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Auteur Sujet: Les phobies  (Lu 4937 fois)

0 Membres et 1 Invité sur ce sujet

Capitaine Renard

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Les phobies
« le: 01 Décembre 2016 à 00:00:43 »


Au niveau des téléphones portables j'ai pu observer de véritables comportements addictifs. Les jeunes surtout. L'écran y est pour beaucoup j'ai l'impression.

édité
« Modifié: 01 Décembre 2016 à 13:00:39 par katchina »
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katchina

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Re : Les phobies
« Réponse #1 le: 01 Décembre 2016 à 00:05:18 »

Cela porte un nom la nomophobie
« Modifié: 01 Décembre 2016 à 13:03:59 par katchina »
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Capitaine Renard

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Re : Les phobies
« Réponse #2 le: 01 Décembre 2016 à 00:22:12 »

Manifestement la mise à jour de mon logiciel psy est datée.

Excellente référence merci Katchina !

Y'a la même chose avec la clope. Sans ma clope je me sens tout nu. Un rapport avec l'objet transitoire de Mélanie Klein ?

Sans doute avec l'Agorapobie en tout cas. C'est l'idée de se sentir exposé, comme nu en public (foule). Cela peut induire des comportement étranges. Air perdu, tics nerveux, angoisse, transpiration. Il faut dire que pour garder un jardin secret aussi … Difficile !

L'idée de masque est là. Dans un sens ou dans l'autre ?

Une boucle comportementale ?

Intéressant ...
« Modifié: 01 Décembre 2016 à 13:03:44 par katchina »
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Edith

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Re : Les phobies
« Réponse #3 le: 01 Décembre 2016 à 09:31:34 »

Tout à fait HS, mais je ne peux pas laisser passer cela :

Capitaine Renard, l'"agoraphobie" ... et non agorapobie ...
n'est pas, comme tu sembles le penser "l'idée de se sentir exposé et comme nu", mais la sensation exacerbée de se trouver "bloqué" dans une situation à laquelle on ne peut échapper.
C'est le propre de l'angoisse-panique, c.à.d. le transféré, dans une situation réelle, d'un "blocage" psychique, provoqué par "un impossible choix".
Cela n'a donc rien à voir avec la peur  "que notre véritable nature puisse être publiquement dévoilée".
« Modifié: 01 Décembre 2016 à 13:04:21 par katchina »
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Capitaine Renard

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Re : Les phobies
« Réponse #4 le: 01 Décembre 2016 à 18:49:23 »

Je ne sais pas à quelle école tu fais référence Edith, on peut en parler. Cognitiviste peut-être ?

Le point de vue cognitiviste est toujours intéressant à prendre en compte. Il fait le lien en quelque sorte entre l'individu et le fait social. Le changement environnemental est alors mis en avant pour résoudre la problématique du patient ce qui en soi peut se révéler très efficace pour certaines pathologies et surtout plus rapide qu'une exposition du monde fantasmatique intérieur.

En ce qui me concerne la référence est Freudienne et décrit le fonctionnement névrotique tel qu'établit par la recherche en psychanalyse. Il y aurait donc une faiblesse des inhibitions par rapport à autrui. La peur du passage à l'acte sexuel est alors très présente. J'ai pu vérifier que cette explication était valable pour ma part et pour diverses raisons. J'ai fait court parce que je ne veux pas ennuyer ceux qui ne connaissent pas la psychologie.

En bref :

 les symptômes décrits sont proches d'un état de stress induit par une représentation sexuelle problématique et un repli sur soi.

Et toi quelle est ton explication ?
« Modifié: 01 Décembre 2016 à 19:03:39 par Capitaine Renard »
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katchina

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Re : Les phobies
« Réponse #5 le: 02 Décembre 2016 à 00:22:28 »

@CapitaineRenard

Soit je n'ai rien compris à ce que tu racontes, soit tu as changé de sujet, car si tu parles toujours de l'agoraphobie, je ne vois pas le rapport entre tes propos et le sujet.
-  se sentir nu en public
-  La peur du passage à l'acte sexuel

Juste pour rappel :

Définition
L’agoraphobie est la peur des lieux d’où il serait difficile ou gênant de s’échapper ou d’être secouru.
Cette phobie est fondée sur la peur de ne pouvoir trouver aide et sécurité dans l’endroit s’il arrivait quelque chose et non sur le lieu en tant que tel.

Situations phobogènes
Les situations redoutées par les agoraphobes peuvent être :
- de grands espaces : grands magasins, centres commerciaux, grandes places, voies dégagées ;
- des espaces clos : voitures, cinémas, ascenseurs, tunnels, avions ;
- des lieux publics : restaurants, foules, files d’attente, transports en commun, réunions ;
- des lieux en hauteurs : escaliers roulants, ponts, étages ;
- le fait d’être seul, de quitter son domicile ou ses proches.


source : http://www.anxiete.fr/agoraphobie/definition-agoraphobie/#uMtlr7eOQTkOhthH.99
« Modifié: 02 Décembre 2016 à 00:39:02 par katchina »
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Edith

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Re : Les phobies
« Réponse #6 le: 02 Décembre 2016 à 09:11:09 »


Merci Katchina d'avoir précisé les symptômes et les causes de l'agoraphobie car c'est exactement de cela qu'il s'agit.
Mais quand je vois que toute discussion devient vaine et qu'il est donc inutile d'embêter le forum... je me tais !
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Capitaine Renard

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Re : Les phobies
« Réponse #7 le: 03 Décembre 2016 à 00:27:04 »

Capitaine Renard :
Citer
En bref :

 les symptômes décrits sont proches d'un état de stress induit par une représentation sexuelle problématique et un repli sur soi.

Et toi quelle est ton explication ?

Edith :
Citer
Mais quand je vois que toute discussion devient vaine et qu'il est donc inutile d'embêter le forum... je me tais !
 

( ::))

@Katchina :

Mouais … Enfin la définition du site est très succincte :

Citer
Cette phobie est fondée sur la peur de ne pouvoir trouver aide et sécurité dans l’endroit s’il arrivait quelque chose et non sur le lieu en tant que tel.

Le reste de la page du site ne fait que décrire partiellement les symptômes.


D'un point de vue étiologique la phobie est classée en psychanalyse comme étant une problématique du refoulement psychique. Freud explique que ce qu'il a observé chez ses patients agoraphobes c'est une peur de rencontrer l'objet du fantasme refoulé. C'est à dire que la peur de la foule serait en fait une peur d'être confronté à sa propre sexualité. Dans ce cas la peur du passage à l'acte vient du fait que dans le psychisme archaïque la foule est perçue par l'agoraphobe comme étant la source possible de la rencontre dans la réalité du fantasme refoulé.

Cette peur n'est pas comprise consciemment. Ou du moins son origine. Car la peur est bien présente.

Il en va de même chez Freud pour la phobie en général. « L'homme au rats » qui est un des ouvrages fondateur de la discipline psychanalytique décrit ce processus pathologique. Un fantasme sexuel considéré comme trop dangereux par le malade est projeté sur un objet de façon à pouvoir gérer psychiquement le problème. Dans ce cas les rats.

Pour ce qui est de la sensation de se sentir nu en public c'est aussi un rêve commun. On rêve que tout à coup on se rend compte qu'on a oublié de s'habiller. S'ensuit une grande gêne.

Dans l'agoraphobie ce symptôme est signe d'une pathologie car il peut devenir très fort. L'agoraphobe ne sait pas où se mettre, il ne trouve pas sa place. Au quotidien on peut éprouver la même sensation sans être agoraphobe. Ne pas se sentir à sa place dans une soirée par exemple. Chez l'agoraphobe il peut y avoir la sensation que les gens lisent ses pensées ou bien que ses pensées sont visibles sur son visage ou dans son regard. Il s'agit dans ce cas d'un défaut d'inhibition (qui peut d'ailleurs cacher des pathologies plus graves).

Mais je ne fais ici qu'exposer le point de vue psychanalytique. D'autres explications venant d'autres écoles sont sans doute très pertinentes. Je ne dis pas le contraire.

Ce que je trouvais intéressant c'est le fait qu'entre la clope, le téléphone portable et par exemple le fait de se couvrir la tête dans certaines traditions religieuses il y a peut-être un lien à faire :

L'idée d'investir un objet d'un pouvoir protecteur vis à vis d'un monde considéré comme hostile.
« Modifié: 03 Décembre 2016 à 00:43:44 par Capitaine Renard »
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DecemberTen

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Re : Re : Les phobies
« Réponse #8 le: 03 Décembre 2016 à 07:52:11 »

Ce que je trouvais intéressant c'est le fait qu'entre la clope, le téléphone portable et par exemple le fait de se couvrir la tête dans certaines traditions religieuses il y a peut-être un lien à faire :

L'idée d'investir un objet d'un pouvoir protecteur vis à vis d'un monde considéré comme hostile.

Ou, de l'art de glisser habilement de la phobie à l'obsession...

Edith

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Re : Les phobies
« Réponse #9 le: 03 Décembre 2016 à 11:17:34 »


L'étymologie du mot "phobie" désigne une peur exacerbée se manifestant par une angoisse incontrôlable.  Accessoirement elle peut aussi se manifester par la haine ou le mépris.
Pour la psychanalyse, elle est classée dans les névroses.
Or cette peur exacerbée n'a absolument rien à voir avec les maladies dites "mentales".

Lorsque l'on est réellement confronté à une situation difficile, que ce soit physiquement  ou  moralement, l'on  n'a  en  effet  que  deux possibilités :
- faire face ... et donc assumer,
- ou se dérober ... en fuyant.

Mais pour de multiples raisons, il peut arriver que dans cette alternative l'on devienne incapable de choisir.
L'on tombe alors dans l'inhibition, ce qui a pour conséquence qu'on n'ose ni affronter  la  situation,  ni  lui  échapper.
Nous  sommes  donc  bien  là  devant "un  impossible  choix" !

Mais cette inhibition, elle, nous fait croire que nous sommes totalement piégés dans une  situation  de  vie  que  nous  abhorrons  (sinon  il  n'y  aurait  pas  de  problème ! )

Et c'est au moment précis où se produit la fulgurante prise de conscience d'une totale impuissance que la personne va déclencher sa première  crise d'angoisse-panique.

Or  il  ne  s'agit  pas  ici  de "choisir" intellectuellement d'affronter ou de nous dérober, et  du  reste, comment savoir  si  notre  décision  sera  la  bonne ?


Ce  dont  il  s'agit,  c'est  de  choisir  entre....
"une intuition juste, et une suggestion fausse" !

Naturellement, ce n'est qu'à postériori que l'on pourra se rendre compte du bien-fondé  d'avoir  choisi  d'affronter plutôt  que  fuir (ou l'inverse ! )
Ce  n'est  qu'avec le recul et la paix retrouvée que l'on comprendra pourquoi l'on s'était engouffré  passagèrement dans l'enfer de l'angoisse.
Car nous  ne parlons ici  que  d'une peur exacerbée, pas de  l'anxiété  qui  nous fait dire à tout bout de champ "je suis angoissé(e)".

Le sentiment "d'être bloqué" dans différents  lieux  n'est -  comme je l'ai déjà dit -  que le transposé dans la vie quotidienne d'un sentiment d'emprisonnement lequel, lui, existe  réellement  dans  la  vie  de  quelqu'un.
Le mot" bloqué" est du reste le mot le plus fréquemment employé par l'angoissé lorsqu'il décrit les situations difficiles qu'il doit vivre.

C'est pourquoi, même si vous n'avez  jamais "fait" de crise d'angoisse,  si vous renâclez devant la nécessité de prendre un ascenseur,  éprouvez de la répugnance à prendre le train, ou encore si, dès que vous êtes dans une file d'attente vous commencez  à dire "qu'il fait chaud et que vous étouffez" ... dites-vous bien que c'est le signe avant-coureur et révélateur qu'il y a dans votre vie "quelque chose" qui vous étouffe, que vous ne supportez pas de vivre et dont vous n'avez pas encore trouvé comment cesser de le subir.

Et à mon avis, mieux vaudrait tirer cela au clair avant qu'une "bonne" crise d'agoraphobie se déclenche !
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Capitaine Renard

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Re : Les phobies
« Réponse #10 le: 05 Décembre 2016 à 20:05:18 »

Citer
Ce que je trouvais intéressant c'est le fait qu'entre la clope, le téléphone portable et par exemple le fait de se couvrir la tête dans certaines traditions religieuses il y a peut-être un lien à faire :

Citer
L'idée d'investir un objet d'un pouvoir protecteur vis à vis d'un monde considéré comme hostile.

Ou, de l'art de glisser habilement de la phobie à l'obsession...

Oui tout à fait. Il y a un rapport entre la phobie et l'obsession c'est vrai. D'ailleurs les névroses ne sont pas forcément fixes mais peuvent évoluer au cours du temps.

Dans l'obsession (appelée aussi « TOC » comme « toc toc » - pour « Trouble Obsessionnel Compulsif ») il y a une peur et un rejet de la saleté, rejet qui se traduit par la mise en place d'un rituel de purification. Se laver les mains de façon excessive, vérifier à répétition que quelque chose est bien fermé, etc.

Donc une peur. De ce que le malade considère comme « sexuellement » sale.

Pour des raisons pratique de classement des pathologies mentales le terme phobie est cependant attribué aux phobies et le terme obsession aux névroses obsessionnelles.

Mais une phobie, dans le même sens, peut devenir une obsession. Quelqu'un peut par exemple avoir une peur irrationnelle des pigeons et penser sans cesse à cette peur même quand l'objet de la peur n'est pas présent. Dans ce cas il devient difficile de dire s'il s'agit toujours d'une phobie ou de quelque chose de plus grave.

Une phobie en général n'est pas trop problématique. C'est d'ailleurs un moyen classique de défense psychique durant la période de latence (6-10 ans)(ex : peur des araignées). En effet il est courant que l'enfant à cet âge développe un dégoût ou une peur phobique car la sexualité est alors ingérable psychiquement et complètement refoulée. Dans ce cas on ne parle pas de pathologie à proprement parler. De même chez l'adulte on ne parle de phobie pathologique que lorsque cette dernière est très marquée.

La phobie des insectes est par exemple une phobie très répandue mais rarement classée comme pathologique (ex :peur des guêpes). En revanche une peur inédite peut indiquer un trouble plus grave (ex : peur des briquets).


Citer
Or cette peur exacerbée n'a absolument rien à voir avec les maladies dites "mentales".


Tout dépend de l'intensité et de la conformité de cette peur, comme je l'ai exposé ci-dessus. Cependant la phobie est reconnue comme maladie psychiatrique :

(« Troubles Anxieux »)

>> Liste des codes DSM-IV (wikipédia.org)

Simple précision, puisqu'on est parti pour en parler.

Citer
Ce  dont  il  s'agit,  c'est  de  choisir  entre....
"une intuition juste, et une suggestion fausse" !

Oui c'est vrai il y a de ça. Je suis d'accord. L'intuition est inhibé et mal redirigée. La suggestion intellectuelle refoulée est celle du fantasme et de la charge d'interdiction qui lui est attribuée par la morale trop rigide du « malade ». Du moins en psychanalyse.

Mais ce concept que tu développes Edith peut à mon avis tout aussi bien faire référence à d'autres formes de psychologie, ce qui est intéressant.

Citer
Naturellement, ce n'est qu'à postériori que l'on pourra se rendre compte du bien-fondé  d'avoir  choisi  d'affronter plutôt  que  fuir (ou l'inverse ! )
Ce  n'est  qu'avec le recul et la paix retrouvée que l'on comprendra pourquoi l'on s'était engouffré  passagèrement dans l'enfer de l'angoisse.
Car nous  ne parlons ici  que  d'une peur exacerbée, pas de  l'anxiété  qui  nous fait dire à tout bout de champ "je suis angoissé(e)".

Oui. Je rajoute qu'effectivement c'est le rationnel qui définit s'il s'agit d'une pathologie ou non. Dans ce cas on ne peut éviter la norme sociale qui reste, même en psychologie, le référent de base. Sociologie et psychologie sont des domaines proches l'un de l'autre.

Dans certaines sociétés des complexes mentaux de type phobique sont considérés comme normaux (ex : peur et dégoût des chiens dans les caraïbes) alors que la même phobie serait considérée comme pathologique dans une autre société (ex : milieux parisiens).

Avoir peur de prendre le métro par exemple n'est pas pathologique en soi dans la période de temps qui est la nôtre. En revanche cette phobie de prendre le métro peut devenir pathologique si la vie de celui ou celle qui en est victime voit sa vie quotidienne chamboulée par un refus de prendre le métro. Et encore même cela pourrait être discuté. Un psychologue cognitiviste pourrait très bien penser que cette peur est légitime et non pathologique et qu'un déménagement s'impose pour son patient.

L'interaction de l'individu et du champ sociologique sont des notions complexes et donc facilement interprétables dans un sens ou un autre.

Le terme « phobie » est par exemple exploité politiquement.
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katchina

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Re : Les phobies
« Réponse #11 le: 05 Décembre 2016 à 22:48:22 »

Citation de: Capitaine Renard
Dans l'obsession (appelée aussi « TOC » comme « toc toc » - pour « Trouble Obsessionnel Compulsif ») il y a une peur et un rejet de la saleté, rejet qui se traduit par la mise en place d'un rituel de purification.

Pour faire très court
Un peu simple et très approximatif ou :
- excessif - L'obsession n'est pas appelée TOC, sauf si elle est accompagnée de troubles compulsifs
- réducteur - Les TOC focalisés sur les fermetures de portes, de robinet de gaz, ne sont pas une peur et un rejet de la saleté.
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Capitaine Renard

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Re : Les phobies
« Réponse #12 le: 07 Décembre 2016 à 20:05:19 »

Citation de: katchina
]Pour faire très court
Un peu simple et très approximatif ou :
- excessif - L'obsession n'est pas appelée TOC, sauf si elle est accompagnée de troubles compulsifs
- réducteur - Les TOC focalisés sur les fermetures de portes, de robinet de gaz, ne sont pas une peur et un rejet de la saleté.

C'est le point de vue psychiatrique. La psychiatrie reconnaît que le trouble compulsif est d'origine sexuelle. En France ce domaine de la médecine est corrélé à la recherche Américaine, fruit de la collaboration d'après guerre. Dans le domaine psychiatrique l'origine organique des pathologies est mis en avant. De même que les diagnostics qui proposent alors éventuellement un traitement médicamenteux.

Un peu simple … Oui. D'un côté je présente la phobie d'un point de vue psychanalytique sans autre forme de précision et de l'autre Wikipédia présente le DSM sans préciser que le champ psychiatrique se recoupe avec le champ psychanalytique.

En psychanalyse les rituels qui affectent le névrosé obsessionnel sont considérés comme étant des troubles mentaux d'origine sexuelle comme toutes les névroses d'ailleurs. Il y a une dimension dans ces répétitions de « rites » qui est liée de près ou de loin à l'apprentissage de l'hygiène par l'enfant au stade anal. C'est aussi l'âge où l'on apprend ce qui est « bien » et ce qui est « mal ». Ce qui est propre et ce qui est sale.
C'est sur le mode de purification par le rite que le névrosé obsessionnel gère une représentation fantasmatique refoulée. Cette représentation ne peut pas être complètement refoulée car elle est trop forte. Il s'agit donc d'être capable de vivre avec et de la gérer au mieux. Le rituel du lavage des mains est directement lié au pouvoir intrinsèque de l'eau qui purifie. Un rituel d'ouverture et de fermeture ou de vérification répétée s'inscrit, en psychanalyse, également dans le monde fantasmatique :

La représentation est-elle bien enfermée ? Invisible ou visible ?

Mais ce n'est pas tout. Freud a très vite observé que les patients obsessionnels développaient une tendance masturbatoire dans leurs rituels. Autrement dit, les patients s'approchent du fantasme qui pose problème et le manipule sans en avoir conscience. La répétition est une caractéristique du rituel obsessionnel.

Les obsessionnels sont quasiment tous des gens très agressifs. Ils prennent un plaisir sexuel (mais refoulé donc) à dominer leur entourage. Le rite obsessionnel a aussi vocation à contenir cette agressivité. C'est d'ailleurs très évident lorsque le rite est interrompu par une tierce personne. L'obsessionnel empêché dans sa gestion psychique réagit alors souvent avec une agressivité anormale.

Il y aurait encore beaucoup à dire sur cette névrose et sur ces dérivés notamment au niveau social. L'obsession sexuelle par exemple dans laquelle le fantasme est ruminé avec l'intériorisation de l'interdit du passage à l'acte. Dans ce cas le refoulement est moins fort mais porte plus sur la différenciation salvatrice entre rêve et réalité. Mais on tombe dans le hors-sujet.

L'idée en rapport avec la phobie c'est qu'un aspect sexuel, une représentation investie d'énergie psychique, est perçue comme angoissante parce que sale et dégoûtante mais paradoxalement attirante.

Quoiqu'il en soit la psychanalyse est reconnue comme science par l'Etat :

>> Psychologie clinique (wikipédia.org)

Citer
En France, les psychologues cliniciens sont formés à l'Université et sont titulaires d'un Master 2 ou d'un D.E.S.S. de psychologie clinique et psychopathologie. C’est en 1971 à l’Université Paris VII que fut reconnu pour la première fois un diplôme de psychologue clinicien par les ministères de l’enseignement et de la santé6 .


Disons que la psychanalyse s'attache plus à prévenir que guérir par rapport à la psychiatrie au niveau du traitement du malade. D'une façon générale la parole est plus légère que le médicament.

Pour en revenir à la phobie, l'idée à retenir à mon avis, toujours d'un point de vue psychanalytique, c'est qu'elle agit comme un masque. Ce masque est un filtre psychique qui rend vivable une angoisse trop forte présente dans la psyché du névrosé.

Que ce soit pour Freud, Mélanie Klein, Anna Freud, Jacques Lacan ou d'autres fondateurs de la psychologie clinique, on retrouve toujours l'idée d'une gestion dynamique du psychisme.

Cette vision dynamique n'est d'ailleurs par sans rapport, notamment chez Jung, avec les philosophies Bouddhistes de circulation des énergies. L'énergie bloquée est source de mal-être et donc de maladie.

Si je pointe le « sentiment d'être nu » dans l'Agoraphobie, c'est pour souligner le contexte social dans lequel une adolescente de caractère pudique, par exemple, va évoluer. Voir le corps de la femme constamment mis à nu aux yeux de tout le monde peut être alors problématique. Surtout dans la période d'incertitude de l'adolescence où la sexualité est mal comprise, âge propice à la maladie d'Agoraphobie.

Une adolescente pudique peut alors, d'après moi, chercher à gérer psychiquement cette source angoissante de différentes manières :

- Par le voile si elle se place dans une démarche religieuse
- Par la nomophobie si elle recherche plutôt l'intégration et la conformité
- Par la cigarette si elle développe un penchant auto-destructeur et addictif

Et maintenant que j'y pense je rajouterais peut-être même le fait de se barbouiller de maquillage  :) ...
« Modifié: 07 Décembre 2016 à 23:05:35 par katchina »
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katchina

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Re : Les phobies
« Réponse #13 le: 07 Décembre 2016 à 23:04:57 »

Un peu simple … Oui. D'un côté je présente la phobie ...

Ouh là là ! - J'ai dit "un peu simple" dans le sens de approximatif, erroné (excessif et réducteur - j'ai expliqué pourquoi), pas dans le sens de un peu court.

Ceci dit, si tu adhères à tous ce que tu as énoncé plus haut alors !  ...  ::)

J'ai le choix entre les deux propositions d'Edith : ne pas laisser passer ou me taire.

Je choisis la seconde.  :)


« Modifié: 07 Décembre 2016 à 23:32:44 par katchina »
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Edith

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Re : Les phobies
« Réponse #14 le: 09 Décembre 2016 à 18:17:25 »


Avant  d'éventuellement  poursuivre  notre  analyse  des "tocs".. bien que pour moi elle se résume  à seulement  poser la question :
"  Toc, toc, toc,  y - a  quelqu'un  dans les parages ?...." ,
commençons par mettre un peu d'ordre dans le très fructueux marché de "l'Inconscient" dans lequel, pour certains, ne trône que  "l'omniprésence du  registre  sexuel".
Ce marché s'est  en effet aujourd'hui tellement  métamorphosé en "fourre -tout " ,que n'importe qui peut maintenant  raconter n'importe quoi, sans pour autant avoir lui-même  compris  de  quoi  il  parle.

Si au fond cela a peu d'importance pour un lambda se sentant bien dans sa peau, affirmer  à  un  Moi  faible  et  en  souffrance  qu'il  est atteint d'une "maladie mentale" ( dont certaines  sont  redoutées depuis des décennies )  n'est  pas  anodin  et  loin de favoriser la guérison, peut au contraire accentuer la gravité de la pathologie.  Alors  commençons  par  rendre à  César ...

Tout le monde sachant qu'un  "psy" désigne  le thérapeute que vont consulter ceux qui  ont  des bleus  à  l'âme, qu'en  est-il  de  leur  capacité  réelle  de  soulager   celui  qui  souffre ?
Car la  compétence de ces thérapeutes  implique qu'ils aient  non seulement  une parfaite connaissance de ce dont ils parlent,  l'aptitude de diagnostiquer ce  dont souffre  leur patient, mais évidemment  et  surtout  la capacité  de choisir   la meilleure  marche  à  suivre  pour guérir celui-ci.
S'y  ajouteront  peut-être pour certains  le "talent", voire le "génie", mais cela c'est une autre histoire.

Alors comment acquiert-on ces connaissances?  Evidemment, à moins d'avoir la science infuse, par des examens,  des stages, des diplômes  ou  des certificats.

-  Au sommet de la hiérarchie trône le psychiatre :

C'est un médecin qui, à ses 10 années d'études,  en a rajouté  quatre  pour se spécialiser  dans  l'étude  du  cerveau  et  donc  inévitablement  de  la  psyché.
Il est évidemment à même de poser des diagnostics, de prescrire médicaments, examens et soins, de décider d'une hospitalisation et de rédiger des certificats médicaux. Il peut aussi poser l'indication d'un traitement psychologique,  analytique, ou psychothérapeutique, mais un gros pourcentage de ces psychiatres assument eux-mêmes  ces  traitements.

Il ne faut évidemment pas oublier les infirmiers travaillant en service psychiatrique, lesquels bénéficient d'une formation théorique et pratique de trois ans après le bac. Travaillant en équipe pluridisciplinaire, ils assurent tous les soins somatiques  et bien souvent, accompagnent  leur  patient  avec  un  réel dévouement.

-  Le  psychologue :

Le statut de psychologue est accordé à celui qui a acquis un diplôme d'Etat après cinq  années  d'études  théoriques  et  pratiques.
Tout en assumant  le  soutien  des  personnes  en  difficulté  psychique, il  est   habilité à faire passer des tests, organiser des thérapies de groupe, et principalement  accompagner  et  aider  les enfants  et  les  adolescents.

-  Le psychanalyste :

Alors que médecins et psychologues doivent  obligatoirement avoir  suivi une formation universitaire en médecine et en sciences humaines, ce qui leur a permis d'attester de leur capacité de connaître à la fois le fonctionnement normal ou pathologique du cerveau et du psychisme humains, la profession  de  psychanalyste,  elle,  ne bénéficie  d'aucune  reconnaissance légale.
Si vous le désirez, vous pouvez clouer votre plaque de psychanalyste en bas de votre immeuble  sans pour autant être inquiété par la Loi.

Et comme depuis la création de ce Mouvement   plaintes et  menaces  de  procès ne manquèrent pas de se présenter ,  différentes "Ecoles" de psychanalyse, ne serait-ce que  pour essayer d'acquérir un diplôme de "respectabilité", décidèrent  de  se  faire  reconnaître  officiellement ,  chacune  d'elles  ayant  "son Gourou  attitré".

Se créèrent d'qbord alors quatre Ecoles principales  :
- celle de Freud,
- celle de Jung,
 - celle de Adler,
- et enfin celle de Frankl.

Si  bien que de même que l'on a établi une échelle de valeur  des chakras, ce sont  successivement  :
le sexe, le cœur, la  tête   ou... "l'espace dévolu  au  Dieu intérieur" qui  seront  pris  en compte pour  essayer  de  comprendre  où  le  bât  blesse afin d'y  remédier.
Disons-le tout de suite, pour les Freudiens, aucune promesse de guérison !  "Faut apprendre à vivre avec " !  Dans  la  cave  on  est, dans  la  cave  on  restera  toute la vie. Mais il est vrai que si quoi qu'on ait comme problème on reste persuadé  qu'il ne peut provenir que du   sexe ...
En attendant,   c'est toujours   sans diplôme d'Etat  et sans  références vérifiables, que  n'importe qui, s'inventant  des  connaissances  bidons, rien  qu'en s'étant  documenté  sur  Internet, peut  malheureusement  - même si c'est sans mauvaise intention - aggraver le problème  au  lieu d'aider  à  le résoudre. 
Toutefois, la Sté psychanalitique française exige quand même  que tout psychanalyste se référant à elle ait lui-même suivi une analyse entièrement  supervisée.

- Le psychothérapeute :

Alors là... c'est  la  foire-fouille  de  la  profession "psy" .

Et bien que le gouvernement, en 2004, ait tenté d'imposer que l'inscription sur le registre national des psychothérapeutes soit subordonnée à la validation d'une formation clinique de 400 heures minimum et d'un stage pratique de cinq mois, n'importe qui, encore une fois, peut installer sa plaque  de  psychothérapeute sans être  inquiété.
Il n'empêche que la plupart de ces thérapies ( validées, elles, depuis longtemps,  par un certificat et même un mémoire ) et dont  certaines  sont déjà anciennes comme l'Analyse transactionnelle, la Gestalt, le Vittoz, les thérapies comportementales ou cognitives,  peuvent se révéler efficaces, à condition que le thérapeute choisi soit bien  celui qui  convient  le  mieux  au  problème  de  la  personne.
Quant à  la sophrologie, qui a tant de résultats bénéfiques à son actif,  n'oublions surtout pas que son fondateur n'a fait que s'approprier, "pirater" en  quelque sorte  toute   la richesse des  sages  enseignements  des  Yogas  hindous.

Maintenant que nous sommes au clair avec qui fait quoi , peut-être allons-nous pouvoir  essayer de comprendre d'où vient que  désirant entrer en analyse, "untel"   sera d'emblée persuadé, et finira par affirmer,  que  chacun de  nos problèmes n'émane jamais  que d'une sexualité  exacerbée  ou  déviée, alors  que  d'autres se dirigeront spontanément  vers  les  domaines  du  coeur,  de  la volonté  ou  du mystère  divin... pour  essayer  de  mettre  de  l'ordre  dans  leur  vie.

Et  puisque capitaine Renard semble adhérer totalement à la démarche freudienne,  peut-être pourra-t-il  nous  expliquer  le bien-fondé   de  son  choix.

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