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Auteur Sujet: Jupiter/Macron et la liberté d'opinion  (Lu 112 fois)

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Tartar

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Jupiter/Macron et la liberté d'opinion
« le: 05 Janvier 2018 à 14:50:57 »

Quos vult perdere Juppiter dementat : (latin, vers de l'Énéide de Virgile): Jupiter égare (rend fou) ceux qu'il veut perdre.
Macron utilise l'adjectif "illibéral".
https://fr.wikipedia.org/wiki/Illib%C3%A9ralisme
France
Pierre Rosanvallon caractérise la culture politique française comme illibérale, dont le bonapartisme est selon lui « la quintessence » : « C’est en effet en lui qu’ont prétendu fusionner le culte de l’État rationalisateur et la mise en scène d’un peuple-Un. Le bonapartisme est aussi pour cela la clef de compréhension de l’illibéralisme français.


Dans VU DU DROIT
http://www.vududroit.com/2018/01/emmanuel-macron-president-neo-illiberal/

En droit français, le « juge des référés est le juge de l’évidence » et ne peut donc prendre que des mesures provisoires à charge pour les plaignants de poursuivre ensuite devant le juge du fond. Eh bien, avec ce que nous promet Emmanuel Macron, ce juge de l’évidence saisi en urgence pourra condamner à mort un média sur la simple accusation de « propagation d’une fausse nouvelle » ! Cela ne pourra donc être autre chose que du contrôle a priori. Et de quoi donc ? De la véracité de ce qui aura été exprimé ? Mais comment ?

Prétendre que Jacques Chirac était mort comme l’avait fait imprudemment Christine Boutin dans un tweet, était à l’évidence une Fake news. Dont elle s’est excusée. Mais, sans remonter aux faux charniers de Timisoara, avoir prétendu que Kadhafi commettait un génocide contre son peuple, pour justifier une intervention militaire illégale, était-ce une fake news ? Était-ce la propagation de fausses nouvelles que de se répandre sur tous les plateaux complaisamment ouverts, comme le firent Glukcksmann, Goupil et autres Bruckner pour, relayant les mensonges de George Bush, affirmer l’existence d’armes de destruction massive en Irak dans le but de justifier une guerre d’agression avec le résultat que l’on connaît ? Comment définir ce que sont la « fausse nouvelle » et la « propagation » de façon suffisamment claire, pour justifier une telle atteinte dans l’urgence, à la liberté d’expression? Et puis, quelle est cette désinvolture à vouloir trancher d’un trait de plume la complexité de la question des liens qu’entretiennent « les faits » et « la vérité » ? À propos de la vérité historique, les plus grands historiens eux-mêmes disent qu’il faut distinguer factualité et vérité, cette dernière étant changeante. Ne parlons même pas de la « vérité judiciaire » toujours relative et si complexe à élaborer.

Non, ce qui est en jeu, au travers de cette opération de diabolisation d’un média étranger et de l’utilisation d’un concept fourre-tout, au caractère volontairement flou, c’est une tentative d’imposer une vérité politique. Et de lui donner un statut irréfragable en en sanctionnant lourdement la contestation.

Il est indispensable que cette manœuvre soit combattue pour ce qu’elle est : une atteinte inacceptable à la liberté d’expression.

Régis de Castelnau
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Tout envisager, ne rien croire.