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Auteur Sujet: Sigrid Nunez - Et nos yeux doivent accueillir l'aurore  (Lu 1035 fois)

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katchina

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Sigrid Nunez - Et nos yeux doivent accueillir l'aurore
« le: 30 mai 2014 à 01:29:18 »




Le titre du livre est extrait de la chanson Resstless Farewell de Bob Dylan



Quatrième de couverture

Traduit de l’anglais (américain) par Sylvie Schneiter.

En 1968, Anne Drayton et Georgette George sont colocataires à l’université. Ann vient d’une famille fortunée qu’elle déteste et vit son engagement politique avec romantisme. Georgette, issue d’un milieu pauvre, voit la faculté comme une occasion inespérée de changer de vie. Une amitié paradoxale unit les deux jeunes filles jusqu’à ce qu’une violente dispute les sépare.

Des années plus tard, Georgette retrouve la trace de son ancienne amie à la lecture d’un fait divers : elle est condamnée à la prison à perpétuité pour meurtre. Ce drame fait resurgir le passé, les espoirs ainsi que les désillusions politiques et intimes. Georgette réalise combien la rencontre avec cette femme complexe et charismatique a influencé toute son existence. « Je n’ai jamais cessé de penser à elle », confie-t-elle, alors que les années 1980 balaient les derniers idéaux.

Née en 1951, Sigrid Nunez a écrit six romans ainsi qu’un essai consacré à Susan Sontag.

« Une analyse sensible et sans concession qui évoque la Pastorale américaine de Philippe Roth et l’intelligence des romans de Nadine Gordimer ». The New-York Times



Biographie de l'auteur


Nationalité : États-Unis
Né(e) à : New York , 1951
 
Sigrid Nunez est une romancière et essayiste.

Fille d’une mère allemande et d’un père sino-panaméen, tous deux immigrés, elle explore dans ses romans les notions de classe et de statut sociaux.

Véritable touche-à-tout, elle a contribué à de nombreuses anthologies ainsi qu’à des journaux tels que le New York Times.

Elle a dispensé des cours d’écriture dans de grandes universités, parmi lesquelles Columbia University et Amherst College.

Elle fut la petite amie du fils de Susan Sontag, David Rieff, dans les années 1970.

Auteur de six romans dont A Feather on the Breath of God (1995), Et nos yeux doivent accueillir l'aurore (The Last of her Kind, 2006) ou Sempre Susan: A Memoir of Susan Sontag (2011), Nunez a reçu de nombreux prix internationaux et été récompensée deux fois par l’Académie Américaine des Arts et des Lettres

source


Critique

SAGA ROMANESQUE

L'histoire d'une amitié, dans l'Amérique des années 1970 à 1990, entre deux jeunes filles que tout sépare. Un roman tourmenté mais lumineux.
Des histoires d'amitié, la littérature en regorge. Mais qui aient la sauvagerie et le rayonnement de celle qui unit Ann Drayton et Georgette George dans l'Amérique de la fin des années 1960 (jusqu'aux années 1990), on en a peu lu d'aussi entêtante. Comme la chanson de Dylan qui lui donne son titre. Qu'est-ce donc qui saisit, dans cette odyssée romanesque composée en 2005 par celle qui fut, à 25 ans (elle en a 62), l'assistante de l'essayiste Susan Sontag ? La composition, justement. Et l'acuité du regard quasi photographique sur la société, la politique, acquise sans doute chez le mentor féministe.

Car Sigrid Nunez brasse aussi généreusement l'évolution intellectuelle et morale, artistique et sociale des Etats-Unis qu'elle conte – via d'incessantes ruptures chronologiques – le destin de deux colocataires de la même université, en 1968. Une seule année pour forger deux femmes. Brillante, insolente, Ann est riche, fille unique de parents attentionnés qu'elle méprise, ne se consacrant qu'à ses engagements contre la guerre du Vietnam, le racisme, les ravages du capitalisme. Moins douée, Georgette est d'un milieu où l'alcoolisme le dispute à la drogue, le chômage à la délinquance. Ann protège Georgette, qui admire l'audace de son amie, son dévouement au service des exclus. Puis les parcours divergent. Militante intransigeante, Ann vit avec un Noir ; Georgette s'abîme de concessions sentimentales en compromissions professionnelles. Les deux femmes croient se perdre de vue. Mais Georgette reste hantée. Elle apprend qu'Ann a été emprisonnée à perpétuité pour avoir assassiné le flic qui menaçait son amant. A la prison, elle est devenue une espèce de sainte laïque qu'humilient les taulardes. Plane l'ombre de la philosophe Simone Weil, engagée au service des pauvres jusqu'au sacrifice de soi, dans cette mélancolique saga qui évoque les influences mystérieuses, paradoxales, qu'un être exerce sur un autre... Qu'est-ce qui nous construit ? Pas la famille, selon Nunez, elle-même de mère allemande et de père sino-panaméen émigrés aux Etats-Unis. Davantage la mémoire des choses, les traces des êtres. Surtout le pouvoir des mots, qui traquent le vécu, lui font rendre l'âme. Comme dans ce roman tourmenté et pourtant lumineux, écrit à la première personne, mais où la narratrice préfère dire « elle » quand l'émotion devient trop vive... L'épopée tragique des deux amies est au risque du suicide comme de la sainteté. Elles ne gagnent pas, ne perdent pas. Mais vivent jusqu'au bout. Dans un pays aussi tourmenté qu'elles. Aussi contradictoire. Elles l'épousent, le transcendent à leur façon. Et c'est magnifique.

Fabienne Pascaud - Telerama n° 3346

source

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Au passage, un petit coucou à Port-Royal-Transworld, si tu passes par ici.  :)

Généralement, lorsque je sens venir la fin d'un bouquin, j'en ai un autre à portée de main et il m'arrive d'enchaîner immédiatement : un livre fermé - un nouveau livre ouvert.

Avec celui-ci, la dernière page terminée et le livre fermé, je n'ai pas pu sauter immédiatement sur le suivant, un peu comme après Tejpal, Shashi Tharoor, Amitav Ghosh et les autres, alors je l'ai déposé ici.
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