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Auteur Sujet: Lettres  (Lu 828 fois)

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sydgin

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Lettres
« le: 08 février 2012 à 21:44:58 »


Lettre à Lapointe

Si j'en crois cette nudité et le désir, cela fait une vie que l'opportunité ne m'avait été donnée; prendre le temps de vitesse, caresser plume et papier pour y allonger des mots secrets, crus ou légers, des mots pour vous.
Sous ma main s'échappe l'encre noire qui dessine leur contour, et je la regarde couler sa tache quand j'étouffe en dessous.Qu'est ce que deux nous ? Nous ne savons pas par quel abandon partir, ni quand se taire. Être une fois dans sa vie heureusement sa vie, en quoi exister suffit-il ? Depuis toi, rien ne respirera plus comme jadis, et je porte en moi un oubli.
L'enfer, c'était les autres, moins vous. Tout nous travaille, bouscule, palpite depuis qu'un toi a poussé dans ma voix. Le désir, incendie du doute, cogne à mon sang chaque seconde un peu plus. Vous êtes virelangue intime, trompe-oreilles à l'écoute qui vient nouer le front ceint d'une cravate le mot et la chair. Je suis le ravin humide de l'amour, et vous êtes chute en avant. Existe-t-il un autre mouvement ? Vivre c'est s'avoir, une écriture entre nos deux espèces, que recèle la profonde jouissance de vous savoir.
Votre bouche est poésie, et ses isocolies percutent la douleur des hectomètres qui séparent mes mains des vôtres. Chaque soir,l'écho de votre peau, chaque matin, l'inexorable.
Dans ce sexe des choses, je veux être la syllabe qui recoudra nos lèvres, embrasser la paronomase de nos regards. L'enfant, le monde, la mort, je suis prêt.
Je voulais vous écrire les feux rouges de Barcelone, les embruns de l'île d'Ouessant, les cadavres exquis que nous ferions au coin du feu quand la terre est gelée. Je ne peux que vous parler de l'Amour.
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sydgin

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Clic-clac
« Réponse #1 le: 09 février 2012 à 17:22:15 »


Paupière automatique
One two three
Elle se referme
Comme un déclic
A chaque pas
A chaque fois
Comme une claque tactique
Qui fait clac-clac!
Quand tu me plaques

J'ai la paupière automatique
Un truc inique, limite rustique
Pour qui passe en orbite
Sous mes yeux d'or vite
Elle s'oblique, mécanique
J'entends ton pas
Qui fait clac-clac!
Quand troublée tu m'évites

Une paupière automatique
C'est pas des plus pratique
Mais je ne me plains pas
J'aurai pu tout comme toi
Avoir le coeur tout comme ça
Un coeur tout comme un sac
Qui se referme à l'envie
Comme un clic-clac!
Quand tu m'oublies
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pablo

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Re : Lettres
« Réponse #2 le: 10 février 2012 à 17:37:13 »

Il n'y a séparation possible.
Rien qui ne nous en empêche. L'esprit expérimente
Taisez- vous pour mieux écouter tout- bas.

Vos pensées sentent. Il se doit

Et; c'est par fortune qu'on atteind la cible ?
Par coeur
Transparent; puisque l'on ne cache rien. Tu vois. Nous sommes râvis
Merci
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L'invisible, existe seulement, parcequ''il'' ne se voit pas.

sydgin

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Re : Lettres
« Réponse #3 le: 28 février 2012 à 21:28:43 »

Les Tanks (2003)

Ah! Ces tanks patibulaires
Aux tourelles kakis d'ennui
Qui broient du noir, et puis du gris
Qui se voudraient hélicoptères
Où vont-ils, dans quel cimetière
Des éléphants leur dit-on "oui"
Quand s'achève leur carrière
Menée manu militari

Poésie tu n'es plus qu'à ce jour
Convoi de chansons d'amour
Sur mes doigts je compte les pieds,
Et les mains déchiquetées

Kosovo indécent discours
Derrière leurs vitres blindées
Les officiels, les PDG
Recomptent tous leurs petits fours
Sous les roulements de tambours,
C'est la fin des hostilités
Pour quelques snipers embusqués
Qui vont se faire troubadours


Poésie tu n'es plus qu'à ce jour
Convoi de chansons d'amour
Ne pourrait-on pas rimer
Sur un charnier ?

Des bombardiers j'en ai connu
Battant des ailes dans les cieux
Plus d'un avait au fond des yeux
Les cris des civils disparus
Plus d'un rêvait de s'envoler
Et d'emmener des passagers
Enfin, de prendre de la hauteur
Sans finir au World Trade Center


Poésie tu n'es plus qu'à ce jour
Convoi de chansons d'amour
A-t-on déjà vu un vautour
Faire le con entre deux tours ?

Mais comment déballer son sac
Sans même parler de l'Irak
Tandis que claquent les fusils
A quelques kilomètres d'ici
Mais comment déballer son sac
Sans causer d'Iparretarrak
Forcée de porter des cache-nez
Même en été.


Poésie tu n'es plus qu'à ce jour
Convoi de chansons d'amour
Et puis pour voir essayez donc
D'monter un front d'Libération

Puis pour finir cette chanson
J'pourrais chanter les élections
Où vous parler Kalashnikov
Planter une grenade dans ces strophes
Mais pour finir cette chanson
J'ai comme un manque d'inspiration
Alors autant suivre l'amour
Dans ses plus jolis détours


Poésie tu n'es plus qu'à ce jour
Convoi de chansons d'amour..
Poésie, chansons d'amour..
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pablo

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Re : Lettres
« Réponse #4 le: 09 mars 2012 à 17:47:32 »

J'aurrais voulu te faire un cadeau. Terminer cette poésie qui s'allonge
Au soleil.....

Ô Soleil !
Toi, le plus grand et util, le plus brillant.......qui donne sans cesse, subtil.

Plus de mots. De la lumière et cette chaleur vitale.
Plus d'éloquance.
Tu nous a convaincu.
Rien d'autre ?

Que l'offrende inconditionnée. Je ne peut poser mon regard sur tant de bonté. Lumineux- amour !
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L'invisible, existe seulement, parcequ''il'' ne se voit pas.

sydgin

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Re : Lettres
« Réponse #5 le: 09 mars 2012 à 18:44:05 »

Lettre à Lapointe, "Rousse Chocolat"

T'avais les mains comme des gueules de loup
Mon amour
En porte bouquin écrin où sommeille le jour
Chaque page cachait ta bouche aux litchis
Le pouce relevé sur tes lèvres mandarine
Mon amour
T'avais les yeux comme des noisettes d'or
Etendues sur les cercles et tes collants
Comme la mer sur le sable laisse
Ses ondulations pour le délice des enfants
Mon amour
T'avais le coeur comme un bouquet de lys
Blanc pomme, rouge hermine jolie mine
Et sous ta poitrine des prés le green
Le spleen qui s'efface et se glisse
Mon amour
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sydgin

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Re : Lettres
« Réponse #6 le: 09 mars 2012 à 18:47:24 »

Tous ces beaux jeux.. (17.11.2008)


Tous ces beaux jeux inventés
Les balancelles déglinguées et les pommiers
En fleur, la forme de coeur du choeur
Les condamnés dans les chous-fleurs
Et l'arrière garde qui ne tient pas
Ses promesses quand se pointe
La vieillesse de nos maîtresses

Tous ces beaux jeux inventés
Les chuchotements lèvres fermées
Tous ces cadavres exquis que l'on joue
Aux dés, nos semelles et nous de boue
Se dressent les statues d'airain
Même si nos mains sur la courbe
De tes reins ne savent plus rien

Toutes ces vérités cachées
Rangées dans le coffre à jouets
Sous le velours de ta voix,
Le cri des petits poids
Dans nos mémoires articulées
Autour du grand tourniquet
Du coeur de nos soeurs

Tous ces beaux jeux inventés
Les sourires sur visage plaqués
Les yeux en coin, en cinémascope
Nos gueules dans le magnétoscope
Tous ces beaux colis de la poste
Qu'on ne reçoit jamais
Tous ces colis fichés inventés

Tous ces beaux jeux inventés
Les messages tricotés, les raquettes
Sur la plage déserte, une île verte
A la dérive vire vers l'inerte
Toutes ces belles idées dévoyées
Que l'on se sert sur canapé
Nous donnent l'envie de gerber.
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