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Auteur Sujet: L'étrange cas de "Kirk Allen"  (Lu 3947 fois)

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Aliph

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L'étrange cas de "Kirk Allen"
« le: 23 mai 2010 à 18:16:14 »

Connaissez-vous  le  cas  étonnant  de  « Kirk  Allen » (pseudonyme) ?
Etudiée  par  le  psychanalyste  Robert  Lindner  et  racontée  par  lui  dans  un  ouvrage  qui  reste  toujours  non-traduit  en  français  de  nos  jours, cette  histoire  est  pour  le  moins  bizarre...
Jacques  vallée  le  cite  dans  « Révélations », comme  un  argument  contre  l’affaire  Ummo.
Jimmy  Guieu  s’en  est  inspiré  comme  base  de  son  roman  « La  voix  qui  venait  d’ailleurs » (PLON  N° 60), et  le  cite  explicitement  en  p. 108  de  cet  ouvrage.
Il  a  également  inspiré  le  roman, puis  le  film  du  même  nom, « K-Pax : l’homme  qui  venait  d’ailleurs ».

Voici  tout  d’abord  le  compte  rendu  publié  dans  « Planète »  N° 9. (p. 122  à  135).  Rubrique  « Psychologie  différente » : « Cet  atomiste  est-il  fou ? »


«
LE  FABULEUX  VOYAGE  D’UN  ATOMISTE

D’après  les  notes  du  docteur  Robert  Lindner, psychanalyste


QUELQUES  MOTS  D’ANTE-EXPLICATION

Lindner, mort  en  1960, était  l’un  des  plus  célèbres  psychanalystes  américains, et  le  gouvernement  des  U.S.A.  eut  fréquemment  recours  à  ses  services, soit  pour  l’examen  de  traîtres  démasqués, soit  pour  le  traitement  de  hautes  personnalités. Il  a  raconté  quelques-uns  de  ses  souvenirs  dans  un  ouvrage  intitulé  « L’heure  de  cinquante  minutes » – le  temps  d’une  séance. C’est  dans  cet  ouvrage  non  traduit  que  nous  avons  trouvé  le  document  dont  nous  donnons  ici  l’essentiel.
Lindner  est  aussi  l’auteur  d’une  étude  sociopsychologique, « rebelles  sans  raison », qui, pour  la  première  fois, attira  l’attention  sur  les  jeunes  gens  en  révolte. De  cette  étude  devait  naître  un  film, « La  fureur  de  vivre », qui  révéla  James  Dean.
Le  texte  que  nous  présentons  résume  l’histoire  et  l’essai  d’analyse  d’un  des  physiciens  atomistes  responsables  de  la  bombe  H, dont  la  vie  mentale  se  déroulait – et  se  déroule  peut-être  encore – dans  deux  univers : le  nôtre  et  celui  d’une  autre  planète, Seraneb.
De  cette  autre  planète, ce  physicien  a  « rapporté »  des  milliers  de  pages  de  notes  techniques : « Métabiologie  des  habitants  des  vallées », « Application  de  la  théorie  du  champ  unifié  à  la  propulsion  hyperphotonique », « Procédés  de  manufacture  et  chimie  des  colorants ». On  est  ainsi  en  présence  d’une  encyclopédie  inspirée. Ces  notes  n’ont  pas  été  étudiées  par  des  spécialistes, et  c’est  sans  doute  regrettable. Il  est  évident  que  la  formation  de  Lindner  était  insuffisante  pour  un  examen  réellement  scientifique  de  ces  fantastiques  « rapports ».
De  Mme  Blavatsky, fondatrice  de  la  théosophie, à  Willermoz, de  Rudolf  Steiner, créateur  de  l’anthroposophie, aux  auteurs  illuminés  de  la  colossale  « Cosmogonie  d’Urantia »  que  vient  de  traduire  de  l’anglais  Jacques  Weis, la  liste  est  longue  des  esprits  qui  se  mirent  à  écrire, comme  sous  dictée, des  encyclopédies  rassemblant  des  fragments  de  connaissances  dans  tous  les  domaines – connaissances  étrangères  à  celles  qui  constituent  le  patient  acquis  de  l’humanité. (1)
Le  phénomène  n’a  nullement  été  expliqué. On  peut  évidemment  parler  de  psychose, de  fuite  dans  l’imaginaire, et  chercher  les  causes  de  cette  fuite  dans  des  traumatismes  de  l’enfance. C’est  ce  que  fait  Lindner  pour  notre  physicien, lequel, d’ailleurs, ne  se  sent  pas  du  tout  malade, n’éprouve  pas  du  tout  le  besoin  d’être  « guéri ». Et  quand, à  la  fin, notre  atomiste  déclare  au  psychanalyste  qu’il  « ne  croit  plus  à  tout  cela », on  peut  se  demander  s’il  ne  veut  pas, seulement, avoir  la  paix, et  continuer  à  travailler  sans  plus  perdre  de  temps  sur  le  divan  du  médecin.


ET  SI  C’ETAIT  UN  CONTACT  AVEC  L’EXTERIEUR ?

Les  explications  données  par  Lindner  ne  nous  convainquent  pas. Sans  rejeter  toutefois  l’éventualité  d’une  explication  purement  psychanalytique  de  cette  histoire, nous  proposons (timidement) une  autre  hypothèse :
On  imagine  toujours  le  contact  avec  des  intelligences  extra-terrestres  d’une  manière  enfantine : un  débarquement  d’êtres  bizarres. Et  si  le  contact, ou  l’essai  de  contact, était  plus  subtil ? Si, à  chaque  génération  de  l’humanité, des  tentatives  étaient  faites  sur  certains  cerveaux  particulièrement  réceptifs, pour  dicter  un  message, toujours  assez  confusément  reçu ? Si  ces  « fous  encyclopédiques »  étaient  des  cas  de  télépathie  avec  l’infini ?
C’est  une hypothèse  que  nous  nous  réservons  d’étudier  plus  profondément  en  reprenant  toutes  les  « encyclopédies  inspirées »  dont  nous  avons  connaissance.
Nous  avons  cherché  à  savoir  quel  était  le  physicien  atomiste  dont  parle  Lindner  en  lui  donnant  le  nom  de  Kirk  Allen. Selon  Bergier, il  s’agirait  d’un  chercheur  qui, en  1959, travaillait  encore  à  la  base  militaire  de  Livermore  où  il  occupait  de  hautes  fonctions.
Voici  maintenant  le  récit  de  Lindner :


L’ARMEE  M’ENVOIE  QUELQU’UN  D’UNE  AUTRE  PLANETE

Mon  histoire  commence  par  une  suffocante  matinée  de  juin  à  Baltimore, avec  l’appel  téléphonique  d’un  médecin  affecté  à  une  base  militaire  secrète, dans  le  Sud-Ouest.
Il  m’appelait  au  sujet  d’un  malade :
« C’est  un  homme  encore  jeune, physicien  affecté  à  la  Recherche  dans  notre  base. Autant  que  j’en  puisse  juger, il  est  en  tous  points  normal, exception  faite  d’un  tas  d’idées  saugrenues  selon  lesquelles  il  vivrait  une  partie  de  son  temps  sur  une  autre  planète. Peut-être  n’est-ce  pas  très  grave, mais  l’ennui  est  qu’il  lui  arrive  si  réellement  de  « s’absenter »  que  son  rendement  faiblit. Washington  nous  l’a  envoyé  pour  occuper  un  poste-clé, et, voici  quelques  semaines  encore, il  faisait  des  étincelles.
Certes, il  se  dit  désolé  de  cette  baisse  de  rendement  dans  son  secteur. Il  dit – écoutez  bien – qu’il  essaiera  « dorénavant  de  passer  davantage  de  son  temps  sur  notre  planète » !
Kirk  Allen  arriva  à  Baltimore  trois  jours  après. Toutes  les  hypothèses  de  « délire  scientifique »  que  j’avais  pu  forger  sur  son  compte  s’évanouirent  lorsqu’il  franchit  le  seuil  de  mon  cabinet. Il  avait  l’air  d’un  jeune  directeur  d’entreprise.
Sa  présentation  et  son  langage  étaient  pleins  de  charme. Il  parlait  avec  juste  assez  de  timide  hésitation  pour  me  faire  comprendre  l’aspect  quelque  peu  gênant  de  sa  situation  présente. Sa  voix  m’intrigua.
« Vous  n’êtes  pas  né  aux  Etats-Unis, Mr. Allen ?
– Non. Comment  l’avez-vous  deviné ?
– Quelque  chose  dans  votre  voix. On  dirait  qu’il  fut  un  temps  où  vous  utilisiez  une  langue  plus  douce.
– Vous  avez  raison. J’ai  d’abord  parlé  un  dialecte  polynésien. »
Puis  Kirk  Allen  m’expliqua  qu’il  était  né  en  Hawaï  et  avait  été  élevé  par  une  nourrice  polynésienne.


CE  FUT  UN  ENFANT  TRES  COMME  LES  AUTRES

Il  était  enfant  unique. A  sa  naissance, son  père, officier  de  marine, était  déjà  un  homme  d’âge. Il  devait  mourir  quatorze  ans  plus  tard. Kirk  se  souvenait  de  lui  comme  d’un  personnage  au  maintien  imposant, qui  menait  son  foyer  et  « son  île »  comme  s’il  s’était  agi  du  carré  des  officiers  d’un  navire  de  guerre. Sa  mère  avait  trente-cinq  ans. Elle  était  d’un  tempérament  opposé, ambitieuse  et  mondaine. Le  foyer  devint  rapidement  le  centre  de  la  vie  mondaine  d’Honolulu  et  le  resta  durant  les  années  de  guerre, bien  que  le  « commodore »  ne  fût  que  rarement  présent.
A  la  fin  de  la  guerre, le  vieux  marin  fut  nommé  haut-commissaire  d’une  île  sous  mandat. Il  fallut  passer  de  la  brillante  vie  d’Honolulu  à  une  existence  sévère  dans  un  avant-poste  éloigné. Devant  l’écroulement  de  ses  espoirs, la  mère  de  Kirk  sombra  dans  un  état  de  neurasthénie. Alors  qu’elle  avait, jusque-là, fait  preuve  d’un  léger  intérêt  pour  son  fils, elle  l’abandonna  complètement  aux  soins  de  la  domesticité. Elle  prit, dans  l’existence  de  son  fils, l’aspect  d’une  silhouette  mystérieuse  et  sombre. Ainsi, pour  Kirk, les  seuls  rapports  humains  significatifs  furent  ceux  établis  avec  sa  nourrice  hawaïenne, avec  la  femme  indigène  qui  le  prit  en  charge  après  la  mort  de  celle-ci, puis  avec  les  quelques  gouvernantes  de  race  blanche  que  son  père  faisait  venir  des  Etats-Unis.
Il  n’y  avait  pas  d’autre  enfant  blanc  sur  l’île. Cette  curieuse  condition  l’amenait  à  une  sorte  de  perplexité  intérieure, donnant  naissance  à  des  prédispositions  psychiques  dont  les  conséquences  ne  devaient  se  révéler  qu’après  des  décades, lorsque  son  aliénation  devint  évidente. Toute  son  enfance  et  sa  prime  adolescence  furent  hantées  par  le  sentiment  de  cette  « différence »  entre  lui  et  ses  compagnons. Ceci  entraîna  une  scission  de  la  personnalité  engendrant  chez  Kirk  deux  conceptions  contradictoires  de  lui-même  et  du  monde.
D’un  côté, un  complexe  d’infériorité : l’univers  indigène, avec  sa  cohésion  et  sa  chaleur  humaine, ne  l’admettait  qu’à  moitié. D’un  autre  côté, un  sentiment  intérieur  de  supériorité (2). La  déférence  que  lui  valait  sa  condition  de  petit  garçon  blanc, fils  du  haut-commissaire, fit  naître  en  lui  la  conviction  que  cette  « différence »  avait  le  sens  d’une  élection  particulière.
A  neuf  ans, en  dépit  d’un  enseignement  chaotique, ses  facultés  de  lire  et  de  comprendre  étaient  celles  d’un  enfant  très  avancé. Les  brochures  religieuses  envoyées  par  les  missions, les  volumes  de  la  bibliothèque  du  prêtre  catholique  résidant, les  vieux  journaux  jetés  par  les  équipages, les  romans  apportés  par  les  épouses  du  personnel  expatrié, les  manuels  de  marine  de  son  père, tout  cela  fut  dévoré  par  Kirk, lu  et  relu  à  maintes  reprises, tandis  que  les  années  d’isolement  s’accumulaient.
La  rêverie  diurne  se  mit  à  occuper  la  plus  grande  partie  de  son  temps, et  c’est  alors  qu’apparurent  ces  extravagantes  « re-créations »  du  monde  par  son  imagination, qui  devaient  revêtir  pour  lui  une  telle  importance  et  marquer  si  profondément  sa  vie  jusqu’au  jour  de  notre  rencontre.


UNE  SORTE  DE  VIOL

Quand  il  eut  onze  ans, une  nouvelle  gouvernante  fit  son  apparition  dans  la  vie  de  Kirk  et  lui  ouvrit  un  autre  champ  d’expérience.
Voici  ce  que  me  raconta  Kirk  Allen :
« Les  enfants, là-bas, atteignent  rapidement  leur  maturité, et  la  sexualité  y  est  considérée  sous  un  tout  autre  angle  qu’en  notre  occident. Non  seulement  les  jeux  sexuels  de  l’enfance  s’y  pratiquent  de  façon  ouverte, mais  ils  sont  encouragés  par  les  adultes  de  la  communauté.
Lorsque  arriva  miss  Lilian, j’étais  déjà  averti, encore  que  je  n’eusse  jamais  eu  le  moindre  commerce  sexuel. A  mesure  que  les  jours  passaient, elle  se  comportait  d’une  telle  façon  qu’il  me  fut  impossible, même  à  mon  âge, d’ignorer  combien  la  préoccupaient  toutes  les  questions  d’ordre  sexuel. Elle  ne  tarda  pas  à  prendre  l’habitude  de  se  déshabiller  sous  mes  yeux, ce  qui  finit, bien  entendu, par  produire  son  effet. Et, un  soir, alors  qu’elle  procédait  à  son  petit  numéro  devant  le  miroir, j’eus, en  l’observant, une  émotion  fort  visible. Elle  ouvrit  de  grands  yeux, sa  gorge  se  mit  à  palpiter, et  je  n’eus  pas  le  temps  de  dire  « ouf »  qu’elle  s’était  jetée  sur  moi. Miss  Lilian  devient  dès  lors  insatiable. Elle  prenait, deux  ou  trois  fois  par  nuit  et  souvent  même  pendant  la  journée, l’initiative  de  nos  relations. A  certains  moments, il  me  fallait  fuir  pour  échapper  au  déchaînement  de  son  désir. J’avais  seulement  onze  ans. Je  devins  vague  et  inattentif. J’avais  l’air  hagard, abattu. Lorsque  je  n’étais  plus  en  mesure  de  répondre  à  ses  appels, miss  Lilian  devenait  véritablement  furieuse. »
La dévorante  finit  par  s’enfuir  avec  un  officier, et  Kirk  retourna  à  ses  occupations  habituelles, mais  avec  une  sensation  d’isolement  plus  grand.
Il  se  replongea  dans  la  lecture.
Un  envoi  exceptionnel  de  livres  fut  un  jour  adressé  à  la  mission  locale. Le  premier  par  lequel  Kirk  choisit  de  commencer  était  le  roman  d’un  écrivain  anglais  renommé. Il  s’aperçut  que  le  héros  était  son  propre  homonyme. Une  sorte  de  choc – ce  sont  ses  propres  termes – le  laissa, durant  une  minute, totalement  désorienté. Cette  sensation  disparut  rapidement  et  il  acheva  l’ouvrage  avec  passion.
Quelques  jours  plus  tard, la  même  coïncidence (rencontre  d’un  personnage  fictif  portant  son  propre  nom) se  répéta, cette  fois  dans  un  volume  de  réflexion  semi-philosophiques. Cette  découverte  lui  causa  un  nouveau  choc, entraînant  sa  participation  passionnée  au  contenu  de  l’ouvrage, suivie  de  si  nombreuses  re-lectures  de  ce  dernier, qu’il  finit  par  en  connaître  de  nombreux  passages  par  cœur.
Peu  de  temps  après  ces  deux  expériences, il  tomba  de  nouveau  sur  son  propre  nom, appliqué  à  un  personnage  de  science-fiction (3). Cette  fois, cependant, l’expérience  ne  lui  causa  pas  la  moindre  surprise  ni  le  moindre  choc. « Je  crois  que  je  m’y  attendais  plus  ou  moins, me  dit-il  à  ce  propos, et, lorsque  la  chose  se  produisit, ce  fut  comme  si  je  l’avais  toujours  su  et  venais  de  retrouver  ce  qui  avait  été  perdu… » Le  personnage  portant  son  nom  était  le  protagoniste  d’une  longue  série  d’histoires  fantastiques  écrites  par  un  auteur  américain.
Fasciné, Kirk  poursuivait  sa  lecture… Et, bientôt, s’opéra  en  lui  une  mystérieuse  transformation  que  peuvent  seules  décrire  ses  propres  paroles :
« Tandis  que  je  lisais, dans  ces  ouvrages, les  récits  des  aventures  de  Kirk  Allen, ma  conviction  grandit  que  non  seulement  ces  histoires  étaient  véridiques  jusque  dans  le  moindre  détail, mais  qu’elles  me  concernaient. En  quelque  sorte, si  fantastique  et  inexplicable  que  soit  la  chose, je  savais  que  ce  que  j’étais  en  train  de  lire  était  ma  propre  biographie. Rien, dans  ces  livres, ne  m’était  étranger : je  reconnaissais  tout, les  scènes, les  gens, l’ameublement  des  pièces, les  événements, et  même  les  paroles  prononcées ; je  reconnaissais  tout  cela  avec  cette  sensation  familière  que  l’on  éprouve  en  retrouvant  une  maison  où  l’on  a  vécu, ou  un  ami  perdu  de  vue. Toute  l’affaire, si  vous  voulez, était  une  longue, unique  et  presque  interminable  expérience  de  « déjà  vu », mot  qui  vous  est  cher, je  crois, en  psychanalyse. Ma  vie  de  tous  les  jours  commença, dès  lors, à  passer  sur  des  plans  de  plus  en  plus  reculés. En  fait, elle  devint  la  Fiction – tandis  que  les  livres, eux, devenaient  ma  Réalité. Je  n’accordais  plus  qu’une  attention  minime  aux  affaires  de  la  vie  quotidienne  telles  que  le  souci  de  conservation, l’alimentation, l’étude, les  déplacements  dans  l’île – car  cela, c’était  le  rêve. La  vie  réelle, ma  vie  réelle, se  trouvait  dans  les  livres. C’est  là  que  je  vivais : là  que  se  trouvait  mon  être  véritable. »
Ainsi, tandis  que  son  apparence  physique  continuait  à  mener  une  existence  terrienne, l’essence  vitale  de  son  être  se  trouvait  fort  loin  de  là, dans  une  autre  planète.
Il  entreprit  alors  l’œuvre  de  sa  vie : celle  qui  consistait  à  reprendre  le  récit  là  où  son  « biographe »  l’avait  abandonné, et  à  consigner  la  suite  de  l’histoire  de  l’héroïque  Kirk  Allen.


IL  SE  MIT  A  SE  SOUVENIR  DU  FUTUR…

A  dix-neuf  ans, son  père  mort  et  sa  mère  revenue  aux  Etats-Unis, Kirk  entra  dans  l’une  des  grandes  universités  de  l’Est. Ses  dons  scientifiques  furent  remarqués. Au  bout  du  premier  semestre, il  reçut  la  charge  d’un  poste  à  la  Recherche  scientifique, sous  les  auspices  conjoints  de  l’université  et  du  gouvernement  des  Etats-Unis. Son  doctorat  passé, il  fut  appelé  sous  les  drapeaux  et  affecté  aux  travaux  concernant  certain  « projet  spécial »  dont  l’état  de  réalisation  ouvrait  alors  des  perspectives  lourdes  de  conséquences. Quand  la  Seconde  Guerre  mondiale  prit  fin (dans  des  conditions  qui  n’étaient  pas  étrangères  au  travail  assigné  à  Kirk) (4), il  fut  libéré  de  ses  obligations  militaires. Il  suivit  une  année  d’études  à  l’étranger, grâce  à  une  subvention  convoitée  par  bien  des  chercheurs, puis, à  son  retour, fut  invité  à  se  joindre  au  projet  en  cours  à  la  Base  X. Dans  la  période  se  situant  entre  la  découverte  par  Kirk  de  sa  « biographie »  et  sa  venue  chez  moi, il  consacra  un  large  éventail  de  son  temps, ainsi  qu’une  part  de  son  esprit, à  développer  dans  le  détail  son  incessante  création.
Mais, avec  les  années, quelques  changements  remarquables  affectèrent  son  processus  imaginatif :
« Comme  je  vous  l’ai  dit, j’acquis  la  conviction  que  les  livres  me  concernaient. Il  me  semblait  bien  me  rappeler  tout  ce  dont  ils  parlaient. Je  me  persuadai  que  ces  ouvrages  avaient  été  composés  dans  le  Futur, puis, pour  ma  propre  gouverne, renvoyés  dans  le  Présent  par  un  procédé  particulier. (5)
J’en  vins  à  développer  la  notion – difficile  à  expliquer  bien  que  devenue  aujourd’hui  l’un  des  thèmes  favoris  des  auteurs  de  science-fiction – d’une  « co-existence »  des  dimensions  temporelles  se  traduisant  par  une  sorte  de  triple  simultanéité  « passé-présent-futur » : ce  qui  rendait  concevable  le  fait  de  mener  une  existence  ordinaire, tout  en  gardant  la  possibilité  de  se  rappeler  le  Futur. Mon  premier  souci  fut  donc  de  me  souvenir. Je  commençai  par  mettre  au  point, d’abord  dans  mon  esprit, puis  par  écrit, sous  forme  de  cartes  géographiques, de  tableaux  généalogiques, etc., toutes  les  données  fournies  par  l’auteur  de  ma  « biographie ». Une  fois  ce  travail  mené  à  bien, le  simple  exercice  de  ma  mémoire  me  permettait  de  corriger  les  erreurs, de  rajouter  de  nombreux  détails  et  de  combler  les  lacunes  entre  deux  volumes  successifs  de  cette  « biographie ». Ces  travaux  demandèrent  plusieurs  années  et  des  efforts  considérables.
Au  bout  d’un  certains  temps, revivre  mon  Futur  finit  par  me  lasser  quelque  peu  et  je  commençai  à  me  poser  des  questions  sur  ce  qui  allait  arriver  à  Kirk  Allen – ou  plutôt, en  parlant  de  mon  propre  poste  d’observation – sur  ce  qui  lui  était  arrivé – à  partir  du  moment  où  s’arrêtait  la  « biographie »  due  à  l’auteur. L’une  des  plus  grandes  difficultés, à  ce  propos, était  de  faire  la  distinction  entre  l’Imagination  et  la  Mémoire. Ceci  requérait  une  discipline  mentale  terrifiante. Je  m’aperçus  que, toujours, un  petit  détail  « clochait »  quand  c’était  mon  imagination  qui  travaillait, alors  que, lorsque  je  me  rappelais, tout  s’ajustait  sans  la  moindre  faille (6). Approfondissant  cette  technique, je  devins  remarquablement  habile  à  faire  la  distinction  entre  la  réalité  de  mes  souvenirs  du  Futur  non  enregistré  et  les  excursions  imaginaires  auxquelles  je  n’étais  que  trop  enclin. Durant  de  nombreuses  années – exactement  jusqu’à  mon  retour  de  l’étranger, lorsque  je  commençai  à  travailler  à  ma  Base  d’affectation  avant  de  venir  vous  trouver  à  Baltimore –, je  me  consacrai  à  cette  entreprise. Je  prenais  soigneusement  des  notes, consignant  tout  par  écrit, sans  omettre  aucun  détail. A  mon  retour  d’Europe, l’affaire  prit  un  tour  nouveau. Voici  comment.


UN  ATOMISTE  ENTRE  DEUX  PLANETES

Un  nuit, peu  de  temps  après  mon  affectation  à  la  Base  X, j’étais  en  train  de  dresser  une  carte  d’un  territoire  exploré  par  Kirk  Allen  lors  d’une  expédition  sur  la  planète  d’une  autre  galaxie. Je  n’arrivais  pas  à  « visualiser »  les  détails  avec  clarté, alors  que  je  me  souvenais  avoir  survolé  le  territoire  à  basse  altitude  et  en  avoir  pris  des  vues  stéréoscopiques. Je  me  souvenais  également  avoir  rangé  ces  documents  dans  un  classeur  du  palais  de  ma  planète  d’origine. Je  pensais  à  ces  maudites  photographies  enfouies  là-bas  où  personne  d’autre  que  moi  ne  pouvait  accéder. Et  je  pensais : « Si  seulement… si  seulement  je  pouvais  être  là-bas, à  l’instant  même, j’irais  tout  droit  ouvrir  ce  classeur, et  examiner  ces  photographies !… » A  peine  avais-je  laissé  s’exprimer  cette  pensée  que  mon  être  entier  sembla  y  faire  réponse  par  un  retentissant : « Pourquoi  pas ? » A  la  même  seconde, j’étais  effectivement  à  l’endroit  désiré. Tout  ceci  s’accomplit  en  l’espace  de  quelques  minutes, et  je  me  retrouvai  devant  ma  planche  à  dessin, dans  la  peau  de  votre  serviteur. Mais  je  savais  que  l’expérience  avait  été  effective. J’en  voulais  pour  preuves  le  souvenir  détaillé  des  photographies  que  je  pouvais, à  présent, voir  aussi  nettement  que  si  elles  se  trouvaient  encore  entre  mes  mains, et  le  fait  que  je  n’eus  pas  la  moindre  difficulté  à  compléter  la  carte.
J’étais  ébranlé  jusqu’au  tréfonds  de  l’être. Je  ne  pouvais  comprendre  comment  il  m’avait  été  possible  de  traverser  l’immensité  des  Espaces, de  faire  éclater  les  structures  du  Temps, pour  m’identifier  avec  cet  autre  Moi, « devenir »  littéralement  le  Moi  lointain  et  futur  dont, jusqu’à  présent, je  n’avais  fait  que  me  rappeler  l’apparence. Suis-je  détenteur  de  quelque  outil  psychique  particulier ? De  quelque  organe  unique, ou  de  ce  que  Charles  Fort  appelait  un  « talent  sauvage » (7) ? Depuis  cette  nuit-là, je  passe  une  part  de  plus  en  plus  grande  de  mon  temps  à  être  le  Kirk  Allen  du  Futur. A  tout  instant, quel  que  soit  l’endroit  où  je  me  trouve, ou  mes  occupations  du  moment, je  puis  vouloir  être  ce  Kirk  Allen, et  je  le  suis, à  la  seconde  même. En  tant  que  « Kirk  Allen  II », mon  Moi  du  Futur, je  vis  sa  propre  vie. Et  lorsque  je  reviens  à  mon  Moi  présent, je  rapporte  les  souvenirs  me  permettant  de mettre  à  jour  les  documents  que  je  détiens.
Mon  existence  ici  se  déroule  à  un  rythme  que  vous  appelleriez  naturel. Tandis  que  lorsque  je  suis  Kirk  Allen  du  Futur, le  Temps  s’accélère, comme  si  on  le  comprimait. »
Il  me  fallut  plusieurs  jours  pour  obtenir  l’histoire  de  la  vie  de  Kirk, telle  que  je  viens  de  la  conter. La  difficulté  principale  résidait  dans  le  fait  qu’il  se  considérait  comme  parfaitement  normal, avec  l’intime  conviction  de  l’authenticité  de  toutes  ses  expériences. Il  reconnaissait, bien  sûr, qu’il  s’agissait  d’expériences  d’un  caractère  extraordinaire  et  même, à  franchement  parler, fantastique ; mais  il  les  croyait  dues  à  quelque  qualité  ou  pouvoir  psychique  inconnu.
Ce  qu’il  éprouvait, à  présent  que  sa  psychose  avait  été, pour  ainsi  dire, rendue  « publique », n’était  pas  de  nature  à  l’inquiéter ; le  choc  qu’avaient  ressenti, à  cette  révélation, son  directeur  et  le  médecin  de  la  Base  X  l’amusait, sans  plus. Contre  le  mur  que  m’opposait  son  absolue  conviction  de  bonne  santé  mentale – phénomène  rarissime  dans  les  maladies  mentales –, je  me  trouvais, à  première  vue, impuissant. Enfin, s’il  est  vrai  que  chaque  psychose  représente, chez  l’individu, un  moyen  de  résoudre  le  conflit  qui  l’oppose  au  monde, il  semblait, dans  ce  cas, qu’il  n’y  en  eût  aucun.
J’examinai  ces  questions  de  nombreux  jours. Cependant, Kirk  m’avait  communiqué  l’ensemble  de  sa  documentation. Dans  l’espace  qui  m’est  ici  dévolu, je  ne  puis  dépasser  le  stade  du  simple  inventaire.


UNE  « DOCUMENTATION »  EXTRAORDINAIRE

Il  y  avait, pour  commencer, environ  12 000  pages  dactylographiées, consacrées  à  la  bibliographie  « revue  et  corrigée »  de  Kirk  Allen. Elles  comportaient  quelque  200  chapitres  et  se  lisaient  comme  un  ouvrage  de  science-fiction. A  ces  pages  venaient  s’ajouter  en  appendice  environ  2 000  notes  supplémentaires, dues  à  la  main  de  Kirk  et  contenant  les  corrections  nécessitées  par  ses  « recherches »  les  plus  récentes, sans  compter  un  amas  considérable  de  remarques  et  de  réflexions  griffonnées  sur  des  enveloppes, factures, comptes  de  blanchissage, feuillets  déchirés  de  blocs, carnets, etc. Ces  brouillons  étaient, pour  la  plupart, incompréhensibles, Kirk  les  ayant  transcrits  dans  une  sorte  de  sténo  personnelle (8). En  outre, nombre  d’entre  eux  consistaient  en  simples  dessins  ou  croquis  faits  à  la  hâte, en  équations  mathématiques  ou  en  représentations  symboliques  de  tel  ou  tel  élément  pour  moi  inconnu. Le  tout  était  cependant  soigneusement  numéroté  et  une  annotation  au  crayon  rouge  indiquait  son  emplacement  de  référence  dans  le  texte  principal. Au  volumineux  manuscrit, avec  appendice  et  notes, s’ajoutaient :
– un  glossaire  de  noms  et  expressions  dépassant  les  cent  pages,
– 82  cartes  en  couleur  minutieusement  établies  à  l’échelle, dont  23  de  corps  célestes  en  quatre  projections  différentes ; 31  consacrées  aux  masses  continentales  de  ceux-ci ; 14  intitulées  « Expédition  de  Kirk  Allen  à… » ; les  autres  représentant  les  agglomérations  des  diverses  planètes,
– 161  études  et  élévations  d’architecture, les  unes  en  couleur, les  autres  tracées  d’une  seule  encre, mais  toutes  graduées  et  annotées  avec  un  grand  souci  de  précision,
– 12  tableaux  généalogiques ; 18  pages  de  description  du  système  galactique  dont  faisait  partie  la  planète  habitée  par  Kirk  Allen, avec  4  schémas  astronomiques  correspondant  à  chacune  des  saisons, et  9  cartes  du  ciel  vu  d’observatoires  situés  sur  d’autres  planètes  du  système,
– une  histoire  de  l’Empire  régi  par  Kirk  Allen, en  200  pages, avec  3  tableaux  synoptiques  des  dates  et  noms  des  batailles  ou  événements  historiques  marquants,
– une  série  de  44  brochures, de  2  à  20  pages, traitant  chacune  d’un  aspect  déterminé  de  la  planète  gouvernée  par  la  personnalité  future  de  Kirk  Allen ; par  exemple, le  mode  de  vie  dans  la  capitale, ou  une  phase  de  l’existence  sur  cette  planète  ou  telle  autre  du  système.
Les  brochures  étaient  marquées  de  titres  particuliers, d’une  impression  nette, parmi  lesquels  on  pouvait  noter :
– La  Faune  de  Srom  Olma  I.
– Les  Modes  de  transport  sur  Seraneb.
– La  Vie  scientifique  à  Srom.
– Métabiologie  des  habitants  des  Vallées.
– Histoire  de  l’Institut  scientifique  inter-galactique.
– Parapsychologie  de  Srom  Norbra  X.
– Fondements  économiques  de  la  société  dans  les  Vallées.
– Etude  sociologique  de  Srom  Olma  I.
– Application  de  la  théorie  du  Champ  Unifié  à  la  propulsion  hyperphonique. (9)
– Mécanisme  du  Propulseur  interstellaire.
– Unicité  du  développement  cérébral  chez  les  Crystopèdes  de  Srom  Norbra  X.
– Etudes  anthropologiques  concernant  Srom  Olma  I.
– Religions  et  Croyances  chez  les  habitants  des  Vallées.
– Culte  du  Feu  et  sacrifices  rituels  sur  Srom  Sodrat  II.
– Planification  alimentaire  à  Seraneb.
– La  sexualité  chez  les  Crystopèdes.
Le  lecteur  peut  imaginer  quel  fut  mon  découragement  à  la  simple  vue  de  cette  masse  considérable  d’informations, et  avec  quelle  appréhension  j’abordai  ma  tâche  pour  tenter  de  guérir  cet  homme  de  sa  folie.
C’est  dans  une  atmosphère  pour  le  moins  peu  favorable  que  commença  la  cure  de  mon  patient. Il  considérait  l’ensemble  du  traitement  comme  une  plaisanterie.
Kirk, on  s’en  souvient, n’était  pas  troublé  le  moins  du  monde  par  la  question  de  la  validité  de  ses  expériences  parapsychiques ; par  contre, il  avouait  sa  totale  ignorance  de  leurs  mécanismes  opérationnels : il  parlait  vaguement  de  « téléportation », d’un  « organe  psychique »  interne  particulier, d’un  « sens  télépathique »  hautement  développé, ou  d’un  « talent  sauvage »  plus  ou  moins  fortuit. Il  se  soumit  à  un  examen  neurologique  complet  et  fut  également  l’objet  d’observations  méticuleuses  de  la  part  d’un  endocrinologue  et  d’un  physico-anthropologue. Le  résultat  de  ces  tests  très  poussés  se  révéla  nul. Dans  tous  les  domaines – psychologie  mise  à  part –, ceux-ci  montraient  un  Kirk  désespérément  « normal ».
Vers  la  fin  de  cette  première  année  d’analyses, Kirk  et  moi-même  nous  trouvâmes  dans  une  situation  des  plus  étranges.
Nous  avions, à  ce  jour, été  en  mesure  d’analyser  dans  leurs  détails  tous  les  mécanismes  de  ce  gigantesque  système  imaginatif ; nous  en  avions  déterminé  les  origines  premières  dans  les  traumatismes  de  l’enfance  et  de  l’adolescence  et  avions  même  mis  au  point, méticuleusement, le  tableau  reliant  chaque  fait  vécu  à  chaque  trait  inventé (10). Mais  tout  cela  n’affectait  pas  le  moins  du  monde  le  comportement  de  mon  patient. Tout  en  concédant  que  les  fondements  mêmes  de  sa  « psychose » – nous  évitions  toujours  de  l’appeler  par  ce  nom – résidaient  dans  le  passé, tout  en  reconnaissant  à  quelle  manœuvre  d’auto-sauvetage  il  se  livrait  ainsi  par  la  fuite  hors  du  réel, tout  en  saisissant  aussi  bien  que  moi  le  pourquoi  et  le  comment  de  ces  processus, Kirk  ne  montrait  pas  pour  autant  la  moindre  intention  d’y  renoncer. Chaque  jour, ou  presque, il  pénétrait  dans  l’étrange  royaume  que  lui  avait  fait  créer  son  tourment, en  revenant  régulièrement  avec  une  excitante  moisson  de  nouvelles  ou  de  détails  pleins  de  vie  et  de  couleur, qui  s’ajoutaient  à  ses  « mémoires ». Extérieurement, son  apparence  restait  celle  d’un  homme  aux  facultés  et  aux  fonctions  intactes.
Tel  n’était  pas  mon  cas. Qui  plus  est, je  me  sentais  franchement  malheureux  devant  cette  situation, et  perplexe  à  un  point  que  je  n’avais  jamais  connu  devant  un  malade. Mon  unique  succès  personnel  se  réduisait  au  fait  d’avoir  pu  conserver  en  traitement  mon  patient. Du  moins, il  n’avait  pas  développé  plus  avant  sa  psychose, il  n’y  avait  pas  eu  accroissement  de  l’intensité  avec  laquelle  il  se  plongeait  dans  ce  domaine  d’une  imagination  surnaturelle. Simplement, il  continuait  à  s’y  tenir, au  même  point, à  peu  de  choses  près, que  lorsqu’il  était  arrivé  chez  moi  l’année  précédente.


OU  C’EST  LE  MEDECIN  QUI  PART  DANS  L’AUTRE  MONDE…

Je  conclus  soudain  qu’il  ne  restait  plus  qu’un  seul  moyen  de  traiter  son  cas. Il  me  vint  à  l’idée  que, pour  arracher  Kirk  à  sa  folie, il  me  fallait  entrer  dans  le  jeu  de  son  système  imaginatif.
Je  commençai  par  me  plonger  dans  les  « mémoires ». Des  jours  durant, profitant  de  chaque  moment  disponible, j’étudiai  la  masse  des  matériaux  que  m’avait  remis  Kirk. Je  finis  par  en  connaître  à  fond  le  contenu, au  point  que  les  détails  les  plus  insignifiants  me  restaient  gravés  dans  l’esprit (11). Naturellement, une  étude  aussi  approfondie  me  permit  de  faire  apparaître  bon  nombre  de  contradictions, que  précisément  j’exploitai  pour  lancer  ma  nouvelle  attaque  contre  la  psychose  de  Kirk. Ma  méthode  consistait  à  lui  mettre  sous  les  yeux  une  faute  de  logique  ou  une  erreur  de  calcul, ou  encore  des  différences  flagrantes  dans  la  description  d’un  même  lieu, figurant  en  diverses  parties  de  ses  « mémoires », et  à  lui  demander  de  me  fixer  à  leur  sujet. Ceci  entraînait  fréquemment  pour  Kirk  la  nécessité  d’une  « expédition  supplémentaire »  dans  le  futur : il  en  revenait  avec  les  précisions  demandées, et  nous  procédions  ensemble  à  la  correction  de  la  moindre  insuffisance  constatée.
Ce  ne  fut  qu’un  jeu, au  départ. Mais  cela  cessa  bientôt  d’être  un  jeu, et  les  éléments  que  je  manœuvrais  et  manipulais  quittèrent  les  mains  du  joueur  pour  devenir  les  instruments  de  forces  dont  il  avait  à  peine  conscience.
Les  premiers  symptômes  montrant  qu’opérait  sur  moi  le  charme  de  visions  d’utopie  créées  par  Kirk, et  que  j’y  succombais, consistaient  en  un  intérêt  croissant  pour  les  détails  de  l’univers  de  mon  malade, intérêt  qu’accompagnait  une  légère  mais  persistante  angoisse  à  leur  sujet. Mais  contrairement  à  ce  qui  s’était  passé  dans  les  phases  précédentes  du  traitement, cet  intérêt  et  cette  angoisse  étaient  moins  liés  à  l’issue  thérapeutique  en  cours, qu’à  l’univers  même  où  j’avais  pénétré. Ma  chasse  aux  erreurs  et  aux  contradictions  recelées  par  les  « mémoires »  se  poursuivait  avec  ardeur, mais  c’était  désormais  avec  l’obsession  de  « remettre  les  choses  d’aplomb », de  « saisir  la  réalité  objective ». Alors  que  chaque  faute  découverte  était  jadis  exploitée  par  moi  dans  un  but  thérapeutique, je  donnais  à  présent  priorité  à  sa  correction. Et  je  n’éprouvais  plus, en  décelant  telle  ou  telle  erreur, ce  frémissement  de  satisfaction  d’autrefois, où  le  dépistage  d’une  faute  équivalait  à  mes  yeux  à  un  armement  renforcé  pour  le  combat  mené  contre  la  psychose  de  Kirk. C’est  en  moi, au  contraire, que  la  découverte  de  telles  erreurs  déclenchait  à  présent  l’angoisse., c’est  moi  qu’elles  mettaient  mal  à  l’aise. En  outre, se  présentaient  à  moi  des  occasions  ou  tel  ou  tel  problème  posé  par  le  contenu  des  « mémoires »  ne  pouvait  être  réglé  immédiatement  par  une  discussion  avec  Kirk. J’avais  alors  l’impression  d’être  poussé, par  un  sentiment  d’angoisse  naissant, à  trouver  une  solution  par  mes  propres  moyens. Je  m’aperçus  bientôt  que  je  consacrais  mes  moments  de  loisir  à  des  calculs  ou  spéculations  susceptibles  de  résoudre  un  point  qui  m’avait  mis  dans  la  confusion  ou  l’embarras. Quand  il  m’arrivait  de  trouver  la  solution, j’éprouvais  un  soulagement  intense. Non  moins  intense  était  le  plaisir  avec  lequel  je  recevais  les  félicitations  dispensées  par  Kirk, quand  je  lui  présentais  l’explication  comme  un  triomphe  de  ma  propre  ingéniosité.


EN  ROUTE  POUR  LA  PLANETE  SERANEB

Il  m’arrivait  souvent, en  outre, quand  ni  la  discussion  avec  Kirk  ni  mes  propres  efforts  ne  permettaient  de  clarifier  un  point  douteux, d’estimer  « indispensable »  une  expédition  de  Kirk, afin  d’obtenir  sur  place  les  précisions  demandées. En  de  telles  circonstances, faisant  de  Kirk  mon  « commissionnaire  cosmique », et  lui  donnant  effectivement  des  ordres  pour  l’expédition  envisagée, je  m’aperçus  que  j’attendais  son  « retour »  avec  une  impatience  extraordinaire.
L’évolution  de  ma  condition  fut  alors  plutôt  celle  d’une  sorte  d’enchantement  virant  peu  à  peu  à  l’obsession. Je  ne  perdis  jamais  de  vue  le  fait  que  les  « équipées »  de  Kirk  dans  un  futur  éloigné, vers  quelque  imaginaire  et  lointaine  galaxie, n’étaient  pas  du  domaine  du  possible. Mais, préoccupé  comme  je  l’étais  par  l’univers  de  mon  malade, j’estimais  utile, en  ce  qui  me  concernait, de  ne  pas  m’appesantir  sur  la  façon  dont  m’étaient  rapportées  les  merveilleuses  précisions  demandées. C’est-à-dire  que  j’étais  moins  soucieux  de  la  méthode  par  laquelle  Kirk  obtenait  ces  renseignements  que  des  renseignements  eux-mêmes, de  leur  contenu  de  fait.
Alors  que  le  royaume  imaginaire  et  ses  délices  n’avaient, auparavant, attiré  mon  attention  que  lorsque  j’étais  en  présence  de  Kirk  ou  dans  mes  instants  de  loisir, il  m’arriva  d’en  subir  les  effets  à  tous  moments.
Je  me  surpris, par  exemple, en  train  de  traduire  en  olmayen  certains  mots, expressions  et  noms  propres. Des  phrases  entières  de  cette  langue  « extra-galactique », sans  être  annoncées  ni  voulues, se  mêlaient  souvent  à  mes  pensées, et  leur  obsédante  mélodie  continuait  à  me  tourmenter  l’esprit  jusqu’à  ce  que  je  les  aie  couchées  par  écrit  et  traduites  en  anglais.
J’en  vins, au  cours  de  cette  période, qui  fut  brève, mais  violente, à  frôler  les  bords  de  l’abîme. C’est  bien  la  douleur, qui  m’alerta  sur  le  péril  que  j’étais  en  train  de  courir  et  stimula  les  mécanismes  d’auto-conservation.
La  métamorphose  de  la  fascination  en  angoisse  m’alarma  suffisamment  tôt, pour  me  laisser  prendre  les  mesures  nécessaires  afin  de  m’arracher  à  cette  étrange  « mauvaise  passe ». Mais  avant  que  j’eusse  mené  à  bien  mon  « sauvetage », se  produisit, dans  l’espace  d’une  heure  à  peine, un  événement  extraordinaire.


KIRK  ALLEN  FAIT-IL  SEMLANT  D’ETRE  GUERI ?

Ce  matin-là, j’étais  dans  mon  cabinet, dominant  de  très  haut  les  rues  bruyantes  de  Baltimore. Dehors, une  tempête  de  neige. A  travers  l’écran  des  blanches  rafales, le  monument  de  la  place  du  Mont-Vernon  et, par-delà, le  port. Les  lampes  étaient  allumées, et  les  ombres  douces  formaient, sur  les  murs  d’un  vert  « cocotier », des  figures  géométriques  aux  contours  atténués. J’entendais  ma  secrétaire  pianoter  à  sa  machine  à  écrire  dans  l’autre  pièce. Soudain, accompagnée  d’un  agréable  tintement  de  petites  cloches, la  porte  du  hall  d’entrée  s’ouvrit, et  je  sus  que  Kirk  était  à  l’heure. J’avais  hâte  de  le  voir, l’ayant  envoyé  la  veille  en  « mission »  dans  sa  planète  Seraneb, mission  dont  j’attendais  un  rapport  détaillé.
Il  entra. Nous  nous  saluâmes  par  un  échange  de  grognements  familiers. Puis, sans  autres  préliminaires, poussé  par  un  état  de  tension  désormais  coutumier, j’engageai  la  conversation, lui  demandant  s’il  avait  les  renseignements  recherchés.
Il  acquiesça  d’un  signe  de  tête  et  tira  de  sa  poche  un  carnet  à  reliure  de  cuir, qu’il  ouvrit  et  posa  sur  mon  bureau. Je  le  feuilletai  rapidement, remarquant  avec  un  vif  sentiment  de  satisfaction  que  chaque  page  portait  un  croquis  et, pour  certaines, des  notes  manuscrites  de  l’écriture  de  Kirk. Puis  je  revins  à  la  première  page  et, l’extrayant  du  carnet, la  mis  à  côté  d’un  autre  dessin  que  j’avais  déjà  tiré  d’une  pile  de  papiers  auprès  de  mon  coude. Négligeant  Kirk, je  portai  toute  mon  attention  sur  les  deux  feuilles. J’étais  si  absorbé  à  les  comparer  et  à  prendre  des  notes  que  je  ne  remarquai  pas  le  moment  où  Kirk  quitta  son  fauteuil  pour  se  rendre  à  la  fenêtre.
Quand, finalement, je  me  tournai  vers  lui  pour  faire  mes  commentaires, je  remarquai  son  regard  fixe  dirigé  sur  moi  et  l’expression  d’inquiétude  de  son  visage.
– Quelque  chose  qui  ne  va  pas ? demandai-je.
– Non, répliqua-t-il, non, rien…
– Pourquoi  donc  rester  là-bas ? Ne  voulez-vous  pas  que  nous  travaillions  là-dessus  ensemble ?
– Pas  spécialement.
– Comment  se  fait-il ?…
Il  haussa  les  épaules.
– Je  n’en  sais  rien… Un  peu  de  fatigue, j’imagine.
– C’est  curieux, fis-je  observer. Ces  documents  sur  les  types  ethniques  olmayens  sont  particulièrement  intéressants… Vous  ne  trouvez  pas ?
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Aliph

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Re : L'étrange cas de "Kirk Allen"
« Réponse #1 le: 23 mai 2010 à 18:18:37 »

Il  haussa  de  nouveau  les  épaules  mais, cette  fois, vint  reprendre  son  siège.
Durant  le  quart  d’heure  qui  suivit, nous  « travaillâmes »  tous  les  deux – avec  une  intense  concentration  en  ce  qui  me  concerne – mais  la  façon  décousue  et  sans  suite  dont  procédait  Kirk, de  son  côté, n’échappa  point  à  mon  attention.
– Qu’est-ce  qui  ne  va  pas, Kirk ? Quelle  mouche  vous  pique  ce  matin ?
– Oh ! C’est  simplement  que…, et  sa  voix  s’étrangla.
– Que  quoi ?.. insistai-je.
– Eh  bien ! Simplement  que  j’ai  quelque  chose  à  vous  dire, et  qu’apparemment  je  n’y  parviens  pas.
– Quelque  chose  dont  vous  ne  m’avez  jamais  parlé ?
Il  acquiesça.
– Parlez, dis-je  avec  insistance.
Il  s’arrêta  en  face  de  moi, de  l’autre  côté  du  bureau  et  me  fixa  d’un  regard  inquiet.
– Je  vous  ai  menti.
– Menti ? A  quel  propos ?
Il  se  pencha  sur  le  bureau  et  reprit  son  carnet  de  notes.
– A  propos  de  ceci, dit-il, et  de  cela – il  montrait  les  papiers  sur  mon  bureau –, et  de  toutes  les  sottises  dont  je  vous  encombre  depuis  quelques  semaines. Tout  cela  n’est  que  mensonge, et  rien  d’autre. Je  l’ai  fabriqué  de  toutes  pièces… Tout, tout ! Pure  folie !
J’essayai  de  cacher  ce  que  j’éprouvais, de  taire  le  mélange  d’émotions  soulevées  en  moi  par  cet  aveu, déception  et  triomphe, inquiétude  et  soulagement. D’un  doigt  que  je  sentais  trembler, j’écrasai  posément  ma  cigarette.
– Vous  avez  tout  inventé ? demandai-je.
– Oui ! Tout !
– Même  vos… expéditions ?
– Mes  expéditions ! ricana-t-il. Quelles  expéditions ? Je  vous  dis  qu’il  y  a  belle  lurette  que  j’ai  renoncé  à  ma  folie !
– Mais  vous  m’avez  dit…
Il  s’assit  sur  le  bord  du  fauteuil, le  corps  rigide  et  les  traits  tendus.
- Je  sais  ce  que  je  vous  ai  raconté, fit-il  avec  un  accent  de  sincérité  et  de  sérieux. Mais, croyez-moi, il  y  a  longtemps  que  je  fais  semblant. Il  n’y  a  jamais  eu  d’expéditions.
– Mais  alors, demandai-je, pourquoi  avoir  fait  semblant ? Pourquoi  avoir  continué  à  me  raconter… ?
– Je  sentais  qu’il  le  fallait, répondit-il, j’avais  l’impression  que  cela  vous  était  nécessaire.
Ces  derniers  mots, il  me  sembla  les  entendre  de  longues  minutes  encore…
Je  me  levai  pour  regagner  mon  fauteuil  derrière  le  divan. Je  m’y  assis  et  fis  signe  à  Kirk  de  venir  s’allonger. Lorsqu’il  fut  installé, je  lui  demandai  de  parler…
… Le  détachement  de  sa  psychose  ne  s’était  pas  opéré, pour  Kirk, du  jour  au  lendemain. C’était  le  résultat  d’une  clarté  qui  s’était  faite  en  lui  peu  à  peu, à  partir  du  jour  où  il  s’aperçut  que  je  prenais  part – ou  du  moins  semblais  le  faire – à  sa  création  mensongère. Dès  lors, cette  création  avait  quelque  peu  perdu  de  sa  puissance. Le  don  qu’avait  Kirk  d’entrer  naturellement  dans  le  royaume  de  l’imaginaire, d’y  modeler  suivant  ses  besoins  une  sensibilité  anormale, ce  don  avait  commencé  à  faiblir. Peu  après  devait  s’écrouler – ou  plutôt  dépérir – l’ensemble  de  l’étonnant  système  de  défense (ainsi  Kirk  appelait-il  désormais  son  ancienne  obsession) auquel, point  par  point, avait  fait  place  la  réalité.
Mais  au  cours  des  dernières  semaines, aussi  incompréhensible  que  la  chose  puisse  sembler, il  éprouva  la  nécessité  de  se  mettre  à  « faire  semblant »  par  égard  pour  moi.
Il  s’était  produit  une  inversion  totale  de  nos  situations  respectives, et  Kirk  avait  senti  combien  je  m’étais  trouvé  attiré  par  son  prodigieux  univers, combien  j’en  éprouvais  toute  la  puissance  magnétique.
Jusqu’à  la  venue  de  Kirk  Allen  dans  mon  existence, je  n’avais  jamais  douté  de  la  permanence  de  mon  propre  équilibre. J’avais  toujours  pensé  que  les  aberrations  de  l’esprit  concernaient  uniquement  les  autres. Du  haut  de  ma  tolérance, non  sans  une  indulgence  quelque  peu  amusée, je  m’accrochais  au  mythe  de  mon  inexpugnabilité  mentale. Avec  l’arrogance  de  celui  qui  se  sait, lui  du  moins, sain  d’esprit, j’avais  eu  tendance  à  considérer  les  faiblesses, les  craintes, les  angoisses  de  mes  semblables  avec  ce  que  je  sais  désormais  avoir  été  du  mépris.
Je  suis  honteux  d’une  telle  suffisance. Mais  à  présent, lorsque, de  mon  fauteuil, j’écoute  les  propos  d’un  malade  allongé, je  sais  beaucoup  de  choses. Je  sais  que  ce  fauteuil  et  le  divan  ne  sont  séparés  que  par  une  mince  frontière. Je  sais  qu’une  simple  combinaison  d’éléments  fortuits  décide, en  fin  de  compte, qui  occupera  le  divan  et  qui  le  fauteuil.
Je  n’ai  pas  revu  Kirk  Allen  depuis  des  années, mais  je  songe  souvent  à  lui  et  aux  jours  où  nous  parcourions  ensemble  les  galaxies. Son  image  revient  me  hanter, certaines  nuits  d’été, sur  Long Island, quand  le  ciel, recouvrant  Peconic Bay, est  tout  frémissant  d’étoiles. Et  parfois, levant  les  yeux, je  me  murmure  en  souriant : « Comment  vont  les  Crystopèdes ? »

(Texte  français  de  Régine  Vivier) »


(1) Par  exemple  encore, le  dentiste  américain  John  Newbrough  Ballou, l’auteur  du  livre  « Oahspe », où  l’on  trouve  le  même  empire  galactique, en  1923, que  dans  les  « rapports »  de  notre  physicien.

(2) Ce  qui, à  notre  avis, n’explique  rien  de  ce  qui  va  arriver.

(3) Cette  triple  coïncidence  ne  semble  pas  étonner  Lindner. Etrange, pourtant !

(4) Travail  sur  la  bombe  atomique.

(5) Il  a  peut-être  raison !

(6) Remarquable  analyse. Toues  les  « Encyclopédiques  illuminés »  disent  la  même  chose. Voir  Rudolf  Steiner  qui  attribue  tout  son  savoir  à  la  mémoire.

(7) Pourquoi  pas ?

( 8 ) Rapidité  de  la  « dictée » ; même  phénomène  chez  tous  les  « voyants »  de  ce  type.

(9) Pourquoi  n’a-t-on  pas  étudié  ce  mémoire, en  particulier ?

(10) Ou  comment  un  psychanalyste  se  contente  de  peu…

(11) Mais  sur  le  plan  scientifique  et  technique ?

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Aliph

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Re : L'étrange cas de "Kirk Allen"
« Réponse #2 le: 23 mai 2010 à 18:19:54 »


Et  voici  maintenant  la  version  de  Jacques  vallée  dans  « Révélations » (Ed. Robert  Laffont). Chap. 4 (Premier  chapitre  de  la  deuxième  partie. P. 145  à  150).

Ici, plus  de  nuances, Kirk  Allen  est  fou, et  le  sous-entendu  est : imaginons  qu’un  « Kirk  Allen »  anonyme  envoie  par  voie  postale  ses  délires  aujourd’hui, et  nous  obtenons  l’afaire  Ummo…

«
Le  cas  de  Kirk  Allen

L’argument  majeur  opposé  par  les  adeptes  d’Ummo  à  l’idée  qu’un  seul  homme  ou  même  un  petit  groupe  ait  pu  forger  de  toutes  pièces  les  textes  d’Ummo  est  le  volume  même  des  documents. Comment  une  personne  seule  aurait-elle  pu  fabriquer  ces  centaines  de  rapports, certains  comprenant  des  centaines  de  pages, qui  constituent  le  corpus  d’Ummo ? Que  dire  des  cartes, des  tables, du  système  mathématiques, des  formules, des  codes ? Il  est  évident  pour  les  adeptes  comme  Petit  et  Ribera  que  nous  sommes  en  présence  du  produit  de  toute  une  civilisation.
Ceux  qui  parlent  ainsi  n’ont  jamais  étudié  la  littérature  psychiatrique. Ils  n’ont  jamais  entendu  parler  de  Kirk  Allen.
C’est  à  Baltimore, par  un  matin  étouffant  de  juin  dans  les  années  cinquante, qu’un  psychiatre  renommé, le  Dr  Robert  Lindner, reçut  un  coup  de  téléphone  qui  fut  le  point  de  départ  de  l’un  des  cas  les  plus  extraordinaires  de  sa  carrière, un  cas  dont  il  fera  plus  tard  le  résumé  dans  son  remarquable  ouvrage : L’Heure  de  cinquante  minutes : recueil  de  récits  psychiatriques  authentiques.
Le  coup  de  téléphone  venait  d’un  médecin  travaillant  pour  le  gouvernement  dans  une  installation  secrète  du  Nouveau-Mexique, où  se  poursuivait  la  recherche  sur  la  bombe  H (bien  que  le  Dr  Lindner  ne  mentionne  pas  ce  détail). Le  médecin  voulait  lui  envoyer  un  patient, un  brillant  savant  d’une  trentaine  d’années, qui  était  « parfaitement  normal  sur  tous  les  plans »  avec  cette  exception  toutefois  qu’il  semblait  avoir  acquis  une  quantité  incroyable  de  renseignements  détaillés  sur  un  autre  monde. Or, cette  autre  planète  semblait  tellement  lui  occuper  l’esprit  qu’il  en  négligeait  son  travail.
Quand  ses  supérieurs  le  questionnèrent  à  propos  de  la  baisse  de  rendement  du  service  de  recherche  qu’il  dirigeait, Kirk  Allen  s’excusa  abondamment  et  déclara  qu’il  « ferait  un  effort  pour  passer  plus  de  temps  sur  cette  planète-ci ». C’est  alors  que  le  gouvernement  américain  décida  qu’il  avait  besoin  de  l’aide  d’un  spécialiste  et  qu’il  se  rendrait  à  Baltimore  aussi  souvent  que  nécessaire, tous  frais  payés.
Trois  jours  plus  tard, Kirk  Allen  entrait  dans  le  bureau  du  Dr  Lindner.

« Toutes  les  idées  préconçues  que  je  m’étais  faites  sur  un  savant  fou  se  sont  dissipées  quand  je  le  vis  dans  mon  bureau, écrit  le  psychiatre. C’était  un  homme  d’apparence  vigoureuse, de  taille  moyenne, aux  yeux  clairs  et  aux  cheveux  blonds ; son  costume  n’était  pas  froissé  malgré  le  long  voyage  et  l’humidité (…) Il  ressemblait  à  un  jeune  cadre  dynamique (…) Il  parlait  avec  juste  assez  de  gêne  pour  me  laisser  entendre  que  la  situation  dans  laquelle  il  se  trouvait  était  légèrement  embarrassante. »

Dès  la  première  séance, le  Dr  Lindner  arracha  à  son  patient  des  détails  sur  ses  origines  et  son  enfance. Il  apprit  ainsi  que  Kirk  Allen  était  un  avide  lecteur  de  science-fiction  et  qu’il  s’était  en  quelque  sorte  persuadé  qu’une  série  de  romans  dans  lesquels  le  personnage  principal  portait  le  même  nom  que  lui  faisaient  véritablement  partie  de  sa  biographie ! Ces  histoires  avaient  pour  cadre  des  planètes  lointaines. Bientôt, l’envie  de  compléter  sa  biographie, d’établir  la  continuité  de  sa  vie, de  résoudre  les  contradictions  entre  différentes  parties  de  ce  qu’il  appelait  « les  archives »  se  transforma  en  obsession. Son  but  fut  enfin  atteint  lorsqu’il  découvrit  qu’il  avait  le  don  de  voyager  psychiquement  vers  le  monde  de  l’autre  Kirk  Allen.
Le  Dr  Lindner  comprit  rapidement  deux  choses  importantes : d’abord  que  son  malade  était  totalement  fou, ensuite  que  sa  psychose  était  essentielle  à  sa  vie  et  qu’elle  serait  donc  très  difficile  à  traiter. Il  demanda  à  Kirk  de  lui  remettre  tous  les  documents  sur  lesquels  reposaient  ses  recherches.

« Il  est  impossible  de  traduire  l’impression  que  provoquaient  les  documents  de  Kirk (…) Ils  comprenaient, pour  commencer, environ  douze  mille  pages  dactylographiées  représentant  la  biographie  révisée  de  Kirk  Allen. Le  tout  était  divisé  en  deux  cents  chapitres  et  se  lisait  comme  un  roman. Jointes  à  ce  texte  se  trouvaient  environ  deux  cents  pages  de  notes  manuscrites  contenant  des  corrections  rendues  nécessaires  par  ses  dernières  recherches. A  cela  s’ajoutait  un  gros  paquet  de  coupures  de  journaux, de  notes  écrites  sur  des  enveloppes, des  reçus, des  factures, des  tickets  de  teinturerie, des  feuilles  de  carnets… Certains  de  ces  documents  étaient  presque  indéchiffrables, car  ils  étaient  écrits  avec  la  sténo  personnelle  de  Kirk  tandis  que  d’autres  n’étaient  que  des  dessins  tracés  à  la  hâte, des  équations  mathématiques  ou  des  représentations  symboliques. Chaque  page  était  soigneusement  numérotée  et  marquée  au  crayon  rouge  pour  indiquer  sa  place  dans  le  manuscrit  principal. »

En  plus  de  ce  manuscrit  et  de  ses  appendices  on  trouvait  un  glossaire  de  noms  et  de  termes  de  plus  de  cent  pages ; quatre-vingt-deux  cartes  en  couleurs  soigneusement  tracées  à  l’échelle ; vingt-trois  cartes  d’objets  planétaires  en  quatre  projections ; trente  et  une  cartes  des  continents  de  ces  planètes ; quatorze  cartes  portant  l’inscription  « expédition  de  Kirk  Allen  à… », avec  les  ruines  des  cités  sur  différentes  planètes ; soixante  et  un  croquis  architecturaux  avec  élévations, certains  en  couleurs, d’autres  dessinés  seulement  à  l’encre  mais  tous  à  l’échelle  et  soigneusement  annotés ; douze  tables  généalogiques ; une  description  de  dix-huit  pages  du  système  galactique  dans  lequel  la  planète  d’Allen  se  trouvait, avec  quatre  cartes  astronomiques (une  pour  chaque  saison) et  neuf  cartes  du  ciel  et  des  étoiles  tracées  à  partir  d’observatoires  sur  d’autres  planètes  du  système. Il  y  avait  encore  une  histoire  de  deux  cents  pages  de  l’empire  de  Kirk  Allen, avec  trois  pages  de  dates, de  noms  de  batailles  et  d’événements  historiques, une  série  de  quarante-quatre  dossiers  contenant  chacun  entre  deux  et  vingt  pages  et  se  rapportant  à  certains  aspects  de  la  planète  en  question. Les  titres  soigneusement  imprimés  sur  ces  dossiers  étaient  du  genre : « , « La  faune  de  Srom  Olma  I », « Le  système  de  transport  de  Séraneb », « La  science  de  Srom », « La  parapsychologie  de  Srom  Norbra  X », « L’application  de  la  théorie  des  champs  unifiés  et  de  la  mécanique  de  propulsion  stellaire  pour  le  voyage  spatial », « Le  développement  original  du  cerveau  des  crystopèdes  de  Srom  Norbra  X », « La  biologie  des  plantes  et  la  science  génétique  de  Srom  Olma  I », et  ainsi  de  suite. Enfin, il  y  avait  trois  cent  six  dessins, certains  à  l’aquarelle, d’autres  à  la  craie, d’autres  au  pastel, représentant  des  gens, des  animaux, des  plantes, des  insectes, des  armes, des  ustensiles, des  machines, des  vêtements, des  véhicules, des  instruments  et  des  meubles.
C’était  un  catalogue  qui  dépassait  tout  ce  que  l’on  peut  trouver  dans  la  littérature  d’Ummo, dans  celle  d’Urantia  ou  dans  n’importe  quel  domaine  touchant  aux  ovnis. Comme  l’écrivait  le  Dr  Lindner :

« Le  lecteur  peut  imaginer  ma  consternation  face  à  cette  monstrueuse  quantité  d’informations. Je  doute  qu’il  puisse  deviner  avec  quelle  appréhension  je  m’attelai  à  la  tâche  d’arracher  cet  homme  à  sa  folie. »

Les  fantasmes  de  Kirk  Allen  plongeaient  leurs  racines  dans  son  enfance  et  son  adolescence. Fils  d’un  officier  de  marine  qui  avait  été  nommé  gouverneur  d’une  île  lointaine  du  Pacifique  où  ils  étaient  la  seule  famille  de  race  blanche, Kirk  avait  été  confié  par  sa  mère  à  une  série  de  gouvernantes. L’une  d’elles  l’avait  séduit  alors  qu’il  était  âgé  de  onze  ans  avant  de  s’enfuir  avec  le  mari  de  la  seule  institutrice  de  l’île. L’enfant, très  doué  et  d’une  rare  intelligence, passait  son  temps  à  lire  tous  les  livres  qui  lui  tombaient  sous  la  main  et  à  rêver  des  mondes  lointains.
Le  Dr  Lindner  envisagea  plusieurs  stratégies  pour  essayer  de  guérir  Kirk  Allen. Il  rejeta  la  thérapie  de  chocs  qu’il  trouvait  inhumaine. Il  rejeta  aussi  l’utilisation  de  l’hypnose, une  technique  qu’il  avait  souvent  utilisée  dans  d’autres  circonstances, pour  des  raisons  auxquelles  les  ufologues  d’aujourd’hui  feraient  bien  de  réfléchir :

« Le  lien  que  Kirk  avait  avec  la  réalité  était  déjà  si  ténu  que  je  craignais  de  briser  le  fil  si  fin  par  lequel  son  contact  avec  notre  monde  se  maintenait. »

Le  Dr  Lindner  décida  que  la  seule  solution  était  de  pénétrer  dans  les  fantasmes  même  de  son  malade  pour  essayer  de  l’arracher  à  sa  psychose. Entre-temps, Kirk  Allen  avait  déménagé  pour  s’installer  à  Baltimore. Le  médecin  se  plongea  dans  l’étude  des  documents  et  se  trouva  de  plus  en  plus  fasciné  pendant  qu’il  y  travaillait  heure  après  heure, sous  la  conduite  de  Kirk  Allen. Chaque  fois  qu’il  découvrait  une  lacune  dans  les  données, il  « envoyait »  son  patient  chercher  psychiquement  les  renseignements  manquants. Au  début, ce  n’était  qu’un  artifice  commode  pour  le  Dr  Lindner, mais  il  se  prit  au  jeu  et  se  surprit  fréquemment  à  attendre  nerveusement  une  réponse  sur  tel  ou  tel  point.
Ainsi, quand  le  médecin  remarqua  une  divergence  d’importance  entre  des  cartes  stellaires  utilisant  une  échelle  exprimée  en  ecapalim, une  unité  olmayane  équivalant  à  deux  kilomètres, ils  s’attachèrent  à  résoudre  le  problème  et  le  psychiatre  insista  pour  que  Kirk  retourne  à  son  institut  interplanétaire  pour  y  consulter  les  documents  originaux.
Il  y  eut  plusieurs  incidents  de  ce  genre, au  cours  desquels  le  psychiatre  essaya  de  déplacer  l’obsession  de  Kirk  en  la  partageant  avec  lui. Ce  faisant, il  se  trouva  lui-même  de  plus  en  plus  plongé  dans  ces  fantasmes. En  fait, les  rôles  ne  tardèrent  pas  à  s’inverser  et  il  se  mit  souvent  à  résoudre  par  lui-même  les  contradictions  qu’il  découvrait  dans  les  dossiers  olmayans, sans  attendre  l’intervention  de  son  patient.
Un  beau  jour, tandis  que  le  Dr Lindner  attendait  anxieusement  le  retour  de  Kirk  qu’il  avait  envoyé  récupérer  des  données  galactiques, une  mission  de  la  plus  haute  importance, il  se  rendit  compte  que  son  patient  semblait  curieusement  se  désintéresser  des  résultats. Comme  il  l’interrogeait  avec  impatience, Kirk  haussa  les  épaules  et  finit  par  avouer  au  psychiatre  qu’il  lui  mentait  depuis  plusieurs  semaines.
– J’ai  inventé, bredouilla-t-il. J’ai  inventé  tout  cela… toutes  ces  bêtises !
– Mais  alors, les  voyages ? demanda  le  Dr Lindner, avec  ce  qu’il  décrit  comme  un  mélange  de  déception  et  de  triomphe, d’inquiétude  et  de  soulagement.
– Quels  voyages ? demanda  Kirk  Allen. Il  y  a  des  semaines  que  j’ai  laissé  tomber  ces  absurdités.
Le  patient  avait  continué  à  faire  comme  si  ses  voyages  interstellaires  étaient  réels  par  égard  pour  l’aliéniste, qui  était  désormais  totalement  plongé  dans  des  fantasmes  satisfaisant  un  besoin  dans  sa  propre  existence.
Guéri, Kirk  Allen  reprit  ses  travaux  de  recherche  pour  le  gouvernement, laissant  le  Dr  Lindner  face  au  problème  de  se  guérir  par  lui-même. Cette  partie  du  livre  est  peut-être  la  plus  étonnante  de  toute  l’histoire.

« Jusqu’au  moment  où  Kirk  Allen  est  entré  dans  ma  vie, je  n’avais  jamais  douté  de  mon  équilibre  mental. Les  aberrations  de  l’esprit (…) c’était  pour  les  autres (…) Je  n’ai  pas  vu  Allen  depuis  plusieurs  années, mais  je  pense  souvent  à  lui  et  au  bon  vieux  temps  où  nous  parcourions  ensemble  les  galaxies. »

Au  cours  des  longues  nuits  d’été  de  Long  Island, quand  le  ciel  est  constellé  d’étoiles, il  arrive  encore  au  Dr  Lindner  de  lever  la  tête  et  de  murmurer  en  souriant : « Comment  vont  les  Crystopèdes ? Que  se  passe-t-il  à  Séraneb ? »
De  même, je  suis  parfois  tenté  de  me  demander : « La  paix  règne-t-elle  sur  le  système  planétaire  d’Iumma ? Les  Ummites  sont-ils  entièrement  satisfaits  de  la  fonction  transcendantale  d’Oemii ? »

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djshotam

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Re : L'étrange cas de "Kirk Allen"
« Réponse #3 le: 23 mai 2010 à 23:21:26 »

ce post ci dessous parle du livre de Jacques Vallee, et des ummites

edit:lien corrigé

http://icietmaintenant.fr/SMF/index.php?topic=4253.0.html



il y est aussi évoqué sur quelques ligne l histoire de Kirk Allen.


etant donné que ce kirk allen dont le nom a été changé , se voyait dans un recit de sf dont le personnage portait le meme nom que lui,je me demande de quel personnage de fiction il s'agissait:

curtis newton (le capitaine future) personnage de fiction crée au debut des année 40

mais peu probable car si l on s en tient au recit, fait au debut ou milieu des année 50(je suppose) alors quand il etait plus jeune, peut etre que le capitaine future n avait pas encore été inventé.

en tout cas histoire passionnante, j ai eu l occasion de voir le film kpax avec ekvin spacey, je le recommande, il est très bien
« Modifié: 25 mai 2010 à 15:27:11 par hazuka »
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Cordialement,
djshotam



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Aliph

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Re : L'étrange cas de "Kirk Allen"
« Réponse #4 le: 24 mai 2010 à 11:33:55 »

Ah oui, Curtis Newton, le fameux "Capitaine Flam" de nos années 80...
Ses premières aventures ont été publiés entre 1940 et 1944 par Edmond Hamilton, et comprennent surtout 15 aventures. Donc, oui, je ne pense pas que ce soit à ce personnage-là que "Kirk Allen" s'identifiait étant plus jeune, d'autant que 15 volumes, ce n'est pas "interminable" comme série d'aventures...

Il y a un article en anglais sur le Net, et il signale lui-même deux autres articles connexes, dont l'un dans "The New York Review of Science-Fiction" d' Avril 2001, titré "In search of Kirk Allen", sur les efforts d'identification de Kirk Allen:
http://www.cordwainer-smith.com/was-paul-linebarger-kirk-allen-.htm

Une autre question : où est passé toute la documentation de "Kirk Allen" ?
Peut-être l'a-t-il brûlé ou jeté après sa guérison alléguée ? Mais en cas contraire, qu'est-elle devenue ?
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Patacrac

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Re : L'étrange cas de "Kirk Allen"
« Réponse #5 le: 03 juin 2010 à 19:53:41 »

Pour ces odyssées fantastiques mieux que le meilleur des films, déjà aussi vécu par moi-même, je suppose une mémoire des molécules ou des atomes qui nous composent et nous replongent dans ce que ces atomes ou molécules ont déjà connus, une mémoire quantique...?
La mémoire de l'eau, un autre problème scientifique non-résolu à ce jour...

N'oublions pas que si la terre contient tant de matières différentes, c'est parce que de nombreuses étoiles et mondes ont déjà existés et été détruits par supernovaes avant la naissance de notre étoile, le soleil....

Aurions nous quelque part hérité d'une mémoire cachée vielle de plusieurs milliards d'années, c'est plus probable que de penser avoir vécu ces évènements extraordinaires en temps réel !
« Modifié: 03 juin 2010 à 20:05:58 par Patacrac »
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