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Auteur Sujet: Shunryu Suzuki – « Esprit zen, esprit neuf » - Zen Sôto  (Lu 2164 fois)

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titilapin2

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Préface de Shunryu Suzuki – « Esprit zen, esprit neuf » - Inédits Sagesses – Points.


Deux Suzuki. Voici un demi-siècle, en une greffe dont l'importance historique a été comparée à celle des traductions latines d'Aristote au XIIIe siècle et de Platon au XVe, Daisetz Suzuki apporta seul le Zen à l'Occident. Cinquante ans plus tard, Shunryu Suzuki fit quelque chose de presque aussi important. Dans son unique livre, celui-ci même, il fit vibrer exactement la note entraînante que les Américains intéressés par le Zen ont besoin d'entendre.

Le Zen de Daisetz Suzuki était impressionnant, celui de Shunryu Suzuki est ordinaire. Pour Daisetz, tout convergeait vers le satori, et c'était en grande partie la fascination de cet état extraordinaire qui rendait ses écrits si prenants. Dans le livre de Shunryu Suzuki, les mots satori et kensho, qui est presque son équivalent, n'apparaissent jamais.

Quand j'eus l'occasion de lui demander, quatre mois avant sa mort, pourquoi satori ne figurait pas dans son livre, sa femme se pencha vers moi et murmura d'un air espiègle: « C'est parce qu'il ne l'a jamais eu » ; le Roshi fit mine de lui donner une tape de son éventail avec consternation, et chuchota le doigt aux lèvres : « Chut! Ne lui dis pas! » Notre rire calmé, il dit simplement : « Ce n'est pas que le satori n'est pas important, mais ce n'est pas le point du Zen qui a besoin d'être souligné. »

Suzuki-roshi ne vécut avec nous, aux États-Unis, que douze ans, un cycle seulement du calendrier asiatique qui groupe les années par douze — mais ces années suffi¬rent. Grâce au travail de cet homme paisible et menu existe maintenant sur notre continent une organisation de Zen Soto en plein épanouissement. Sa vie représentait si parfaitement la Voie du Soto que l'homme et la Voie se fondaient l'un en l’autre. « Son attitude sans ego ne nous a laissé aucune excentricité pour broder. En tant que personnalité au sens ordinaire, il ne propageait pas d'ondes et ne laissait pas de traces, cependant, l'empreinte de ses pas dans le monde invisible de l'histoire menait droit devant. » Ses monuments sont le premier monastère de Zen Soto dans le monde occidental, le Zen Moun¬tain Center de Tassajara; son auxiliaire citadin, le Zen Center de San Francisco; et, pour tout le monde, ce livre.

N'abandonnant rien au hasard, il prépara ses disciples à leur moment le plus difficile, celui où sa présence tangible s'évanouirait dans la vacuité. « Quand je mourrai, si je souffre au moment de ma mort, cela ne fait rien, vous savez; c'est souffrance de Bouddha. Sans confusion. Tout le monde luttera peut-être aussi à cause de l'agonie physique ou de l'agonie mentale. Mais cela ne fait rien, ce n'est pas un problème. Nous devrions nous sentir reconnaissants d'avoir un corps limité... comme le mien, ou comme le vôtre. Si vous aviez une vie illimitée, ce serait vraiment pour vous un problème. »


Et il assura la transmission. Au cours de la cérémonie du Siège de Montagne, le 21 novembre 1971, il établit Richard Baker héritier du Dharma. Son cancer avait empiré à tel point qu'il ne put s'avancer dans la procession que soutenu par son fils. Même ainsi, à chaque pas son bâton frappait le sol avec l'acier de la volonté zen qui lui donnait aussi sa douceur extérieure. Baker reçut le manteau avec un poème :

Ce morceau d'encens
Que j'ai eu si longtemps
Je l'offre sans main
A mon Maître, mon ami, Suzuki Shunryu Daïosho
Fondateur de ces temples.
Ce que vous avez fait est sans mesure.
Marchant avec vous dans la douce pluie de Bouddha
Nos robes sont trempées,
Mais sur les feuilles du lotus
Ne reste pas une seule goutte.

Deux semaines plus tard, le Maître était parti, et le 4 décembre, à ses funérailles, Baker-roshi parla à la foule qui s'était assemblée pour lui rendre hommage : « II n'existe pas de moyen facile d'être maître ou disciple, bien que ce soit sûrement la plus grande joie de cette vie. Il n'existe pas de moyen facile de venir dans un pays sans bouddhisme et de le quitter après avoir mené de nombreux disciples, prêtres et laïcs, le long du chemin, et changé la vie de milliers de personnes dans ce pays ; pas de moyen facile de fonder et de nourrir un monastère, une communauté en ville, des centres de pratique en Californie et maints autres lieux aux États-Unis. Mais cette 'non-facilité', cet extraordinaire accomplissement lui était facile, car il nous donnait en puisant à sa véritable nature. Il nous a laissé autant qu'un homme peut   laisser,   tout l’essentiel, le cœur et l'esprit de Bouddha, la pratique de Bouddha, l’enseignement et la vie de Bouddha. Il est ici en chacun de nous, si nous voulons de lui. »


Huston Smith, professeur de philosophie Massachusetts Institute of Technology


Source: scan + ocr livre personnel


Présentation 1 de Shunryu Suzuki sur Nous les Dieux

admn : page non trouvée

Présentation 2 Wikipédia

« Modifié: 21 septembre 2014 à 23:06:51 par katchina »
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