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Auteur Sujet: Internement sans consentement d'un militant écologiste.  (Lu 1891 fois)

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Al198

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Internement sans consentement d'un militant écologiste.
« le: 06 avril 2012 à 19:32:23 »

Premier dégât collatéral de cette loi du 5 juillet 2011 prévoyant entre autres choses l'hospitalisation d'office sans consentement. Une grave, très grave attaque à la liberté...

Citer
Le 26 mars 2012, un militant écologiste apprenant que le maire de son village – Loupian dans l’Hérault – demandait le déclassement de la seule zone natura 2000 de la commune s’en est allé à l’hôtel de Ville pour démarrer une action pacifique de contestation. Il s’est enchaîné à la grille d’un puits.

Alors que l’action se déroulait dans le calme, les autorités du village, élus pompiers et gendarmes ont décidé que l’homme serait hospitalisé d’office. Un arrêté municipal a été pris dans ce sens.

loi du 5 juillet 2011,nicolas sarkozy,françois hollande,claude-marie vadrot,les ecologistes réalistes,natura 2000,hospitalisation d'office,gouvernement harper,vic toews,canada,biélorussie,gazs de schistes,sables bitumineux,élection présidentielle,1er tour48 heures après cette mesure « sécuritaire », personne n’a pu communiquer avec l’écologiste qui, est, sauf avis contraire, toujours enfermé. Les services de la ville refusent de communiquer. De son côté la gendarmerie se borne à indiquer « que l’action troublait l’ordre public et que le militant présentait un danger… pour lui-même ».

Comment une telle aventure a-t-elle pu arriver ?

Depuis le 5 juillet 2011 une nouvelle loi a été promulguée concernant les hospitalisations psychiatriques sans consentement. Désormais tous les « troubles à l’ordre public » peuvent être psychiatrisés. Ainsi pourront être privés de liberté, pour au moins 48 heures, internés et mis au secret les auteurs d’actions militantes ou syndicales sans décision d’un juge.
http://leblogpolitiquedebernardfrau.20minutes-blogs.fr/archive/2012/04/06/hospitalisation-psy-loi-du-5-juillet-2011-vous-connaissez.html

C'est pas faute d'avoir averti quelques mois avant l'application:
Citer
Une pétition nationale, nouvel appel du «Collectif des 39 contre lanuit sécuritaire», vient d'être publié. Près de 10.000 signataires sesont déjà manifestés, parmi lesquels on relève notamment les noms de Stéphane Hessel, Edgar Morin, Jack Ralite, Jean Oury. 

Le titre de l’Appel dont les lecteurs de Médiapart ont eu la primeur il y a quelques jours[1], n’a pas été choisi pour le plaisir du jeu de mot. Quoique … Car l’Etat, en l’occurrence le Président de la République actuel et son gouvernement, des raisons ils en ont.

Et plutôt des mauvaises : le projet d’engager la psychiatrie, et peut être aussi la société vers une orientation « contrôlitaire », une « Police Sanitaire Spécialisée».

En effet le projet de loi qu’ils nous ont concocté, « relatif aux droits et à la protection des personnes faisant l'objet de soins psychiatriques et aux modalités de leur prise en charge », s’il est adopté, va entraîner un basculement paradigmatique en psychiatrie analogue à ce que la loi Dati sur « la rétention de sûreté » en février 2008, a provoqué pour le Droit.
http://blogs.mediapart.fr/edition/contes-de-la-folie-ordinaire/article/280211/deraison-d-etat-ou-des-raisons-de-l-etat
http://blogs.mediapart.fr/edition/contes-de-la-folie-ordinaire/article/220211/reforme-de-la-psychiatrie-une-deraison-d-et

Ce même évènement vu par le site du collectif des 39 contre la nuit sécuritaire, un site vraiment intéressant:
Citer
La motivation ahurissante de cet arrêté, censée caractériser un trouble grave à l’ordre public – à moins que le préfet de l’Hérault ne considère que des propos désobligeants ne compromettent … la sûreté des personnes ! – révèle une dérive inquiétante : après les placements en garde à vue et les poursuites judiciaires de plus en plus fréquents, le pouvoir exécutif s’est trouvé une nouvelle arme contre les militants actifs, l’hospitalisation contrainte en psychiatrie.

Ce militant, au mépris de ses droits les plus élémentaires, a été placé à l’isolement pour avoir refusé le traitement que l’on voulait lui imposer, a été interdit de tout contact avec ses proches pendant plusieurs jours, et a eu le plus grand mal à obtenir communication des décisions le concernant !!
http://www.collectifpsychiatrie.fr/?p=3468

Une analyse approfondie du côté ambigu de cette loi par ce même collectif http://www.collectifpsychiatrie.fr/?p=3236

Donc apparemment cet homme n'est toujours pas sorti depuis un peu plus d'une semaine  :o >:(, ceci est tout bonnement inqualifiable et devrait être porté à notre connaissance si les médias faisait leur job.

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Al198

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Re : Internement sans consentement d'un militant écologiste.
« Réponse #1 le: 07 avril 2012 à 14:22:57 »

Des nouvelles de Jean-Pascal de Loupian puisque tel est son nom, libre depuis mercredi selon un des membres du groupe facebook crée à son encontre http://www.facebook.com/groups/Collectifcitoyenjeanpascal/
Citer
extrait du message reçu dans ma boite de la part de Jean-Pascal : "-pour le boulot:

on vient juste de m’appeler pour faire des nuit dès ce WE .Je compte dormir pour éponger la merde chimique qu'ils m’ont foutu dans les neurones.


Des "soins" lui ont donc été prodigués contre son gré.

Le groupe va visiblement se recentrer sur Alain Paya-Poirel, autre victime de cette loi
Citer
Alain Paya-Poirel est un berger qui n'a plus de troupeau.
Ses bêtes ont été abattues en 2006 par les services vétérinaires à la demande du maire de l'époque de Malons et Elze commune où ce berger faisait pâturer depuis treize ans ses 59 brebis, entretenant avec son voisinage de très bonnes relations attestées.
C'est un rude coup pour Alain Paya-Poirel qui ressent cela comme une grande injustice, sous le coup de l'émotion. il réagit violemment, ses bêtes représentent beaucoup pour lui : c'est un berger.


Il est condamné mais sur demande d'expertise du parquet il est reconnu pénalement irresponsable le tribunal d'Alès ordonne son hospitalisation complète.
Pourtant les soignants qui le prennent en charge au Centre Hospitalier " le Mas Careiron" estiment qu'il n'a pas sa place dans le cadre d'une hospitalisation contrainte (avis du collège en date du 14/11/2011 : "...ne présente pas de pathologie active, ni de trouble du comportement, il n'existe pas de quérulence, ni de manifestations agressives, il est adapté à la vie institutionnelle...")


Le juge des libertés et de la détention décide donc de la levée de l'hospitalisation le
9 décembre 2011. Mais le Parquet fait appel le jour même de cette décision, et la cour d'appel convoque Monsieur Paya-Poirel le lundi 12 décembre à comparaître devant la cour d'appel de Nîmes à 10 heures.

Entre vendredi 9 et lundi 12 décembre deux petites journées pendant la coupure du week-end, impossible dans ce court laps de temps pour M. Paya de préparer sa défense : pas d'avocat pour l'assister lors de sa comparution devant la cour d'appel,
cour d'appel qui décide...du maintien de la mesure d'hospitalisation contrainte. Peut-être que le désespoir d'un berger marginal "aux cheveux emmêles évoquant la coiffe rasta" (rapport d'un expert psychiatre) ne pèse pas lourd devant les magistrats de la cour d'appel ?


Le Comité de soutien à Alain Paya-Poirel conteste fortement cette décision de justice qui répond au désespoir de ce berger par l'enfermement et procède dans l'urgence sans laisser le temps à Monsieur Paya-Poirel de préparer sa défense.
Avec la section gardoise de l'Union Syndicale de la Psychiatrie, le Comité de Soutien à Alain Paya-Poirel ne peut que s'indigner devant le mépris et le manque de considération des autorités pour la souffrance psychique, dont l'instrumentalisation, à travers les processus contradictoires qu'elles ont pu déployer, peut apparaître comme un "effort pour rendre l'autre fou" !


http://www.petitionduweb.com/Petition_paya_poirel_berger_sans_troupeau-10741.html

Pour l'instant ce sont eux, bientôt sans y prendre garde ce sera nous...
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DecemberTen

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Re : Internement sans consentement d'un militant écologiste.
« Réponse #2 le: 08 avril 2012 à 11:13:02 »

Ca veut dire quoi "il réagit violemment" ?
Un peu rapide comme raccourci, ça a son importance ce genre de "détails" pour avoir une idée plus claire de l'affaire (menaces, voies de faits quelconques ?).
Bon maintenant, un internement sans consentement, c'est un pléonasme... ;D
Et cet internement implique généralement une médication, c'est évident.
C'est généralement la société, le peuple (outre les pathologies évidentes et dangereuses avérées) qui demande à ce qu'on interne ce qui sort de la "normale".
La différence fait peur, dérange et vous renvoie l'image de ce que vous pourriez devenir....
A la différence du miroir qu'on peut éviter au maximum quand on aime pas son image, il est difficile d'éviter une personne ayant un comportement différent et qui semble inapproprié en rue ou à proximité.

Peut-être un peu H-S par rapport au sujet initial, mais voici un petit exemple pour imager mon propos:
J'avais un patient d'une soixantaine d'années bien tapées, un bon petit gros costaud, toujours souriant, un peu simple, "doux :angel:" quoi..., et je me demandais toujours ce qu'il foutait en psychiatrie, puisqu'il ne présentait pas de danger à première vue, au contraire, il était très serviable et essayait toujours de se rendre utile, il n'avait même pas de médocs (rare !).
J'ai cherché dans son dossier mais je ne trouvais pas grand chose.
Bon, ok, il était un peu limité et ne parlait pas à part quelques grondements, mais sinon  ???
J'ai été trouver un collègue plus vieux et plus ancien que moi dans l'hôpital et je lui ai demandé des précisions sur ce patient.

Sa petite histoire illustre bien ce que je décris; en réalité, ce bon gars était un ancien "garçon de ferme".
Dans le temps, tous les petits villages avaient leur "simple" qui généralement donnait un coup de main aux habitants et surtout au fermier du coin.
C'était le cas pour ce brave gars; le fermier l'employait et lui confiait des taches diverses et de en temps le labour d'un champ ou l'autre...
Comme il n'y avait pas de clôtures dans certains champs, le fermier posait des petits piquets de bois peints en blanc afin que le garçon de ferme, vu qu'il n'était pas fut-fut, sache quand il devait faire demi-tour et attaquer une autre ligne.
Oui mais voilà..., un jour le fermier a oublié de mettre des piquets et le brave gars a continué sa ligne de labour dans les autres champs à côté.
Bon pas besoin d'expliquer qu'un tracteur équipé d'une charrue, qui trace tout droit à travers la campagne dans des plantations où il n'a rien à faire, ça fait du dégât  ;D ::).
Résultat des courses, après que tout le village ait bien rigolé et se soit payé la tête du fermier (oui moi aussi j'ai bien rigolé  ;D), ça a fait un ramdam dans le village, et la question de la dangerosité du garçon de ferme s'est posée....
Résultat ? Ben vous le connaissez, il a été interné.

Vous remarquerez qu'il n'y a plus de garçons de fermes ou de "doux" dans les villages, la faute à qui ?
Au tout sécuritaire !
La différence fait peur, dérange et la société, les gens refusent cette différence et demandent qu'on les en débarrasse !
Alors, prêts à accueillir un "différent" dans le village ou la ville mmm...  :-\ ?
Idem pour les SDF...
Vous en voulez de la sécurité ? Ok, mais gaffe mes gens, parfois ça dérape et c'est vous qui devenez le "différent", "hors normes"...
C'est une notion qui n'échappe pas aux soignants de psychiatrie, c'est bien présent dans leurs cerveaux; tous savent qu'un jour ça peut leur arriver !
« Modifié: 08 avril 2012 à 11:47:21 par DecemberTen »
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Al198

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Re : Internement sans consentement d'un militant écologiste.
« Réponse #3 le: 08 avril 2012 à 19:02:15 »

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Bon maintenant, un internement sans consentement, c'est un pléonasme... ;D

Lol après coup ça fait étrange en effet, je sais pas si je peux changer le titre enfin bon on voit l'idée quand même. "Bonjour je souhaiterais vivement que vous m'interniez dans votre belle cellule capitonnée"  :D.

Pour l'image du doux-dingue c'est vrai, heureux les simples d'esprit comme qui dirait, ces personnages ne demandent rien a personne et ce tout psychiatrique à changé petit à petit cette perception de la différence ici comportementale. Et le danger est parfaitement résumé dans ta conclusion. On est/sera tous le fou de quelqu'un...

Dans cette vision à remodeler c'est pour cela que j'apprécie grandement le site du collectif, redonner visage humain pour ainsi dire aux patients réellement en souffrance, mais finalement les maison de retraites aujourd'hui c'est déjà un scandale similaire en soit dans l'image que cela donne d'un être humain: un produit périmé  :-\.
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Argonot

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Re : Internement sans consentement d'un militant écologiste.
« Réponse #4 le: 09 avril 2012 à 02:31:14 »

En somme , tu crains que cette loi soit utilisée pour interner des opposants politiques sous un prétexte médical , comme cela se faisait en URSS ( et peut-être encore dans des régimes communistes actuels ? )
http://fr.wikipedia.org/wiki/Psychiatrie_punitive_en_URSS

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Al198

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Re : Internement sans consentement d'un militant écologiste.
« Réponse #5 le: 09 avril 2012 à 12:03:18 »

Cela se fait toujours en Russie http://www.mensongepsy.com/doc/russie.pdf et pour notre pays le cas du militant parle de lui même les possibilités sont là... Maintenant nos hôpitaux et leur professionnels de santé ne sont pas violent à l'instar de ces geôles russes mais il convient de garder un oeil et éviter la surprise.
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