon qui n’était plus qu’un amas informe de viande pendue à un croc, - il s’était remis à ruminer tranquillement, le pauvre boeuf ; sa courte intelligence n’allait pas plus loin ; il ne pensait plus à rien ; il ne se souvenait plus.

Parution originale dans : "Livre de la Pitié et de la Mort", Calmann-Lévy, Paris, 1891.
Titre: Souffrance animale - Citations de personnages célèbres
Posté par: Natacha le 20 octobre 2009 à 17:01:29
J'ai retrouvé ces citations dans mes archives, mais malheureusement je n'ai aucune indication quant aux sources exactes desquelles ont été extraites ces phrases. Entreprendre une telle recherche serait sans doute un travail très très fastidieux...
Par conséquent, si vous jugez qu'il vaut mieux supprimer ce post, modérateur, supprimez-le. Merci.


01. BACON
Francis Bacon - 1561-1626 :
Philosophe et Chancelier d'Angleterre.
- "Si vous étiez convaincus qu'en donnant de la viande à vos enfants, vous leur communiquiez tous les vices, vous arrêteriez cette main malfaisante, et vous aimeriez mieux qu'elle se desséchât, plutôt que de lui faire exécuter un tel acte."

02. BOSSUET
Jacques Bénigne Bossuet - 1627-1704 :
Orateur et écrivain français, théologien, Evêque de Meaux.
- "Comme dernière conséquence du meurtre des animaux, le sang humain, abruti, ne peut plus s'élever aux choses intellectuelles."

03. BUSCH
Wilhelm Busch - 1832-1908 :
Poète et dessinateur allemand [père de la Bande Dessinée].
- "Une véritable civilisation humaine existera non seulement quand il n’y aura plus de cannibales, mais lorsque toute forme de consommation de viande sera considérée comme du cannibalisme."

04. BUTLER
Samuel Butler - 1835-1902 :
Romancier et essayiste britannique. Fils d'ecclésiastique, révolté par l'hypocrisie de ses contemporains.
- "L'homme est le seul animal qui peut être l'ami de ses victimes jusqu'à ce qu'il les dévore."

05. CONFUCIUS
Confucius - 551 à 479 avant J-C :
Philosophe chinois, fondateur du Confucianisme. A été l’un des plus influents penseurs de l’Histoire chinoise.
- "Quiconque a entendu les cris d'un animal qu'on tue ne peut plus jamais manger de sa chair."
- "Les céréales doivent représenter la partie principale de la nourriture.
- "Ne faites pas à autrui ce que vous ne voulez pas qu'on vous fasse".

06. CUVIER
Georges Cuvier - 1769-1832 :
Naturaliste français, anatomiste et géologue, secrétaire de l'Académie des Sciences et chancelier de l'Université, professeur au Muséum National d'Histoire Naturelle.
- "L'anatomie comparée nous enseigne qu'en toute chose, l'homme ressemble aux animaux frugivores et en rien aux carnivores."
- "Ce n’est qu’en déguisant la chair morte rendue plus tendre par des préparatifs culinaires qu’elle est susceptible d’être mastiquée et digérée par l’humain chez qui, de la sorte, la vue des viandes crues et saignantes, n’excite pas l’horreur et le dégoût."
- "La nourriture naturelle de l’humain, au regard de sa structure, devrait consister en fruits, racines et légumes."
- "L’humain apparaît organisé pour se nourrir de fruits, racines, et des parties succulentes des légumes. Ses mâchoires courtes, de force moyenne, ses canines de même longueur que ses autres dents, et ses molaires tubéreuses ne lui permettent pas de mâcher de l’herbe ou de dévorer de la viande sans préparer ces nourritures en les cuisant. Ses organes sont formés en accord avec la disposition de ses dents. Son estomac est simple et son conduit intestinal est de longueur moyenne et très bien ancré à son gros intestin.".

07. DARWIN
Charles Darwin - 1800-1882 :
Naturaliste britannique. Auteur de "De l’Origine des Espèces au moyen de la Sélection Naturelle", 1859.
- "Il est évident que la nourriture normale de l'homme est végétale..."
- "L'amour pour toutes les créatures vivantes est le plus noble attribut de l'homme."
- "La classification des formes, des fonctions organiques et des régimes a montré d’une façon évidente que la nourriture normale de l’humain est végétale comme celle des anthropoïdes et des singes, que nos canines sont moins développées que les leurs, et que nous ne sommes pas destinés à entrer en compétition avec les bêtes sauvages ou les animaux carnivores."
- "Nous avons vu que les sens et les intuitions, les différentes émotions et facultés, comme l’amour et la mémoire, l’attention et la curiosité, l’imitation, la raison, etc, dont l’humain se vante, peuvent être trouvées à l’état naissant ou même pleinement développées, chez les animaux inférieurs. Les animaux, dont nous avons fait nos esclaves et que nous ne voulons pas considérer comme nos égaux."

08. DIEU
Dieu - 0-0 :
- "Dieu a dit : Si je mangeais, je mangerais du raisin et du pain".
[Proverbe arabe] ;o)

09. EDISON
Thomas Edison - 1847-1931 :
Ingénieur américain, inventeur de l’ampoule électrique et du cinéma.
- "Je suis végétarien et anti-alcoolique : ainsi je peux faire un meilleur usage de mon cerveau."

10. EINSTEIN
Albert Einstein - 1879-1955 :
Physicien allemand, Prix Nobel en 1922, père de la Théorie de la Relativité
- "Rien ne pourra être plus bénéfique à la santé humaine ni accroître les chances de survie de la vie sur la Terre, qu'une évolution vers un régime végétarien."
- "L’effet physique qu’exercerait un mode de vie végétarien sur le tempérament humain aurait une influence extrêmement positive sur l’humanité."
- "Je pense que les transformations et les effets purificateurs d'un régime végétarien sur l'homme sont très bénéfiques à l'espèce humaine. Par conséquent, en choisissant le végétarisme, on sera à la fois heureux et paisible."

11. EMERSON
 Ralph W. Emerson - 1803-1882 :
Ecrivain essayiste, philosophe et poète américain.
- "Vous venez juste de déjeuner et aussi soigneusement que l’abattoir puisse être caché, à une distance de quelques ou plusieurs miles : vous êtes complice ! "

12. EMPEDOCLE
Empedocle - 490-430 avant JC :
Philosophe grec.
- "Répandre le sang et dévorer les membres des animaux auxquels la vie a été violemment retirée est honteux."

13. GANDHI
Mahatma Gandhi [Mohandas Karamchand Gandhi] - 1869-1948 :
L'un des pères-fondateurs de l'Inde moderne et défenseur de la non-violence comme moyen révolutionnaire.
- "La grandeur d'une nation et son avancement moral peuvent être appréciés par la façon dont elle traite les animaux."
- "Je crois que le progrès spirituel exige de nous que nous cessions de tuer les autres êtres vivants pour nos besoins corporels."

14. von GÖRRES
Joseph von Görres - 1776-1848 :
Ecrivain allemand.
- "Celui qui veut dépasser la vie ordinaire, évitera la nourriture sanglante et ne choisira pas la mort comme maître du repas..."

15. von HUMBOLDT
Alexander von Humboldt - 1769-1859 :
Naturaliste et géographe allemand, explorateur et géographe. Considéré comme étant le fondateur de la Climatologie et de la Biogéographie de la planète et des océans.
- "Se nourrir des animaux n’est pas loin de l’anthropophagie et du cannibalisme."
- "La cruauté à l’égard des animaux n’est conciliable ni avec une véritable humanité instruite, ni avec une véritable érudition. C’est un des vices les plus caractéristiques d’un peuple ignoble et brutal. Aujourd’hui, pratiquement tous les peuples sont plus ou moins barbares envers les animaux. Il est faux et grotesque de souligner à chaque occasion leur apparent haut degré de civilisation, alors que chaque jour ils tolèrent avec indifférence les cruautés les plus infâmes perpétrées contre des millions de victimes sans défense."
- "La même superficie de terre utilisée pour paître et nourrir du bétail pour produire la viande pour alimenter 1 personne, pourrait nourrir 10 personnes avec des végétaux ; si de plus nous la cultivions avec des lentilles, haricots en grains, ou petits pois, elle pourrait nourrir une centaine de personnes..."

16. JEAN-PAUL
Jean-Paul Friedrich Richter, dit "Jean-Paul" - 1763-1825 :
Ecrivain allemand.
- "Ô Combien faut-il d’heures de martyr aux animaux pour donner à l’homme une seule minute de plaisir pour son palais ! "

17. KAFKA
Franz Kafka - 1883-1924 :
Ecrivain tchèque d'expression allemande.
- "Maintenant je peux vous observer en paix : je ne vous mange plus."
(regardant des poissons dans un aquarium).

18. de LAMARTINE
Alphonse de Lamartine -1790-1869 :
Poète et homme politique français.
- "Ma mère croyait, et je le crois aussi, que cette nourriture [carnée], plus succulente et plus énergétique en apparence, contient en soi des principes irritants et putrides qui agitent le sang et abrègent les jours de l'homme ... Elle ne me laissa jamais manger de la viande avant l'âge où je fus jeté dans la vie pêle-mêle des Collèges. ... Je ne vécus donc, jusqu'à douze ans, que de pain, de laitages, de légumes et de fruits. Ma santé n'en fut pas moins forte, mon développement pas moins rapide [...]"

19. MICHELET
Jules Michelet - 1798-1874 :
Historien et philosophe français.
- "Vie animale, sombre mystère. Toute la nature proteste contre la barbarie de l'homme qui ne comprend pas, qui humilie et qui torture ses frères inférieurs."
- "Le régime végétarien ne contribue pas pour peu de chose à la pureté de l'âme."
- "Spectacle étrange de voir une mère donner à sa fille, qu'hier encore elle allaitait, cette grossière alimentation de viandes sanglantes."

20. NIETZSCHE
Friedrich Nietzsche - 1844-1900 :
Philosophe allemand.
- "Toute la philosophie antique était orientée sur la simplicité de la vie et enseignait une certaine sobriété. De ce point de vue, le peu de végétariens par philosophie ont fait plus pour l’humanité que tous les philosophes modernes et tant que ces derniers n’auront pas le courage de chercher un mode de vie totalement différent et de l’indiquer comme exemple, ils ne porteront aucun fruit."

21. ORAZIO
Orazio - 65-08 avant JC :
Poète latin.
- "Aies le courage d’être sage ! Arrête de tuer les animaux ! Celui qui repousse le moment d’une vie droite est comme le paysan qui attend que le fleuve soit asséché pour le traverser."

22. OWEN
Richard Owen - 1804-1892 :
Naturaliste anglais. Etudia avec le Français Georges Cuvier l’Anatomie et la Physiologie comparée. Auteur de : "Cours d’Anatomie Comparée" et "Paléontologie et Physiologie des Vertébrés".
-"Les anthropoïdes et tous les quadrumanes dérivent leur alimentation des fruits, graines et autres succulentes substances végétales ; et la stricte analogie entre la structure de ces animaux et celle de l’humain démontre clairement leur frugivorisme naturel.".
-"Les singes dont la dentition est à peu près égale à celle de l’humain vivent principalement de fruits, de noix et d’autres variétés similaires de texture savoureuse et de valeur nutritive élaborée par le règne végétal.
La profonde similitude entre la dentition des quadrumanes et celles des humains démontre que l’humain était à son origine adapté à manger les fruits des arbres."

23. PITMAN
Sir Isaac Pitman - 1813-1897 :
Inventeur de la sténographie anglaise.
- "je ne pourrais tuer ni un boeuf ni une poule et surtout pas un agneau ; si moi-même je ne peux pas faire ces choses-là sans blesser mes bons sentiments, je me refuse aussi de les faire faire par d’autres personnes, blessant ainsi leurs sentiments. Cela suffit à m’induire à accepter un régime privé de viande."

24. PLATON
Platon - 427-348/347(?) avant JC :
Disciple de Socrate.
- Dans son livre "La République", Platon cite Socrate qui recommande le végétarisme : "Ce régime permettrait à une nation d'utiliser intelligemment ses ressources agricoles."

25. PLUTARQUE
Plutarque - 50-125 :
Biographe et Moraliste grec de l'Antiquité.
- "Juste pour le plaisir de quelques pauvres bouchées de chair, nous privons une âme du soleil et de la lumière, et de la vie et du temps qui lui revenaient, et dont elle était née en ce monde pour jouir."

26. PORPHYRE
Porphyre - 233-304 :
Philosophe grec de l'Antiquité.
- "Par conséquent, si les famines et les guerres ont également conduit les hommes à manger les autres êtres vivants, il ne faut pas pour autant admettre cette pratique par plaisir, puisqu'aussi bien nous n'avons pas accepté l'anthropophagie."

27. PYTHAGORE
Pythagore - 570-480(?) avant JC :
Mathématicien et philosophe grec de l'Antiquité.
- "Aussi longtemps que les hommes massacreront des animaux, ils se tueront entre eux. En effet, celui qui sème les graines du meurtre et de la souffrance ne peut pas récolter la joie et l'amour."
- "La terre donne des richesses en abondance et de la nourriture pacifique. Elle nous offre des repas qui ne sont tachés ni de sang ni d’assassinat. "

28. RAY
John Ray - 1628-1704
Botaniste anglais, l'un des plus éminents naturalistes de son temps :
- "En aucune façon, l'homme n'a la constitution d'un carnivore. Chasse et voracité ne lui sont pas naturelles. L'homme n'a ni les dents acérées ni les griffes pour tuer et déchiqueter sa proie. Au contraire, ses mains sont faites pour cueillir des fruits, des baies et des légumes, et ses dents sont appropriées pour les mâcher.
- "Tout ce dont nous avons besoin pour nous nourrir, nous restaurer et nous régaler est abondamment pourvu dans le magasin inépuisable de la Nature. Quelle vision agréable, plaisante et innocente qu' une table frugalement servie, et quelle différence avec un repas composé de chair animale fumante et massacrée. En résumé, nos vergers offrent tous les délices imaginables, tandis que les abattoirs et les boucheries sont pleins de sang coagulé, et d'une abominable puanteur.

29. ROBBINS
John Robbins - 1947-.... :
Ecrivain américain, auteur de "The Food Revolution" et du best-seller "Diet for a New America" (traduit en français sous le titre : "Se nourrir sans faire souffrir")
- "J'ai récolté des choux et cueilli des carottes et j'ai aussi visité des abattoirs : ces expériences ne peuvent pas se comparer".
- "Nul besoin de se priver : il s'agit seulement de mieux comprendre comment manger de la façon la plus saine, la plus agréable, la plus nourrissante d'une part, et la plus économique, la plus généreuse, la moins polluante d'autre part. [...] La vie dans son ensemble en bénéficierait : vous, le genre humain, les animaux, les forêts, les rivières, le sol, les océans, et l'atmosphère terrestre."

30. ROSEGGER
Peter Rosegger - 1843-1918 :
Ecrivain autrichien.
- "L’animal a un cœur qui perçoit, comme toi. L’animal éprouve joie et douleur, comme toi. L’animal a ses propres aspirations, comme toi.
L’animal a le droit de vivre, comme toi !"

31. ROUSSEAU
Jean-Jacques Rousseau - 1712-1778 :
Ecrivain, philosophe et pédagogue français.
- "En effet, indépendamment des explications que l’on peut donner, ceux [les enfants] qui mangent beaucoup de viande sont en général plus cruels et plus sauvages que les autres."

32. von SACHSEN
Prince Max von Sachsen - 1870-1951 :
Professeur de théologie catholique.
- "Nous ne devons pas chercher à trouver une forme plus modérée d’abattre, mais bien son abolition totale. Plus on cherche à rendre "humain" l’abattoir, plus se renforce la cause de l’abattage en elle-même. Nous ne pourrons rejoindre une position véritablement cohérente de la protection des animaux qu’au moment où l’humanité se sera décidée de cesser de tuer et de manger les animaux."

33. SAND
George Sand - 1804–1876 :
Aurore Dupin, baronne Dudevant, dite "george Sand", écrivain et femme de lettres française.
- "Ce sera un grand progrès dans l’évolution de la race humaine quand nous mangerons des fruits et que les carnivores disparaîtront de la Terre. Tout sera faisable sur cette Terre à partir du moment où nous viendrons à bout des repas de viande et des guerres."

34. SCHWEITZER
Albert Schweitzer - 1875-1965 :
Médecin missionnaire, philosophe et théologien alsacien. Prix Nobel de la Paix 1953.
- "Rendre honneur à la Vie signifie éprouver de l’opprobre pour le fait de tuer."
- "Chaque fois qu’un animal est contraint à servir l’homme, les souffrances qu’il subit nous regardent tous. Je suis convaincu que nous devrions nous impliquer pour épargner les animaux, renoncer totalement à la consommation de viande et parler aussi contre cela. C’est ce que je fais."
- "Jusqu'à ce qu'il étende le cercle de sa compassion à toutes les créatures vivantes, l'homme lui-même ne trouvera pas la paix."

35. SCHOPENHAUER
Arthur Schopenhauer - 1788-1869 :
Philosophe allemand.
- "Le monde n’est pas une chose et les animaux ne sont pas des produits pour notre usage et notre consommation. Plus que la miséricorde, nous devons aux animaux la justice."
- "Une personne cruelle envers les animaux ne peut pas être bonne."

36. SHAW
George Bernard Shaw - 1856-1950 :
Dramaturge irlandais, Prix Nobel de Littérature 1925.
- "J'étais un cannibale. C'est Shelley qui le premier m'ouvrit les yeux
sur la sauvagerie de mon alimentation."
- "Tant que nous sommes nous-mêmes les tombeaux vivants d'animaux assassinés, comment pouvons-nous espérer des conditions de vie idéales sur cette Terre ?"
- "Les animaux sont mes amis et je ne mange pas mes amis"
- "L’espérance de vie d’un mangeur de viande est de 63 ans. Je me rapproche de 85 et je travaille toujours autant qu’avant. J’ai vécu assez longtemps et j’essaye de mourir, mais je n’y arrive tout simplement pas. Une seule tranche de boeuf en finirait avec moi mais je ne peux me convaincre d’en avaler une. Je suis épouvanté à l’idée de vivre pour toujours. C’est le seul désavantage d’une alimentation végétarienne."

37. SHELLEY
Percy Bysshe Shelley - 1792-1822 :
Poète anglais, figure emblématique du Mouvement Romantique.
- "Ce n'est qu'en estompant et déguisant l'aspect de la chair morte par des préparations culinaires qu'on peut la rendre susceptible d'être mangée ou digérée et que l'horreur brute de la vision du sang ne provoque pas une répugnance et un dégoût intolérable."

38. SINGER
Isaac Bashevis Singer - 1904-1991 :
Ecrivain polonais, naturalisé américain, Prix Nobel de Littérature 1978.
- "On affirme souvent que les hommes ont toujours mangé de la viande, comme si c’était une justification pour continuer à le faire. Selon la même logique, nous ne devrions pas chercher à empêcher un homme d’en tuer un autre étant donné que cela aussi a toujours été."
- "Nous sommes tous des créatures de Dieu ; il n’est pas conciliable d’invoquer Grâce et Justice et de continuer à manger la viande des animaux qui ont été abattus par notre faute."

39. SOCRATE
Socrate - 470-399 avant JC :
Philosophe grec de l'Antiquité.
- Socrate était végétarien et ne portait jamais de cuir ou de fourrure animale. Tout comme Pythagore, il soutenait que l’habitude de manger de la chair animale poussait les humains à la violence et aux guerres.

40. TAGORE
Rabindranath Tagore - 1861-1941 :
Ecrivain indien, prix Nobel de Littérature 1913.
- "Nous n’arrivons à avaler de la viande que parce que nous ne réfléchissons pas à la cruauté et au péché que nous commettons. Mais, une fois notre pitié éveillée, si nous persistons à tordre le cou à nos sentiments juste pour ne pas nous démarquer de ceux qui font de la Vie leur proie, c’est une offense à tout ce qu’il y a de bon en nous."

41. TESLA
Nikola Tesla - 1856-1943 :
Physicien et électronicien croate.
- "Beaucoup de peuples qui s’alimentent presque exclusivement de légumes montrent des conditions physiques parfaites et sont très forts."

42. THOREAU
Henry David Thoreau - 1817-1862 :
Ecrivain américain.
- "Il n'y a aucun doute pour moi qu'il entre dans le destin de l'humanité, parce qu'elle se perfectionne progressivement, de cesser un jour de manger des animaux."

43. TOLSTOÏ
Léon Tolstoï - 1828-1910 :
Humaniste et poète russe.
- "Si quelqu'un aspire à une vie vertueuse, son premier acte doit être de s'abstenir de faire du mal aux animaux".
- "De tuer les animaux à tuer les hommes il n’y a qu’un pas, tout comme de faire souffrir les animaux à faire souffrir les hommes."
- "Tant qu’il y aura des abattoirs, il y aura aussi des champs de batailles."
- "L’homme peut vivre et rester en bonne santé sans avoir besoin de tuer des animaux pour s’alimenter. Par conséquent, se nourrir de viande rend co-responsable de l’assassinat d’animaux perpétré juste pour satisfaire notre palais. Agir de cette façon est immoral. C’est un fait tellement simple et il n’est sans doute pas possible de ne pas être d’accord."
- "Si l’homme cherche sérieusement et honnêtement la voie de la morale, la première chose qu’il doit abandonner est la consommation de viande."
- "Le végétarisme vaut comme critère de base avec lequel nous pouvons reconnaître si l’homme aspire sérieusement à une perfection morale. La nourriture carnée est un résidu primitif ; le passage à une alimentation végétarienne est la première manifestation de l’instruction."

44. de VINCI - da VINCI
Léonard de Vinci - 1452-1519 :
Peintre, sculpteur, ingénieur et architecte, artiste italien dont le génie est universellement reconnu.
- "J'ai rejeté la viande depuis très tôt dans mon enfance et le temps viendra où les hommes, comme moi, regarderont le meurtre des animaux comme ils regardent maintenant le meurtre de leurs semblables."
- "Tu as défini l’homme comme le Roi des Animaux ; moi par contre, je dirai que l’homme est le roi des fauves féroces parmi lesquels tu es le plus grand. N’as-tu pas effectivement tué et mangé les animaux pour satisfaire les plaisirs de ton palais, te transformant toi-même en tombe pour tous ces animaux ? La nature ne produit-elle pas de la nourriture végétale en quantité suffisante pour te rassasier ? "

45. VOLTAIRE
François Marie Arouet, dit "Voltaire" - 1694-1778 :
Philosophe et écrivain français.
- "Il est certain que ce terrible bain de sang continuellement perpétré dans nos abattoirs et dans nos cuisines ne nous apparaît plus comme un crime ; au contraire, nous considérons ces abominations, qui souvent s’accompagnent d’une odeur pestilentielle, comme une bénédiction du Seigneur et dans nos prières nous le remercions pour les créatures que nous avons tuées."
- "Mais existe-t-il quelque chose de plus abominable que de se nourrir continuellement de viande de cadavres ?"

46. WAGNER
Richard Wagner - 1813-1883 :
Compositeur allemand.
- "Comme la vue d’un taureau sacrifié aux dieux était devenue pour nous un opprobre, nous avons caché le bain de sang quotidien dans des abattoirs lavés à l’eau de l’attention de tous ceux qui se repaissent de morceaux de cadavres d'animaux domestiques préparés pour qu’ils ne soient pas reconnaissables."

47. WEITZEL
Günther Weitzel - 1915-1984 :
Chimiste allemand.
- "La conscience chrétienne ne peut tolérer que le cinquième Commandement "Tu ne tueras point" exclurait les animaux d’abattoir. Qui a visité un abattoir est plus ou moins choqué ou dégoûté. Presque tous en arrivent à reconnaître que tuer de façon si bestiale les animaux, qui ont été élevés et engraissés pour ensuite être mangés, n’est pas digne de l’humanité moderne".

48. YOURCENAR
Marguerite Yourcenar - 1903-1987 :
Ecrivain, femme de lettres, nationalités française et américaine. Première femme élue à l'Académie Française en 1980.
- "Tout comme Zénon, il me déplaît de "digérer des agonies"."
Titre: Re : Souffrance animale - Citations de personnages célèbres
Posté par: mat le 20 octobre 2009 à 17:26:50
Merci Natacha.
J'aime beaucoup celle-ci:

- "L’espérance de vie d’un mangeur de viande est de 63 ans. Je me rapproche de 85 et je travaille toujours autant qu’avant. J’ai vécu assez longtemps et j’essaye de mourir, mais je n’y arrive tout simplement pas. Une seule tranche de boeuf en finirait avec moi mais je ne peux me convaincre d’en avaler une. Je suis épouvanté à l’idée de vivre pour toujours. C’est le seul désavantage d’une alimentation végétarienne."
Titre: Re : Souffrance animale - Citations de personnages célèbres
Posté par: palu le 20 octobre 2009 à 23:42:09
de LAMARTINE
Alphonse de Lamartine -1790-1869 :
Poète et homme politique français.
- "Ma mère croyait, et je le crois aussi, que cette nourriture [carnée], plus succulente et plus énergétique en apparence, contient en soi des principes irritants et putrides qui agitent le sang et abrègent les jours de l'homme ... Elle ne me laissa jamais manger de la viande avant l'âge où je fus jeté dans la vie pêle-mêle des Collèges. ... Je ne vécus donc, jusqu'à douze ans, que de pain, de laitages, de légumes et de fruits. Ma santé n'en fut pas moins forte, mon développement pas moins rapide [...]"

Du même auteur :

"On n'a pas deux coeurs, l'un pour l'homme, l'autre pour l'animal. On a un coeur ou on n'en a pas !"
- réflexion personnelle : on a un coeur qui bat pour le vivant, tout simplement ! sous-entendu : est il décent de rester indifférent devant la souffrance animale au prétexte qu'il y a d'autres urgences ? exemple : marées noires type Erika
Titre: Protection animale et végétarisme : Textes d'auteurs classiques
Posté par: Natacha le 07 janvier 2010 à 07:33:31
le titre d'origine de ce post avant fusion était :
Porphyre (234-305) : Traité sur l'abstinence de chair d'animaux

PORPHYRE (234-305), philosophe grec de l'Antiquité, semble avoir été végétarien et défenseur des animaux bien avant que nous ne soyons nés  ;).  Si vous voulez avoir un aperçu de la pensée de Porphyre sur les animaux :

Le "Traité de l’Abstinence d'Etre animé" de Porphyre (édition de 1717),  paru en 1747 sous le titre : "Traité de Porphyre touchant l'Abstinence de la Chair des Animaux" est disponible gratuitement en intégralité sur internet en format pdf avec pagination pré-calculée pour impression recto verso, ici :

http://bibliodroitsanimaux.site.voila.fr/pdf/delabstinenceformatlivre.pdf (http://bibliodroitsanimaux.site.voila.fr/pdf/delabstinenceformatlivre.pdf)

Deux commentaires sur cette oeuvre :  

"Le Traité de l’Abstinence de Porphyre est le traitement le plus complet de la question animale dans l’Antiquité. Il constitue non seulement une attaque profonde contre le meurtre des animaux, mais il est aussi une mine d’information sur la littérature philosophique et anthropologique ancienne."
R. Sorabji, "Animal minds & Human morals. The origins of the western debate", in Cornell Paperbacks - 1995 - p. 2.

"Sans aucun doute, le traitement le plus complet et le plus subtilement rationnel du Végétarisme par un philosophe ancien (...), la seule oeuvre conservée qui traite précisément de ce sujet depuis l’Antiquité, avec le "S’il est Loisible de Manger Chair" de Plutarque."
D. A. Dombrowski, "Porphyry and Vegetarianism : a contemporary philosophical approach", in Aufsteig und Niedergang der Romischen Welt 36.2 - p. 777.
Titre: Protection animale et végétarisme : Textes d'auteurs classiques
Posté par: Natacha le 07 janvier 2010 à 08:11:51
Voici un large échantillon de ce que propose gratuitement (lecture en ligne ou copié-collé) la Bibliothèque virtuelle des Droits des Animaux.
Aller sur ce site et cliquer sur les titres pour trouver l'ouvrage ou le texte correspondant.

http://bibliodroitsanimaux.site.voila.fr/ (http://bibliodroitsanimaux.site.voila.fr/)

Empédocle d'Agrigente : La viande est un meurtre.
Alain :  Supposez de l'esprit dans les bêtes, et tout l'ordre serait aussitôt menacé. 
Jeremy Bentham : La question est: peuvent-ils souffrir?
Colette :  Etouffer avec vituosité.  Nous n'avons su que les désespérer. Le spectacle de leur résignation.     
Etienne Bonnot de Condillac :  De l'instinct et de la raison.
Jacques Derrida :  Les rapports entre hommes et animaux devront changer.   
Erasme :  Régression vers un état presque sauvage.
Mohandas Gandhi :  Alimentation et moralité.
Oliver Goldsmith :  Ils ont pitié et dévorent l'objet de leur compassion.
Jean-Marie Guyau : Le sentiment spontané du devoir.
Georg Wilhelm Friedrich Hegel :  Incertitude, anxiété et malheur de la vie animale. 
Max Horkheimer :  Vue du gratte-ciel: Enfer et désespoir des animaux.
David Hume : La raison des bêtes.
Diogène Laërce :  Vie et doctrine de Pythagore.
Alphonse de Lamartine :   Comment de ne pas voir dans l’état de boucher quelque chose de l’état de bourreau ? 
Federico Garcia Lorca :  Quand leurs cris emplissent la vallée.
Julien Offray de La Mettrie :  L'homme n'est pas d'un limon plus précieux que l'animal.
Claude Lévi-Strauss : Humilité principielle devant la vie.
Lucrèce : Le coeur transpercé du regret de son petit.
Bernard Mandeville :  De la tyrannie qui s'attache à la destruction gratuite des bêtes.
Jean Meslier : Le temple de Dieu n'est pas une boucherie.   
Louise Michel  :  Au fond de ma révolte contre les forts.
Jules Michelet :  Oubli de la pitié et meurtre animal.
John Stuart Mill :  Malheureux esclaves animaux. 
Michel de Montaigne :  Langage des animaux. Devoir de grace et de benignité aux autres creatures.
J. Howard Moore :  Nouvelle éthique.  Parenté universelle.
Ovide :  Les enseignements de Pythagore.
William Paley : Du droit douteux de manger chair.
Platon :  La cité "saine" est végétarienne.  Règne de Kronos, végétarisme, et paix universelle.  Les végétaux ont été créés en vue de nourrir les humains.
Plutarque : S'il est loisible de manger chair.  Les animaux de terre ont-ils plus d'adresse que ceux de mer? 
Porphyre : De l'abstinence d'être animé (texte intégral, édition de 1747).  Corrélation entre meurtre des animaux, luxe, guerre et injustice. Le respect de la justice grandit avec la pratique de l'abstinence. Les animaux pratiquent le cinquième indémontrable!
Elisée Reclus : A propos du végétarisme.
Romain Rolland :  Un crime irrémissible.
Jean-Jacques Rousseau : La pitié et le Droit à ne pas être maltraité.  Homme cruel, qui vous force à verser le sang?
Henry S. Salt : Logique du garde-manger.
Arthur Schopenhauer : Critique de Kant. Cruauté envers les animaux.
Albert Schweitzer : Ethique de la révérence pour la vie.
Percy Bysshe Shelley : Justification du végétalisme. Un égal au milieu d'égaux. Jamais plus le sang des oiseaux et des bêtes. Si à aucun oiseau brillant, insecte ou gentille bête, je n'ai fait de mal. Ces êtres invisibles qui pensent, sentent et vivent comme l'homme.
Sénèque :  Abstinence de chair animale et vie philosophique.
Henry David Thoreau : L'humanité est destinée au végétarisme.
Voltaire : Bêtes. Du mal, et en premier lieu de la destruction des bêtes.
Richard Wagner :  Lettre contre la vivisection.
Marguerite Yourcenar : Qui sait si l’âme des bêtes va en bas ?    Tout comme Zénon, il me déplaît de "digérer des agonies".   Un crime contre l'humanité.  Chasse, vanité, jactance et férocité innée de l'homme. Rencontres animales.     
Emile Zola :  L'amour des bêtes.  Sauver la vie universelle du plus de souffrance possible. 
Titre: Re : Porphyre (234-305) : Traité sur l'abstinence de chair d'animaux
Posté par: lcarl le 08 janvier 2010 à 10:55:37
Merci pour cette information. Je lirai ce livre au plus tot.
Titre: Re : Porphyre (234-305) : Traité sur l'abstinence de chair d'animaux
Posté par: alice le 08 janvier 2010 à 11:21:07
Super Natacha! j'ignorais que ça existait
Titre: Plutarque (50-125) : "Traité contre l'usage de la chair des animaux"
Posté par: Natacha le 08 janvier 2010 à 11:57:42
A propos de compassion envers les animaux et de végétarisme, en voilà encore un qui n'était pas en retard sur son temps, bien au contraire ...  ;) 
Quelle sagesse dans ces propos !


PLUTARQUE
Ecrivain, historien et moraliste grec (50 apr JC - 125 apr JC).
Oeuvres Morales - (1er tome) XL - Traité premier "Contre l'usage de la chair des animaux "
(Traduction de grec en français de Jacques Amiot - année 1587).

Contre l'usage de la chair des animaux.
 
Tu me demandes pour quelle raison Pythagore s'abstenait de manger de la chair, mais au contraire je m'étonne moi qu'elle affection, quel courage, ou quelle raison eut l'homme qui le premier approcha de sa bouche une chair meurtrie, qui osa toucher de ses lèvres la chair d'une bête morte, et comment il fit servir à sa table des corps morts, et, par manière de dire, des idoles, et faire viande et nourriture de viandes qui peu avant bêlaient, mugissaient, marchaient, et voyaient. Comment purent ses yeux supporter de voir tuer, écorcher, des membres une pauvre bête ? Comment put son odorat en supporter la senteur ? Comment est-ce que son goût ne fût dégoûté par terreur quand il vint à manier l'horreur des blessures, quand il vint à recevoir le sang sortant des plaies mortelles ?

... Quelle rage ou quelle fureur vous incite à commettre tant de meurtres, vu que vous avez à profusion tant grande affluence de toutes choses nécessaires pour votre vie ?

Pourquoi mentez-vous ingratement à l'encontre de la terre, comme si elle ne vous pouvait nourrir ? Pourquoi péchez-vous irreligieusement à l'encontre de Ceres [déesse des céréales] inventrice des saintes lois, et faites honte au doux et gracieux Bacchus [dieu de la vigne], comme si ces deux déités-là ne vous donnaient pas suffisamment assez de quoi vivre ? N'avez-vous point de honte de mêler à vos tables les fruits doux avec le meurtre et le sang ?

Et puis vous appelez les lions et les leopards "bêtes sauvages", et cependant vous épanchez le sang, ne leur cèdant de cruauté en rien, car ce que meurtrissent les autres animaux, c'est pour la nécessité de leur pâture, mais vous, c'est par délices que vous le faites.

Parce que nous ne mangeons pas les lions ni les loups après les avoir tués en nous défendant contre eux, ainsi les laissons là ; mais celles qui sont innocentes, douces, qui n'ont ni dent pour mordre, ni aiguillon, ce sont celles que nous prenons et tuons, bien qu'il semble que la nature les ait créées seulement pour beauté et pour plaisir...

C'est horreur de voir seulement la table des riches hommes servie et couverte par cuisiniers et sauciers qui habillent les corps morts ; mais encore plus d'horreur y a t-il à la voir desservir, parce que les restes de ce qu'on emporte sont plus que ce qu'on a mangé ; pour rien donc ces pauvres bêtes ont été tuées...

Mais pour ceux qui maintiennent qu'ils ont la nature pour cause et origine première de manger chair, prouvons-leur que cela ne peut être selon la nature de l'homme.

Premièrement, cela se peut montrer par la naturelle composition du corps humain, car il ne ressemble à nul des animaux que la nature a faits pour se repaitre de chair ; vu qu'il n'a ni un bec crochu, ni des ongles pointus, ni les dents aigües, ni l'estomac si fort, ni les organes si chauds qu'ils puissent cuire et digérer la masse pesante de la chair crue, et quand il n'y aurait autre chose, la nature même - à l'égalité plate des dents unies, à la petite bouche, à la langue molle et douce, et à la faiblesse de la chaleur naturelle et des organes servant à la concoction - montre elle-même qu'elle n'approuve point à l'homme l'usage de manger chair.

Que si tu te veux obstiner à soutenir que nature t'a fait pour manger telle viande, en premier tue-la donc toi-même, je dis toi-même sans user ni de couperet, ni de couteau, ni de cognée, ainsi comme les loups et les ours et les lions, à mesure qu'ils mangent tuent la bête, aussi toi, tue-moi un boeuf à force de le mordre à belles dents, ou de la bouche un sanglier, déchire-moi un agneau ou un lièvre à belles griffes, et mange-le encore tout vivant, ainsi comme ces bêtes-là le font...

Mais nous nous mignardons tant délicatement en cette horreur de tuer, que nous appelons la chair "viande", mêlant avec du vin, de l'huile, du miel, de la gelée, du vinaigre, ensevelissant à vrai dire un corps mort avec des sauces syriaques et arabiques, et les chairs étant ainsi mortifiées, attendries, et par manière de dire pourries, notre chaleur naturelle a beaucoup d'affaire à la cuire, et ne la pouvant cuire et digérer, elle nous engendre de bien dangereuses pesanteurs, et de telles crudités nous amènent de graves maladies...

Le manger chair donc non seulement est contre la nature du corps, mais aussi par satiété et par replétion il grossit et épaissit les âmes...
Titre: Re : Plutarque (50-125) : "Traité contre l'usage de la chair des animaux"
Posté par: alice le 08 janvier 2010 à 14:08:32
 :o outch, c'est très fort
Bien résumé
On sent beaucoup de rage et révolte chez ce monsieur!
Merci encore Natacha! que de belles trouvailles :)

Titre: Re : Plutarque (50-125) : "Traité contre l'usage de la chair des animaux"
Posté par: mat le 08 janvier 2010 à 14:33:33
C'est vrai. Belle trouvaille. Merci.
Nous n'allons donc pas régresser et continuer d'entendre ceux qui pensent que rien ne changera ici bas. ;)
Titre: Re : Plutarque (50-125) : "Traité contre l'usage de la chair des animaux"
Posté par: lcarl le 08 janvier 2010 à 21:34:06
A propos de compassion envers les animaux et de végétarisme, en voilà encore un qui n'était pas en retard sur son temps, bien au contraire ...  ;) 
Quelle sagesse dans ces propos !
Si tu cites Plutarque que me reste-t-il a dire si ce n'est bravo. Voici un materiel noble et non manipule.
Les histoires d'apport nutritionel et de 100000 ans de festins de chair pesent tres peu contre ce grand homme.
Titre: Re : Porphyre (234-305) : Traité sur l'abstinence de chair d'animaux
Posté par: lcarl le 08 janvier 2010 à 21:35:48
PORPHYRE (234-305), philosophe grec de l'Antiquité, semble avoir été végétarien et défenseur des animaux bien avant que nous ne soyons nés  ;).  Si vous voulez avoir un aperçu de la pensée de Porphyre sur les animaux :
On ne va pas contrer en citant Rabelais... Ca manquerait de classe.
Titre: Re : Plutarque (50-125) : "Traité contre l'usage de la chair des animaux"
Posté par: mistigrigri le 13 janvier 2010 à 13:24:55
magnifique texte qu'on devrait faire lire à l'école . Et pourtant une belle entrecôte à la bordelaise (hachis d'échalottes ... ), je lutte , mais c'est terrible foie gras truffé, navarin de mouton, boeuf en daube ... c'est trop bon.
Titre: Re : Protection animale et végétarisme : Textes d'auteurs classiques
Posté par: mistigrigri le 15 janvier 2010 à 08:39:31
merci pour ces conseils de lecture et pourtant c'est bien difficile d'être totalement végétarien, même aux pensant très fort aux bêtes. Plus que la consommation d'êtres vivants le plus affreux demeure à mon sens la torture des animaux pour les expériences ou pour les jeux cruels.
Titre: Re : Protection animale et végétarisme : Textes d'auteurs classiques
Posté par: mat le 15 janvier 2010 à 08:48:49
Non, ce n'est pas difficile, c'est une joie, un bonheur de pouvoir manger sans faire souffrir.
C'est aussi une découverte, pleine de bonnes surprises capable de satisfaire, meme les plus gourmand(e)s et épicurien(e)s.