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Auteur Sujet: Comment prendre du recul  (Lu 689 fois)

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katchina

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Comment prendre du recul
« le: 01 juillet 2019 à 13:00:07 »

Pour rebondir sur le débat d'hier soir comment prendre du recul et ne pas s'identifier.

En ce qui concerne les interventions des interlocuteurs des antennes libres, je m'imagine que je suis au spectacle et je visualise les intervenants sur scène (de manière floue, puisque je ne les connais pas personnellement) et les écoute comme si j'étais dans le public. Cela mets tout de suite une distance. Non seulement cela dédramatise certains propos mais cela induit de la bienveillance envers certains avec lesquels, dans le feu d'une discussion au bar tabac du coin, je serais en désaccord.  ;)

Si vous avez d'autres "trucs", je suis preneuse.  :)
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Hervé.RIM

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Re : Comment prendre du recul
« Réponse #1 le: 03 juillet 2019 à 14:07:14 »

La question est : puis-je rester simple observateur quand des propos sont tenus, que ce soit à la radio, au café du coin ou lors d'une renconter avec des amis.
Observateur, donc ne pas me sentir visé - ni directement, ni indirectement - par les propos entendus.
Il y a les mots entendus d'un côté, il y a l'émotion ressentie d'un autre.

Alors, est-il possible de me mettre en position d'observateur de cette émotion qui vient à moi ?
Puis-je me désindetifier de cette émotion, et voir qu'il y a moi d'un côté, l'émotion de l'autre ? Puis-je me dissocier de cette émotion, sans l'entertenir, sans la cultiver, sans essayer non plus de l'éloigner, ni de la supprimer, ni de la contrôler. Simplement la voir apparaître, constater le fait de sa présence, de la sensation qu'elle me procure, agréable ou non, jusqu'au moment où elle se dissoudra d'elle-même.

Certains y arrivent bien, peut-être. D'autres un peu. D'autres encore, pas du tout.

Peut-il y avoir un "truc" pour observer les émotions qui montent en nous sans s'impliquer avec elles ?
Le seul "truc" que je connaisse, c'est d'essayer, essayer, et encore essayer. Essayer d'observer, de n''être qu'observateur, et rien d'autre. On échoue souvent, mais on continue d'essayer, donc on continue à observer. A force d'observer, une distance entre soi et l'émotion peut finir par se créer, si faible soit-elle. C'est un début. Un sillon à creuser.

Nous avons l'habitude de nous identifier à nos émotions. Observer les émotions permet d'affaiblir cette habitude.

C'est difficile, c'est ingrat, mais sans doute cela en vaut la peine.
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katchina

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Re : Comment prendre du recul
« Réponse #2 le: 05 juillet 2019 à 00:25:22 »

C’est parfois difficle, mais pas toujours.

Cela vaut la peine parce ce qui libère, ce qui allège, ce qui protège mérite d’être expérimenté.

C’est ingrat…  Pas tant que ça. Pas plus que des pratiques qui demandent de la régularité, de l’assiduité, comme le Tai-Chi  par exemple. Et lorsque je lis ton conseil , Hervé, je me dis, mais c’est bien sûr, c’est une application, une extension du domaine du Tai-Chi   : observer et pratiquer encore et encore. Etre bienveillant envers soi-même, si je me trompe c’est pas grave. Juste observer à nouveau et recommencer.

Lorsque je disais « truc » ce n’est sans doute pas le mot juste. La distance théâtrale est plutôt une béquille.

Quant à l’identification, elle peut être positive si elle permet de développer l’empathie.
 
Quant j’écoute les antennes libres je ne sais même pas où se trouve l'identification.  Parfois, alors que je n’ai pas d’opinion particulière sur les propos tenus (je ne m’identifie donc ni au propos, ni à l’interlocuteur)  cela commence à me chatouiller. (Alors, je baisse le son, un quart d’heure ou j’utilise la béquille).

Ce serait alors une identification inconsciente « Que me renvoie-t-il de moi qui m’agace à ce point ? »
Et alors là, bonjour la prise de tête. Et ça, non merci.  Donc comme le Tai-chi (la posture réussie un beau jour où on ne l’attendait plus)  : constater que cela m’a énervée, baisser le son un quart d’heure, et  peut-être qu’après des semaines d’observations suivies de baissage de son, lorsque l’interlocuteur en question prendra la parole, cela ne me chatouillera plus.
 
Je crois que je vais essayer comme ça : pratiquer le Tai-chi de la non-indentification aux émotions.
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Hervé.RIM

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Re : Comment prendre du recul
« Réponse #3 le: 05 juillet 2019 à 11:53:24 »

Ce serait alors une identification inconsciente « Que me renvoie-t-il de moi qui m’agace à ce point ? »
 Et alors là, bonjour la prise de tête. Et ça, non merci.

Sur l'identification :

Il y a ce qui nous ressentons, et il y a le nom que nous lui donnons, "identification" par exemple.
Pourquoi nommer ?
Nommer, c'est s'enfermer la réalité dans une idée, et une idée n'est plus la réalité, c'est une représentation mentale, c'est de l'imaginaire.

Observons sans faire intervenir l'intellect (ou le mental, ou la pensée, si tu préfères), donc sans recourir aux mots. Observons dans le silence de la pensée.
De plus, l'émotion ressentie à un moment particuler ne cadre peut-être pas avec l'idée que tu t'es construite de ce que tu nommes identification.

Qu'importe que nous donnions à une émotion un nom, qu'importe que nous la rangions dans une catégorie ou une autre. La réalité, y compris celle des émotions, est insaisissable par les mots et les catégories que nous inventons. Les mots dénaturent, restreignent, limitent et déforment ce qui est réellement. Le mot n'est pas la chose.

Observer sans commenter, sans saisir le fait et l'enfermer dans des mots. Observer, observer jusqu'au moment ou ce qui peut être vu est vu, donc compris.
Cela arrive si cette comprréhension doit se faire... De celà on n'est pas maître... Cela vient... ou pas. En tout cas, pas quand on le décide.

Nous sommes en permanence traversés par des émotions ou, plus largment encore, par des sensations.
Sachons les voir, et seulement les voir, sans mots et sans commentaires.

Plus facile à dire qu'à faire, j'en conviens...
« Modifié: 05 juillet 2019 à 12:09:17 par Hervé.RIM »
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katchina

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Re : Comment prendre du recul
« Réponse #4 le: 05 juillet 2019 à 23:37:15 »

Merci pour tout !

C’est plus clair. Ce qui m’a perturbée est que je me suis accrochée au mot « identification » qui ne correspondait absolument à rien de ce que je ressentais.

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Plus facile à dire qu'à faire, j'en conviens...
Oui d'autant plus que rien n’est jamais acquis.
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