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Auteur Sujet: Théories de l'évolution - Homo sapiens - Sphénoïde - Inside story  (Lu 33262 fois)

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titilapin2

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Photo non datée du crâne de Toumaï.
admn : l'image n'est plus disponible

L'âge de Toumaï - 7 millions d'années - mis en cause par le découvreur
Il y a 2 jours



Du rififi chez les scientifiques sur comme interpréter les faits, le contexte, l'environnement. Il n'y a pas que les ufologues qui ont des difficultés à dater les événements:

PARIS (AFP)

L’âge de Toumaï (Sahelanthropus tchadensis), qui représenterait la plus ancienne espèce connue d’hominidé avec 7 millions d’années, est remis en question dans un commentaire publié par le découvreur du fossile, Alain Beauvilain, dans le South African Journal of Science.

En février dernier, le « père » scientifique de Toumaï, le paléontologue Michel Brunet, professeur au Collège de France, fixait dans une étude publiée dans les Annales de l’Académie américaine des sciences (PNAS) à 7 millions d’années l’âge du crâne mis au jour en 2001 à l’ouest de la vallée du Rift, dans le Djourab tchadien. Il confirmait ainsi la première estimation, basée sur la comparaison avec l’âge, connu par ailleurs, des fossiles d’animaux trouvés à proximité.

Ce chiffre a été obtenu par l’analyse isotopique des sédiments du site de la mise au jour, a déclaré à l’AFP Alain Beauvilain, géographe, qui dirigeait la mission sur le terrain à l’origine de la découverte. Il serait en effet possible d’en déduire l’âge du crâne si celui-ci avait été « pris » dans les sédiments. Or « ce n’était pas le cas », précise-t-il.

Le Pr Brunet, qui n’était pas sur place au moment de la découverte, a toujours écrit que le crâne était « incrusté » dans les sédiments, qu’il en avait été « extrait », note M. Beauvilain dans son article publié dans le dernier numéro de la revue de l’Académie des Sciences d’Afrique du Sud. Or, explique-t-il, photos prises sur place à l’appui, il reposait sur le sol, « sur une surface constituée de sable meuble sans cesse remaniée par le vent ». Il a été tout simplement « ramassé ».

Cela signifie, relève-t-il, qu’il pouvait provenir d’un tout autre endroit avant d’être entraîné jusque-là par l’érosion, notamment celle des vents, comme c’est le cas dans les déserts pour tout objet.

Cette éventualité, a-t-il expliqué dans son entretien, est confirmée par le fait que le crâne était en grande partie « recouvert d’une gangue bleuâtre ». Cela signifie qu’il « avait été fossilisé, recouvert de concrétions et ramené une, sinon plusieurs fois en surface, ce que montre la patine ».

M. Beauvilain remet en cause pour la même raison les conclusions du Pr Brunet concernant un autre fossile célèbre, trouvé au Tchad en 1995, la mandibule d’Abel, alias Australopithecus bahrelghazali, « officiellement » estimé entre 3 et 3,5 millions d’années.

« Considérant la durée au cours de laquelle ces fossiles peuvent avoir été laissés à découvert, la probabilité qu’ils aient été déplacés (…) par la combinaison de l’érosion et de la déflation éolienne (…) est bien plus forte que celles qu’ils n’aient connu aucun déplacement », écrit-il.

« Comme les paléontologues expérimentés le savent bien, il peut y avoir une différence considérable entre l’âge du substrat (le sol, ndlr), et celui d’un fossile traînant à sa surface », insiste-t-il.

« Il faut rappeler les choses telles qu’elles se sont passées », a-t-il dit à l’AFP, en reprenant l’histoire de la découverte telle qu’il l’avait déjà rapportée dans un ouvrage paru en 2003, « Toumaï, l’aventure humaine ».

Le professeur Brunet avait présenté Toumaï en 2002 dans la revue Nature comme étant, à sept millions d’années, le doyen de l’humanité. Pour le dater définitivement, il avait confié à des chercheurs du Centre national français de la recherche scientifique (CNRS) le soin d’estimer l’âge des sédiments desquels le crâne avait été « extrait ».

Ils avaient utilisé pour la première fois le béryllium 10, isotope radioactif du béryllium, et daté Toumaï à 7,04 millions d’années. Cette période est proche de celle où les chimpanzés et les hominidés ont divergé dans l’évolution.

admn : lien source non fourni,
source de remplacement


  crâne fossile de Toumaï, découvert en 2001 au Tchad, a-t-il bien 7 millions d'années ? : Archives AFP


« Modifié: 06 avril 2014 à 23:02:28 par katchina »
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Selon Alain Beauvilain, l'un des découvreurs du fossile, rien ne prouve que le crâne du plus vieil hominidé connu soit vieux de 7 millions d'années.


Polémique sur l'âge de notre ancêtre Toumaï

Depuis sa découverte, Toumaï a déchaîné les passions scientifiques. Il est maintenant accepté que son crâne, découvert en 2001 au Tchad, appartient à la plus ancienne espèce connue d'hominidé. Sahelantropus tchadensis (son nom scientifique) mesurait 1 mètre, pesait environ 35 kg. Mais est-il bien né il y a 7 millions d'années ?

Le géographe Alain Beauvilain, qui dirigeait l'expédition sur le terrain, remet en cause les estimations du directeur scientifique de la mission, le célèbre paléontologue Michel Brunet, qui n'était pas sur place lors de la découverte. L'inimitié entre les deux hommes s'est certes envenimée ces dernières années - Michel Brunet récoltant la majeure partie des honneurs - mais ses arguments sont troublants.

La datation n'est pas une preuve

Dans un article paru dans le South African Journal of Science, le géographe rappelle que l'âge de Toumaï avait été établi grâce à des fossiles de mammifères, trouvés à proximité, appartenant à des espèces qui vivaient il y à 7 millions d'années. En février, ce résultat a été conforté grâce à une toute nouvelle méthode de datation des sédiments qui l'entouraient, réalisée par le Centre national de la recherche scientifique (Cnrs). En effet, il est impossible de dater directement le fossile.

Ces datations indirectes ne prouvent rien, assure Alain Beauvilain. Michel Brunet a toujours écrit que le crâne était « incrusté » dans ces sédiments, qu'il en avait été « extrait ». « Ce n'était pas le cas, » assure le géographe. Photos à l'appui, il assure que le crâne reposait sur le sol, « sur une surface constituée de sable meuble, sans cesse remaniée par le vent. » Toumaï n'aurait pas été extrait, mais « ramassé ».

Et ça change tout. Le fossile pouvait provenir d'un autre lieu et avoir été entraîné par l'érosion. Selon lui, la « gangue bleuâtre » qui recouvrait le crâne indique qu'il avait été fossilisé, recouvert de concrétions et ramené une, sinon plusieurs fois à la surface. « La probabilité qu'il ait été déplacé est bien plus forte que celle qu'il n'ait connu aucun déplacement. »

source
« Modifié: 23 juin 2013 à 00:23:12 par katchina »
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Un article de 2005 pour se rappeler les événements:

TOUMAÏ : suite et fin de la controverse ?

Trois ans après sa découverte au Tchad, de nouveaux fossiles et une reconstruction en trois dimensions de son crâne permettent d’en apprendre un peu plus sur Toumaï. Pour son découvreur, Michel Brunet, ces nouvelles données confirment plus que jamais qu’il s’agit du plus vieil hominidé connu à ce jour.

Deux articles dans Nature

Depuis sa découverte en 2002 par l’équipe de Michel Brunet, Toumaï, un crâne vieux de 7 millions d’années, a semé le trouble chez les paléontologues : comment expliquer la présence de cet hominidé* – le plus ancien connu à ce jour – dans le désert tchadien, alors que la théorie la plus en vogue place les premiers hommes à l'est du rift africain ? Certains paléontologues français pensent d'ailleurs qu’il ne peut s'agir d’un hominidé. Brigitte Senut et Martin Pickford, co-découvreurs d’Orrorin (un hominidé de 6 millions d’années), estiment ainsi que Toumaï est plus vraisemblablement un ancêtre des grands singes.

Visiblement agacé par cette polémique (voir également le point de repère), Michel Brunet avait annoncé qu’il ne répondrait à ces critiques que par une publication scientifique dans une « revue internationale à comité de lecture ». C’est désormais chose faite puisque, le 7 avril 2005, Toumaï faisait la une de la prestigieuse revue Nature** avec deux articles, l'un montrant une reconstitution virtuelle du crâne avant sa fossilisation, et l'autre décrivant de nouveaux ossements. Autant d’éléments qui, pour Michel Brunet, confirment que Toumaï est bien un hominidé.

source et suite
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« Modifié: 06 avril 2014 à 23:04:02 par katchina »
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« Réponse #3 le: 20 septembre 2008 à 00:41:27 »

Les hommes de Néanderthal n'étaient pas stupides

Agence France-Presse

Londres

Les hommes de Néanderthal n'étaient pas aussi stupides que l'on croit et apparaissent aussi doués pour faire des outils que l'ancêtre de l'homme moderne, l'homo sapiens, selon une nouvelle étude américano-britannique.

L'étude publiée dans le Journal of Human Evolution met en doute la théorie selon laquelle les hommes de Néanderthal, une espèce qui a disparu d'Europe il y a quelque 28 000 ans après avoir cohabité pendant 10 000 ans avec les homo sapiens, s'est éteinte parce qu'elle n'était pas capable de fabriquer d'aussi bons outils.

Des équipes de chercheurs de l'Université d'Exeter en Angleterre, de la Southern Methodist University de Dallas, la Texas State University, et de la Think Computer Corporation, ont passé trois ans à produire des outils de pierre.

Ils ont recréé des outils faits à partir d'éclats de silex et ont comparé le type d'outils créés par les hommes de Néanderthal et ceux faits par les homo sapiens.

Pour vérifier si les homo sapiens avaient une capacité supérieure à fabriquer des outils, les chercheurs ont analysé les données sur le nombre d'outils produits, leur capacité à couper, la quantité de matériau brut nécessaire et la durabilité des outils.

Les scientifiques ont conclu qu'il n'y avait pas de différence statistique entre l'efficacité des deux techniques.

D'autres études ont expliqué la disparition des hommes de Néanderthal par le refroidissement du climat et leur incapacité à adapter leur méthodes de chasse alors que des espèces comme les mammouths et les bisons migraient vers le sud.

source :
http://www.cyberpresse.ca/apps/pbcs.dll/article?AID=/20080826/CPSCIENCES/80826135/5144/CPSCIENCES
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« Modifié: 23 juin 2013 à 00:31:26 par katchina »
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« Réponse #4 le: 20 septembre 2008 à 14:40:05 »



L'évolution par la sélection naturelle grande théorie darwinnienne.


Au darwinisme d'origine, le darwinisme de Darwin, a succédé le néo-darwinisme actuel, encore appelé "théorie synthétique de l'évolution". Cette théorie est critiquée par le néo-lamarckisme. D'autre part, au darwinisme social de la fin du XIXème siècle a succédé récemment la sociobiologie. Preuve que les dogmes de la biologie continuent encore et toujours d'évoluer, d'être contestés ou confirmés.


Né le 12 février 1809, à Shrewsbury, dans le Shropshire, Charles Robert Darwin est le cinquième enfant d'une riche famille britannique. Son grand-père, Erasmus Darwin, est un médecin et un savant célèbre. En 1825, le jeune homme entame des études de médecine à l'université d'Edimbourg. Peu motivé, il préfère quitter Edimbourg pour l'université de Cambridge où il poursuit des études afin de devenir pasteur anglican. Il y rencontre alors le géologue Adam Sedgwick et le naturaliste John Stevens Henslow. Deux rencontres qui se révéleront déterminantes. En 1831, c'est Henslow qui a l'idée providentielle d'adresser une lettre de recommandation au capitaine du Beagle, un navire de recherche destiné à améliorer les relevés des côtes de Patagonie. De sorte que, lorsque le Beagle lève l'ancre en décembre de la même année, il a à son bord un jeune naturaliste fraÎchement diplômé : Charles Darwin.
Des Îles du Cap-Vert jusqu'aux Açores, en passant par les côtes sud-américaines, Tahiti, l'Australie et le Cap, la croisière se prolonge jusqu'en octobre 1836. Darwin amasse une somme considérable d'observations en géologie et en biologie. Il s'intéresse aux diverses formations géologiques des Îles et des continents et recense une grande variété d'espèces fossiles et vivantes.
A son retour, Darwin poursuit ses recherches ; un héritage familial le mettant à l'abri du besoin. Il compare alors ses données avec les théories qui circulent. Ses observations géologiques confirment notamment les hypothèses de Sir Charles Lyell. Dans un ouvrage en deux volumes intitulé Principes de géologie (1830-1833), le géologue britannique contestait le catastrophisme. Selon cette théorie longtemps admise, la création des espèces avait lieu par vagues. Chaque vague était détruite par une catastrophe naturelle. Les fossiles ne représentaient alors que des traces des espèces disparues. Cette théorie, largement inspirée de la Bible, imposait la fixité des espèces, leur immuabilité. Or, Lyell affirmait dans ces ouvrages que la surface de la Terre était soumise à des changements continuels induits par des forces naturelles.
Mais si Lyell conteste le catastrophisme, il ne remet pas en cause la fixité des espèces. Darwin va donc plus loin que lui. Le naturaliste note, d'une part, que les fossiles d'espèces supposées éteintes ressemblent beaucoup à certaines espèces vivantes. D'autre part, il n'observe que des variations minimes entre des espèces d'Îles différentes. Pour lui, cela ne fait aucun doute : loin d'être fixes, les espèces se modifient. Il commence à noter ses idées dans ses Carnets sur la transmutation des espèces et en 1838, il a déjà établi les grandes lignes de sa théorie de l'évolution des espèces. Pourtant, il se contente de publier son compte-rendu de voyage… Jusqu'au choc décisif provoqué par le manuscrit d'Alfred Russel Wallace.
En février 1858, ce jeune naturaliste anglais se trouve sur les rivages de Ternate, dans les Moluques (Indonésie), en proie aux fièvres du paludisme. Les rares moments de répit lui laissent le temps de rédiger un court texte sur un problème qui le hante depuis trois ans : " la survivance du plus apte ". Après avoir signé sa lettre, il l'adresse à un naturaliste anglais en le priant de la transmettre à sir Charles Lyell, le célèbre géologue. Le premier destinataire de la lettre n'est autre que Charles Darwin. Ce dernier est alors obligé d'admettre ce fait incroyable : presque aux antipodes, un compatriote a, sans avoir eu connaissance de ses travaux, rédigé le résumé parfait de sa théorie. Sur les instances de Lyell, Darwin se résout à publier ce qui à ses yeux n'est que " l'extrait d'un essai sur l'origine des espèces ". L'éditeur, jugeant le titre trop complexe, l'abrège et Sur l'origine des espèces est présenté au public britannique le matin du 24 décembre 1859. Le soir même, les 1250 exemplaires ont été vendus.
La théorie de Darwin sur l'évolution par la sélection naturelle se fonde sur la compétition entre les jeunes de chaque espèce pour leur survie. Les survivants, qui donneront naissance à la génération suivante, possèdent les caractéristiques naturelles qui leur ont permis de survivre. Ces caractéristiques sont transmises à leur descendance, faisant de la nouvelle génération une génération mieux adaptée. Darwin établit donc les trois bases fondamentales de la théorie de l'évolution : depuis toujours la faune et la flore ont évolué, les lignées présentent d'innombrables variations de détails et, enfin, la sélection naturelle est si rigoureuse que la moindre variation utile fait triompher la lignée qui la possède. En cela, Darwin reprend à son compte les idées de Lamarck : influence des changements dans les conditions du milieu, hérédité des caractères acquis au cours de la vie (thèse qui sera infirmée plus tard).
Les réactions aux théories de Darwin ne tardent pas. Certains biologistes avancent qu'il est incapable de prouver ses assertions. De plus, comment peut-il expliquer la transmission des variations aux générations suivantes ? Darwin ne peut répondre à ces objections. Il faudra attendre la naissance de la génétique moderne et les lois de Mendel pour pouvoir confirmer ses hypothèses. En fait, de nombreux scientifiques continuent à exprimer des doutes quelque cinquante années plus tard. Mais l'opposition la plus virulente vient des hommes d'Eglise. Les thèses de Darwin sur l'évolution des espèces vont à l'encontre des Ecritures sur la création de l'homme. Il place en effet l'homme au niveau de l'animal et, pis, le fait descendre du singe dans son ouvrage La lignée humaine qu'il publie en 1871. Néanmoins, la quasi-totalité de l'Eglise admet à la fin du XIXe siècle qu'il n'existe pas réellement de contradiction entre le concept d'évolution et les théories bibliques.
Darwin travaillera à développer ses thèses jusqu'à sa mort, le 19 avril 1882. Il aura alors jeté les bases des principales théories modernes sur l 'évolution et aura marqué de son empreinte toute la pensée moderne.

Oeuvres de Darwin:

Sur l'origine des espèces, 1859
La fécondation des orchidées, 1862
Variation des animaux et des plantes domestiques, 1868
La lignée humaine, 1871
L'expression des émotions chez l'homme et les animaux, 1872
Les Plantes insectivores, 1875
Les Îles volcaniques, 1876
Le mouvement chez les plantes, 1880
La formation de l'humus végétal par l'action des vers de terre, 1881

 
Source: http://pagesperso-orange.fr/webiologie/darwin2.html
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« Modifié: 23 juin 2013 à 00:32:59 par katchina »
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Théories de l'évolution
« Réponse #5 le: 20 septembre 2008 à 14:44:05 »

Jean-Baptiste Lamarck et le Lamarckisme




Quatrième de couverture
Fondateur de la science de la vie qu'il nommera la "biologie", Jean-Baptiste Lamarck (1744-1829) s'est consacré, durant une longue carrière et malgré bien des incompréhensions, à éclaircir la dynamique du vivant en montrant notamment comment la complexité croissante des organismes vivants est à la fois une réponse aux perturbations que provoque le milieu où ils se développent, mais aussi le gage d'un perfectionnement progressif. Yves Delange rend ici justice à cet homme hors du commun. Pas à pas, il le suit à travers les péripéties d'une existence qui, de l'éveil de la vocation scientifique aux dernières années de travail dans la cécité, de l'invention de la météorologie aux ultimes recherches en biologie, aboutit à cette intuition fameuse et longtemps controversée : l'hérédité des caractères acquis. Yves Delange, lui-même botaniste, n'évoque pas seulement cette vie en admirateur et en confrère. Qu'il restitue le Paris de l'époque (sous la Révolution, la Terreur, l'Empire...), qu'il nous guide dans le jardin des plantes ou nous ouvre les somptueuses collections du Muséum d'histoire naturelle, il ajoute à la connivence du scientifique une précision d'historien et un enthousiasme de romancier.


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Lamarck est l'un des plus grands savants du XIXe siècle. Sa place dans l'histoire des sciences est en effet, celle de fondateur de la théorie de l'évolution, selon laquelle, les êtres vivants actuels, végétaux et animaux - y compris l'homme - ne sont pas sortis tels que nous les connaissons des mains d'un créateur, il y a quelque 6 000 ans, mais sont le résultat d'une longue histoire, commencée il y a plusieurs centaines de millions d'années. Cette théorie, élaborée pour la première fois par Lamarck, allait, avec Darwin, s'imposer comme conception scientifique de l'histoire de la vie.

Né à Bazentin (Somme) dans une famille picarde peu fortunée, qui voue ses enfants à la carrière militaire, Lamarck débute comme officier d'infanterie sur le front de Westphalie pendant la guerre de Sept ans. Obligé de quitter l'armée à la suite d'un accident, il se passionne pour la botanique lors d'un séjour à Monaco (1764). Il entreprend des études de médecine à Paris, en 1768, vivant d'une maigre pension et de petits emplois. Remarqué par Buffon (intendant du Jardin du Roi de 1739 à 1788), il devient correspondant du Jardin. En 1778, l'Imprimerie royale publie sa Flore française, où il donne des clefs dichotomiques permettant à chacun d'identifier les plantes. Cet ouvrage lui apporte une notoriété immédiate et lui vaut d'être élu à l'Académie des sciences l'année suivante. Les années décisives:
Lamarck a presque atteint la cinquantaine qu'il n'a pas encore de véritable situation. C'est alors qu'on lui donne, un peu par condescendance, la chaire d'enseignement des "insectes, vers et animaux microscopiques", au Muséum national d'histoire naturelle, qui vient d'être créé par la Convention. Nous sommes en 1793, en pleine Révolution. à ce moment commence la vraie carrière de Lamarck. Désormais il ne quittera plus le Muséum, et il se consacrera entièrement à l'enseignement et à l'étude qu'on lui a confiés. Il s'y donne tellement que c'est à lui que l'on doit l'invention du terme qui définit son champ d'activité, le mot d'invertébré (et de vertébré, par la même occasion), qu'il propose pour la première fois en 1797. Ces termes nous sont aujourd'hui familiers, mais à l'époque ils étaient tout neufs, comme l'était l'expression d'animaux sans vertèbres. Jusque-là - et depuis Aristote on n'avait pas fait de progrès - on distinguait les animaux à sang rouge et les animaux à sang blanc. Cette distinction n'était cependant pas satisfaisante, car il y avait des animaux "inférieurs" à sang rouge… Les collègues de Lamarck trouvèrent sa distinction si judicieuse qu'ils l'adoptèrent sur le champ. Il y a peu d'exemples de néologisme qui ait connu un succès aussi rapide. Sur sa lancée, Lamarck allait d'ailleurs en créer un autre, en 1800: celui de biologie, pour qualifier l'étude des phénomènes de la vie. Rappelons encore que c'est lui qui, vers la même époque, en 1802, fixe le sens actuel du mot fossile.
La date de 1793 est donc une date cruciale dans la vie de Lamarck, et, par le fait, dans l'histoire des sciences et de la vie. Lamarck se voit en effet confier une tâche immense: il s'agit de mettre de l'ordre dans une masse à peu près inconnue de 150 000 espèces - 90 % du monde animal! Le nom de Linné domine alors le monde des naturalistes: on reconnaÎt - malgré certaines résistances, en particulier celle de Buffon - que c'est lui qui a su donner la première classification claire des végétaux; mais il n'a fait qu'effleurer celle des animaux. Les animaux dits "inférieurs", en particulier, sont restés à l'état de "chaos", ou de "ramas", selon l'expression de Cuvier, qui a jugé prudent, après y avoir fait une incursion, de ne plus s'en occuper, d'autant plus qu'il est difficile d'y utiliser le scalpel. Cuvier se partage l'étude de 10 000 espèces de vertébrés avec Étienne Geoffroy Saint-Hilaire et Lacépède.
Lamarck, ainsi isolé, mettra une bonne demi-douzaine d'années à maÎtriser l'ensemble des animaux restés jusqu'alors pratiquement en dehors du domaine de la science. Ce n'est en effet qu'en 1799 qu'il se trouvera en mesure de proposer un premier plan de mise en ordre des invertébrés sous la forme d'un Prodrome d'une nouvelle classification des Coquilles. Deux ans plus tard, Lamarck manifestera sa maÎtrise en publiant son Système des animaux sans vertèbres, qui deviendra rapidement le livre de chevet des "invertébristes", surtout lorsque, à partir de 1815, il sera devenu la volumineuse Histoire naturelle des animaux sans vertèbres. Entre-temps, Lamarck aura encore écrit, en 1809, la Philosophie zoologique, œuvre relativement mineure, que l'on cite cependant plus souvent que ses ouvrages scientifiques majeurs.
Il ne suffisait pas en effet de délimiter un champ d'études. Il fallait aussi le défricher. Lamarck s'y attela, et, progressivement, il établit les principales classes d'invertébrés, ou, comme il disait, les principales masses. Il prit comme instrument conceptuel de classification ce qu'il appela des plans d'organisation, définis selon la possession et la disposition des différents appareils ou systèmes d'organes: l'appareil digestif, circulatoire, respiratoire, nerveux, etc. Cette considération l'obligea à des études très poussées d'anatomie comparée entre les innombrables espèces d'animaux qui faisaient partie de son domaine d'enseignement et d'études. Dans les mises et remises au point qui en furent le résultat, il sut en remontrer à plus d'une reprise à Cuvier lui-même, par exemple quand celui-ci confondit, en étudiant la Salpa, la bouche avec l'anus, ou encore quand il commit l'erreur de classer les cirripèdes parmi les mollusques, alors que Lamarck soutenait que ces animaux marins se rattachaient plutôt aux crustacés, ce que les études embryologiques menées postérieurement confirmèrent d'une manière éclatante.
Au lieu des deux ou trois classes fourre-tout de Linné, Lamarck proposa une classification raisonnée des invertébrés en treize grands groupes, des crustacés aux arachnides, ou des mollusques aux infusoires et aux polypes, en passant par les tuniciers et les conchifères, pour ne citer que quelques-uns. Ici encore, le succès de son entreprise fut étonnant. Tous les "invertébristes" adoptèrent sa classification, au point que ceux qui s'obstinaient à la refuser - surtout les Anglais - furent rapidement considérés comme des retardataires, même et surtout par ceux de leurs compatriotes qui, comme Webster dès 1814, proclamaient que les noms donnés par Lamarck sont les "vrais noms scientifiques".
Un tel travail de mise en ordre de la plus grande partie du monde animal eût suffi à la gloire d'un homme. Mais Lamarck avait, au cours de cette entreprise titanesque, découvert une autre " vérité ", celle de l'" évolution ".
Il importe d'abord de préciser que le terme d'évolution que nous employons, et qui nous est maintenant familier, ne l'était pas à Lamarck, comme il ne le fut pas à Darwin, car il n'a été introduit dans le vocabulaire scientifique qu'à partir des années 1870. De même, le terme de "transformisme" n'était pas non plus utilisé à l'époque, puisqu'il n'est devenu courant en France que dans les mêmes années.
Nous avons vu comment Lamarck s'était investi dans la mise en ordre de "ses" 150 000 espèces d'invertébrés. Une classification zoologique (ou botanique) est toujours hiérarchique. Comme le fait remarquer Lamarck lui-même à plusieurs reprises, l'idée ne viendrait à personne, dans une présentation du règne animal, de commencer par les mammifères, de poursuivre par les insectes, de revenir aux poissons, de passer par les mollusques pour terminer par les oiseaux.
À l'époque de Lamarck, les tableaux proposant un panorama du monde animal situaient toujours en tête les mammifères, animaux considérés comme les plus proches de l'homme, et donc comme les plus parfaits. On plaçait ensuite dans l'ordre les reptiles, les oiseaux et les poissons, avant de passer aux insectes et aux vers. Comme on le voit, l'ordre hiérarchique observé était descendant. Dans le tableau des invertébrés qu'il était en train de construire, Lamarck avait commencé par suivre le même ordre: en tête il plaçait les mollusques, puis les annélides, les crustacés, les insectes, les vers, les radiaires, pour terminer, au dernier échelon de la hiérarchie, par les polypes, dont le dernier degré était tenu par les "monades".
C'est à force de considérer ce tableau, de le remanier, et ce faisant d'aboutir toujours aux mêmes polypiers, ou monades, à la partie inférieure, que Lamarck découvrit progressivement, dans les années 1797 à 1800, la théorie fondamentale de la transformation des espèces.
Deux concepts qu'il n'avait pas formulés jusque-là se font jour en effet dans son esprit à cette époque. Tout d'abord, celle de la ténuité de la vie dans les derniers représentants de la dernière classe des invertébrés. Les monades sont, dit-il, des animaux à peine doués de l'animalité: on peut, et l'expression vient sous sa plume, les considérer comme des "ébauches" de la vie animale. La dynamique de la réflexion transformiste est lancée à ce niveau le plus bas des invertébrés: ces "ébauches" sont peut-être, écrit Lamarck, "les formes par lesquelles la vie a commencé sur la Terre". À ce moment, un second concept apparaÎt, comme dérivant du premier. Lamarck renverse le tableau de classification des invertébrés qu'il avait dressé d'une manière traditionnelle, en allant du haut vers le bas, des êtres les plus parfaits vers ceux qui l'étaient moins. Il découvre ainsi "la marche que la nature a suivie dans la production des êtres". La théorie de l'évolution est née. En effet, tout s'éclaire désormais: la vie a commencé faiblement autrefois sur la Terre, par des animaux à peine différenciables de la matière. Une fois qu'il a commencé à animaliser ces premiers êtres, dont on peut à peine affirmer qu'ils sont doués de la vie, le "mouvement vital" - la vie est essentiellement un "mouvement", comme nous le concevons encore aujourd'hui - a progressivement "composé" l'organisation, et amené la production d'êtres vivants de plus en plus complexes.
Le pas le plus important était donc fait par Lamarck: celui de l'affirmation de la transformation progressive et successive des espèces, c'est-à-dire celui de l'affirmation de la réalité de l'évolution. Mais il restait d'autres points à régler, en particulier celui de l'apparition même de la vie. On sait que Darwin reculera devant ce problème, et préférera faire appel à la création directe par Dieu des premiers êtres, attitude qui lui sera reprochée par les naturalistes les plus éminents de l'époque, comme Henri Georg Bronn, ou même par Littré. Lamarck refuse cette faute de logique.
Dans les mêmes années où il conçoit la théorie de l'évolution, Lamarck met en place l'idée de la "production" de la vie par des agents naturels. Il dispose déjà, comme nous venons de le voir, du concept de "mouvement vital" pour faire marcher la "machine" animale. Ce mouvement vital est produit par une force, celle de la chaleur, ou, comme il dit du "calorique". Cette chaleur devient alors, pour lui, non seulement l'agent du fonctionnement de la vie, mais aussi celui de sa production. Le "calorique", en pénétrant dans la matière humide, est susceptible, selon lui, d'y provoquer un début d'organisation, c'est-à-dire cette "ébauche" de la vie dont il a parlé chez les animaux situés au plus bas de l'échelle. Le mouvement, une fois enclenché, continue ensuite à perfectionner l'organisation. Ainsi apparaÎtront progressivement les différentes espèces d'animaux. Il n'y a pas besoin de faire appel à un créateur pour lancer, et relancer, la machine merveilleuse qu'est la vie.
Lamarck s'est bien entendu heurté à la même objection que rencontrent les naturalistes d'aujourd'hui: il ne pouvait fournir d'exemple actuel de production de la vie. Pour essayer de répondre à cet argument, il avait soutenu que la vie pouvait naÎtre encore dans les mares stagnantes des pays chauds. Mais, pour Lamarck, la production des êtres primitifs appartenait en réalité à un passé lointain et révolu. Dans ses écrits, en dehors de la réponse ponctuelle faite à ses détracteurs et que nous venons de mentionner, tout ce qui concerne l'apparition de la vie est toujours écrit au passé, et non au présent. Les êtres actuels sont l'aboutissement d'une très longue histoire.
Il est connu que c'est Cuvier qui est le fondateur de la paléontologie des vertébrés. Mais il l'est moins que Lamarck est celui de la paléontologie des invertébrés. Ici encore c'est par défaut de lecture de son œuvre que cet aspect fondamental de son activité scientifique et de sa théorie de l'évolution a été méconnu. Or Lamarck est celui qui a défini le sens actuel du mot "fossile". Jusqu'à lui, on attribuait cette qualification à tout ce qu'on extrayait du sol, c'est-à-dire surtout aux roches. Lamarck propose que désormais on réserve le sens de fossile "aux dépouilles des corps vivants altérés par leur long séjour dans la terre ou sous les eaux, mais dont la forme et l'organisation sont encore reconnaissables". Ici encore cette proposition connut le plus grand succès, car depuis que Lamarck a donné cette définition les naturalistes ont entendu ce terme dans le sens qu'il lui avait donné. Lamarck ne s'est pas contenté, là non plus, de donner une définition. Il a lui-même étudié et défini plus d'un millier de fossiles, ce qui représente l'étude de la plus grande quantité d'êtres disparus qui ait été réalisée de son temps.
Mais c'est surtout dans la manière dont il considère les fossiles que Lamarck a été exemplaire. À l'inverse de Cuvier, dont le souci principal était de souligner les différences entre les espèces, en vue d'établir la théorie du catastrophisme, Lamarck mettait en évidence les ressemblances, et soulignait les analogies qui existaient entre les espèces fossiles et les espèces actuelles. Pour lui les fossiles représentaient ainsi des étapes de la marche de la vie: les espèces actuelles dérivaient des anciennes par descendance. Les espèces anciennes "analogues" aux espèces actuelles étaient en fait, soutenait-il, les mêmes espèces "changées par le temps et les circonstances". Les paléontologistes évolutionnistes actuels ne s'expriment pas autrement que lui.
Lamarck a vécu jusqu'à un âge très avancé: il avait 85 ans à sa mort, en 1829. Il était aveugle depuis plus de dix ans; il n'assurait évidemment plus de cours et n'assistait plus aux séances de l'Académie des sciences, dont il était membre depuis 1795. Il continuait cependant à toucher son traitement au Muséum, et ses émoluments à l'Académie, si bien qu'il n'était pas dans la misère, comme quelqu'un a eu l'idée de le dire à partir de la fin du XIXe siècle, et comme on l'a répété complaisamment depuis.

Il y a donc une légende de Lamarck pauvre, oublié et méprisé. Ceux qui ont approché Lamarck à cette période de sa vie rapportent qu'il avait gardé un caractère enjoué. Sans doute manifestait-il parfois de l'humeur contre ses adversaires qui, comme Cuvier, lui en voulaient de nuire à leur prestige en insistant sur le temps long des phénomènes géologiques et en ruinant ainsi leurs théories des bouleversements universels. Lamarck doit aussi sans doute une partie de sa légende à ses deux filles, qui l'ont entouré de soins affectueux jusqu'à sa mort. Devenues vieilles à leur tour, elles ont pleuré sur elles-mêmes en faisant pleurer sur leur père, et c'est sûrement à ces deux vieilles filles que nous devons la vision du Lamarck oublié, vision que les disciples de Darwin ont reprise avec délectation, pour faire croire que leur grand homme avait tout inventé cinquante ans après la formulation de l'évolution organique des êtres.

Source: http://pagesperso-orange.fr/webiologie/darwin2.html
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]Il était une fois nos ancêtres - Une histoire de l’évolution



N’ayons pas peur des superlatifs : « Il était une fois nos ancêtres » de Richard Dawkins est une œuvre magistrale. Elle nous propose de remonter le cours de l’histoire de la vie sur notre planète sur quatre milliards d’années en l’espace de huit cent pages. Ce livre est tellement énorme, dans tous les sens du terme, qu’en rendre compte est une tâche périlleuse.

Trois piliers pour un monument

Pour comprendre le défi relevé par Richard Dawkins en réalisant cet ouvrage, il faut d’abord bien avoir à l’esprit quelques points incontournables de la connaissance sur le vivant que ceux qui sont déjà familiers avec la classification phylogénétique du vivant me pardonneront de rappeler.

Le premier est que si nous prenons deux organismes vivants quelconques (disons un hippopotame et un pin maritime) nous pouvons affirmer qu’ils ont un ancêtre commun (pour l’exemple choisi, leur premier ancêtre commun vivait il y a environ 1 300 mllions d’années).

Le second est que nous et tous les organismes vivants qui nous sont contemporains avons tous bénéficié de la même durée d’évolution depuis que leur ancêtre commun unique a vécu, il y a quelques trois milliards d’années : il faut donc se sortir de la tête toutes les « échelles de l’évolution », « chaînons manquants » et autres « fossiles vivants » qui ont pu être enseignés aux plus anciens d’entre nous et viennent encore régulièrement polluer l’information scientifique si ce n’est l’enseignement des sciences.

Enfin il faut comprendre le concept d’ancêtre : la comparaison des différentes espèces entre elles suivant le principe « qui ressemble à qui », en mobilisant l’anatomie comparée, l’embryologie et maintenant la biologie moléculaire est l’objet ce qu’on appelle la phylogénie ; la mise en lumière des homologies permet de caractériser l’ancêtre hypothétique, « hypothétique » non que l’existence de cet ancêtre soit incertaine mais que cet ancêtre a disparu il y a bien longtemps et que nous ne le connaîtrons pas : tout au plus pourrons-nous donner ses caractéristiques et suggérer à qui il n’est pas improbable qu’il ressemble.

Et les fossiles, me direz-vous ? Ôtons-nous de la tête une fois pour toutes que les fossiles sont de bons candidats à ce statut d’ancêtre : ils sont pris en considération ni plus ni moins suivant les mêmes principes que les espèces vivantes, quoiqu’avec évidemment davantage de difficultés, et permettent ainsi de compléter l’arbre du vivant de branches aujourd’hui disparues, en même temps qu’ils contribuent à l’exercice de la datation des événements ; pour ce dernier aspect, la biologie moléculaire, par les « horloges moléculaires » (raisonnements fondés sur la vitesse des dérives génétiques), est venue récemment appuyer le jalonnement « temps » des arbres phylogénétiques.

Nous voilà donc équipés pour le voyage à remonter le temps auquel nous invite Richard Dawkins.

En remontant le temps jusqu’à l’aube de l’évolution

La trame générale de ce livre est de mettre sur la même ligne de départ d’une grande randonnée l’ensemble des espèces vivantes à ce jour et de leur faire remonter les branches de l’arbre du vivant à la recherche de leurs ancêtres, et ce à la même vitesse ; nous prendrons, en ce qui nous concerne, le départ de ce périple avec nos congénères humains et la troupe ainsi constituée grossira à mesure qu’à chaque nœud de l’évolution nous retrouverons des cousins, de plus en plus éloignés, qui réalisent le même périple à la recherche, à l’aube de l’évolution, de notre ancêtre commun à tous.

Nous commençons ce voyage seuls. Quand le compteur de temps indique 10.000 ans nous sommes à l’âge des premiers agriculteurs, puis nous traversons les époques de l’Homme de Cromagnon ( 40 000 ans) , des Homo sapiens archaïques (quelques centaines de milliers d’années), d’Homo ergaster (1,5 million d’années), d’Homo habilis (2 millions d’années)… Le compteur indique environ 6 millions d’années lorsque nous rencontrons nos premiers cousins survivants, remontant eux aussi, à la même vitesse que nous, leur propre branche de l’arbre du vivant ; c’est le rendez-vous n°1, celui avec l’ancêtre commun à l’espèce humaine, aux chimpanzés et aux bonobos (eux-mêmes voyageaient ensemble depuis 4 millions d’années déjà puisque leurs branches se sont séparées il y a 2 millions d’années) ; en parcourant un million d’années de plus notre troupe rejoint ses cousins Gorilles (rendez-vous n°2) ; nous n’avons alors réalisé que la moitié du chemin qui nous mène à l’ancêtre commun que nous (humains, chimpanzés, bonobos, gorilles) partageons avec les orang-outangs puisque cette rencontre (rendez-vous n°3) se situe il y a 14 millions d’années.

Des rendez-vous comme ceux-ci il y en aura trente-neuf ; nous passerons sans encombre la « limite Cétacé-Tertiaire » (il y a 65 millions d’années) marquant la fin du règne des dinosaures, juste avant de retrouver la cohorte des rongeurs (rendez-vous n°10, à 75 millions d’années) puis celle, innombrable, des insectes, mollusques et autres protostomiens au rendez-vous n°26, il y a 590 millions d’années ; nous découvrirons, avec les éponges, les derniers animaux de notre périple au rendez-vous n°31, puis les derniers eucaryotes au n°37 avant de pénétrer, après le grand rendez-vous historique marquant la rencontre entre la cellule et la bactérie, il y a peut-être deux milliards d’années, le monde fascinant des archées et des bactéries.

Mais cette randonnée historique est avant tout une randonnée culturelle… chaque étape du voyage est mise à profit pour illustrer une nouvelle facette de la diversité de la nature tout comme de la biologie de l’évolution ; cette médiation scientifique est assurée par le biais d’histoires que nous racontent nos cousins éloignés à mesure qu’ils nous rejoignent. Comme le dit lui-même Richard Dawkins [2] ces messages qui ponctuent notre route constituent la substance même de l’ouvrage. Chacune de la soixantaine d’histoires qui agrémentent notre parcours peut être lue indépendamment du fil du récit si l’on entend, par exemple, revenir sur la construction des arbres phylogénétiques (que nous explique le gibbon), le phénotype étendu (que nous décrypte le castor), ou tout autre sujet rendu intelligible par les évolutionnistes contemporains. Le sommaire détaillé que l’on trouve au début de l’ouvrage permet cette approche croisée historique ou thématique.

Un pèlerinage de quatre milliards d’années

Le titre original «The Ancestor’s Tale : a pilgrimage to the Dawn of Evolution » (le conte de l’ancêtre : un pèlerinage à l’aube de l’évolution)  n’a pas été repris par l’éditeur car il ne parle pas suffisamment au lecteur non anglophone. La référence permanente aux « pèlerins » dans le livre risque même de désarçonner quelques lecteurs peu au fait de la culture anglaise ; or, anglais, l’auteur l’est jusqu’au bout des ongles. Un décryptage n’est donc peut-être pas inutile. Richard Dawkins a délibérément construit son ouvrage suivant la même trame que celle que Geoffrey Chaucer avait utilisée au XIVe siècle pour les Contes de Canterbury, à savoir des contes insérés dans une trame romanesque : une trentaine de pèlerins faisaient route vers la cathédrale de Canterbury et racontaient en chemin des histoires (les contes : le conte du chevalier, le conte du meunier, le conte du régisseur, le conte du cuisinier, etc.). Ainsi, pour nous, Canterbury (ou Cantorbéry, suivant l’orthographe retenue), le but du pèlerinage, sera le premier organisme vivant, l’Ancêtre, et chacune des millions d’espèces vivantes aujourd’hui, dont la nôtre, compte pour un pèlerin en marche sur cette route à la rencontre de l’ancêtre qui leur est commun.

Ceci dit, par delà la seule référence littéraire au pèlerinage de Chaucer, qu’on imagine bien s’imposer comme allant de soi à qui est pétri de culture anglaise, ce choix éditorial a une portée philosophique et symbolique qui va bien au-delà du clin d’œil littéraire.

Sur le plan philosophique tout d’abord. Ainsi que Richard Dawkins l’explique lui-même [3], son intention était d’écrire une histoire complète de l’évolution depuis l’apparition de la vie, soit sur quatre milliards d’années. Comme nous sommes des humains, la façon qui nous paraît spontanée d’aborder une telle histoire consiste à partir du début et de la terminer par la saga d’homo sapiens ; l’inconvénient de cette approche historique classique, est que dans le même mouvement, chez nombre de lecteurs, et « à l’insu de leur plein gré », l’espèce humaine apparaît en quelque sorte comme étant l’aboutissement de l’évolution ; et effectivement (trop) nombreux sont ceux qui croient sincèrement, qu’ils soient sous une influence religieuse ou non, que l’espèce humaine est cet aboutissement. Or il n’en est rien : notre espèce n’est qu’une parmi des millions de l’aboutissement multiforme aujourd’hui de l’évolution. En abordant, a contrario, l’histoire de l’évolution à partir du temps présent, et quel que soit le choix de point de départ parmi les espèces vivant aujourd’hui, l’hippopotame comme le pin maritime, nous arriverons au même point d’arrivée (l’ancêtre commun) et dans le même temps. Nous entamons donc ce pèlerinage dans notre peau du pèlerin humain que nous sommes, curieux de notre propre histoire, mais en limitant l’anthropocentrisme spontané à cette légitime curiosité.

Sur le plan symbolique, plus qu’un long voyage, ce que le parcours que nous propose Dawkins est déjà assurément, un pèlerinage, une fois libéré de la connotation religieuse ici évidemment hors sujet, est typiquement un « voyage que l’on fait en un lieu avec l’intention de se recueillir ou [une] visite que l’on rend à quelqu’un que l’on admire, à qui on veut rendre hommage ou dont on vénère la mémoire » [4]. Cette référence n’est donc pas si déplacée que cela à la lumière de l’émerveillement croissant dont le lecteur est saisi à mesure qu’il progresse tout au long de ce « voyage d’un naturaliste », émerveillement de même nature que celui, toujours renouvelé, de l’astronome, professionnel ou amateur, qui contemple et se repère dans l’immensité des astres lumineux comme présentement dans l’immense foisonnement des organismes vivants ; émerveillement enfin, à la manière, cette fois, du mathématicien disant la beauté d’une démonstration élégante, devant la puissance de la théorie de l’évolution, de cette « idée dangereuse de Darwin » pour reprendre l’expression de l’ami de Dawkins qu’est le philosophe Daniel Clément Dennett.

Un ouvrage de référence

Il était une fois nos ancêtres est donc véritablement un livre exceptionnel ; il n’est pas de même nature que les ouvrages scientifiques écrits jusqu’à maintenant par Richard Dawkins ; son objectif, contrairement aux célèbres Le gène égoïste ou l’horloger aveugle, n’est pas d’expliciter tel ou tel point de la théorie de l’évolution, mais bel et bien de nous raconter l’histoire de la vie à la lumière de la théorie de l’évolution ; ne vous leurrez néanmoins pas : la contrepartie de la rigueur de l’écriture est que tout aussi agréable que puisse être l’exercice, grâce à la qualité de l’écriture de Dawkins, l’appropriation de cet ouvrage par le lecteur exigera de sa part un véritable travail, travail nécessaire mais ô combien gratifiant.

L’ouvrage met à la disposition du lecteur exigeant une sélection bibliographique susceptible de répondre aux désirs éventuels d’approfondir le sujet (le premier livre suggéré en français n’étant autre que l’excellente Classification phylogénétique du vivant d’Hervé Le Guyader et Guillaume Lecointre) ; une note très intéressante de Yan Wong, élève de Dawkins et co-auteur de plusieurs chapitres, précise et actualise les bases scientifiques des phylogénies présentées ; enfin le lecteur trouvera les indispensables références bibliographiques et index des sujets et auteurs cités. La seule ombre au tableau doit être portée au débit du compte de l’éditeur qui, malgré un cahier de photos central, a réalisé le choix d’une présentation par trop rigoriste ; le caractère exceptionnel d’ Il était une fois nos ancêtres méritait un accompagnement de l’éditeur qui soit à la hauteur ; c’est ce qu’avaient compris et mis en œuvre les éditeurs Weidenfeld & Nicolson pour l’édition anglaise de 2004 [5] en aidant le lecteur par une iconographie adaptée ; il nous sera permis de regretter que l’éditeur français n’ait pas pris suffisamment la mesure du rôle qui est le sien dans la diffusion de l’information scientifique.

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« Modifié: 23 juin 2013 à 01:18:58 par katchina »
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Première mondiale : une femme Neandertal reconstituée grandeur nature
« Réponse #7 le: 01 octobre 2008 à 22:36:39 »

Première mondiale : une femme Neandertal reconstituée grandeur nature

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C’est une première mondiale, et c’est pour le numéro d’octobre du National Geographic que l’ancêtre a été reconstitué. Artistes et anthropologues, ont travaillé ensemble afin de constituer ce mannequin. Pour réussir cet exploit, ils ont dû utiliser des ossements vieux de 43 000 ans, et s’inspirer également d’os masculins retravaillés à l’échelle féminine.

Pour le rédacteur en chef du National Geographic, Jamie Shreeve, l’exploit est de taille : "pour la première fois, les anthropologues peuvent aller au-delà des simples fossiles, et travailler sur les véritables gènes d'une espèce humaine aujourd'hui disparue. Nous avons vu ici l'opportunité de faire littéralement prendre corps à ces nouvelles technologies scientifiques en créant une femme de Neandertal grandeur nature, reconstituée en utilisant les dernières avancées en matière de génétique, d'archéologie et de paléontologie.

Source : Yahoo News
Photo : ©National Geographic
« Modifié: 28 novembre 2019 à 22:55:28 par Modération »
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PHOTO IN THE NEWS: DNA-Based Neanderthal Face Unveiled
« Réponse #8 le: 01 octobre 2008 à 23:18:55 »

PHOTO IN THE NEWS: DNA-Based Neanderthal Face Unveiled

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September 17, 2008—Meet Wilma—named for the redheaded Flintstones character—the first model of a Neanderthal based in part on ancient DNA evidence.

Artists and scientists created Wilma (shown in a photo released yesterday) using analysis of DNA from 43,000-year-old bones that had been cannibalized. Announced in October 2007, the findings had suggested that at least some Neanderthals would have had red hair, pale skin, and possibly freckles.

Created for an October 2008 National Geographic magazine article, Wilma has a skeleton made from replicas of pelvis and skull bones from Neanderthal females. Copies of male Neanderthal bones—resized to female dimensions—filled in the gaps.

(The National Geographic Society owns both National Geographic News and National Geographic magazine.)

"For the first time, anthropologists can go beyond fossils and peer into the actual genes of an extinct species of human," said National Geographic's senior science editor, Jamie Shreeve, who oversaw the project.

"We saw an opportunity to literally embody this new science in a full-size Neanderthal female, reconstructed using the latest information from genetics, fossil evidence, and archaeology."

For more on Neanderthals, watch Neanderthal Code, airing Sunday, September 21, on the National Geographic Channel.

—David Braun

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Reconstruction by Kennis & Kennis, photograph by Joe McNally/NGS

D'autres photos ici: http://ngm.nationalgeographic.com/2008/10/neanderthals/neanderthals-photography

http://news.nationalgeographic.com/news/2008/09/080917-neanderthal-photo.html
« Modifié: 28 novembre 2019 à 22:56:55 par Modération »
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harlock

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Homo Sapiens - Une nouvelle histoire de l'homme
« Réponse #9 le: 13 octobre 2008 à 18:56:12 »

Je viens de voir un reportage d'arte, trés interressant sur l'origine de l'homo (sapiens etc ... ) et  sur les causes de son évolution (physique) vous pouvez mettre à la poubelle la théorie qui dit que nos ancétre seraient déscendu des arbres et marché dans la savane pour se redresser.

renseignement : http://fr.wikipedia.org/wiki/Anne_Dambricourt_Malassé

Homo Sapiens - Une nouvelle histoire de l'homme
Un os dans les théories de l'évolution, le sphénoïde !

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Philipp Tobias et Anne Dambricourt Malassé

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 Jean Chaline 

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Philipp Tobias

 
[justify]Diffusé sur Arte le 29 octobre 2005.
Documentaire écrit et réalisé par Thomas Johnson
Coproduction : Play Film, Arte France, Discovery International Netwok, NMO

Avec la participation de : Philipp Tobias (Paléontologue), Anne Dambricourt Malassé (Paléontologue), Marie-Joseph Deshayes (Orthodontiste), Jean Chaline (Biologiste), Didier Marchand (Biologiste), Wu Xinzhi (Paléontologue), Ron Clarke (Paléontologue), Eric Duboule (Généticien), Nigel Crawhall (Linguiste).
 
Un sujet contreversé
L'émission a été suivie d'un débat concernant les hypothèses développées dans le documentaire, et en particulier sur le mécanisme interne de l'évolution que l'on pourrait assimiler à une sorte de créationnisme : l'Intelligent Design.
Seront invités, pour débattre : Pierre-Henri Gouyon, spécialiste de la théorie de l’évolution, directeur du laboratoire d’Ecologie, Systématique et Evolution à Paris-XI ORSAY et Michel Morange, est professeur de biologie (Université Paris-VI et à l’École Normale Supérieure).
Voir en bas de page les réactions d'autres scientifiques.
Voir également la réaction de Thomas Johnson, réalisateur du film, qui réfute toutes les accusations de créationnisme en publiant une lettre ouverte (placé après les vidéos)
 

Le documentaire

Le propos
Depuis les années 1980, une seule théorie de l'évolution de l'Homo s'est véritablement imposée, l'East Side Story. Le moteur de l'évolution serait une adaptation au milieu par la sélection des mutations les plus intéressantes pour l'espèce.

Dans le cas qui nous intéresse, le redressement du corps et la bipédie se seraient ainsi développés chez les hominidés, apportant un avantage stratégique : la faculté de voir au-dessus des longues herbes de la savane.
Depuis les dernières années et les découvertes de Toumaï et d'Abel, la théorie de l'East Side Story est mise à mal.

Yves Coppens son auteur, s'est lui-même interrogé sur sa validité en 2003, dans la revue "La Recherche".
Si la théorie de la savane (autre nom de l'East Side Story) n'est plus aussi prégnante, on recherche toujours pourquoi l'homme s'est redressé et a adopté la bipédie comme moyen principal de locomotion. 

Après ce rappel des théories actuelles, le documentaire s'intéresse principalement aux travaux de 2 chercheuses françaises Anne Dambricourt Malassé et Marie-Joseph Deshayes. A partir de recherches différentes, les deux femmes se sont rencontrées dans leurs conclusions.

Le sphénoïde
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un os situé au centre du crâne, jouerait un rôle clef dans l'évolution de notre espèce, et particulièrement dans notre position redressée et la bipédie.
Se basant sur l'étude des crânes fossiles de nos ancêtres, ainsi que sur le développement actuel de notre espèce, elles décrivent un processus interne d'évolution : l'Inside story !

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L'histoire du sphénoïde sur 60 Ma... (Anne Dambricourt Malassé)

- 60 Ma les prosimiens, le sphénoïde n'est pas encore fléchi, il est plat.
- 40 Ma les simiens, le sphénoïde se plie, la base du crâne est légèrement fléchie, les yeux se sont déplacés des côtés du visage vers la face.
- 20 Ma les premiers grands singes et un sphénoïde qui fléchit
- 6 Ma les australopithèques et pour la 3ème fois le sphénoïde fléchit toujours dans le même sens
- 2 Ma le genre Homo, le corps se redresse encore, et notre petit os du crâne se fléchit encore.
- 150 000 à - 160 000 ans, apparition d'Homo sapiens, 5ème fléchissement, le cerveau se complexifie...

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Nos dents ont de moins en moins de place (Marie-Joseph Deshayes)

De nos jours, le processus d'évolution continue et chacun d'entre nous peut très simplement en mesurer les conséquences.
Ainsi la dentition de l'homme présente une instabilité croissante. Il y a une génération, nos parents avaient des problèmes lors de la sortie des molaires qui ne trouvaient pas leur place dans la bouche. La nouvelle génération rencontre le même type de problème lors de l'arrivée des pré-molaires...
Ce phénomène est de plus en plus fréquent et se rencontre chez 70% des enfants européens, 90% des petits américains et à 95% au Japon.

Réactions scientifiques

D'autres scientifiques interviennent tout au long du documentaire :
- le biologiste Jean Chaline, très critique sur la théorie de l'East Side Story, indique qu'il y a bien une sélection naturelle du milieu, mais quelle est secondaire, elle intervient sur les mutations internes.
- le paléontologue Philipp Tobias, qui indique "nos ancêtres étaient déjà redressés alors qu'ils vivaient dans les arbres" et pour qui "la théorie de la savane est à jeter"...
- Yves Coppens, paléoanthropologue, dit suivre les travaux de ses collegues mais il "continue fermement à penser que le rôle de l'environnement est considérable".

Après la diffusion, les réactions de la communauté scientifique sont nombreuses. (Article Le Monde du 30 octobre 2005)

Pascal Picq, reconnaît à Mme Dambricourt "le mérite d'avoir mis en évidence la flexion du sphénoïde chez les hominidés". "de la face et de la locomotion."
Mme Dambricourt, ajoute M. Picq, "bute sur l'interprétation" . "Pour une raison absolument mystérieuse , précise de son côté M. Ramirez-Rozzi, elle a voulu faire de cet os la pièce centrale de toute l'anatomie humaine. Or on sait depuis longtemps que définir l'homme à partir d'un seul caractère est absurde."
Pour Guillaume Lecointre, professeur au MNHN et spécialiste de systématique, " le film présente la théorie de M me Dambricourt comme une idée révolutionnaire. Ce n'est pas le cas, car les contraintes architecturales de l'évolution sont intégrées dans le darwinisme , précise-t-il. Ce documentaire est de la théologie déguisée en science, et le public est trompé."
Plus rude encore, André Langaney, directeur du laboratoire d'anthropologie biologique du Musée de l'homme (MNHN) et professeur à l'université de Genève, ajoute que Mme Dambricourt " fait du finalisme pour faire plaisir aux intégristes. Ce qu'elle écrit relève de la falsification".


 Et demain ?


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"Notre processus évolutif serait le résultat d'une logique interne qui aurait conduit nos ancêtres d'il y a 60 millions d'années vers l'homme d'aujourd'hui, et qui nous pousse déjà vers l'homme de demain."
On peut imaginer que l'homme de demain aura le crâne de plus en plus bombé et une machoire de plus en plus petite...


En extrapolant, l'homme sera peut être la première espèce à pouvoir modifier ou intervenir sur sa propre évolution... 

Le petit plus...

A noter, un (trop ?) court passage évoque les séances de l'Institut de France où sont présents des sommités scientifiques comme Yves Coppens, Michel Brunet, Brigitte Senut, Tim White... Si l'on sent que les tensions internes sont nombreuses, les débats sont très calmes et les interlocuteurs pratiquent l'humour à froid... ! [/justify] Source: http://www.hominides.com/html/references/homo-sapiens-dambricourt-chaline.htm

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reportage en 4 parties voyez plutot :

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Une découverte qui remet en cause le darwinisme! Partie 1

Lettre ouverte  - Réponse à la mise en accusation du film documentaire
Homo Sapiens, une nouvelle histoire de l'homme Diffusé sur ARTE le 29 Octobre 2005


Un film au pilon  par Thomas Johnson Réalisateur

Le film que j'ai réalisé, Homo Sapiens, une nouvelle histoire de l'Homme, diffusé sur Arte, fait débat. Depuis sa diffusion, c'est la confusion. Il enflamme les passions et se retrouve libellé créationniste. Il est pilonné dès sa diffusion, sur la chaîne qui l'a non seulement diffusé mais en plus coproduit ! Un véritable autodafé télévisuel : du jamais vu en France !

Le film documentaire raconte que l'East Side Story, la théorie généralement admise de l'évolution de l'homme, est remise en cause par les récentes découvertes en paléontologie : l'adaptation au changement climatique ne serait pas le seul facteur du redressement de l'homme. Il part donc sur de nouvelles pistes et découvre qu'il existe aussi une Inside story , une histoire interne qui trouve son origine au cour de nos cellules. Paléontologues, biologistes, médecins et généticiens tentent de décrire et de comprendre le phénomène et content une nouvelle histoire de l'homme.


Surprise !

ARTE fait suivre la diffusion du film d'un débat entre Pierre Henry Gouyon, présenté comme "spécialiste de la théorie de l'évolution", - Muséum d'Histoire naturelle-, et Michel Morange, biologiste historien des sciences, - Ecole Normale Supérieure-. Le débat est animé par Michel Alberganti du journal Le Monde . Un débat, annonce-t-il,  " pour compléter le film".
Ni la production du film, ni l'auteur, ni les scientifiques qui apparaissent dans le film n'ont été prévenus de l'enregistrement de ce débat. Je n'ai été informé de son contenu que la veille de sa diffusion : un vendredi soir !

Quel « débat » ! Plutôt une mise en accusation.
Sur le plateau, personne pour défendre les découvertes et hypothèses exposées. Aucune contre partie. Aucune discussion. Le film est passé au pilori, et Anne Dambricourt, paléontologue du CNRS, qui expose ses découvertes dans le film, accusée de falsifier ses données.
Sous la bienveillance du grand animateur, les deux invités accusent tour à tour le documentaire d'avoir trompé les téléspectateurs. D'un commun accord, ils expliquent que le film ne relève pas de la science mais de la "science fiction". Après quinze minutes d'argumentations, ils affirment qu'il ne contient aucune, je cite, justification scientifique à l'hypothèse exposée. Ils considèrent que son but est non pas d'informer sur une nouvelle histoire de l'homme mais de démontrer l'existence d'une puissance divine. Sa stratégie : nier les découvertes de Charles Darwin afin de faire la promotion des idées du créationnisme américain et de l'intelligent design .
Je n'ai pas apprécié les interventions qui ont suivi le film, écrit avec toute sa réserve, Jean-Louis Heim, Professeur au Muséum National d'Histoire Naturelle, département de Préhistoire, dans un courrier qu'il m'envoie après la diffusion : non pas tant pour leur caractère arbitraire, de toute façon hostile à priori pour des raisons qui sont censées échapper à mon jugement, mais parce qu'un véritable débat scientifique n'a même pas été présenté. 

Et c'est bien là le problème ! Deux jours plus tard, la presse écrite s'enflamme et reprend en chœur le contenu du faux débat.
Le Monde du 30 Octobre 2005 publie un article qui titre Un film soupçonné de néo-créationnisme fait débat, qui se termine par une citation diffamatoire et tout à fait gratuite d'André Langaney, Professeur au Musée de l'Homme. Il affirme que les découvertes d'Anne Dambricourt relèvent de la falsification .
Une semaine plus tard, le journal Libération dans son édition du 5 et du 6 novembre, titre à son tour Et Dieu ramena sa science sur Arte, un article qui va plus loin encore. Il assène avec certitude et sans détours : la chaîne a diffusé un documentaire créationniste sur les origines de l'homme.
Au téléphone, les journalistes m'interrogent. Ils me posent, parfois en s'excusant, la question clef : êtes-vous créationniste  ?
Ils me soupçonnent de faire partie d'un complot : un agent du créationnisme américain, infiltré en France pour propager la propagande anti-darwinienne du Bush.

Je leur réponds que je m'appelle certes Thomas Johnson, mais non je ne suis pas américain. Ni créationniste. Ni anti-darwinien ! Que Charles Darwin est pour moi un homme et un scientifique exceptionnel dont les découvertes ont bien évidemment toute leur place dans l'enseignement. Que la campagne menée contre Darwin par les créationnistes américains est une dangereuse et irresponsable. Que je ne suis ni un politicien, ni un idéologue, ni un militant. Je ne suis qu'un simple réalisateur français.

Play Film qui a produit le documentaire, n'est pas non plus, malgré son nom, une entreprise américaine, mais une maison de production française, fondée il y a dix ans à Paris, par Mahmoud Chokrollahi, un français, d'origine iranienne. Hind Saïh qui a produit le film, est elle d'origine marocaine. Discovery Channel , qui a également coproduit ce film avec Arte, n'est pas une chaîne de propagande de l'idéologie bushienne, et Maurice Paleau, leur producteur, est français.
Il s'agit donc d'un film indépendant, qui n'a été, en aucune manière, financé par je ne sais quelle secte ou groupuscule, ni soutenu, ni promu par le Vatican, ni par les sbires intégristes de bush ou les adeptes et idéologues de l'Intelligent Design. Il a été fait comme tant de films documentaires français, de manière tout à fait classique, et ma fois chiche, financé par ses coproducteurs - Arte, Discovery - et par le CNC , n'en déplaise à ses détracteurs, en tant que documentaire scientifique.

Alors que s'est-il passé ? Comment est on arrivé à une mise en accusation si violente et aux relents inquisitoires ?


Source et suite : http://www.hominides.com/html/actualites/actu181105-thomas-johnson-homo-arte.php
« Modifié: 28 novembre 2019 à 23:02:47 par Modération »
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katchina

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Re : Théories de l'évolution
« Réponse #10 le: 13 octobre 2008 à 19:13:50 »

Anne d'Ambricourt était l'invitée de Caroline Guidetti - le 9 août 2007
(rediffusion : 21 décembre 2007))
« Modifié: 13 octobre 2008 à 19:22:12 par katchina »
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J'veux du soleil dans ma mémoire

harlock

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Re : Théories de l'évolution
« Réponse #11 le: 13 octobre 2008 à 20:13:16 »

d'accord merci mais le 21/12/2007 c'est un peu passé non   ;D en tout cas sa théorie est vraiment convaincante et je me suis dis tout naturellement mais c'est bien sur elle a raison, c'est logique mais je pense aussi qu'il y a sans doute quelque truc à amliorer ou plutot a approfondir.
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BEL23

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Re : Théories de l'évolution
« Réponse #12 le: 28 octobre 2008 à 19:29:16 »

Alors j'ai vi un documentaire sur les primates aujourd'hui dans lequel j'ai appris quelquechose qui n'est pas anodin.....les primates n'ont pas de blanc dans les yeux parce que cela leur ait défavorable lors des combats car l'adversaire peut alors anticiper les mouvements de l'autre...ensuite ils expliquent que le blanc des yeux serait caractéristique d'une espèce ayant une organisation sociale non basée sur le conflit......j'ai alors pensé aux extraterrestres.....ils sont souvent représentés sans blanc dans les yeux....mais apparemment l'explication pourrait être qu'ils portent des lentilles protectrices (ça me fait penser à la vidéo de Roswell où l'un des chirurgiens retire cette pellicule si je ne m'abuse...)....donc pour moi les E.T. auraient un blanc des yeux......
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labbe

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Re : Théories de l'évolution
« Réponse #13 le: 29 octobre 2008 à 11:30:23 »


Ce qui est quand même sidérant c'est que la morphologie du crâne du gris "type" s'inscrit dans cette théorie.  ;)


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L'abbé bête qui monte...... Plus connu sous le nom du Père Loose..... Marié illégitimement à la Mère Tume

void

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Re : Re : Théories de l'évolution
« Réponse #14 le: 29 octobre 2008 à 22:47:24 »

donc pour moi les E.T. auraient un blanc des yeux......

Peut-être que certains en ont et d'autres pas, c'est là que ça peut devenir intéréssant.
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