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Auteur Sujet: la bio-diversité en action  (Lu 10329 fois)

0 Membres et 1 Invité sur ce sujet

katchina

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la bio-diversité en action
« le: 07 mai 2008 à 13:38:02 »

Je suis naturaliste amateur et j'observe la migration prénuptiale des oiseaux actuellement : je commence sérieusement à m'inquiéter car je ne vois pas grand chose revenir à part les espèces d'oiseaux migrant de quelques centaines de km, les "africains" semblent  encore bien absents... Je pensais qu'après la vague de froid, une vague importante qui restait bloquée allait survenir mais que dalle nib de nib les Passereaux et les Anatidés c'est pas terrible terrible par rapport aux années précédentes (pourtant les giboulées , les averses sont monnaie courante à cette époque de l'année).

Restent les Limicoles mes chéris faut espérer que les conditions soient réunies pour un accueil favorable sur mon site fétiche, mais ce serait pendant les congés scolaires et dans un milieu ouvert accessible au public, le partage de territoire entre la faune et  la bande de sauvages humains... Indécis Pleurs Fâché

Cela fait plus d'un mois maintenant !
As tu des nouvelles de tes chéris les Limicoles ?
Tu nous tiens au courant ?  :)
« Modifié: 03 août 2008 à 12:38:21 par katchina »
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palu

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la bio-diversité en action
« Réponse #1 le: 08 mai 2008 à 15:02:36 »


Chevalier aboyeur



Petit Gravelot


url=http://pix.nofrag.com/b/5/0/07bfed32a39ea5abd1a80f8567eae.html][/url]
Chevalier guignette

"Ils" sont arrivés, ils passent, et ils repartent tout aussi vite !!! :'( :-\ ???
La faute au beau temps et aux ponts à rallonge du mois de mai qui font se déverser par familles entières des meutes de beaufs ne lisant pas la réglementation du site leur enjoignant de na pas stationner sur les berges, de ne pas pêcher sur les grèves, de leur mauvaise foi évidente et de leur égoïsme...

Pourtant tout était prévu pour éviter de tels débordements mais l'envahissement est tel que je renonce à aller les approcher pour leur demander d'aller un peu plus loin, on ne peut pas se concentrer à recenser les oiseaux (état proche de la transe, car il s'agit de se mettre en osmose avec le règne animal, et se détacher de la raison raisonnante pour mieux le découvrir.)  Donc après une dizaine de jours de discussions, je me replie aujourd'hui jusqu'à la pentecôte sur mon job de naturaliste. Trop difficile de repasser ensuite dans un état d'esprit convivial vis à vis de congénères peu compréhensifs du travail de la communauté (j'oeuvre pour le compte du gestionnaire du site collectivité territoriale) pour sauvegarder le patrimoine naturel d'importance départementale...

Le Français en règle général doit être sanctionné sur ses biens pour qu'il consente à infléchir son penchant à l'indiscipline !   

« Modifié: 08 janvier 2012 à 14:38:44 par lilou »
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katchina

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Re : Claude Allègre continue...
« Réponse #2 le: 08 mai 2008 à 22:17:43 »

@palu

Merci pour les portraits - ils sont magnifiques. :)
Parfois je les envie, parce qu'ils vivent vraiment l'instant présent sans se laisser distraire par des pensées discursives.

Citer
Pourtant tout était prévu pour éviter de tels débordements mais l'envahissement est tel que je renonce à aller les approcher pour leur demander d'aller un peu plus loin, on ne peut pas se concentrer à recenser les oiseaux (état proche de la transe, car il s'agit de se mettre en osmose avec le règne animal, et se détacher de la raison raisonnante pour mieux le découvrir.
Citer
Trop difficile de repasser ensuite dans un état d'esprit convivial vis à vis de congénères peu compréhensifs du travail de la communauté

Il m'arrive de rater mon train, à cause d'une pie, d''une corneille... ou d'un arbre, alors ... je comprends .... très bien...



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labbe

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la bio-diversité en action
« Réponse #3 le: 31 juillet 2008 à 18:49:13 »


Tiens Palu puisque c'est ton domaine : quel est le but du chant des oiseaux en général.
De quoi se parlent ils ?
L'autre fois je regardais un geai.
Il poussait un espèce de cri très fort et chiant.
Un autre lui répondait.
Là je suppose que c'est l'époque de copulation.
Mais en général.. hors période de quoi parlent ils ?
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palu

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« Réponse #4 le: 31 juillet 2008 à 23:16:20 »

Deux choses : le chant et les cris.

Le chant est l'apanage des Passereaux, des petits oiseaux issus des familles les récentes d'oiseaux. Les familles plus anciennes, type palmipèdes, rapaces se contentent de cris.

Le chant est utilisé donc par les passereaux, mais pas par tous : les pies, corneilles, corbeaux, geais et autres espèces appartenant à la famille des Corvidés n'ont pas de chants mais leurs cris constituent un language : ainsi les corbeaux savent compter jusqu'à 4 ou 5, chaque chiffre correspondant à un son spécifique. Des scientifiques ont pu interpréter jusqu'à 40 cris différents, soit 40 propos distincts. Je ne sais pas ce que les geais disaient exactement, en général ce sont des cris d'alarmes, d'avertissement : dans la forêt les autres oiseaux prêtent attention aux cris des geais car ils sont tenus pour être très informés de ce qui se passe, ce sont des "guetteurs" souvent installés en lisière ou près des clairières. Ils peuvent ainsi signifier tout danger, voire même indiquer la teneur du danger : présence d'hommes, de prédateurs volants, de voisins envahisseurs, de présnece de sources de nourritures, etc. C'est un langage basique sans verbe-sujet-complément d'objet, constitué apparemment plus comme un idéogramme.

Concernant les chants, c'est comme les ovnis et la science en général plusieurs hypothèses s'opposent ou s'interpénètrent.

Donc, les chants sont employés par les petits passereaux, par le mâle le plus souvent.  On pense que le chant est plus utilisé par les petits oiseaux car c'est façon de s'imposer dans la nature alors que les oiseaux plus grands s'imposent physiquement et leurs comportements sont sans équivoque et n'ont pas besoin d'être soulignés pour être entendus de tous : par analogie, on dirait que les merles et grives et autres rossignols sont obligés d'être des beaux parleurs pour se signaler tandis que les corneilles, faucons, buses n'ont qu'à montrer leur biscoteaux de bodybuildés pour dissuader autrui de venir les embêter....

Le chant (utilisé uniquement en période de reproduction moins souvent en migration prénuptiale) servirait à délimiter le territoire d'un mâle : on parle de chant de guerre pour avertir les voisins mâles de ne pas approcher sous peine de poursuites et de bagarres. Mais ce serait aussi un moyen de séduire les femelles, le plus beau chanteur ayant la plus bonne forme, expérience, etc...

Certains chants sont stéréotypés, identiques pour tous les représentants mâle de l'espèce. Chez d'autres, comme le Merle noir, les chants varient pour chaque individu qui d'ailleurse change de vocalise tous les ans, ils sont les plus créatifs. D'autres enfins sont des imitateurs, comme les Rousserolles verderolles pas drôles à identifier, ou bien les Hypolaïs polyglottes (y en a d'autres) font un pot pourri des vocalises et sons d'autres espèces, ce sont les plus virtuoses. 
 
Voilà en gros
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labbe

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Re : HORS SUJET A BATONS ROMPUS ENTRE AMIS
« Réponse #5 le: 01 août 2008 à 11:12:22 »



Pour le geai ca doit être ca car j'étais dans un pré juste a côté d'une forêt.
Au bout d'un moment un autre est venu le rejoindre.
Peut être pour constater l'intru  ;)

J'avais vu un reportage dans lequel Boris Cyrulnik était au bord de l'océan et décryptait les cris des oiseaux de bord de mer.
C'était très impressionnant.
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Re : HORS SUJET A BATONS ROMPUS ENTRE AMIS
« Réponse #6 le: 01 août 2008 à 12:48:42 »

De fait, ce que l'oreille humaine perçoit des sons émis par les oiseaux n'est pas exactement ce que les oiseaux percoivent de leurs congénères : par exemple chez les Manchots, en période de reproduction "ils" nichent en colonies de plusieurs milliers de couples au minimum et pour se reconnaître parmi la foule, celui qui est au nid crie. Et bien celui qui revient avec son poisson, ses crevettes, son krill etc idendifie son partenaire parmi des milliers d'individus bêlant simultanément !

ça, les humains ne peuvent reconnaitre l'individualité dans les cris d'oiseaux...

toutefois "on" distingue des accents : ainsi le chant du Pinson des arbres se module différemment selon qu'il est du nord de la France ou plus au sud.
« Modifié: 01 août 2008 à 16:08:15 par palu »
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katchina

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la bio-diversité en action
« Réponse #7 le: 03 août 2008 à 00:07:57 »

L’idée de ce fil m’est venue en lisant une intervention de palu qui répond régulièrement avec patience et gentillesse à toutes nos questions sur les oiseaux.

« Sauver les piafs c'est sauver les hommes, car il s'agit de bio indicateurs sur la qualité de la (sur)vie des humains (ex : le pierrot londonien; les insectivores limitant les insectes ravageurs, etc). Et au moins si le pouvoir d'achat baisse, au moins les trésors de la nature persistent et s'offrent à vos yeux si vous quittez un moment les bouquins d'apocalypse.»

Et comme il me l’a suggéré, d’autres espèces, comme les insectes, certaines espèces de mammifères peuvent constituer des agents de bio-diversité. De même, pourquoi ne voir dans les oiseaux sauvages (ou autres espèces) que ce qui peut "servir" les humains ?

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palu

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Re : la bio-diversité en action
« Réponse #8 le: 03 août 2008 à 00:42:58 »

Merci Katchina de me citer, je n'aurais pas fait mieux  8)
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palu

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SUJET : LES ESPECES INVASIVES (1?)
« Réponse #9 le: 03 août 2008 à 02:02:26 »

Je lisais justement avant le catch de la TNT un article sur les espèces d'oiseaux envahissantes et invasives.

Je pense qu'il va falloir un de ces jours citer des grands pontes de l'ornithologie, toujours est-il que le rédacteur de cet article s'appelle Philippe J. Dubois, article paru dans une revue spécialisée s'appelant "Ornithos" -14-6 Nov-Décembre 2007 non mis en vente dans la presse.

Ce problème des espèces envahissantes serait une des menaces majeures pour la biodiversité, en Europe comme partout ailleurs dans le monde. Le risque est que ces espèces entrent en concurrence avec "Nos" oiseaux , pour la recherche des ressources alimentaires, des milieux occupés (habitat), voire les risques d'hybridation (notamment chez les Canards, Oies et Cygnes, soit la grande famille des Anatidés)

Récemment (2007) le MEDAD (ministère de l'écologie et du développement durable) a voulu connaître l'état des lieux des espèces allochtones en France.  

Il faut d'abord définir rigoureusement les termes, souvent proches pour nuancer les différents cas de figure :

ainsi on réserve le terme d'espèces envahissantes aux espèces autochtones en phase d'invasion biologique.

En revanche on réserve le termes d'espèces invasives pour les espèces allochtones (c'est à dire issus de régions du monde extra européenne, non indigènes quoi).

Il convient à ce stade de préciser ce terme d'allochtone qui lui aussi est sujet à débat : par exemple, le Faisan de colchide, le Cygne tuberculé n'est pas une espèce autochtone, car introduits volontairement par l'Homme. Toutefois, dans la durée, ils ont pu s'assimiler dans la Nature avec les autres oiseaux (pour le faisan, l'introduction daterait de -1300 ans avant JC). On exclut également les espèces qui sont venues naturellement coloniser l'Europe comme la Tourterelle turque. Il est donc restreint aux introductions volontaires ou accidentelles (échappés de captivité par exemple) et récentes (- de 100 ans).

Cette étude a été menée par des membres d'associations de protection de la nature qui ont recensé les effectifs ainsi que les nombres de couples reproducteurs si possible. Effort louable car en principe les "ornithos" ne se préoccupèrent guère de ce genre d'oiseaux se souciant davantage des oiseaux rares...

Je ne citerai pas les résultats espèce par espèce car ce serait trop long de vous les présenter, avec toutes les menaces potentielles ou avérées qu'elles risquent de faire subir à telles ou telles autres espèces.  

Toujours est-il que 26 espèces espèces allochtones ont été trouvées nicheuses en France depuis 2000 dont 17 nichant régulièrement. 8 d'entre elles voient leurs effectifs augmenter considérablement et 5 exploser (=beaucoup augmenter) ! Parmi ces dernières, la Bernache du Canada, l'Ouette d'Egypte, l'Ibis sacré, la Perruche à collier représentent une menace avérée, auquelles ont peut rajouter le Cygne noir et l'Erismature rousse à la dynamique d'expansion moins importante. Je pourrais faire une monographie pour chacune de ces espèces, à votre demande.

De celà il découle des projets d'éradication et/ou de régulation de certaines des espèces citées ci-dessus. Ces plans s'avèrent parfois difficiles à mettre en oeuvre compte tenu de la présence des autres espèces à proximité immédiate et des lieux de présence (villes, zones urbaines). On notera aussi que l'éradication sur un site provoque la dispersion des survivants en d'autres endroits jusqu'alors non colonisés ce qui multiplie les aire de distribution, soit l'effet exactememnt inverse à celui recherché ! Pour l'instant la planification à l'échelle nationale reste à mettre en oeuvre pour contrer cette dispersion.

Il y a aussi le fait que ces projets sont contestés soit sous le coup de l'émotion, soit culturellement ou philosophiquement (c'est mon cas je dois le signaler), ce qui ralentit les formalités administratives pour effectuer les "prélèvements".

En tout état de cause, il existe des espèces allochtones qui ne semblent pas gêner les espèces indigènes, voire participent utilement aux écosystèmes, ce qui trouble confusément le débat. Ensuite le faible recul aujourd'hui alors qu'il faudrait étudier valablement le phénomène sur le long terme, ce qui s'oppose au principe de précaution qui lui imposerait une solution immédiate (et définitive !) à court terme sans attendre de constater les effets nuisibles.

On notera enfin des débats entre les partisans d'une science objective et ceux qui ont des partis pris (là il faut classer ceux qui prônent l'élimination des oiseaux étrangers par principe du seul fait qu'ils sont étrangers), la simplification à l'extrême par les médias de la problématique (ceux qui sont contre le Cygne noir sont des racistes  ::))

Il conviendra également de surveiller la colonisation naturelle d'espèces venues d'Afrique ou d'Asie compte tenu du réchauffement climatique pour voir si la compétition avec les espèces déjà présentes dans des milieux naturels en transformation ne risquent pas de fait de provoquer l'extinction des espèces spécialisées !!!
 


 





« Modifié: 04 août 2008 à 01:44:44 par palu »
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palu

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SUJET : LA POLLUTION LUMINEUSE ET SES EFFETS SUR LA NATURE
« Réponse #10 le: 04 août 2008 à 01:29:37 »

D'abord les faits : jamais on n'a autant éclairé que maintenant, même en France, malgré les recommandations poussant les ménages à réduire leurs dépenses énergétiques !

D'après l'Agence de l'environnement et de la maîtrise de l'énergie (ADEME) les images satellitaires montrent une hausse annuelle de 5 à 10 % de la pollution lumineuse depuis les années 2000. En France, le nombre de points lumineux s'est accru d'un tiers en 10 ans (entre 1995 et 2005). La puissance dépensée chaque année pour l'éclairage collectif est passée de 70 à 91 Kilowatts par Français en 10 ans. En outre, selon l'Agence internationale de l'énergie, les dépenses énergétiques en rapport avec l'éclairage représentent l'équivalent de 75% du gaz carbonique induit par la circulation automobile.

De plus cet éclairage est diffusée à plus de 50 % vers le ciel c'est à dire pour rien (sauf peut-être pour les aéroports à ovnis  ;))

Quelles sont les justifications à cette surenchère lumineuse ?  

C'est l'argument sécuritaire qui prévaut (éclairer les rues pour protéger les passants des voleurs, éclairer les routes, autoroutes et giratoires pour une meilleure visibilité). Toutefois, les statistiques du ministère de l'Intérieur indiquent que c'est en plein jour que la majorité des voleurs opère; rassurés, les automobilistes accélèrent et les accidents nocturnes sont plus fréquemment mortels que les diurnes.

Dans les villes il y a aussi pléthore de panneaux publicitaires et autres enseignes lumineuses car notre espèce répond aux stimulis visuels de la société de consommation et les professionnels renforcent ce phénomène à coups de formats géants.

Rajoutons l'éclairage public liées aux édifices culturels et cultuels (Tour Eiffel, églises, monuments historiques) mis en lumière 365 jours par an durant toute la nuit; l'éclairage des bureaux éclairés 24 heures sur 24; l'éclairage des fêtes de fin d'année qui débutent souvent de plus en plus tôt avant le passage du père Noël.

Le terme de pollution lumineuse a vu le jour il y a environ une vingtaine d'années et concerne aussi bien la biodiversité que l'astronomie, la santé humaine, etc.

Quels sont les impacts sur la nature ?

L'éclairage artificiel de nuit modifie les rythmes biologiques des animaux et des hommes. Ces troubles génèrent des problèmes neuroendocrinologiques qui changent les mesures de la croissance, l'aimentation, la reproduction, la migration des individus.

Les conséquences sont ressenties différemment selon les espèces, en fonction de leur résistance intrinsèque : il peut y avoir régression de la population jusqu'à la disparition pure et simple, localement ou dans un périmètre beaucoup plus large.

Parfois, mais ce sont des cas minoritaires, des espèces voient leurs populations augmenter parce qu'ils savent s'adpater à l'éclairage électrique : c'est notamment le cas de l'Etourneau sansonnet. Des dortoirs se constituent en hiver. Des rapaces urbains voient leurs prédations favorisées grâce aux éclairages pointés vers le ciel éclairant leurs proies en migration. Il y aussi des liens plus difficiles à prouver comme par exemple l'augmentation des Merles et des tourterelles, dont le nombre de couvées est en augmentation en dehors des dates "normales" de la saison de reproduction : en effet; on peut aussi valablement dans ces cas là impliquer le nourrissage artificiel, le micro-climat urbain...

Quelques conséquences négatives :

Des espèces d'oiseaux migrateurs migrent de nuit: par temps de brouillard, les repères astraux disparaissent et les oiseaux sont alors irrésisitiblement attirés par les halos lumineux qu'ils s'agissent des phares, des lumières des plate formes pétrolifères, des villes... Aveuglés et désorientés, voire détournés de leurs axes migratoires,  les oiseaux tournoyent en l'air jusqu'au petit jour.
A titre d'exemple, les ornithos néerlandais évaluent le phénomène des oiseaux migrateurs détournées de leur axe de vol par les plates formes à 6 millions d'oiseaux. 1 million d'entre eux périssent car leurs vols en rond font fondre leurs réserves de graisses qui leurs servent de carburant, et se noient dans la mer du Nord.

Sur terre, les chouettes et les hiboux sont éblouis par les phares des véhicules le long des axes routiers. L'alignement de lampadaires sur le plus long pont d'Europe reliant la Suède et le Danemark s'est avéré être un lieu de carnage dès son premier jour de mise en service, pendant les deux migrations de départ et de retour. Un millier d'oiseaux environ sont morts cette nuit à cause du brouillard, les faisant approcher des sources lumineuses et des voitures...

Le brouillard s'avère être un très mauvais ami également pour les oiseaux migrateurs volant à l'intérieur des terres et survolant les villes : allié à la pollution (gaz), aux poussières en suspension, la vapeur d'eau, et bien sûr à l'éclairage électrique, le ciel devient laiteux et les étoiles indiquant la route sont effacés : là encore, les oiseaux tournent en rond jusqu'à l'aube, et s'épuisent jusqu'à la mort : une association canadienne ramasse à Toronto un nombre croissant de cadavres d'oiseaux au pied des immeubles éclairés toute la nuit : 3020 en 2004, 4690 en 2005, 5461 en 2006.

Par ailleurs, les insectes sont également affectés par la pollution lumineuse; en pleine campagne l'arrivée d'un lampadaire sur un rond-pont par exemple élimine en 2 ans dans un rayon de 200 m la majorité des insectes nocturnes qui occupaient le secteur (attirance des papillons, coléoptères pour les ultraviolets et les infrarouges, prédation facilitée des chauves souris...) Des biologistes vont jusqu'à dire que  l'électricité provoque plus de dégats que les pesticides pour les arthropodes ! Soulignons également le cas des vers luisants qui ne peuvent plus repérer les signaux émis par les femelles... Et puis aussi la disparition d'insectes spécialisés dans la pollinisation exclusive d'une espèce de plante entraîne également la disparition d'icelle...

Les solutions

Il convient de s'interroger sur la pertinence de l'élairage qu'il s'agisse de l'éclaire public, privé, collectif ou particulier. Le choix du bon équipement, l'adaptation de la puissance des ampoules et la durée de l'éclairage doit s'adaper aux besoins réels.

L'association nationale pour la protection du ciel nocturne préconise les conseils suivant :

- privilégier l'éclairage qui oriente la lumière vers le bas ou sur l'objectif (le luminaire boule est à proscrire car il renvoie 50 % de la lumière vers le ciel)

- préférer une lumière qui n'éblouit pas: la lampe se trouverait utilement encastrée dans son réflecteur et capotée

- adapter la puissance et le nombre des ampoules en fonction des lieux et des usages

- limiter la durée de l'éclairage en fonction des pics de fréquentation humaine, aux heures "utiles"

- couper et abaisser la lumière en deuxième partie de nuit, éteindre les édifices où la majorité des gens sont couchés

Bien sûr il y a d'autres recommandations : minuteries, déclenchement lumineux réagissant à la détection du mouvement (réduit les coûts qui plus est), dispositifs passifs (peintures réfléchissant les phares des autos).

A ce jour il n'y a aucune réglementation en la matière. Toutefois des villes font des efforts : Lille a ainsi réalisé 35 % d'économie en un an, en éclairant mieux, grâce à des luminaires pls écoperformants; à Apt, les lampadaire-boules ont été remplacés par des modèles en abat-jour.

Ce post reprend largement le dossier paru dans l'Oiseau magazine, une publication réservée aux adhérents de la LPO, dans son numéro 90 de janvier/février/mars 2008, rédigé par Yves Thonnerieux.

 

 

    
« Modifié: 08 août 2008 à 00:25:44 par palu »
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palu

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SUJET : LES JACHERES EN PERIL
« Réponse #11 le: 04 août 2008 à 23:35:32 »

La jachère est vitale pour les oiseaux "de plaine" nichant au sol, comme la Perdrix grise, l'Oedicnème criard, l'Outarde canepetière, cette dernière espèce étant au bord de l'extinction en France.

                     

OEdicnèmes criards adultes, friche en lisière de la Beauce essonnienne, 2005.

C'est aussi le facteur le plus important pour la densité des rapaces hivernants, la diversité des oiseaux dans les espaces agricoles.

Des chercheurs ont observé un fort déclin de l'avifaune (les oiseaux sauvages) quand les jachères ont vu leurs surfaces réduites de moitié dans les années 90 au Royaume Uni. Bref, la jachère concentre davantage d'oiseaux et d'espèces plus diverses que les champs de céréales en Angleterre en été.

Une étude suédoise démontre le lien entre le niveau de jachère et le nombre d'oiseaux typiques des terres cultivées comme l'Etourneau sansonnet, la Linotte mélodieuse, le Vanneau huppé, l'Alouette des champs : les vanneaux et les alouettes nichent dans les jachères où poussent des plantes rares. Les Bruants jaunes et proyer y trouvent leur nourriture.


Bruant jaune mâle, Essonne, juillet 2005


Bruant proyer, Essonne, juillet 2005 

Enfin, les jachères contribuent au repos des terres et à baisse de la pression phytosanitaire (les herbicides, insecticides, pesticides) sur les cours d'eau. N'oublions pas non plus la flore et les sols !

Le contexte s'avère aujourd'hui particulièrement crucial avec les récentes décisions de l'Union européenne concernant la politique agricole commune. En effet, depuis 1992, il était devenu obligatoire de mettre en jachère une partie des terres, ceci pour limiter la production céréalière surexcédentaire. Depuis 1999/2000 un taux fixe de mise en jachère de 10% était en vigueur. (Depuis 2003 les agriculteurs percevaient de l'argent de l'Europe pour ce manque à gagner et droit de cultiver).

Or, il y a eu comme vous le savez revirement des marchés sur les prix des denrées alimentaires et une augmentation de la demande mondiale. C'est pour ces raisons qu'en 2007 il y a eu suppression du gel de 10% des terres arables pour 2008, et que cette suppression sera probablement reconduite pour l'année 2009. 

Si ces mesures pour 2009 satisfont le monde agricole et les états (24 pays sur 27 se sont d'ores et déjà déclarés favorables lors du Conseil de l'Europe du 1er juillet 2008), les naturalistes, les associations de protection de la nature les écologistes font grise mine, puisque les derniers refuges des espèces précitées (Bruants, Alouettes, Vanneaux, Outardes, OEdicnèmes, Perdrix...)  disparaitront dans les régions des cultures intensives.

Certes, la Commission européenne a reconnu les bénéfices environnementaux de la jachère et envisage de lancer une évaluation de celle-ci. En attendant les résultats, elle est déjà en train de disparaître !!!

On notera une contradiction entre l'aide européenne en faveur des agro-carburants et l'aide pour augmenter les surfaces agricoles pour cultiver les céréales car il est primordial de définir les priorités : conduire ou manger ? De plus pour les agro-carburants, la commission indique une disponibilité de 17,5 millions d'hectares, dans ce cas pourquoi précipiter la disparition des jachères sans une évaluation plus exacte?

En tout état de cause, BirdLife International souhaite que la commission et les états membres prennent des mesures compensatoires, par exemple en conditionnant les prochaines aides agricoles.


PS : je n'ai pas pu placer plus de 3 images, dommage pour les illustrations manquantes ! :-[
« Modifié: 05 août 2008 à 00:13:29 par palu »
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katchina

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Re : la bio-diversité en action
« Réponse #12 le: 06 août 2008 à 01:23:08 »

Citation de: palu
PS : je n'ai pas pu placer plus de 3 images, dommage pour les illustrations manquantes ! Embarrassé

Ben faut pas pleurer pour ça !  ;)

Je mets le lien : http://www.oiseaux.net/

pour ceux qui connaissent mal les oiseaux (et pour les autres aussi) les fiches sont très pratiques
(j'ai écouté un extrait du chant de l'OEdicnèmes criards)  ;)
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palu

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Re : la bio-diversité en action
« Réponse #13 le: 06 août 2008 à 09:02:12 »

L'OEdicnème criard qu'on appelle également le "Turlu" dans les campagnes, rapport à son cri.

Par rapport au site net que tu mentionnes, Katchina, et plus généralement dans tous les guides sonores, le chant est retraité pour épurer le bruit de fond, pour homogéniser la puissance des séquences, réduire le silence entre deux chants. Il n'y a pas souvent non plus de références quant aux conditions d'enregistrement (date, lieu, comportement de l'oiseau). Pour moi je trouve personnellement que les sons sont plutôt métalliques que dans la "vérité"  :D

Tout ça pour dire que rien ne vaut l'apprentissage sur le terrain des cris et des chants !   

Si les sons aigüs sont moins perçus avec l'âge, tout dépend de la concentration de l'auditeur (écoute, isolement les sons). Pour ce faire, pourquoi ne pas fermer les yeux, utiliser ses mains comme deux paraboles derrière les oreilles ?  :D

Eventuellement, (je ne l'ai jamais fait, trop fainéant pur ça !), essayer une transcription des sons sur le papier, il paraît que c'est bon pour la mémoire auditive !



   
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palu

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Identification acoustique
« Réponse #14 le: 06 août 2008 à 09:13:38 »

L'identification par le son est largement employée par l'ornithologue pour la majorité des espèces contactées, surtout dans le milieu forestier (les feuilles cachant les piafs). Egalement lors des passages migratoires, quand un individu d'une espèce s'est mêlé à une troupe d'une autre espèce, il est rapidement identifié grâce à ses cris de vol et de contact ! Et bien sûr pour les espèces timides ou nocturnes...

Notez que des espèces proches physiquement sont reconnaissables instantanément grâce à leur chants nettement différents.

Les études scientifiques sur l'évolution des effectifs se fondent également sur la comptabilisation des individus chanteurs, la création de points d'écoute (on recense tout ce que l'on entend en 10 minutes par exemple) et on observe les variations d'une année sur l'autre sur ces mêmes points.

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