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Auteur Sujet: Prière domestique  (Lu 895 fois)

0 Membres et 1 Invité sur ce sujet

Jyl

  • Invité
Prière domestique
« le: 24 novembre 2010 à 21:10:40 »

Voici un texte qui parle de moi. C'est un peu long et n'aurait peut-être pas sa place dans l'espace dédié aux présentations.
C'est le résultat de mon introspection suivant la maladie, puisse cela servir.





Il est une leçon que l'expérience m'enseigna si souvent que je la retenait
si certainement au point qu'elle prévalait même à ma propre respiration,
c'est celle qui veut que l'on n'est jamais mieux servi que par soi-même.
Car s'il s'est toujours révélé qu'on ne peut pas faire confiance aux autres,
on est aussi toujours plus prompt à se pardonner à soi-même et ainsi
on n'est jamais déçu.
 
J'en suis donc venu à me choisir moi-même comme seul compagnon.
Frisant l'égoïsme le plus absolu, je m'exclus
des relations sociales conventionnelles,
m'évitant le déplaisir d'être contrarié.
Je peux ainsi vivre dans la plénitude absolue
de celui qui ne prend que les responsabilités qui lui conviennent
sans s'y astreindre plus que sa volonté ne le lui permet.
 
La société bien pensante ne peut ensuite que me qualifier
et à juste titre d'antisocial.
En cet état de reconnaissance de non appartenance au groupe,
je me sens tout pouvoir pour le critiquer et le juger,
chose dont je ne me prive jamais.

Je ne me licencie pas non plus des plaisirs qui me restent accessibles,
à la barbe de ceux qui prétendraient savoir ce qui me conviendrait mieux.
Mais cet état de jouissance ne serait se maintenir
sans le concours des ressources matérielles mises à disposition
par le biais de la redistribution sociale,
qui n'est que dans mon cas le nom désignant
le vol d'une partie des revenus du labeur
des travailleurs ayant choisi leurs fers
par les traînes savates de mon acabit.
 
Je ne veux pas travailler, et m'aliéner, pour le bien d'une entreprise
dans laquelle je ne me reconnaitrais pas.
Revenir employé, larbin, serpillère, bouc émissaire,
tricher pour le compte de nantis tel un des nombreux Kierviel
qui saupoudrent le monde des exploités,
perdre mon intégrité, je ne veux plus.
Devenir l'un deux, plutôt mourir.

S'il m'arrive d'avoir à rencontrer une personne extérieure,
il est plus que probable qu'à son propre insu,
et après avoir posé les questions routinières
destinées à cerner et assimiler l'activité de l'interlocuteur
à sa personnalité comme on dirait d'un marteau
qu'il n'est fait que pour planter des clous,
elle se mette à jouer le gendarme,
globule blanc armé de l'organe immunitaire
dont la fonction est d'éradiquer la pensée
contreproductive de la cellule cancéreuse que je suis devenu.

Pour ce qui est du travail individuel en réalité
j'essaie encore de trouver des actions à entreprendre
qui soient raisonnables à mon échelle
et concordant au maximum avec mon état d'esprit,
mon point de vue sur le monde et la marche qu'il devrait adopter.
C'est en sorte moi contre le monde.
Notons que ces impulsions individuelles se font paradoxalement
dans l'optique d'un meilleur bien être collectif,
du moins en suis je convaincu.
Au pire, je ne m'autorise que des actions
qui n'offensent le respect de personne,
du moins en suis je convaincu.

Le plus difficile est toujours de trouver l'état d'équilibre
entre ma motivation et mes capacités,
plus encore étant seul et de revenu modeste mais confortable,
puis de maintenir le feu de ma volonté, sans me laisser aller ni à la torpeur,
curieuse forme de non action presque fainéante, ni à la dépression,
deux sentiments inculquées de force, par les poings,
pendant les premières années de ma vie,
lorsque ce que je nomme le système m'avait attrapé
et pressuré et ne me permettait pas encore d'atteindre sa porte de sortie.
Souvent d'ailleurs à cause de cela, le feu de ma volonté est éteint.

Ma prise de conscience s'est organisée
sur la base du dysfonctionnement
de l'outil productif que j'étais sensé devenir.
Les éclopés de la vie se font légion.
L'usine planétaire, loin d'être rodée,
ne sait que faire de la misère son ennemie.
Les problèmes du monde sont pour ainsi dire devenus
mon problème. Yeux grands ouverts, je ne saurai
détourner mon attention des exactions commises avec
tant de cynisme à tout point du globe depuis que je le regarde.

Il en devient pénible  à mon entourage d'avoir à supporter
tantôt mes tentatives d'éloignement
visant à lécher mon mode de vie d'ermite
tantôt mes prises de paroles dans lesquelles
se déversent toute la bile que ces états de malversation
ont produit sur moi.

Même si j'ai toujours eu la chance de trouver au bord de mon chemin
des âmes charitables et patientes
me montrant inlassablement le bout du tunnel obscur,
je tourne en cercles mal dessinés et changeant plus souvent de centre
que de vêtements, je m'abandonne moi même.
Je suis donc aveugle, gavé du mal dont je me nourris quotidiennement,
connecté si souvent à l'internet que j'en serais presque à trouver bien pratique
un implant crânien électro-ionisé, point d'entrée de ma conscience
sur le réseau des réseaux, magistrale machine à propagation
d'informations sélectionnées par moi, miroir de mon esprit
d'alouette virevoltant entre les analyses apocalyptiques
d'une civilisation post-judéo-chrétienne, post-industrielle, post-moderne
et enfin d'aller y chercher les prémices des solutions à mon mal de vivre
devenu tellement écœurant.

Les alternatives existent, elles sont encore peu médiatisées.
Il faut en avoir de l'imagination et de l'ouverture d'esprit,
après tant d'année de rinçage de cerveau,
pour chercher les mots clés googueulisant
l'apparition de ces sociétés de l'ombre,
ré-explorant les possibilités de l'être humain.

Investissement, reconnaissance, créativité, valorisation,
organisation collective, expression consensuelle des avis individuels,
équilibre, sensibilité, réconciliation et discernement
constituent le mode de fonctionnement des nouvelles économies qui
fleurissent précocement, plantant si tôt les graines qui germeront
après l'hiver qui s'annonce peut-être,
aussi nucléaire se révèlerait-il.
 
Il faut en avoir, de la chance, pour "tomber dessus",
et cesser de se considérer enfin comme la victime
de ce jeu macabre qui faillit à me digérer intérieurement.
Je ferai mieux de me considérer plus à moitié vivant qu'à moitié mort
et dans ma recherche d'équilibre lâcher ma bride, m'investir
avec les autres, passer le pas et les affronts.
Après ce que j'ai vécu, rien n'est plus à perdre et tout est à gagner.

Mais s'il faut ménager ma susceptibilité,
je ne veux plus me laisser marcher dessus.
Mes émotions sont une force que je me dois d'exprimer
jusqu'à en maîtriser le processus
d'acceptation et de prise de distance qui en résulte.

Je prends la responsabilité de perdre le contrôle de moi même,
du moins au début, afin d'évacuer ce qui restait bloqué jusqu'alors.
Cette énergie n'est pas là pour rien, c'est une réaction d'autodéfense
que je me dois d'observer jusqu'à savoir m'en servir
lorsque le besoin s'en fait sentir.
Je ne dois jamais la refouler.

Avec le temps, je sais reconnaître la chance de posséder cette force
et l'orienter vers ce qui en est digne.
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pablo

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Re : Prière domestique
« Réponse #1 le: 25 novembre 2010 à 17:23:31 »

Il me semble avoir lu ce texte...le tien, le mien.

Il appartiend à chacun....d'en faire bon- usage. Moi; il me plait, et toi aussi
Ton texte; c'est pas toi. Mais oui, un cri que je reconnais, pour l'avoir entendu bien- avant. Quelque- part

Il est aussi réel. Il convient à la réflexion. Il est à tous. Merci

Voulez- vous danser cette valse avec nous, mon ami ?
Je vous invite expressemment à vous faire fort de toutes les pression ici décrite et de transcender allégrement ces obstacles.
La joie et la paix, tout mon compromis et mon attention. Et mon sandwich au thon, aussi. Kiss
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L'invisible, existe seulement, parcequ''il'' ne se voit pas.

Jyl

  • Invité
Re : Prière domestique
« Réponse #2 le: 25 novembre 2010 à 17:39:29 »

Merci Pablo tu es un ange  :angel:

Quant à ton invitation, je te lis avec plaisir.

Jyl
IP archivée

pablo

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  • Messages: 4842
Re : Prière domestique
« Réponse #3 le: 29 novembre 2010 à 17:08:07 »

On a tous bien besoin d'un coup- de- pousse, d'une aide.
D'un sourrire
D'un mot, et de consolation. On a besoin de se sentir aimé et util

Je ne vous entend pas.
Vous disiez ?
Des mots doux; pour nous permettre de respirer un peu.

C'est étonnant ! Quoi- donc ?
Que vous vous aimiez
IP archivée
L'invisible, existe seulement, parcequ''il'' ne se voit pas.