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Auteur Sujet: Les programmes SETI  (Lu 36430 fois)

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Nemo492

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Les programmes SETI
« le: 25 septembre 2008 à 15:19:10 »

SETI a succédé au programme de recherches HRMS lancé par la NASA (High Resolution Microwave Survey), et bénéficia du soutien de Carl Sagan. "Il regroupe des projets dont le but est de détecter les signaux qu'une intelligence extraterrestre pourrait émettre, volontairement ou non, depuis sa planète d'origine."

L'une de ses sources de financement est le milliardaire Paul Allen, co-fondateur de Microsoft, qui participera (entre 2007 et 2010) pour un montant total de 25 millions de dollars.



Mais SETI ne fonctionne pas uniquement sur fonds privés : "La NSF (National Science Foundation) a financé le projet SETI pendant des années (à l'époque où le télescope d'Arecibo était utilisé) et continue d'y contribuer. Elle verse une bourse à son département d'Astrobiologie depuis 2006. Ils ont aussi un partenariat avec la NASA."

Le physicien Stanton Friedman est satisfait d'avoir inventé ce jeu de mots qu'il ressort en toutes occasions pour se moquer : "Silly Effort To Investigate".
« Modifié: 10 février 2009 à 11:35:28 par Diouf »
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On n'est jamais si bien trahi que par ses amis les plus proches..
Mais tant que tu n'as rien, on ne risque pas de te le prendre.
http://cryonautes.com - http://protocole-oracle.com

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Histoire de SETI
« Réponse #1 le: 26 septembre 2008 à 21:36:12 »

Histoire de SETI


- Le 19 Septembre 1959, les physiciens Cocconi et Morrison publient un article intitulé « Searching for Interstellar Communications » dans la célèbre revue anglaise « Nature ». Cet article soulevait l’idée que des télescopes radio étaient suffisamment sensibles pour pouvoir capter les signaux radio d'éventuelles civilisations évoluant autour d'autres étoiles que la nôtre.

- Ces deux chercheurs suggéraient que ces messages seraient certainement émis sur une longueur d'onde de 21 centimètres (c'est-à-dire 1420.4 MHz) qui caractérise l'émission de l'hydrogène neutre, l'élément que l'on retrouve le plus dans l'Univers. Il paraissait évident que les autres civilisations utiliseraient également ce point de repère du spectre radio. Lorsqu'ils écrivaient leur article, les physiciens ne se doutaient pas qu’un radioastronome, Franck Drake, réalisaient la première phase d’une expérience basée sur ce principe au National Radio Astronomy Observatory à Green Bank. En 1960, ce Project baptisé Ozma peut être considéré comme la première étude sur la recherche d’un signal extra terrestre : Drake avait alors observé deux étoiles proches assez similaires au soleil (Epsilon Eridani et Tau Ceti) pendant quelques jours, à une fréquence unique mais n'avait alors détecté aucun signal extra-terrestre susceptible d’être intelligent. Néanmoins, ce projet fut le point de départ de douzaines de projets dont :

• Le projet Cyclops, lancé par la NASA en 1971 est chargée de concevoir un réseau de plus de 1000 radiotélescopes pour détecter des signaux jusqu'à plus de 1000 années-lumière.
• Ohio State Big Ear SETI Project lancé entre 1979 et 1997 détecta un bref signal que l’on baptisa “WOW !” mais qui ne sera jamais réémis.

source

Certains projets prendront pourtant de l'ampleur, comme la campagne menée à l'Université de l'Etat d'Ohio. De 1973 à 1998, le radiotélescope de cette Université fut utilisé pour traquer des messages extraterrestres sur la fameuse fréquence de l'hydrogène. Le message le plus prometteur de toute l'histoire de SETI fut capté durant cette période. Désigné par le biais de l'onomatopée Wow ! (que l'on pourrait traduire par Youahh !), ce signal est un excellent exemple de la forme qu'un signal extraterrestre devrait prendre.

Dans la nuit du 15 août 1977, l'imprimante connecté au récepteur de l'antenne du radiotélescope de l'Université cracha une courte série de chiffres et de lettres, que les fans de SETI connaissent par coeur : 6EQUJ5. Cette chaîne de caractère peut paraître aride au premier abord, mais elle se décrypte facilement. Pour quantifier la force du signal reçu, les radioastronomes avaient décidé d'utiliser les chiffres de 1 à 9. L'échelle n'étant pas suffisante pour représenter toute la gamme de puissance des signaux radios, les 27 lettres de l'alphabet furent à leur tour utilisées (ce qui permis alors de représenter non plus 10, mais 36 niveaux d'intensité). Si l'on regarde la force du signal Wow ! en fonction du temps, on note que cette dernière augmente (de 6 à E, puis de E à Q), passe par un maximum (U, soit une intensité de 30 sur l'échelle utilisée), puis décroît (de J à 5). Le signal Wow ! était donc largement au-dessus du bruit de fond galactique.

Sur un graphique, la courbe représentant la puissance en fonction du temps du signal Wow ! possède une forme en cloche. Or les radioastronomes estiment qu'un signal extraterrestre devrait justement avoir cette caractéristique. La durée de l'émission est également particulièrement importante. Le signal Wow ! a été capté pendant 37 secondes exactement. Or cette valeur est justement le temps que mettait l'antenne du radiotélescope d'Ohio pour scanner un point donné du ciel. Lorsqu'une étoile cible rentre dans le champ de vision du télescope, le signal reçu est d'abord faible, puis commence à augmenter. Le maximum est atteint lorsque l'antenne est pointée directement sur l'objet. L'antenne continuant à balayer la voûte céleste, le signal recommence à faiblir, jusqu'au moment où l'étoile cible sort du champ de vision de l'antenne, ce qui entraîne la perte du signal.

La deuxième caractéristique de tout signal extraterrestre concerne sa bande de fréquence, qui doit être la plus étroite possible (car plus la bande est étroite, plus l'énergie de l'émission est forte, ce qui lui permet de traverser de grandes distances avant de devenir inaudible). Or c'était encore une fois le cas du signal Wow !, reçu dans la bande relativement étroite de l'hydrogène.

Plusieurs tentatives ont eu lieu pour retrouver le signal Wow !, sans succès. Aujourd'hui, aucune explication n'a encore été trouvée pour expliquer ce cri électronique qui a, un beau soir d'août 1977, déchiré l'obscurité du ciel, et qui constitue encore aujourd'hui le signal le plus clair jamais reçu dans le cadre d'une écoute SETI ...

source


• Le projet SERENDIP lancé par l’Université de Berkeley en Californie en 1979.
• Le projet NASA HRMS (High-resolution Microwave Survey) lancé par la NASA en 1982 et fut interrompu par le Congrès américain en 1993 par manque de résultats.
• Le projet META (Mega-channel Extraterrestrial Assay) lancé par l’Université Harvard en 1985 qui centrait ses recherches sur des canaux élevés bien précis (8.4 million de cannaux d'une largeur de 0.05 Hz). Le projet est subventionné par le producteur Steven Spielberg.
• Le projet SERENDIP II est lancé pour observer le ciel continuellement.
• Le projet COSETI (Columbus Optical SETI) lancé en 1990, le premier a cherché un signal laser extraterrestres en Amérique du Nord.
• Le projet SERENDIP III lancé en 1992 par l'Université de Berkeley.
• Le projet BETA (Billion-channel Extraterrestrial Assay) lance par l’Université d’Harvard en 1995 pour chercher des milliards de canaux.
• Le projet Phoenix lancé en 1995, l’institut SETI continue alors les recherches de la NASA.
• Le projet Argus lancé en 1996 par la ligue SETI dont le but était de surveiller la totalité du ciel avec 5 stations de radiotélescopes.
• Le projet SERENDIP IV en 1997 est installé au radiotélescope d'Arecibo de 305 mètres, dans une configuration permettant une analyse continue de signaux, même lorsque l'instrument principal est utilisé par d'autres astronomes.

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Le radiotélescope d'Arecibo. Dans l'encart, l'astronome Pedro Torres aux commandes de l'une des nombreuses consoles installées dans la salle de contrôle. Documents NAIC/S.Shostak.
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Grâce à la plate-forme SETI d'Arecibo, cet instrument est devenu notre oreille la plus fine à l'écoute des éventuelles civilisations extraterrestres.
Le plus grand radiotélescope du monde est situé à Arecibo, dans l'île de Porto Rico (Caraïbes). Ce radiotélescope dispose d'une antenne de 305 mètres de diamètre, tendue au dessus d'une vallée karstique naturelle. La réception se fait dans une nacelle mobile suspendue à 130 mètres de hauteur. L'antenne elle-même est immobile, et c'est la rotation de la Terre sur elle-même qui lui permet de balayer le ciel. Arecibo peut observer environ 30 % de la voûte céleste

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• Le projet Southern SERENDIP (variante de SERENDIP IV) lancé en Australie en 1998 avec le radiotélescope de Parkes mesurant 64 mètres.

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En astronomie, l'Observatoire de Parkes est un radiotélescope professionnel de 64 m, situé à 20 km au nord de la ville de Parkes, en Nouvelle-Galles du Sud (Australie). Sa construction a été promue par 'Taffy' Bowen. Il est connu pour avoir suivi de nombreuses sondes spatiales, et notamment transmis au monde entier les images du premier homme sur la Lune.
http://fr.wikipedia.org/wiki/Observatoire_de_Parkes
« Modifié: 26 novembre 2019 à 00:16:19 par Modération »
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SETI: Y a quelqu'un?
« Réponse #2 le: 26 septembre 2008 à 22:03:29 »

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De toutes les disciplines centrées sur la recherche de la vie dans l'Univers, SETI (Search for Extraterrestrial Intelligence) est probablement la plus controversée. Sous ces quatre lettres se cache l'une des tentatives les plus ambitieuses de l'Homme : parvenir à communiquer avec d'éventuelles intelligences extraterrestres.


Les débuts de SETI

L'histoire de SETI commence le 19 septembre 1959, avec la publication dans la revue scientifique Nature d'un papier de deux pages qui allait jeter les bases de la discipline. Deux physiciens appartenant à l'université de Cornell, Philip Morrison et Giuseppe Cocconi, proposent de réfléchir aux moyens de communiquer avec d'autres civilisations intelligentes dans la Galaxie. Sans rien connaître de ces civilisations, ni de la technologie dont elles disposent, le champ d'investigation est large.

Morrison et Cocconi se penchent d'abord sur le média à utiliser pour établir une communication. Selon eux, le choix le plus évident est d'employer les ondes électromagnétiques, en particulier les ondes radios, ainsi que, dans une moindre mesure, les ondes lumineuses.

Le domaine radio est cependant extrêmement étendu, et il est absolument hors de question de tenter de scanner toutes les fréquences existantes. Les deux auteurs vont alors proposer l'un des fondamentaux de SETI : restreindre la recherche à une bande de fréquence étroite située entre 1000 et 10 000 MHz. Dans ce domaine, les parasites naturellement émis par notre Galaxie sont faibles (rayonnement synchrotron produit par les électrons circulant le long des lignes des champs magnétiques galactiques), tout comme les interférences du bruit de fond cosmique (qui constitue la signature du Big Bang). De plus, dans cette bande de fréquence, l'atmosphère de notre planète est relativement transparente, et filtre très peu les ondes radio.

Cette bande était cependant encore trop large pour être explorée avec succès. Morrison et Cocconi ont alors une idée de génie. Essayant de se mettre à la place d'une civilisation extraterrestre technologiquement avancée, ils estiment que la meilleure fréquence à utiliser est celle de 1420 MHz. D'où Morrison et Cocconi sortent-ils ce chiffre ? La fréquence de 1420 Mhz correspond en fait à celle de l'hydrogène, l'élément le plus abondant dans l'Univers. Etant donné qu'aucune civilisation intelligente ne peut manquer d'ignorer ce fait, les deux auteurs pensent que l'hydrogène peut constituer le réglage par défaut de tous les postes radios galactiques.

Aujourd'hui encore, la plupart des écoutes SETI ont lieu autour de 1420 MHz (ou de la raie de 21 centimètres de l'hydrogène, si l'on préfère utiliser les longueurs d'ondes). Cette fréquence a cependant un inconvénient majeur, qui n'est pas souvent évoqué : étant donné que l'hydrogène est l'élément le plus abondant dans l'Univers, l'émission naturelle à 1420 MHz est non négligeable, et le bruit de fond est donc très élevé : la bande correspondant exactement à la fréquence de l'hydrogène n'est donc peut-être par la fréquence rêvée pour rentrer en contact avec des civilisations extraterrestres ...

D'autres fréquences fondamentales (en tout cas de notre point de vue) seront plus tard proposées, comme la seconde harmonique de la fréquence de l'hydrogène (21 centimètres divisé par deux, soit 10,5 centimètres), ou 1662 MHz, la fréquence d'émission d'une autre molécule phare de l'Univers, le groupement hydroxyle OH (qui, combiné avec un atome d'hydrogène, forme la molécule d'eau).

Dans leur article, les auteurs mentionnent également un autre fait important : les opérateurs radio devront s'attendre à observer un certain décalage dans la fréquence d'un signal provenant des étoiles. La position de la Terre et de la planète à partir de laquelle le signal est envoyé n'arrêtant pas de changer, la fréquence du signal subit effectivement des fluctuations par effet Doppler.

Pour faire face aux critiques qui ne manqueront pas de jaillir dès la sortie de leur papier, Morrison et Cocconi terminent en indiquant que la probabilité de succès est certes extrêmement faible, mais que si aucune tentative n'est jamais entreprise, cette probabilité sera toujours de zéro.

Le projet Ozma

Lors de sa publication, l'article de Morrison et Cocconi constitue un véritable manuel pour la recherche de signaux émis par d'éventuelles civilisations extraterrestres. Malgré la respectabilité des auteurs, et sa publication dans une revue réputée, il faudra cependant attendre de nombreuses années avant que SETI ne soit considéré comme autre chose qu'une lubie pour radioastronome en manque de sensation.

En 1959, un autre scientifique, Frank Drake, avait lui aussi commencé à réfléchir à la problématique de la communication avec des civilisations extraterrestres. Indépendamment de ses deux confrères, il était également arrivé à la conclusion que la fréquence à utiliser était de 1420 Mhz, pour des raisons purement pratiques cependant : la plupart des radiotélescopes étaient calés par défaut sur cette fréquence, et son utilisation ne demandait donc pas de modifier le réglage des différents équipements électroniques. Aiguillonné par l'article de Morrison et Cocconi, Drake décida de passer de la théorie à la pratique.

Baptisé Ozma, sa campagne d'écoute débuta le 8 avril 1960, à l'observatoire radioastronomique de Green Bank en Virginie. La parabole de 26 mètres de diamètre de l'observatoire fut pointé vers deux étoiles semblables à notre soleil et très proches de la Terre (11 années lumières environ), Tau Ceti dans la constellation de la Baleine et Epsilon Eridani dans la constellation de la Rivière. Excepté une fausse alerte lors de la première écoute d'Epsilon Eridani (les récepteurs furent saturés par un signal extrêmement fort, probablement émis par un avion espion américain U2), aucune communication extraterrestre ne fut interceptée durant le projet. Malgré son aspect modeste (200 heures d'écoute de deux étoiles sur un seul canal pour un coût de 2000 $), Ozma constitua le modèle des futures campagnes d'écoute.

L'équation de Drake

En novembre 1960, dans le plus grand secret (le sujet étant encore tabou à l'époque), un groupe de scientifiques renommés se réunit à Green Bank pour discuter des possibilités de communication avec des civilisations extraterrestres, sujet extrêmement vaste impliquant une foule d'inconnues. Durant cette conférence, Frank Drake utilisa une formule mathématique toute simple pour rappeler en une ligne les principales questions à aborder. Drake ne se doutait pas un instant que sa formule allait lui amener la célébrité.

La formule de Drake se propose de quantifier le nombre possible de civilisations technologiquement avancées et susceptibles de communiquer avec nous dans la Galaxie. Ce nombre, N, se calcule comme suit : N = N*x fp x ne x fl x fi x fc x T

N* = Nombre d’étoiles dans la Galaxie.
fp = fraction de ces étoiles présentant un cortège planétaire.
ne = nombre de planètes dans l'écosphère ou zone d'habitabilité (région dans laquelle la vie peut apparaître autour d'une étoile).
fl = fraction de ces planètes ou la vie est apparue.
fi = fraction de ces formes de vie qui ont acquis l'intelligence et développé une civilisation.
fc = fraction de ces civilisations qui ont développé une technologie et qui cherchent à communiquer.
T = durée de vie de ces civilisations.
Grâce à l'équation de Drake, une interrogation qui semblait insoluble de part son envergure fut découpée en une série de petites questions auxquelles les scientifiques pouvaient apporter des réponses claires. Ce formalisme mathématique amena également une certaine respectabilité à SETI, tout en prouvant que la recherche de la vie dans l'univers, intelligente ou non, est par définition pluridisciplinaire.

L'équation de Drake a également le mérite de nous mettre face à notre ignorance, puisque de nombreux paramètres demeurent inconnus. Le seul terme pour lequel les scientifiques ont quelques certitudes est le nombre d'étoiles présentes dans notre Galaxie (N*) : environ 200 milliards. Grâce à la découverte récente d'exoplanètes, les astrophysiciens peuvent aussi contraindre le terme fp. Le nombre de systèmes planétaires découverts n'est cependant pas suffisant pour calculer avec suffisamment de précision le pourcentage d'étoiles autour desquelles gravitent des planètes. Malgré tout, on peut supposer sans trop se mouiller que ce nombre doit être très élevé.

Les choses se compliquent singulièrement avec les paramètres biologiques. N'ayant pas encore résolu l'énigme de l'origine de la vie sur Terre, nous sommes incapables d'estimer la probabilité d'apparition de la vie sur une planète propice à son éclosion. Les astronomes sont cependant optimistes sur l'étendue de la zone d'habitabilité (zone autour d'une étoile ou les conditions physiques sont compatibles avec l'existence d'une vie): cette dernière serait plus étendue que prévue.

Les derniers paramètres sont les plus problématiques. Contrairement à ce que pensaient certains astronomes comme Percival Lowell, une forme de vie primitive n'évolue pas obligatoirement vers une forme de vie intelligente. Si la probabilité d'apparition de cellules primitives sur une planète donné peut-être très élevé, rien ne dit que ces cellules aboutiront, après plusieurs milliards d'années d'évolution, à la naissance d'êtres intelligents. L'apparition de l'intelligence n'est peut-être qu'un coup de poker. De plus, des formes de vie intelligentes ne développent pas non plus forcément une maîtrise technologique. Ainsi, les dauphins, mammifères singulièrement intelligents, n'ont pas franchi le stade technologique, du moins sur notre planète. La durée de vie d'une civilisation technologiquement avancée n'est également pas connue. Combien de civilisations parviennent à combattre leurs pulsions d'autodestruction ? Cette pulsion était-elle le propre de l'Homme, ou une conséquence inévitable de l'apparition d'une étincelle d'intelligence au sein d'organismes dont la principale lutte est celle de la survie ?

D'après certains scientifiques, la formule de Drake n'est autre que la concentration d'une grande quantité d'incertitudes dans un petit espace. On ne s'étonnera donc pas d'apprendre que les estimations du paramètre N vont de 1 million à une seule, notre propre civilisation. En simplifiant de manière outrancière, il est possible d'obtenir un résultat intéressant, ou N devient égal à T. La résolution de l'équation revient donc à connaître la durée de vie d'une civilisation intelligente et technologiquement avancée dans l'Univers. Si l'on regarde le seul exemple que nous connaissons, il y a de quoi sérieusement s'inquiéter ...

Un bip dans la nuit

SETI va continuer en marchant sur les traces du projet Ozma. Les nouvelles campagnes d'écoute resteront pour la plupart modestes et teintés d'amateurisme. Elles seront effectivement souvent limitées par la puissance des récepteurs ou le temps d'antenne obtenu (après d'âpres négociations !) auprès des observatoires. Certains projets prendront pourtant de l'ampleur, comme la campagne menée à l'Université de l'Etat d'Ohio. De 1973 à 1998, le radiotélescope de cette Université fut utilisé pour traquer des messages extraterrestres sur la fameuse fréquence de l'hydrogène. Le message le plus prometteur de toute l'histoire de SETI fut capté durant cette période. Désigné par le biais de l'onomatopée Wow ! (que l'on pourrait traduire par Youahh !), ce signal est un excellent exemple de la forme qu'un signal extraterrestre devrait prendre.

Dans la nuit du 15 août 1977, l'imprimante connecté au récepteur de l'antenne du radiotélescope de l'Université cracha une courte série de chiffres et de lettres, que les fans de SETI connaissent par coeur : 6EQUJ5. Cette chaîne de caractère peut paraître aride au premier abord, mais elle se décrypte facilement. Pour quantifier la force du signal reçu, les radioastronomes avaient décidé d'utiliser les chiffres de 1 à 9. L'échelle n'étant pas suffisante pour représenter toute la gamme de puissance des signaux radios, les 27 lettres de l'alphabet furent à leur tour utilisées (ce qui permis alors de représenter non plus 10, mais 36 niveaux d'intensité). Si l'on regarde la force du signal Wow ! en fonction du temps, on note que cette dernière augmente (de 6 à E, puis de E à Q), passe par un maximum (U, soit une intensité de 30 sur l'échelle utilisée), puis décroît (de J à 5). Le signal Wow ! était donc largement au-dessus du bruit de fond galactique.

Sur un graphique, la courbe représentant la puissance en fonction du temps du signal Wow ! possède une forme en cloche. Or les radioastronomes estiment qu'un signal extraterrestre devrait justement avoir cette caractéristique. La durée de l'émission est également particulièrement importante. Le signal Wow ! a été capté pendant 37 secondes exactement. Or cette valeur est justement le temps que mettait l'antenne du radiotélescope d'Ohio pour scanner un point donné du ciel. Lorsqu'une étoile cible rentre dans le champ de vision du télescope, le signal reçu est d'abord faible, puis commence à augmenter. Le maximum est atteint lorsque l'antenne est pointée directement sur l'objet. L'antenne continuant à balayer la voûte céleste, le signal recommence à faiblir, jusqu'au moment où l'étoile cible sort du champ de vision de l'antenne, ce qui entraîne la perte du signal.

La deuxième caractéristique de tout signal extraterrestre concerne sa bande de fréquence, qui doit être la plus étroite possible (car plus la bande est étroite, plus l'énergie de l'émission est forte, ce qui lui permet de traverser de grandes distances avant de devenir inaudible). Or c'était encore une fois le cas du signal Wow !, reçu dans la bande relativement étroite de l'hydrogène.

Plusieurs tentatives ont eu lieu pour retrouver le signal Wow !, sans succès. Aujourd'hui, aucune explication n'a encore été trouvée pour expliquer ce cri électronique qui a, un beau soir d'août 1977, déchiré l'obscurité du ciel, et qui constitue encore aujourd'hui le signal le plus clair jamais reçu dans le cadre d'une écoute SETI ...

La traque continue ...

Après trois décennies timides, SETI va rentrer dans la cours des grands, grâce à l'intervention de la NASA. Dotés de moyens techniques et financiers sans commune mesure avec ceux mis en oeuvre dans les précédents projets, la NASA va lancer la plus ambitieuse campagne d'écoute de signaux extraterrestres, en redéfinissant au passage l'art et la manière de conduire ce genre de recherche.

Contrairement à Ozma et à bien d'autres projets, la NASA ne va pas se contenter de caler ses antennes sur la radio n°1 de la Galaxie, qui émet d'après les terriens sur la bande de l'hydrogène. L'agence spatiale américaine va effectivement décider de doubler ses chances de réussite en finançant une recherche tout azimut, dans la plus grande bande de fréquence possible et vers n'importe quel endroit du ciel.

Plusieurs scientifiques pensent effectivement qu'il est illusoire, voire même prétention, de tenter de deviner les actions d'une civilisation extraterrestre. Les chances que la bande de l'hydrogène soit utilisée par une intelligence galactique seraient effectivement bien maigres, et en focalisant nos recherches dans cette gamme de fréquence, on risquerait de passer à coup sûr à côté d'un message de bienvenue. Le comportement qui nous pousse à pointer les antennes vers les étoiles similaires à notre soleil (ou vers les systèmes planétaires que l'on commence à découvrir) est tout aussi entaché d'anthropocentrisme, et les recherches ne devraient pas se limiter à quelques secteurs du ciel jugés prometteurs sur le base de critères spécifiquement humains. L'étroitesse d'esprit n'a pas sa place dans les projets SETI ...

En 1979, la NASA accouche donc d'un projet qui comprend aussi bien des recherches très ciblées que des recherches tout azimut. Il faudra cependant attendre plus d'une décennie pour que les antennes soient tournées vers le ciel, dans le cadre du projet MOP (Microwave Observing Program), qui sera plus tard rebaptisé HRMS (High Resolution Microwave Survey). Le 12 octobre 192 (jour du 500ème anniversaire de l'arrivée de Christophe Colomb en Amérique), le centre Ames débute la recherche ciblée grâce à l'immense antenne parabolique d'Arecibo à Porto Rico. L'objectif est de cibler entre 800 et 1000 étoiles à des fréquences précises. Le Jet Propulsion Laboratory (JPL), qui a de son côté la charge du projet complémentaire, commence à balayer le ciel avec l'antenne de 34 mètres de la station d'écoute de l'espace lointain (DSN) de Goldstone en Californie.

Malheureusement, le projet vient à peine de commencer qu'il essuie déjà des attaques de la part du congrès américain, peu enclin à voir les dollars publics dépensés en vain. Grâce à l'intervention de Carl Sagan, le projet SETI de la NASA sera autorisé à continuer, mais la victoire sera de courte durée : en septembre 1993, soit moins d'un an seulement après son démarrage, HRMS est définitivement enterré par le congrès pour raisons budgétaires.

SETI après la NASA

La mise en pièce du projet SETI de la NASA fut un sérieux revers pour les partisans de la recherche de signaux extraterrestres en provenance d'étoiles lointaines. La détermination de certains n'en fut cependant que plus renforcée et SETI ne mis pas longtemps à renaître de ses cendres, sous la forme de projets certes plus modestes, mais totalement indépendants de l'humeur changeante des politiques. Parmi tous les projets SETI en cours à l'heure actuelle, deux tiennent le haut du pavé : le projet Phoenix du SETI Institute, et le projet SERENDIP de l'Université de Californie de Berkeley.

Fondée en 1984, le SETI Institute est une organisation qui s'est fixée pour objectif de sponsoriser et de conduire des recherches SETI. Initialement alimentée par la NASA, elle fonctionne désormais sur des fonds privés. Sur les ruines du projet SETI de l'agence spatiale américaine, le SETI Institute lança en février 1995 le projet Phoenix. L'une des originalités de Phoenix est d'être mobile : les équipements électroniques sont effectivement intégrés à un camion, qui offre ainsi aux chercheurs la possibilité de rendre visite aux principaux radiotélescopes du monde. Après un arrêt en Australie et un pèlerinage à Green Bank (site du projet Ozma), Phoenix a désormais établi son camp de base à Arecibo. Si Phoenix dispose d'équipements hyper sophistiqués pour mener à bien sa recherche et scanne une bande très large de fréquence (de 1000 Mhz à 3000 Mhz), ce projet est cependant dépendant de la disponibilité des antennes des différents radiotélescopes. Le temps d'antenne étant une ressource rare, Phoenix ne peut accumuler qu'un nombre relativement faible d'heures d'écoute au cours d'une année.

SERENDIP

Le projet SERENDIP (Search for Extraterrestrial Radio Emissions from Nearby Developed Intelligent Populations), placé depuis 18 ans sous la responsabilité de l'Université de Californie de Berkeley, n'a pas cet inconvénient. Fixés sur la grande antenne de 305 mètres de diamètre d'Arecibo, ses récepteurs peuvent engranger des mesures en permanence, même quand l'antenne est utilisée pour d'autres travaux. Le seul problème est que les responsables de SERENDIP n'ont absolument aucun contrôle sur la zone du ciel balayée à un instant donné par l'antenne d'Arecibo. Quelques journées sont cependant parfois allouées au projet : les radioastronomes en profitent alors pour pointer l'antenne d'Arecibo vers les étoiles pour lesquelles des données très prometteuses ont été reçues, dans le but de confirmer un éventuel signal extraterrestre.

Le 14 juin 1997, l'instrument SERENDIP IV, 40 fois plus puissant que son prédécesseur, devint opérationnel. Ce sont les données collectées par cet appareil qui sont chaque jour analysées par des millions d'ordinateurs de part le monde, grâce à un petit programme baptisé SETI@Home.

SETI@Home

Depuis la première tentative de 1960, les projets SETI ont bénéficié des avancées technologiques majeures réalisées dans le domaine de l'électronique ou de l'informatique. Les récepteurs scannent désormais des centaines de millions de canaux, ce qui augmente considérablement les chances d'un contact avec une civilisation extraterrestre. Cette débauche de moyens techniques a cependant un inconvénient majeur : la masse de données enregistrée chaque jour par les antennes est devenue faramineuse, et leur analyse nécessite désormais une puissance de calcul considérable, à tel point qu'il s'agit aujourd'hui de l'élément limitant pour certains projets SETI.

Pour résoudre ce problème, un petit groupe d'informaticien eu alors une idée de génie : plutôt que d'utiliser un superordinateur dont les coûts d'utilisation sont proprement dissuasifs, pourquoi ne pas mettre à contribution les processeurs des millions d'ordinateurs individuels allumés chaque instant dans le monde, et qui ne travaillent rarement qu'à 100 % de leur possibilités ?

Le 17 mai 1999, un petit logiciel extrêmement léger (la version 3.08 ne fait que 773 Ko) et répondant au nom de SETI@home est mis en ligne sur Internet. Ces concepteurs s'attendent à ce qu'il soit téléchargé par quelques milliers de personnes, mais le site est pris d'assaut par des centaines de milliers d'internautes enthousiasmés à l'idée de participer à cette grande quête qu'est la recherche d'une vie intelligente dans l'Univers.

Une fois installé (étape qui se déroule sans aucune difficulté), le logiciel se connecte sur les serveurs de l'université de Californie de Berkeley et télécharge un paquet de données à traiter. Selon la vitesse de la connexion Internet, ce téléchargement ne dure que quelques minutes à une poignée de secondes. Une fois les données rapatriées, le logiciel fonctionne comme un économiseur d'écran. Dès que votre ordinateur n'est plus utilisé, SETI@Home commence à traiter les informations collectées par Arecibo dans la fréquence de l'hydrogène (1420 Mhz). Quand les calculs sont terminés, le logiciel renvoie les résultats à Berkeley, et télécharge un nouveau paquet de données. Chaque utilisateur de SETI@Home possède un pseudonyme, qui lui sert d'identifiant. Le site de SETI@Home affiche en permanence les contributeurs les plus importants (certains ont déjà accumulé plusieurs centaines d'années de temps machine !), ce qui donne lieu à une belle compétition (il n'est pas rare que des passionnées dédient une ou plusieurs de leurs machines aux traitements des données).

A l'heure actuelle, plusieurs milliards de signaux prometteurs ont d'ores et déjà été identifiés. Aucun n'est cependant aussi étonnant que le célèbre signal Wow ! capté en 1977.

META, BETA et Optical SETI

L'un des principaux sponsors du projet SETI@Home n'est autre que la Planetary Society, une organisation qui regroupe plusieurs dizaines de milliers de personnes passionnées par l'exploration spatiale. La Planetary Society injecte également des fonds dans d'autres projets SETI (la plupart du temps non ciblé), comme le projet META (Mega Channel Extraterrestrial Assay), qui utilise une antenne de 26 mètres pour écouter le ciel dans les fréquences de l'hydrogène et du groupement hydroxyle, et qui a donné naissance ultérieurement au projet BETA (Billion channel Extra Terrestrial Assay) en 1995.

La Planetary Society finance également des projets qui reposent non pas sur l'écoute de signaux radios, mais sur la détection de flashs lumineux très puissants envoyés intentionnellement ou non par d'éventuelles civilisations extraterrestres. Plusieurs astronomes pensent effectivement que ces civilisations pourraient tenter de communiquer optiquement avec nous aux moyens de lasers puissants. Des télescopes, couplés à des photomètres capables de détecter des pulses lumineuses ultracourtes d'une durée de quelques milliardièmes de secondes, scannent donc le ciel à la recherche de ces phrases célestes. Les régions les plus courues sont les étoiles proches similaires au soleil, ainsi que certains amas globulaires et galaxies. Comparés à l'écoute d'ondes radios, le SETI optique ne nécessite pas de lourds appareillages, et la mise en oeuvre d'une station est relativement simple.

Le futur de SETI

Malgré le choc causé par l'annulation du programme de la NASA en 1993, l'avenir de SETI semble radieux. De nombreux projets, faisant appel au bénévolat ou à des financement privées (dont la stabilité est sans commune mesure avec celle des fonds publics) sont effectivement en cours.


L'un des plus prometteurs et des plus spectaculaires est le réseau Allen, qui doit être construit à l'observatoire Hat Creek en Californie. Ce projet extrêmement ambitieux prévoit l'installation de pas moins de 350 paraboles de 6 mètres de diamètre, équivalentes à une antenne virtuelle de 100 mètres de diamètre. Cette forêt de paraboles permettra au réseau Allen de surveiller plusieurs régions du ciel simultanément, et ce dans une gamme de fréquence très large (9 GHz contre 3 GHz pour le projet Phoenix). La batterie de radiotélescopes a été nommée en l'honneur de son généreux mécène, Paul Allen. Fondateur du géant de l'informatique Microsoft avec son ami Bill Gates, Allen a injecté 26 millions de dollars pour ce projet chapeauté par l'université de Californie de Berkeley et par le SETI Institute.
Depuis sa naissance, SETI n'a cessé de passionner le public, et l'on ne sera pas surpris d'apprendre que des amateurs particulièrement motivés aient décidé eux aussi d'apporter leur modeste contribution à l'écoute de signaux extraterrestres. Réunis au sein d'un vaste réseau, la SETI League, ces amateurs disposent certes de moyens bien plus modestes que les observatoires professionnels. Les membres les plus actifs de la SETI League, qui sont bien souvent des radio-amateurs, des électroniciens ou des informaticiens, écoutent le ciel grâce à une parabole de quelques mètres de diamètre, plantée dans leur jardin ou installée dans leur arrière cours !

De part leur faible diamètre, ces antennes sont incapables de capter des signaux ténus. Leur taille est cependant suffisante pour enregistrer des émissions très puissantes, à l'image du célèbre signal Wow ! En admettant qu'une civilisation extraterrestre décide de communiquer avec la Terre en émettant des signaux radios de grande intensité, ces derniers pourraient bel et bien être reçus par les paraboles déployées par la SETI League. Mais la véritable force de ces amateurs est ailleurs : déjà forte de plus de mille membres, répartis dans plus de 50 pays, la SETI League espère bien surveiller bientôt la totalité de la voûte céleste ...

D'autres axes pourraient aussi être explorés. Des scientifiques ont par exemple proposé de rechercher des émissions radios à la fréquence de 1516 Mhz (caractéristique du tritium) pour localiser des civilisations utilisant la fission nucléaire à grande échelle. Un très fort rayonnement infrarouge pourrait également indiquer l'existence d'une sphère de Dyson.

Inventé par le physicien Freeman Dyson en 1959, ce concept est proprement fascinant. Il part du fait qu'une civilisation avancée finirait inévitablement par épuiser toutes les ressources énergétiques de sa planète d'origine. Pour faire face à cette pénurie d'énergie, elle n'aurait pas d'autre choix que d'utiliser la presque totalité de l'énergie rayonnée par son soleil en construisant une gigantesque sphère, de la taille d'une orbite planétaire, autour de cette dernière. Revêtues de panneaux solaires, et flanquées de modules d'habitations dans sa région équatoriale, cet astre artificiel pourrait alors capter le moindre photon craché par l'étoile.

La première image qui vient à l'esprit est celle d'une sphère creuse solide renfermant une étoile en son sein. Il est cependant peu probable qu'un tel objet puisse exister dans la réalité : les contraintes énormes qui pèseraient sur la structure auraient très rapidement raison de l'intégrité de la sphère : celle-ci volerait en éclats, ou rentrerait en collision avec le soleil ! Dans son article de 1959, Freeman Dyson n'évoquait d'ailleurs pas une sphère solide et complète. Il voyait plutôt une infinité de structures orbitales entourant l'étoile centrale, et formant une sphère discontinue. Une telle sphère masquerait le feu de l'étoile centrale à la manière d'un store, tout en rayonnant fortement dans l'infrarouge.

La recherche active

Jusqu'à présent, nous n'avons évoqué qu'un aspect de la recherche d'intelligences extraterrestres : le côté passif, qui consiste à écouter ou à observer le ciel, dans l'espoir de capter des signaux radios ou de brefs flashs de lumière laser.

Les scientifiques ne se sont cependant pas simplement contentés d'attendre qu'une civilisation veuille bien dévoiler sa présence, que ce soit accidentellement ou volontairement. Nous avons également lancé nos propres émissaires aux confins de l'espace, avec l'espoir qu'ils arrivent un jour aux portes d'une cité galactique. Cette recherche active s'appuie sur deux techniques principales : l'émission de signaux radios, ou le lancement de vaisseaux spatiaux.

Pour son inauguration le 16 novembre 1974, l'immense antenne du radiotélescope d'Arecibo a émis un message de 1679 bits (73 lignes de 23 caractères) vers l'amas M13 de la constellation d'Hercule. Transmis à une fréquence de 2381 Mhz, pendant une durée de 169 secondes et avec une puissance considérable, ce message comportait un certain nombre d'informations fondamentales sur le système solaire, la vie, et l'homme. Le codage du message a été réalisé de manière à le rendre facilement décryptable par une civilisation extraterrestre. Du moins en théorie ...

Car malgré toute la finesse d'esprit des scientifiques qui se sont penchés sur le problème, l'écriture d'une lettre adressée à des extraterrestres reste un exercice hautement périlleux. Les civilisations intelligentes existantes potentiellement dans l'Univers connu ayant de grandes chances d'être complètement différentes de la notre, il y a de fortes chances que nos messages restent hermétiques. Quant on voit avec quelles difficultés les êtres humains communiquent entre eux sur notre planète, il y a fort à parier que nos réflexions sur un supposé langage universel, compréhensible par tous, ne soient rien d'autre que l'expression d'une grande naïveté.

A la difficulté de la compréhension vient s'en rajouter une autre, celles des distances infinies de l'Univers. L'amas M13 étant distant de 24 000 années lumière, notre bouteille à la mer électronique n'atteindra sa destination que dans 24 000 ans. Le trajet retour durant aussi longtemps que l'aller, on comprend qu'il ne faudra pas être pressé pour la réponse. Il n'est d'ailleurs pas certain qu'une âme existe encore sur Terre pour réceptionner la réponse quand elle arrivera ...

A côté de ces émissions volontaires, il faut aussi mentionner que la Terre ne cesse d'émettre des signaux radios : nos émissions de télévision ou de radios se perdent effectivement dans l'espace, et pourraient fort bien être captées par des civilisations avancés (quant à savoir si les signaux reçus, spécialement les émissions de télévision, seraient interprétés comme une preuve d'intelligence, c'est une autre histoire ...).

L'épopée de Pioneer 10

De nombreux romans ou films de science-fiction mettent en scène d'immenses villes flottantes, qui sillonnent les mers sombres du Cosmos à la recherche d'îlots de vie. Nous avons d'ores et déjà lancés des vaisseaux porteurs de missions similaires vers les confins de l'Univers, mais ces derniers n'ont pas la taille de destroyers, et ils ne sont pas encore habités.

Le 2 mars 1972, la NASA lança la sonde Pioneer 10 depuis le centre spatial de Cap Canaveral. Cette dernière réalisa plusieurs prouesses : elle fut en particulier la première à traverser la ceinture d'astéroïde, la première à atteindre Jupiter et la première à utiliser la technique d'assistance gravitationnelle pour accélérer et atteindre une vitesse suffisante pour échapper à l'attraction du Soleil. Conçue pour quitter le système solaire, Pioneer 10 transporte avec elle une petite plaque en aluminium recouvert d'or. Dessinée par Frank Drake et Carl Sagan, cette plaque fournit des informations sur le système solaire, la Terre et ses habitants. Les informations ont été codées grâce à deux langages supposés universels, le système numérique de base 2 en mathématique et les pulsars pour l'astronomie (une plaque identique a été rivetée sur Pioneer 11). Au mois de juin 1983, Pioneer 10 fut la première sonde jamais lancée par l'homme à franchir l'orbite de Pluton, sortant ainsi symboliquement du système solaire (la véritable limite du système solaire étant l'héliopause, qui marque l'endroit ou les radiations du soleil cèdent la place aux radiations cosmiques).
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Vision d'artiste de la sonde Pioneer 10 lors de son survol de la planète Jupiter. Pioneer 10 fut la première sonde à quitter définitivement le système solaire
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Pioneer 10 emporte avec elle une carte de visite pour d'éventuelles civilisations extraterrestres
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La plaque en aluminium doré placée sur les sondes pioneer 10 (1972) et 11 (1973). En bas, on peut voir un schéma du système solaire, avec le lancement des sondes depuis la Terre. A gauche au centre on distingue un système de référence basé sur 14 pulsars qui identifient ainsi la position du Soleil par rapport au centre de la Galaxie. A droite, on trouve le profil de la sonde et les silhouettes d'un homme et d'une femme et enfin, en haut, la transition atomique de l'hydrogène neutre, à l'origine de l'émission radio à 1420 MHz. Le dernier contact avec Pioneer 10 a été établi le 22 janvier 2003

Le dernier contact avec Pioneer 10 a été établi le 22 janvier 2003, après 31 ans de bons et loyaux services. La sonde était alors à 12,2 milliards de kilomètres de la Terre, soit deux fois la distance entre le soleil et Pluton. Désormais silencieuse et livrée à elle-même, Pioneer 10 continue de foncer vers Aldébaran, l'étoile la plus brillante de la constellation du Taureau. Il lui faudra 2 millions d'années avant d'atteindre cette magnifique géante rouge aussi brillante que 150 soleils.

Voyager I et II

En 1977, deux nouveaux émissaires ont été envoyés aux frontières du système solaire : les sondes Voyager I et Voyager II. Chacune d'elle porte un disque multimédia de 30 centimètres, qui comporte de nombreuses images (96 photos noir et blanc et 20 images en couleurs), 90 minutes de musique représentative de la diversité culturelle de notre monde, des messages lus dans 60 langues différentes et de nombreux sons de la vie sur Terre. Gravé dans du cuivre plaqué or, ce disque est enfermé dans une pochette portant une notice d'emploi (écrite dans un langage que l'on espère compréhensible). En 1998, Voyager I a dépassé Pioneer 10, devenant ainsi le véhicule spatial le plus éloigné de la Terre.

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The sounds of univers. C'est le disque qui voyage actuellement avec les sondes Voyager I (20 août 1977) et II (5 septembre 1977). Il contient des messages de bienvenue lus dans 60 langues différentes, plus d'une centaine d'images, des bruits d'animaux (comme le cri de la baleine à bosses), différentes musiques et même la représentation sonore de l'activité électrique d'une personne en train de courir !
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Les instructions expliquant comment utiliser le disque des sondes Voyager sont gravés sur un couvercle doré de protection, qui recouvre le disque lui même


Conclusion

Depuis ses débuts en 1960, SETI a acquis une certaine respectabilité de la part de la communauté scientifique, tout en voyant ses moyens techniques s'envoler. Alors que la première écoute menée par Frank Drake n'impliquait qu'un seul canal, le ciel est désormais scruté par des analyseurs capables de traiter plus de 100 millions de canaux à la seconde. Des ordinateurs puissants coordonnent plusieurs antennes, ce qui permet de procéder à une vérification immédiate d'un signal candidat.

Malgré tout, on ne peut manquer de s'interroger sur la façon dont les écoutes sont conduites. Nos nombreux à priori concernant les moyens de communication d'éventuelles civilisations extraterrestres, ainsi que leurs motivations profondes, ne nous guident-ils pas dans la mauvaise direction ?

Aujourd'hui, la grande majorité des projets SETI sont focalisés sur la recherche d'émissions hertziennes. Or rien ne dit que cette technique ne sera pas totalement supplantée dans les décennies à venir par un autre moyen de communication encore plus puissant. Une partie significative du trafic Internet emprunte des fibres optiques, et la NASA a déjà dans ses cartons des projets de satellites de télécommunication capables de transmettre une masse d'information aux moyens de faisceaux lasers. Les chances sont grandes que la technologie radio soit aussi dépassée pour une civilisation extraterrestre que le télégraphe l'est chez nous ...
Certains scientifiques estiment également que les recherches dirigées vers des fréquences spécifiques (comme la bande de 21 centimètres de l'hydrogène) sont vouées à l'échec, étant donné qu'un contact avec une autre civilisation sera très certainement accidentel. Il est en effet possible que notre civilisation n'intéresse aucunement des civilisations bien plus avancées, et que les messages que nous pourrions capter seraient en fait destinés à d'autres ...

Cet idée furieusement séduisante n'est pas récente, comme le prouve une nouvelle écrite alors que les tentatives de communications avec les martiens faisaient fureur à la fin du XIXè siècle : Cette nouvelle met en scène des astronomes observant d'étranges signaux en provenance de Mars. Lorsque, après bien des efforts, les terriens arrivèrent finalement à demander aux martiens "pourquoi vous envoyez-nous des signaux ?", ces derniers répondirent très sérieusement "ce n'est pas à vous que nous parlons, mais aux saturniens !".
 

Source: http://www.nirgal.net/ori_seti.html
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Des écoutes décevantes à l’Allen Telescope Array
« Réponse #3 le: 26 septembre 2008 à 23:06:37 »

Des écoutes décevantes à l’Allen Telescope Array


L’un des principaux programmes d’écoute de possibles signaux extraterrestres fut le projet Phoenix.

Initié par la NASA en 1992, mais arrêté par des coupes budgétaires l’année suivante, le programme fut repris par un organisme privé, le SETI Institute, et les observations purent commencer en 1995.

Le projet consistait en une recherche ciblée entre 1 et 3 Gigahertz avec une très haute résolution en fréquence. La cible était une sélection d’environ 800 d’étoiles situées à moins de 240 années-lumière de nous, la plupart du même type que le Soleil, puisque celui-ci semble fournir les meilleures conditions pour le développement de la vie. La sensibilité des observations aurait pu nous permettre de détecter des émetteurs ayant le niveau d’un radar d’aéroport à son maximum de puissance (qu’un tel radar atteint rarement).

Le projet Phoenix commença ses recherches en 1995 avec une série d’observations au radiotélescope de Parkes en Australie. Elles furent suivies d’autres études avec l’antenne de Green Bank aux Etats-Unis entre 1996 et 1998. Ce fut ensuite le radiotélescope d’Arecibo à Porto Rico qui prit le relais. Les observations cessèrent finalement en 2004. Sans avoir détecté le moindre signal suspect.

Un autre programme important est le projet SERENDIP qui a existé sous différentes formes depuis 1979. C’est sa phase actuelle, SERENDIP IV, en collaboration avec l’expérience SETI@home, qui a attiré le plus d’intérêt. Pour ce programme, un détecteur secondaire a été installé sur le télescope d’Arecibo en 1999. Ce détecteur secondaire observe le ciel en permanence entre 1,37 et 1,47 Gigahertz, quelle que soit la nature de la recherche principale en cours sur le télescope.

Grâce à cette configuration, le détecteur n’a pas besoin de temps d’observation spécifique, ce qui réduit grandement le coût du projet. Un autre avantage est qu’à long terme le détecteur finit par observer la plupart des directions du ciel, ce qui le rend complémentaire d’autres programmes plus ciblés comme Phoenix. Là non plus, aucun signal intelligent d’origine non terrestre n’a encore été identifié.

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Un projet plus récent entrepris par le SETI Institute et l’université de Californie à Berkeley est l’Allen Telescope Array. Il s’agit d’un réseau de télescopes de 6 mètres de diamètre chacun, situé dans le nord de la Californie. Il devrait comprendre environ 350 éléments d’ici quelques années et fournira alors la même capacité d’observation qu’un seul radiotélescope de 100 mètres de diamètre, à un prix bien moindre. Le réseau est le premier observatoire construit spécifiquement pour la recherche d’intelligence extraterrestre, mais il servira aussi à des observations astronomiques plus classiques. La première phase d’observation a commencé en octobre 2007 avec un ensemble initial de 42 télescopes.

Source: http://www.astronomes.com/c9_origines/p932_seti.html

© Texte Olivier Esslinger 2003-2008

Reproduction du texte à fins non commerciales autorisée moyennant mention de la source.

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Ayant repoussé les limites technologiques dans leurs derniers retranchements, il est à nouveau question de bâtir de grands radiotélescopes. Un de ses projets est le Allen Telescope Array qui est dirigé par le SETI Institute. Il s'agit ici d'un interféromètre qui comptera 350 antennes de six mètres de diamètre une fois complété. La sensibilité de cet instrument sera équivalente à celle d'une antenne de 114 m de diamètre avec une résolution équivalente à une antenne de 900 m, le tout à un coût bien moindre qu'un instrument de conception classique.

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The SETI Institute’s Allen Telescope Array. Credit: SETI Institute
[Paul Allen] will be inaugurating the initial 42 antennas of his namesake, the Allen Telescope Array (ATA) 

De plus, l'utilisation d'antennes multiples permet de mieux contrôler les interférences électromagnétiques, l'équivalent de la pollution lumineuse dans les bandes radio. Si certaines bandes sont théoriquement réservées à la radio astronomie, l'augmentation des émetteurs radio de tout type complique singulièrement la tâche des astronomes. Cet été, cet instrument comptera 42 antennes opérationnelles et commencera ses premières observations scientifiques. On sait déjà que l'instrument observera le centre de notre galaxie. Il s'agit là d'une région riche en étoiles, donc en potentiellement en civilisations extra-terrestres. De plus, il s'agit d'une région du ciel qui est très intéressante du point de vue astrophysique.

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Photo courtesy Seth Shostak/SETI Institute
The Allen Telescope Array (top: prototype seven-dish array; bottom: artist concept of completed array)

Cet instrument préfigure la future génération de radiotélescopes. L'objectif est réduire au minimum les coûts en utilisant au maximum les capacités des systèmes informatiques modernes. On augmente donc les nombres d'antennes et on réduit leur taille, tout en augmentant la capacité de calcul des systèmes informatiques.

Extrait de : http://blogue.sciencepresse.info/item/214

The Allen Telescope Array (ATA) at UC Berkeley's Hat Creek Radio Observatory, now under construction, will ultimately comprise 350 antenna dishes and be one of the most powerful telescope arrays in the world. A radio telescope, it collects photons in the radio spectrum, then focuses those waves onto an electronic receiver, giving it unprecedented sensitivity for detecting very faint signals. The ATA is the foundation of the SETI project, the Search for Extraterrestrial Intelligence.

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Source: http://www.seti-inst.edu/ata/

About the SETI Institute
The not-for-profit SETI Institute (www.seti.org) founded in 1984, conducts a broad range of astrobiology research. Institute projects include the world's most comprehensive work in the search for extraterrestrial intelligence and a wide variety of research and education programs related to the search for life beyond Earth. The Institute employs over 90 scientists, in a variety of fields, including all science and technology aspects of astronomy and the planetary sciences, chemical evolution, the origin of life, and biological evolution.  Among its staff and Board, the Institute counts two Nobel Prize winners. 

About the Radio Astronomy Laboratory, University of California, Berkeley
Founded in 1958, UC Berkeley's Radio Astronomy Laboratory (RAL) (http://ral.berkeley.edu) was established to foster research in radio astronomy, a discipline that naturally extends beyond the borders of traditional academic departments.   The main activity of the RAL has been to build and maintain a radio astronomy observatory at Hat Creek, near Mt. Lassen, supported by on-campus laboratory facilities. Home to radio telescope arrays for more than 25 years, the Hat Creek Observatory supports the scientific research of Berkeley scientists and graduate students as well as visiting astronomers from around the world who come to study the structure and evolution of the solar system, the Milky Way, other distant galaxies, and the Universe through the techniques of radio astronomy.

Resources

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Allen Telescope Array : 350 antennes pour la recherche de vie extraterrestre

Par Rémy Decourt, le 15 juin 2005


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Les 350 antennes du Allen Telescope Array (vue d'artiste)

Le Allen Telescope Array (ATA), installé sur le site du Hat Creek Observatory) doit débuter son activité opérationnelle ces prochains jours et réceptionner ses premiers signaux. Ce télescope, baptisé du nom de son donateur le plus généreux, Paul G. Allen (co-fondateur de Microsoft) est opéré par la SETI, un Institut qui recherche dans l'espace des signaux d'origine extra-terrestre.

A terme, ce télescope sera composé de 350 antennes de 6,1 m, répartis sur une surface d'environ 1 km de diamètre et fonctionnera en réseau. Dans un premier temps seules 32 antennes (ATA-32) ont été construites et mises en service. Les 318 autres seront installées progressivement de sorte que ATA-350 doit être complètement opérationnel avant la fin de la décennie. Sa capacité d'observation sera équivalente à un télescope de 100 m de diamètre. Il sera alors un des instruments les plus grands au monde et augmentera sensiblement les capacités de recherche de la SETI.


Les objectifs scientifiques d'ATA sont très simples. Il s'agit d'examiner les régions autour de dizaines de milliers d'étoiles de la Galaxie semblables au Soleil et d'en détecter des signaux attestant de l'existence d'une forme de vie intelligente et technologiquement avancée. Avec ce télescope, la recherche d'une forme de vie évoluée franchit une étape importante. Ce télescope permettra des recherches en continu, il sera bien plus puissant que n'importe quel instrument utilisé aujourd'hui pour ce type d'observation. Mais surtout, il se différenciera des programmes SETI existants qui reposent tous sur l'utilisation d'instruments qui nécessitent un partage du temps d'observation. On pense au radiotélescope d'Arecibo.


Le télescope Allen sera optimisée pour couvrir des fréquences entre 1.000 et 10.000 mégahertz, ce qui représente plus de trois fois la gamme couverte par le projet Phoenix (précurseur en quelque sorte de ATA). Il pourra être utilisé entre 0.5 à 11 gigahertz. La température du système, qui représente un facteur critique déterminant la sensibilité du télescope, sera probablement aussi basse que 42°K. Le nombre prévu de canaux dès la mise en service sera d'au moins 100 millions, quatre fois plus que le projet Phoenix. Ce nombre pourrait encore se voir augmenter par la suite.


Bien que l'objectif principal reste la recherche de vie avancée, ATA sera également utilisé par les astronomes ayant d'autres centres d'intérêts dans l'étude de l'Univers.

Source: http://www.futura-sciences.com/fr/news/t/univers/d/allen-telescope-array-350-antennes-pour-la-recherche-de-vie-extraterrestre_6433/

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L'Allen Telescope Array (ATA), anciennement connu sous le nom de One Hectare Telescope (1HT), est un radiotélescope interféromètre installé sur le site de l'Observatoire radio de Hat Creek au Lassen Volcanic National Park dans le comté de Shasta au nord de la Californie (États-Unis).

Projet commun de l'institut SETI et du Laboratoire de Radioastronomie de l'université de Berkeley, il est destiné aux astronomes et au projet SETI. Son nom a été attribué en l'honneur de Paul Allen, co-fondateur de Microsoft et principal mécène de ce projet.

L'observatoire est actuellement composé de 42 antennes (ATA-42) de 6,1 mètres de diamètre opérationnelle depuis le 11 octobre 2007 et devrait représenter d'ici 2010 un parc de 350 antennes (ATA-350) fonctionnant en réseau et réparties sur une surface de 1 km de diamètre. Il devrait, à ce moment là, avoir une sensibilité d'observation équivalente à un télescope de 100 mètres de diamètre et il sera alors le plus grand et le plus rapide au monde. Il permettra, entre autre, de surveiller un million d'étoiles à la recherche de signaux radio d'origine extraterrestre, de puissance équivalente aux émissions générées par le radiotélescope d'Arecibo. La bande passante utile sera de moins de 1 Ghz à plus de 10 ou 25 Ghz. Son coût global est estimé à 25 millions de dollars.

Source: http://fr.wikipedia.org/wiki/One_Hectare_Telescope
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Re : Le programme SETI
« Réponse #4 le: 26 septembre 2008 à 23:10:51 »

Avec des tels "Compléments", on se sent moins ridicule d'avoir résumé à l'extrême sur l'Ovnis-USA du jour...
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On n'est jamais si bien trahi que par ses amis les plus proches..
Mais tant que tu n'as rien, on ne risque pas de te le prendre.
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Re : Le programme SETI
« Réponse #5 le: 26 septembre 2008 à 23:18:56 »

Capitaine >:( la prochaine fois on fait l'inverse tu fais le complément si tu choisis de résumer un si gros sujet ;)

Titilapin devient YeuxdeLapinRose ce soir :P

Par contre le sujet est du tonnerre mais pour s'y retrouver il faut surfer :o

Mais bon l'organisation actuelle est préférable car j'ai toujours était nul en résumé ;D
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Présentation du réseau de télescopes Allen (Allen Telescope Array)
« Réponse #6 le: 26 septembre 2008 à 23:32:26 »


Présentation du réseau de télescopes Allen (Allen Telescope Array)

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L'institut SETI vient d'inaugurer, en octobre, les 42 premières antennes paraboliques du "réseau de télescopes Allen". Lorsque tout sera terminé, cet outil d'observation devrait compter un total de 350 paraboles.

Il s'agit d'une des sirènes les plus obstinément séduisantes qui a depuis toujours attiré la communauté des chercheurs d'une intelligence extraterrestre : un télescope de premier plan entièrement dédié à la recherche. Malgré le caractère séduisant de cette idée, la construction d'un instrument conçu pour répondre aux besoins d'une recherche d'intelligence extra-terrestre à plein temps a toujours échoué en raison des coûts élevés.

Cette situation change. Grâce à la générosité clairvoyante des technologues Paul Allen (co-fondateur de Microsoft) et Nathan Myhrvold (ancien directeur de la technologie chez Microsoft), nous construisons un nouveau télescope qui permettra de procéder à une recherche ciblée d'intelligence extraterrestre 24 heures sur 24, 7 jours sur 7.

Le nouvel instrument, que nous avons appelé "Allen Telescope Array", anciennement connu sous le nom de "One Hectare Telescope" (Télescope d'un hectare), ou 1hT, est un effort conjoint de l'institut SETI et de l'Université de Berkeley en Californie. En raison de méthodes de construction inédites (un réseau d'antennes paraboliques peu coûteuses), il pourra à la fois être utilisé pour SETI et pour les recherches à la pointe de la radioastronomie. Il est en construction sur le site de l'observatoire de Hat Creek, géré par le laboratoire de radioastronomie à Berkeley, et situé dans la chaîne des Cascades, juste au nord de Lassen Peak (Californie).

La plupart des expériences de recherche d'une intelligence extraterrestre menées par le passé a dû compter sur des radiotélescopes existants. Quoique cela permette de conduire des recherches sur de très grands instruments (par exemple, la gigantesque antenne parabolique de 305 m d'Arecibo, à Porto Rico), la durée pendant laquelle le télescope est disponible pour la recherche est nécessairement restreinte. Le projet Phoenix, par exemple, a pris les commandes du télescope d'Arecibo durant environ trois semaines au printemps et un laps de temps identique en automne. Comme nos observations ne peuvent avoir lieu que pendant la nuit (le soleil pouvant sérieusement dégrader les signaux à bande étroite que SETI recherche lors des observations proches de l'écliptique du fait de la faible couverture céleste du télescope), elles s'élèvent donc à un total de trois semaines à plein temps d'observation annuelle. Au cours de la période allant de septembre 1998 à mars 2004, le projet Phoenix n'a ainsi disposé que d'un total de 100 jours d'observation à Arecibo. Ce qui représente seulement 5% du temps disponible. Le Allen Telescope Array offrira aux scientifiques de SETI un accès au télescope 24 heures par jour, 7 jours sur 7 et permettra de cibler la recherche sur plusieurs étoiles simultanément. En conséquence, le Allen Telescope Array permettra d'accélérer la recherche ciblée par SETI  par un facteur d'au moins 100.   


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En raison de sa capacité à étudier de nombreuses régions du ciel à la fois, sur davantage de canaux et 24 heures par jour, le Allen Telescope Array permettra un approfondissement de la reconnaissance stellaire du projet Phoenix. Nous passerons de mille étoiles à cent mille voir même un million d'étoiles proches.
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L'idée fondamentale derrière le réseau de télescopes Allen a éclos au cours d'une série d'ateliers organisés entre 1997 et 1999, dans laquelle un groupe de scientifiques, d'ingénieurs, de technologues a réfléchi à la meilleure façon de poursuivre la recherche d'une intelligence extraterrestre au cours des deux prochaines décennies (les "SETI Science and Technology Workshops", les ateliers SETI de la Science et de la Technologie). Le projet qu'ils ont privilégié consistait à construire un télescope avec un réseau d'antennes paraboliques grand public. Grâce à l'énorme marché de ces "champignons métalliques" d'arrière-cour, ils sont étonnamment peu coûteux lorsqu'on les achète en grande quantité. Le Allen Telescope Array sera composé de 350 antennes paraboliques de 6,1 m de diamètre chacune, il en résulte un instrument avec une zone de collecte supérieure à celle d'un télescope de 100 m.

La disposition pseudo-aléatoire des télescopes sur le terrain place parfaitement tous les télescopes à l'intérieur d'un cercle de 1 km. Ces télescopes sont soigneusement placés pour fournir une forme de faisceau de très grande qualité ( la zone du ciel pour laquelle le télescope est le plus sensible) à la fois pour les recherches d'une intelligence extraterrestre et la recherche radio-astronomique. Le grand nombre d'antennes paraboliques offre un contrôle sans précédent de la sensibilité indésirable hors faisceau primaire.

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Comparaison de la partie de la Galaxie couverte par le Allen Telescope Array et par le projet Phoenix


Le réseau de télescopes Allen est optimisé pour couvrir les fréquences entre 1000 et 10000 MHz, ce qui correspond à plus de cinq fois la plage de fréquences couverte par le projet Phoenix. Il sera utile de 0,5 à 11 GHz. La température du système, qui est un facteur crucial dans la détermination de la sensibilité du télescope, est essentiellement de 45 K. Le système de recherche Phoenix a été reconfiguré pour une utilisation simultanée avec la première phase d'ATA (42 antennes paraboliques). Renommé "Prélude", le système divisera le spectre par bande de 60MHz (90 millions de canaux par polarisation) entre deux ou trois positions dans le ciel.

Le nom "Prélude" fait allusion à un système de traitement sur la base d'un nouveau logiciel nommé SonATA (SETI on ATA). SonATA aura plus de canaux et de capacités que n'importe quel autre système issu de SETI mais il demandera des fonds supplémentaires.

La fait de construire le nouveau télescope sous la forme d'un réseau d'antennes paraboliques permet de tirer partie de plusieurs avantages. Pour commencer, de nombreux "pixels" peuvent être générés sur le ciel en une seule fois. Plutôt que de regarder une seule étoile à la fois, comme le télescope d'Arecibo et ses semblables sont contraints de le faire, plusieurs étoiles pourront être examinées simultanément. Là encore, le processus de reconnaissance stellaire est accéléré. En outre, il est facile d'agrandir le réseau par le simple fait d'acheter des antennes paraboliques et de les relier au système déjà existant. Les grandes antennes paraboliques seules ne sont pas assez souples pour de telles améliorations.

Le gain de performance est incontestable. [...] Pour la première fois dans son histoire, SETI sera en mesure d'extraire un véritable échantillon significatif de la botte de foin cosmique. Ce n'est pas une avancée progressive: le réseau de télescopes Allen augmentera la reconnaissance stellaire de plusieurs ordres de grandeur. C'est un très grand pas pour la recherche SETI.

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La conception des antennes paraboliques du réseau de télescopes Allen introduit une optique décentrée car parfois, tout comme en football, passer sur les cotés permet de réduire les interférences (intervention dans le cas du football, du mot anglais "interference")

   
L'allure peu conventionnelle des antennes paraboliques constitue ce que l'on appelle une parabole grégorienne décentrée. Un second réflecteur permet de faire rebondir les signaux radio entrants collectés par le grand réflecteur primaire (large de 6,1 mètres de diamètre) vers la tête qui supporte les amplificateurs aussi appelés servomoteurs (sur l'image ci contre, ils sont cachés par le voile protecteur). Les signaux sont alors amplifiés et envoyés vers la salle de contrôle.


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"C'est une amélioration incontestable de nos antennes paraboliques" explique Dave DeBoer, ancien ingénieur du projet Allen Telescope Array. " En décentrant les amplificateurs, nous obtenons une meilleure sensibilité en direction des zones du ciel que nous voulons observer"


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En introduisant un second réflecteur enveloppé d'un voile protecteur, l'antenne parabolique diminue la probabilité de récupérer les rayonnements bruyants en provenance du sol (relativement chaud) environnant le télescope. Décentrer le réflecteur minimise les chances que des signaux terrestres rebondissent sur l'antenne parabolique et qu'elles interfèrent sur notre étude des émissions cosmiques. Cette conception décentrée a également été utilisée par le nouveau télescope de 100 mètres Robert C. Byrd, qui est entré en fonction en Virginie occidentale.

 

Les principaux objectifs scientifiques

Déterminer la répartition de l'hydrogène interstellaire neutre (HI) dans notre Galaxie sur les trois-quarts du ciel observable, pour estimer le niveau d'accrétion des gaz intergalactiques dans les galaxies extérieures ; rechercher des galaxies sombres et sans étoiles ; poser les premières pierres de la détection de l'énergie sombre par le Square Kilometre Array.
Classifier 250.000 sources radio extragalactiques, c'est à dire les noyaux actifs des galaxies et les galaxies à flambée d'étoiles, afin d'évaluer et quantifier les formations d'étoiles dans l'Univers local ; identifier les objets ayant un décalage vers le rouge (redshift) élevé ; rechercher les structures à grande échelle dans l'Univers ; identifier les probables lentilles gravitationnelles en détectant la matière noire et l'énergie sombre.
Mesurer les champs magnétiques dans la Voie lactée et dans d'autres groupes locaux de la Galaxie afin d'analyser le rôle des champs magnétiques dans la formation des étoiles et des galaxies.
Observer indirectement les ondes gravitationnelles par chronométrage (pulsar timing) lors de la coalescence de trous noirs.
Mesurer les propriétés des nuages moléculaires et la formation des étoiles par l'utilisation de nouveaux traceurs moléculaires afin de tracer les conditions de formation des étoiles au niveau des nuages moléculaires géants et déterminer la distribution des éléments lourds dans la Voie Lactée.
Explorer le ciel transitoire (transient sky) afin d'analyser l'accrétion de gaz autour des trous noirs, découvrir l'émission rémanente suite à une explosion de rayons gamma, découvrir des phénomènes de transition nouveaux et inconnus.
Examiner les signaux extraterrestres non naturels en provenance d'un million d'étoiles avec assez de précision pour détecter la puissance équivalente au radar d'Arecibo dans un rayon de 1000 années lumières dans une gamme de fréquences allant de 1 à 10 GHz.
Examiner les 4x1010 étoiles du plan galactique interne sur la fréquence "Trou d'eau" (Water Hole) entre 1420 MHz et 1720 MHz en provenance des transmetteurs les plus puissants et non naturels.
 
Le champ de vision de l'ATA est 17 fois plus grand que celui du Very Large Array au Nouveau Mexique, ce qui fait d'ATA un outil idéal pour la recherche d'une intelligence extraterrestre et pour la radioastronomie.

Source: http://www.boinc-af.org/content/view/861/299/
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Mise en service de radiotélescopes cherchant de la vie extraterrestre
« Réponse #7 le: 26 septembre 2008 à 23:41:13 »

Mise en service de radiotélescopes cherchant de la vie extraterrestre  le jeudi 11 octobre 2007


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Financées par le co-fondateur du géant de l'informatique Microsoft, Paul Allen, les 42 antennes du projet «Allen Telescope Array» (ATA) ont commencé à balayer les fréquences d'ondes en provenance du cosmos, jeudi, dans l'espoir de déceler des traces de vie extra-terrestre.


Agence France-Presse                                                                                                           San Francisco

Des scientifiques américains ont mis en service jeudi en Californie la première tranche d'un réseau de radiotélescopes spécifiquement destinés à déceler des traces de vie extraterrestre, ont annoncé les promoteurs de ce projet unique au monde.

Financé par le co-fondateur du géant de l'informatique Microsoft, Paul Allen, en collaboration avec l'université de Berkeley et l'Institut pour la recherche d'intelligence extraterrestre (SETI), le projet comptera à terme 350 radiotélescopes, installés dans la petite ville de Hat Creek, à 400 km au nord de San Francisco.

Dès jeudi, 42 antennes du projet «Allen Telescope Array» (ATA) ont commencé à balayer les fréquences d'ondes en provenance du cosmos, dans l'espoir de déceler des traces de vie extraterrestre.

«C'est un grand jour pour la radio-astronomie et l'étude du cosmos», a affirmé Leo Blitz, professeur d'astronomie à Berkeley, prestigieuse université publique installée près de San Francisco. «De nombreux secrets de l'univers sont plus près d'être percés» grâce à l'ATA, a-t-il dit.

«Le télescope peut remplir de nombreuses tâches, dont une surveillance étendue des ondes radio venues de l'espace et la recherche de technologie extraterrestre», a affirmé pour sa part Paul Allen, cinquième Américain le plus riche selon le journal Forbes, avec une fortune estimée à 18 milliards de dollars.

Les radiotélescopes détectent les ondes radio émises par les corps astraux, dont ceux qui ne sont pas visibles par les télescopes optiques. L'ATA se distingue des précédents radiotélescopes par sa puissance et sa rapidité sans égal, selon ses promoteurs.

«En 24 ans, l'ATA va récolter mille fois plus de données que (les autres appareils du SETI) ces 45 dernières années», selon les scientifiques.

«Pour le SETI, les capacités techniques de l'ATA vont accroître les possibilités de chercher des signes d'intelligence, et pourraient déboucher sur la découverte d'êtres doués de raison ailleurs dans l'Univers», a espéré l'astronome du SETI Seth Shostak, selon qui «il s'agit du premier grand télescope au monde construit spécifiquement pour la recherche de vie extraterrestre».

Même s'il ne prouve pas que la Terre n'est pas le seul lieu de vie dans l'Univers, l'ATA permettra de mieux comprendre les mécanismes régissant «les supernovae, les trous noirs, et d'autres objets astronomiques extraordinaires dont l'existence est présumée mais qui n'ont pas encore été observés», espèrent les scientifiques.

http://www.cyberpresse.ca/article/20071011/CPSCIENCES/71011151/5143/CPSCIEN
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07.04.06 Il serait vraiment étrange que nous soyons seuls dans cet Univers
« Réponse #8 le: 26 septembre 2008 à 23:59:44 »

07.04.06 Il serait vraiment étrange que nous soyons seuls dans cet Univers
 
 
La recherche d'une forme de vie intelligente dans l'Univers n'est pas une mince affaire. Elle passe par l'écoute de signaux radio et la recherche d'exoTerres, des planètes telluriques similaires à la Terre orbitant dans la zone d'habitabilité d'autres étoiles de la Galaxie. Bien que plus de 170 planètes extrasolaires ont été découvertes depuis 1995 La découverte de planète tellurique se fait attendre. Il faudra vraisemblablement attendre l'envoi dans le ciel de télescopes spatiaux dédiés dans la prochaine décennie.

L'Univers est tellement vaste qu'il est vraisemblable qu'il existe d'autres endroits où la vie a pu apparaître, se développer, perdurer et donner naissance à une civilisation suffisamment avancée et capable de communiquer à travers l'Univers. Reste que nous sommes bien incapables de les découvrir à moins d'une chance inouïe.

17129 systèmes stellaires potentiellement habitables

Une astronome de l'Institution Carnegie à Washington s'est intéressée aux étoiles les plus à même d'abriter une zone d'habitabilité où la vie, du moins comme nous la concevons, a pu apparaître et perdure depuis. Il faut savoir que depuis 2003, des astronomes ont édité un catalogue qui rassemble quelque 17129 systèmes stellaires potentiellement habitables.

Il est inutile de rechercher une vie intelligente autour de toutes les étoiles. Certaines ne sont pas prédisposées à favoriser sa perduration. Ainsi, les étoiles variables émettant régulièrement des flashes lumineux ou autres effets pyrotechniques sont trop jeunes pour répondre à ce critère, tandis que les étoiles 1,5 fois plus massives que le Soleil ne vivent pas suffisamment longtemps pour favoriser une zone habitable pérenne.

5 étoiles cibles pour SETI

La scientifique a édité une très courte liste pour les astronomes du SETI, projet qui vise à intercepter des signaux radio émis par des extraterrestres. 5 étoiles apparaissent comme des cibles prioritaires. Il s'agit d'étoiles similaires au Soleil, c'est-à-dire de type G, la famille d'étoiles la plus courante dans la Galaxie. Ces étoiles sont jaunes et leur température de surface est de l'ordre de 5000 à 6000 degrés. La signature du Calcium est dominante et on y observe la signature de nombreux métaux d'où un taux de métallicité élevé.

Pour déterminer cette short liste, l'astronome américaine s'est basé sur plusieurs critères liés à l'âge à son type et son taux de métallicité. L'étoile doit avoir au moins 3 milliards d'années d'existence. Cette période apparaît suffisamment longue pour que l'astre soit stable et que la vie a pu apparaître et se développer sur des planètes de son système planétaire si tant est bien l'étoile en possède !

Autre critère pris en compte par la scientifique, la métallicité de l'étoile. Les étoiles et les planètes se forment à l'intérieur de la même nébuleuse, c'est-à-dire un nuage de gaz et de poussière. Si l'étoile ne possède pas assez de fer dans son atmosphère, il est probable que la nébuleuse son système planétaire ne sera guère enrichi en métaux lourds et pas assez pour que les planètes se forment. Selon l'astronome le étoiles les intéressantes devraient tendre vers au moins 50 pourcent de teneur en fer, par rapport au Soleil. Les étoiles avec un fort taux en métaux tendent à évoluer vers une orbite stable orientée dans le plan de la galaxie.



Des cibles pour le Allen Telescope Array

La recherche de vie avancée dans l'Univers sera un des principaux objectifs du Allen Telescope Array. Il s'agit d'un radio télescope composé de 350 antennes de 6,1 m, répartis sur une surface d'environ 1 km de diamètre et fonctionnera en réseau. Aujourd'hui, 32 antennes ont d'ores et déjà été construites et mises en service et 42 le seront d'ici la fin 2006. La livraison des autres antennes doit se faire progressivement avant la fin de la décennie.

La scientifique a déterminé une première cible pour ATA. Il s'agit de Beta CVn, une étoile de type solaire située à près de 26 années-lumière dans la constellation des Chiens de chasse (une AL = 5,9 trillons de km). D'après les observations les plus récentes, cette étoile est entourée d'aucune planète.

Les autres étoiles sont HD 10307, une étoile similaire au Soleil et située à près de 42 années-lumière. Cette étoile possède des caractéristiques très similaires au Soleil. Sa masse, sa température et son taux de métallicité sont pour ainsi dire identiques. Notez que HD 10307 est un système double (une étoile bien moins massive). HD 211415 se situe légèrement plus loin que HD 10307. Bien que de type solaire elle est légèrement plus froide et son taux de métallicité est moitié moins important que celui du Soleil. Quant à 18 Sco, il s'agit d'une étoile très populaire dans la communauté des astronomes. Située dans la constellation du Scorpion cet astre est pour ainsi dire une étoile jumelle du Soleil. Enfin, dernière étoile sélectionnée, la célèbre 51 Pegasus. Célèbre parce que c'est autour de cette étoile qu'a été découverte la première exoplanète en 1995 par une équipe suisse. Bien que la planète découverte soit de type Jupiter chaud, l'astronome n'exclut pas l'existence de la présence d'autres planètes, dont des exoTerres.


Des cibles pour la mission TPF

La mission Terrestrial Planet Finder de la NASA est un projet ambitieux qui consiste à placer sur orbite deux engins spatiaux distincts. Un coronographe de recherche planétaire (TPF-C) et un Interféromètre de recherche planétaire (TPF-I). Reste que son lancement n'est pas prévu avant au moins 2022.

TPF sera capable de 'voir' les couleurs d'exoplanètes de façon à déterminer si la planète est potentiellement habitable. Si ces planètes découvertes évoluent dans la zone d'habitabilité de leur étoile, TPF essayera d'identifier les signatures chimiques de la vie ou de toute autre activité biologique.

Les étoiles cibles choisies pour cette mission ont une luminosité intrinsèque suffisante pour favoriser l'existence d'une zone d'habitabilité pérenne mais pas trop lumineuse pour empêcher de prendre des clichés de planètes tournant autour. Les étoiles les plus indiquées sont des étoiles de type K. ces astres sont plus froids que le Soleil. De couleur orange, elles ont une température effective de 3500 à 5000 K.

L'étoile la plus intéressante est Epsilon Indi A. Il s'agit d'une étoile dont la luminosité est d'un dixième de celle du Soleil. Proche de la Terre, elle se situe à 11,8 années-lumière dans la constellation des Indiens. Cette étoile fait parti des 100 cibles prioritaires de la mission TPF. Les autres candidats sont Eridani epsilon. Cette étoile est légèrement plus petite et froide que le Soleil. Elle se situe à 10,5 années lumière dans la constellation du fleuve. Autre étoile de cette même constellation, Omicron2 Eridani. Il s'agit d'un astre de couleur jaune orangée aussi âgé que le Soleil et situé à 16,5 années lumière. Quant à Alpha B. Part Centauri, cette étoile à, ceci d'intéressant qu'il s'agit d'une des étoiles les plus proches du Soleil, à moins de 4,35 années-lumière. Longtemps considéré comme une des régions de la Voie Lactée les plus propices à offrir des conditions de type terrestre. Reste que cette étoile fait partie d'un système triple.

Seule étoile de type G, c'est-à-dire de la même famille que le Soleil, Tau Ceti. Cette étoile se différencie toutefois du Soleil par son taux de métallicité très faible par rapport au Soleil mais, sur la longueur, elle apparaît capable de soutenir l'apparition et la perduration d'une forme de vie complexe sur une des planètes de son système planétaire si tant est bien sûr qu'elle en possède un.

Source: http://www.flashespace.com/html/avril06/07_04.htm


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Du projet SETI@home à BOINC - Bénévolat et subsides (V)
« Réponse #9 le: 27 septembre 2008 à 00:38:20 »

Rappel: L'époque SETI Institute

Phénix (1995)
Lancé en février 1995, le project Phénix 1 concentre ses efforts sur cette composante que le projet SETI de la NASA designait comme Recherche Ciblée. Sa stratégie est d'examiner attentivement les régions autour d'un millier d'étoiles semblables au Soleil. Les plus grandes antennes du mondes vont être utilisées, et elles ont déjà été utilisée dans le cadre d'observations pour le SETI. En poursuivant la recherche aujourd'hui, Phoenix peut tirer parti d'une fenêtre d'opportunités historique : en une décade, les interférences radio d'origine terrestre vont considérablement augmenter, compromettant la possibilité detecter des signaux faibles.


SETI@home (1996)

En 1996 David Gedye et Craig Kasnoff concoivent l'idée de SETI@home et forment la première équipe du projet. Un planning scientifique est développé, qui reçoit un large soutien académique à la 5ème Conférence Internationale de Bioastronomie en juillet 1996.

En 1997 le code de l'analyse de signal et les prototypes des logiciels clients et serveur sont développés.

En 1998 des fonds sont recherchés. En septembre, on commence à travailler sur le système d'enregistrement de données et sur la version finale du logiciel client. En novembre, les premiers enregistrements de données et tests du logiciel client sont effectués. Le projet utilise le plus grand radiotélescope du monde, celui de Arecibo, à Puerto Rico.

De janvier à mars 1999 le logiciel client est testé et débogué, la version finale du logiciel serveur est développée, et le site Web est préparé pour sa mise en service, le 13 mai. Divers problèmes techniques interviendront durant cette année.

En 2000, l'inspection du ciel se prolonge. Un million d'années de calcul est accumulé avec un demi-million de volontaires traitant les données. Un tri est entrepris parmi les 1,4 milliards de signaux potentiels de la base de données pour éliminer les interférences de fréquences radio (Radio Frequency Interference ou RFI), les erreurs informatiques, et pour rechercher les signaux qui se répètent.

A partir de 2001, grâce à l'incroyable engouement des volontaires, le projet est prolongé au delà des deux années prévues. SETI@home II se prépare, avec un élargissement de la couverture de bande radio à Arecibo en ajoutant un autre système d'enregistrement. Un système d'enregistrement pourrait également être ajouté à un télescope dans l'hémisphère Sud afin d'examiner une partie totalement différente du ciel.

A ce jour, le projet SETI@home n'a détecté aucun signal suffisamment caractéristique et suffisamment répété pour indiquer la présence d'une intelligence extraterrestre.

source : http://rr0.org/science/crypto/ufo/observation/projet/seti/rmw/index.html

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Du projet SETI@home à BOINC  - Bénévolat et subsides (V)

Bénévolat et subsides (V)
Chaque année, la question d'argent revient au devant de la scène pour l'équipe de David Anderson et son équipe de SETI@home.
Bénévolat et subsides sont souvent des termes antagonistes mais pas nécessairement incompatibles. La maintenance de SETI@home coûte environ 400000$ par an. Si on ajoute les universités impliquées dans ce projet en Italie, en Australie, en Argentine, à Berkeley, à Harvard, l'Institut SETI, celui de Santa Cruz et Princeton, on arrive à un budget annuel d'environ 3 millions de dollars pour SETI. Par comparaison, l'Asci White d'IBM coûte 110 millions de dollars, il est très encombrant et 30 fois plus lent !
A titre d'information, replacé dans le budget de la recherche, le budget mondial consacré à la bioastronomie représente 50 millions de dollars par an, même pas de quoi fabriquer une sonde spatiale ! Quant à l'astronomie, il est d'environ 1 milliard de dollars par an. SETI@home est donc un projet très bon marché dans cette enveloppe globale.
Paradoxalement, SETI@home, comme tout projet SETI, est peu soutenu par la communauté des astronomes. Cela ne veut pas dire qu'ils s'en désintéressent. Mais comment allez-vous expliquer à votre directeur que vous avez besoin d'argent pour capter des signaux radios (ou optique) provenant d'éventuelles intelligences extraterrestres... Quelle preuve avez-vous que ces créatures existent ? Telle est la question terre-à-terre qu'on vous posera. Les directeurs de projets ou leur commenditaires attendent des résultats concrets et ne courent pas après des lanternes, mis à part les militaires de l'USAF et de l'armée belge qui chassent de temps en temps les "UFO" et autres lumières nocturnes !
Il est pratiquement impossible de présenter un dossier SETI devant une commission de sénateurs dans quelque pays que ce soit : l'argent investi doit rapporter quelque chose et il n'est pas besoin de vous citer le nombre de "travaux inutiles" qui ont fait scandale pour comprendre la situation et le problème qui se pose à nous. L'incidence de SETI sur l'enveloppe budgétaire déjà réduite attribuée aux projets scientifiques occasionne des frais supplémentaires que certains jugent inutiles.
Les scientifiques aimeraient donc s'occuper de SETI mais ils manquent d'argent. Aussi l'idée de distribuer SETI@home est une solution attrayante et bon marché. Du reste la solution idéale réside dans le mécénat, le sponsoring, qui lui au moins ne risque pas de changer d'opinion en fonction des décisions politiques. Avec de la chance et des relations, la Planetary Society parvient à tirer son épingle du jeu et boucle chaque année son budget grâce aux donations privées. Prenons quelques exemples récents

En août 2000, grâce à un partenariat entre le projet éducatif multimédia "Project Voyager", rebaptisé "One Cosmos Network", développé par Joe Firmage, un millionaire de la Silicon Valley et les Produtions Carl Sagan, auteur en autre de la série télévisée "Cosmos" et du film "Contact", l'Université de Berkeley reçut de l'argent frais en suffisance pour prolonger SETI@home durant 15 mois, jusqu'en 2002. Depuis 2003, les principaux sponsors sont restés fidèles, à savoir la Planetary Society, Sun Microsystems et l'Université de Berkeley en Californie. Et il n'y a pas de doute que le projet vivra encore longtemps sur de tels fonds privés.
David Anderson, qui n'est jamais à cours d'idées, compte également sur le parrainage des grandes sociétés, tenant le pari que SETI peut conduire les grandes sociétés informatiques à développer des outils ou des technologies adaptées à ce projet. A côté de Sun Microsystems, de temps à autre de grandes sociétés d'informatique comme Intel, Fujifilm Computer Products, Informix et IBM contribuent au projet SETI@home. Bientôt de nouvelles startups s'y joindront à l'image de Firmage.org.
Les particuliers contribuent également financièrement au projet, les uns en s'abonnant au magazine de la Planetary Society, en devenant membre bienfaiteur ou, s'il sont fortunés, en versant une somme rondelette sur le bureau d'Anderson, ce que fit également Joe Firmage qui croit dur comme fer aux extraterrestres mais surtout au rôle d'Internet dans l'éducation multimedia. Les donations s'élèvent parfois à 100000$. Mais aux Etats-Unis elles peuvent être défiscalisées, ceci pouvant expliquer cela.

L'avenir
Le passage en production de l'interface BOINC a provoqué un tassement des inscriptions à SETI@home. Ainsi que nous l'avons dit, aujourd'hui un peu plus de 160000 utilisateurs sont actifs et même si cela représente la plus grande communauté connectée à une application distribuée, dans l'absolu c'est peu comparé aux millions de personnes à travers le monde passionnées par le sujet et disposant d'un ordinateur.

Cette perte d'intérêt est apparue en 2004, lorsque d'une part SETI ne découvrait finalement "rien de neuf" (quoique savoir qu'il n'y aurait personne d'autre dans l'univers est une découverte en soi), et d'autre part lorsque beaucoup utilisateurs ont été incapables de faire fonctionner leur projet ou de comprendre le fonctionnement de BOINC manager.

C'est un problème récurrent avec toutes les nouvelles applications et celles pour lesquelles les amateurs ne disposent pas de suffisamment d'aide à l'installation (wizard) ou de documentation. Pourtant l'interface BOINC Manager dispose d'un Help intégré et met à la disposition des utilisateurs un forum sur Internet. Encore faut-il les consulter !

Je conseille donc vivement aux amateurs éprouvant encore des difficultés pour configurer leur projet de consulter le forum de BOINC et d'y poser toutes les questions techniques qu'ils souhaitent, notamment sur BOINC (US) et BOINC France.
Selon les dernières statistiques, il y a aujourd'hui environ 10000 nouvelles inscriptions à SETI@home chaque mois. Les utilisateurs actuellement actifs, et surtout leur million d'ordinateurs, permettent au projet de survivre. Il se sentirait toutefois mieux supporté si les inscriptions décuplaient, car actuellement les utilisateurs traitent des unités de travail enregistrées en... 2003 ! Dans l'absolu ce n'est pas un problème, mais cela signifie concrètement qu'il y a encore pas mal de travail à abattre et que SETI a besoin d'encore plus de ressources, tant informatiques que financières.

Si un demi-million d'ordinateurs participent ainsi au même projet de façon quotidienne, traitant en moyenne une unité de travail en 12 heures, chaque jour 1 million d'unités représentant un total d'environ 0.4 TB de données sont traités. Si une unité sur dix contient au moins un signal significatif, en une année le champ stellaire défriché par la communauté SETI, et par les astronomes de Berkeley en particulier, se compte en milliers d'étoiles. Globalement, le "travail de fourmi" que réalisent ces centaines de milliers d'ordinateurs n'est donc pas négligeable.
 
A présent, Dan Werthimer doit encore trouver le financement pour développer SETI@home dans l'hémisphère sud (Parkes).
Il n'est pas impossible qu'à l'avenir SETI@home soit utilisé de manière permanente par des millions d'utilisateurs connectés en différé sur plusieurs radiotélescopes à travers le monde. C'est de cette façon que nous allons tous faire progresser la recherche scientifique.

En conclusion

SETI@home, comme tous les programmes SETI, nous apporte la démonstration vivante que nous sommes tous et toutes curieux et passio
Le succès de ce programme renforce les principes directeurs de la Planetary Society et le fait que des gens ordinaires comme vous et moi peuvent activement participer à l'aventure de l'exploration spatiale. Il nous prouve que quelques passionnés de Berkeley peuvent rassembler des millions de personnes partageant la même vision du monde.
Nous pouvons être fier de participer auprès de la Planetary Society et de l'Université de Berkeley à l'un des rares projets scientifiques d'envergure capable d'élargir notre vision du futur. Comme le disait Einstein, "l'imagination est plus importante que la connaissance". En effet, grâce à elle nous avons construit des radiotélescopes, exploré la Lune et le système solaire, et demain nous irons dans les étoiles. Cela participe à l'émancipation de l'humanité, même si ces actions sont encore réservées à quelques privilégiés.
Cette expérience scientifique unique qui allie le plus grand réseau mondial d'ordinateurs distribués et les peuples du monde entier nous permettra peut-être demain de répondre à l'anxiété qui nous étreint lorsque nous nous interrogeons sur notre avenir et la question mainte fois répétée : sommes-nous seul dans l'univers ?
Comme le dit le poète, "A ce goût étrange de l'angoisse d'ignorer se mêle la crainte de savoir". Mais il est plutôt rassurant que ce programme ait vu le jour. Il nous donne confiance et nous force à reconnaître que notre planète bleue a encore de l'avenir.
Et puis, comme le disait Carl Sagan dans son roman "Contact", il y aura toujours cette question en filigrane, "si nous sommes seuls dans l'univers, c'est vraiment un beau gâchis d'espace, vous ne trouvez-pas... ?". Alors, connectez-vous et laissez-vous porter par votre espoir. La communauté SETI vous attend !

http://www.astrosurf.com/luxorion/seti-athome5.htm
« Modifié: 18 septembre 2012 à 00:55:37 par katchina »
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Recherches soviétiques
« Réponse #10 le: 27 septembre 2008 à 00:45:50 »

Recherches soviétiques

Dans les années 1960s c'est l'Union Soviétique qui domine l'activité SETI. Plutôt que de chercher au voisinage des étoiles proches, des soviétiques comme Nikolai Kardashev et I. S. Shklovskii, de l'Institut Astronomique Sternberg (SAI), utilisent des antennes pratiquement omni-directionnelles pour observer de larges portions du ciel, misant ainsi sur l'existence d'un minimum de civilisations suffisamment avancées pour émettre de grandes quantités de signaux.

En 1964 Kardashev organise suite à ces discussions une Conférence sur les Civilisations Extraterrestres où des radio-astronomes se réunissent à l'Observatoire Astrophysique Byurakan (BAO) en Arménie, dans le but d'obtenir des solutions techniques rationnelles et linguistiques au problème de la communication avec des civilisations extraterrestres qui sont bien plus avancées que la civilisation terrienne. L'emphase portée sur (a) la communication et (b) l'émission de signaux puissants par une intelligence hautement avancée depuis de grandes distances (éventuellement même extragalactiques), fait contraste avec la plus grande attention portée aux USA pour la recherche de messages venant d'étoiles et de civilisations proches plus en phase avec la nôtre. L'approche soviétique est typifiée par le schéma de classification de Kardashev de races technologiques et l'intérêt de Troitskii pour la possibilité de détecter des signaux venus d'autres galaxies [3].

Une 2ème conférence est tenue en 1971 à l'Observatoire Byurakan, pour la 1ère fois internationale et soutenue par les Académies des Sciences de l'URSS comme des USA. Ambartsumian, Kardashev, Shklovskii, et Troitskii prennent en charge l'organisation du côté soviétique, tandis que Drake, Morrison et Sagan s'attèlent à la même tâche côté américain. Les participants incluent 28 soviétiques, 15 américains et 4 scientifiques d'autres nations. Sont discutés les méthodes de recherche radio, les techniques et conséquences d'un contact, le contenu de message et l'astroingéniérie extraterrestre. Une proposition de conclusion de la conférence est qu'il pourrait y avoir 1 million de civilisations techniques dans la galaxie, bien qu'il soit reconnu que l'équation de Drake donne une probabilité subjective plutôt qu'objective [4].


1.   Dr. Jill Tarter, Professor Searches for Aliens, The Harvard Crimson Online, lundi 9 février 2004
2.   Tovmasyan, G. M., ed. Extraterrestrial Civilizations: Proceedings of the First All-Union Conference on Extraterrestrial Civilizations and Interstellar Communication, May 1023, 1964, trans. from the Russian. Jerusalem: Israel Program for Scientific Translations (1967)
3.   "First Soviet-American Conference on Communication with Extraterrestrial Intelligence," Icarus, 16, 412 (1972)

Extrait du site: http://www.rr0.org/SETI-RMW.html
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Paradoxe de Fermi et recherche d’intelligences ET. Que faire en France?
« Réponse #11 le: 27 septembre 2008 à 01:02:05 »

Paradoxe de Fermi et recherche d’intelligences extraterrestres. Que faire en France ?


Alain Labèque et coauteurs,   jeudi 8 juin 2006

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Alain LABEQUE mis en valeur dans l'éditorial de DdP le 30 septembre 2008

Suite à l’article de Louis d’Hendecourt publié il y a quelques semaines sur le site, de nouveaux éléments de réflexion concernant la recherche de vie extra terrestre sont présentés dans ce texte par Alain Labèque, Elisabeth Piotelat, Luc Arnold, Jean-Pierre Rospars et Florence Raulin-Cerceau.

Résumé : Nous proposons la création, au sein de la structure qui succèdera au GDR Exobio, d’un Groupe de Réflexion sur la Recherche d’Intelligences Extraterrestres (GRRIE). Ce groupe aurait pour mission de participer à l’effort international dans ce domaine, et de développer des thématiques nouvelles. Un bref historique des activités SETI dans le monde est dressé, puis une approche des objectifs, de la constitution et du financement de ce groupe est proposée.

1. Historique des activités SETI « Classiques » dans le monde
1.1 Terminologie liée à SETI

Les projets de recherche de vie intelligente extraterrestre se regroupent sous plusieurs acronymes. Nous allons en dresser une liste et présenter un rapide historique pour chacun d’eux.
 
S.E.T.I : Search for Extra-Terrestrial Intelligence.
Il s’agit de rechercher des signaux artificiels d’origine cosmique émis sous forme d’ondes radio. En 1959, Cocconi et Morisson préconisent d’étudier le ciel sur 21cm de longueur d’onde [1]. Les premières écoutes débutèrent le 11 avril 1960 à l’observatoire de Green Bank (USA). Le tableau mis à jour régulièrement par Jill Tarter recense plus de 70 projets [2]. Le projet Phoenix terminé en 2004 était 10 fois plus puissant que le projet Ozma.

O.S.E.T.I : Optical Search for Extra-Terrestrial Intelligence.
L’idée de rechercher des signaux laser est apparue en 1961, suite à un article de Schwartz et Townes publié dans Nature. La première observation eu lieu en 1973 en Pologne. Les progrès récents en optique ont accentué les développements dans ce domaine. La plupart des organismes qui effectuent actuellement des recherches SETI classiques se sont également lancées dans la recherche optique.
 
S.E.T.V : Search for Extra Terrestrial Visitation.
L’idée de rechercher de tels espions est née en 1979. Le premier acronyme utilisé fut SETA avec un A pour Artefact. Valdes et Freitas furent les premiers à mener des recherches autour des points de Lagrange L4 et L5 du système Terre-Lune. L’idée que des sondes puissent nous surveiller a également amené l’astronome Allen Taugh à mettre en place un site web intitulé « Welcome ETI » [3]

A.S.E.T.I : Active Search for Extra-Terrestrial Intelligence.
Sous ce sigle se regroupent les expériences d’envoi de message. La réflexion sur la conception des messages a commencé dès 1961. Le signal le plus célèbre fut sans doute celui de 1974, envoyé pour tester le radar nouvellement installé au radiotélescope d’Arecibo. Créé en 1983, le comité SETI de l’Académie Astronautique Internationale (IAA) a toujours rejeté l’idée d’envoyer des messages. Le SETI Institute possède un groupe dirigé par Douglas Vakoch sur les aspects sociologiques liés à la conception de message. En 2003, un congrès fut ainsi organisé à Paris sur le thème « Encoding Altruism ».

1.2 Les organismes
On ne peut pas lister tous les organismes à l’origine des projets de recherche d’intelligence extraterrestre. Nous nous limiterons ici à ceux qui conduisent actuellement des recherches. On trouve les budgets de ces projets sur le site de la SETI League. [4]

La NASA et le SETI Institute.
En 1971, une école d’été de la NASA mène une étude technique sur la réalisation d’un réseau d’antennes à l’écoute du ciel. Un rapport est publié, il s’agit du projet Cyclops [5].[/b][/color] En 1981, l’amendement Proxmire menace de mettre fin au financement des projets SETI de la NASA, mais il sera retiré. En 1984, les scientifiques investis dans le projet créent le SETI Institute, organisme à but non lucratif, destiné essentiellement à réduire les démarches administratives. Lorsqu’en 1993 le Congrès US a mis fin au projet HRMS, les scientifiques avec leurs équipement ont continué leurs recherches au sein du SETI Institute. Pendant 10 ans, ils ont conduit le projet Phoenix. Actuellement l’institut compte une centaine de membres.[6] L’un des principaux supports financiers du projet ATA (Allen Telescope Array) du SETI Institute est Bill Allen, numéro 2 de Microsoft.

Les universités
Le milieu universitaire joue un rôle important dans la recherche de vie intelligente. Au niveau des acteurs, beaucoup d’américains sont issus de l’université de Cornell, tel Carl Sagan ou Philip Morrison. Les principaux observatoires où les écoutes ont eu lieu sont :
  Le National Radio Astronomy Observatory à Green Bank (Ozma 1960)
  Le radiotélescope de Big Ear appartenant à l’université de l’Ohio (projet SETI débuté en 1973) et dans le cadre duquel sera reçu le signal WOW en 1977.
  L’observatoire Hat Creek de l’université de Berkeley où débuta le programme SERENDIP en 1979.
  L’université de Harvard où Paul Horowitz et son équipe ont conduit les projets META SETI et mènent actuellement une recherche OSETI.[7]


The SETI Permanent Working Group
En 1983, l’Union Astronautique Internationale créé la commission 51 qui s’intitule « Bioastronomie, la recherche de vie extraterrestre ». Cela permet d’organiser des congrès. Des sessions SETI ont lieu lors du congrès annuel de l’IAA. L’objectif de John Billingham est alors de réunir un grand nombre de scientifiques de différentes nations. En 2001, lors du congrès de Toulouse, le comité SETI est devenu le « SETI Permanent Working Group ». Son site web est maintenu par la SETI League. [8]

La Planetary Society
Une autre association joue un rôle important dans le financement des recherches de vie extraterrestre : la Planetary Society [9]. Elle fut fondée par Carl Sagan, Bruce Murray et Louis Friedman en 1979. Elle a tout d’abord permis de financer les déplacements d’américains en URSS en 1981 lorsque l’amendement Proxmire empêchait le financement des projets SETI de la NASA. Elle a également convaincu le sénateur de retirer son amendement. La Planetary Society a permis d’organiser des rencontres internationales, comme à Toronto en 1988. Elle participe au financement de projets comme SERENDIP, SETI@HOME ainsi qu’à celui des projets META et OSETI de Paul Horowitz à Harvard.

La SETI League
La SETI League fut fondée en 1993 par Paul Shuch et Richard Factor, suite à l’abandon du projet HRMS. Pour eux, les projets SETI étant forcément à long terme ne peuvent dépendre de politiques dont l’objectif principal est une réélection dans les 5 années suivantes. C’est une association à but non lucratif qui regroupe près d’un millier d’adhérents à travers le monde. Une centaine d’entre eux participent au projet Argus et ont construit leur propre station de radioastronomie amateur.

Sur le plan européen
Même si les premiers acteurs des projets SETI sont américains puis russes, l’Europe a joué un rôle non négligeable et continue de le faire. L’activité la plus importante se déroule actuellement au radiotélescope de Bologne, où Stelio Montebugnoli a installé un détecteur permettant de participer au projet SERENDIP IV. Les signaux reçus par la croix du nord dans le cadre d’écoutes classiques sont analysés à la recherche de signaux artificiels d’origine cosmique. A l’initiative de Claudio Maccone, un congrès SETI se déroule tous les ans à San Marin. Il permet à de jeunes chercheurs italiens d’exposer leurs travaux et de rencontrer leurs homologues étrangers. En Allemagne, l’ERAC (Europeen RadioAstronomy Club) organise tous les trois ans un congrès EuroSETI avec l’aide de la SETI League. Il s’agit principalement d’une rencontre entre amateurs, mais où les professionnels viennent volontiers. En 2003, il y avait Paul Shuch de la SETI League, Claudio Maccone, Stelio Montebugnoli ou encore Alexander Zeitzev qui mène une expérience d’envoi de messages en Arménie. Le hongrois Ivan Almar, membre du « SETI Permanent Working Group » est à l’origine de l’échelle de Rio qui permettrait de mesurer l’importance d’un signal reçu. Dernièrement, il a ajouté l’échelle San Marino qui permet de mesurer l’impact d’un signal émis. [8]


2. Que faire en France ?

2.1 Des recherches « classiques » et nouvelles ?
Nous avons résumé ci-dessus l’activité liée au SETI « classique » dans le monde, que ce soit dans les bandes radios ou visible. Un groupe français qui se constituerait sur ce thème doit réfléchir à son positionnement par rapport à ces approches. Il est certain que l’univers fourmille de signaux « naturels » et qu’essayer de détecter des signaux artificiels n’est pas une mince affaire : augmenter le nombre de lieux de détection et de moyens d’analyse ne peut qu’aller dans le bon sens, et c’est un des buts que le GRRIE se fixera, en essayant de recruter des chercheurs compétents dans les disciplines correspondantes, et d’accéder à des moyens de détection existants.

Néanmoins, l’absence de résultats de ces techniques sur 45 ans de recherche suggère d’explorer aussi d’autres pistes. On peut penser, entre autres, aux explications suivantes à cette absence de détection : (1) nous sommes seuls dans la galaxie, (2) la communication entre ETs se fait sur un autre support que les ondes électromagnétiques, (3) les ETs ne communiquent pas pour des raisons qui peuvent être multiples (crainte de se faire repérer par une civilisation émergente agressive, volonté de ne pas interférer avec des vies émergentes, etc....)

L’une ou l’autre des deux premières explications est peut-être vraie, mais elles ne sont pas prouvées, et de plus ne nous avancent guère dans notre réflexion, car elles ne permettent pas d’action... La troisième par contre est très intéressante et a été examinée dans de nombreux articles dont on retiendra les plus connus, l’hypothèse de la Quarantaine Cosmique [10] et l’hypothèse du Zoo [11]. Ces auteurs se placent dans le cas où les ETs voyagent dans la Galaxie, mais font en sorte de demeurer peu détectables, du moins par les civilisations technologiques les moins avancées.

C’est dans le cadre de cette troisième explication que nous nous placerons pour un de nos axes de recherche : voyons si nous pouvons la justifier. Le point de vue anthropomorphique n’est certes pas le meilleur, mais il permet d’envisager au moins une hypothèse : essayons de voir où en est l’humanité dans l’exploration de son voisinage proche, et essayons de deviner quelle sera son attitude dans les siècles prochains afin d’imaginer ce qu’a pu être la démarche de nos chers ETs...

Les missions spatiales Corot et Kepler, donneront un aperçu, dans les prochaines années, de la fréquence des planètes telluriques autour des étoiles du voisinage solaire, et Darwin, dans un peu plus de deux décennies essayera de détecter celles sur lesquelles une vie, même primitive, s’est développée. Le nombre de détections positives de Darwin donnera une première indication de la fréquence d’apparition de la vie dans la Galaxie. Si la technologie humaine continue à progresser, ne serait-ce qu’au rythme actuel, des missions de télédétection de plus en plus sophistiquées seront lancées, et dans un délai relativement court (quelques siècles...) certaines d’entre elles seront des sondes interstellaires qui iront voir de plus près ces planètes. Des projets plus ambitieux tels qu’Orion [12] et Daedalus [13] ont déjà fait l’objet d’études approfondies. Si des ETs ont fait la même chose, il y a des milliers, des millions, ou des milliards d’années, il est possible qu’ils entretiennent, à proximité de chaque planète habitée, des sondes de surveillance.

Une des activités du GRRIE pourrait donc être d’essayer d’explorer les moyens de détection de telles sondes, par exemple en se rapprochant des moyens actuels et futurs de détection de NEOs (Near Earth Orbiting asteroïds), du sol et de l’espace.
Il est aussi possible que des civilisations ET se signalent à distance par des transits artificiels, tels que proposés par Arnold [14]. Une veille des résultats de toutes les expériences de détection de transit paraît indispensable.
Des idées telles que celles du projet FOCAL [15], bien que beaucoup plus ambitieuses, devront aussi rester d’actualité pour les générations futures.
Ce ne sont que quelques pistes, le début de l’activité du GRRIE sera consacré à définir ses axes de recherche.

2.2 Composition du GRRIE
Le groupe se composerait dans un premier temps des personnes volontaires émanant des participants à l’atelier sur le paradoxe de Fermi organisé en 2004 par Jean Schneider. Pour compléter son interdisciplinarité, il devra s’adjoindre, au fur et à mesure de son développement, des membres ayant d’autres compétences afin que les disciplines suivantes soient représentées : Astronomie, Ingénierie (optique, télécommunications, informatique, etc....), Biologie, Ethologie, Cognition, Linguistique, Polémologie, Défense , Philosophie, Psychologie, Sociologie. Pour conserver le sérieux de la démarche scientifique dans cette approche, seuls des professionnels de chaque discipline pourront participer aux travaux du groupe.

2.3 Financement
Le groupe ne demanderait au GDR Exobio ou à une structure équivalente qu’un faible financement pour couvrir des frais de mission à son démarrage, et s’orienterait vers le mécénat pour l’essentiel de ses ressources son appartenance au GDR lui servant de garant scientifique pour les donateurs, et de moyen de gestion des dons via le CNRS ou l’INSU. Le transit des fonds par ces institutions permettra au groupe de garder son indépendance de recherche par rapport aux donateurs.

2.4 Buts et missions du GRRIE
Le groupe cherchera avant tout à mettre en oeuvre les moyens de recherche évoqués ci-dessus, et à établir toute collaboration avec des organismes existants lui permettant de faire avancer sa recherche. Cependant, celle-ci ayant un côté « exotique » supérieur à la moyenne, une garantie de sérieux sera la publication régulière de ses travaux, lesquels pourront peut-être, si une grande interdisciplinarité est atteinte, apporter, en prime, des points de vue inédits sur l’espèce humaine.

2.5 Contacts
Une liste de discussion a été mise en place. Pour vous y inscrire, visitez :
http://www.limsi.fr/wws/info/fermi


Pour en savoir plus
 
Un article en anglais par A. Labèque, A.Léger, C.Valette, F.Brachet and B.Chazelas
Bibliographie
  1 : Cocconi, Morrison, Searching for interstellar communication, Nature 4690, 844-846 (1959)
  2 : SETI Press, SETI 2020 (2000)
  3 : Welcome ETI : http://www.ieti.org
  4 : SETI League : http://www.setileague.org
  5 : SETI League SETI Institute, Project Cyclops (1971)
  6 : SETI Institute web site : http://www.seti.org
  7 : Howard, Horowitz, Search for nanosecond optical pulses from nearby solar-type stars, ApJ , (2004)
  8 : IAA SETI permanent study group : http://www.iaaseti.org
  9 : Planetary Society : http://www.planetary.org
  10 : Soter S., SETI and the Cosmic Quarantine Hypothesis, Astrobiology Magazine , (Oct 17 2005)
  11 : Ball, J.A., The Zoo Hypothesis, Icarus 19, 347 (1973)
  12 : Dyson, G., Project Orion, Henry Holt and Company(2002)
  13 : Bond A. et al, Project Daedalus, Journal of the British Interplanetary Society 31, (1978)
  14 : Arnold, L., On artificial transits feasability and SETI, SF2A : Scientific Highlights , (2005)
  15 : Heidmann, J., Imaging of extrasolar advanced terrestrial planets, Acta Astronautica Vol. 44, 215-218 (1999)
[1] Alain Labèque(a), Elisabeth Piotelat(b), Luc Arnold(c), Jean-Pierre Rospars(d), Florence Raulin-Cerceau(e)
a Institut d’Astrophysique Spatiale, Université de Paris-Sud, 91405 Orsay Cedex
b LIMSI-CNRS, BP 133, 91403 Orsay Cedex
c CNRS Observatoire de Haute-Provence (OHP) 04870 Saint-Michel-l’Observatoire
d UMR 1272 UPMC-INRA-INAPG Physiologie de l’insecte & Unité Mathématiques et Informatique Appliquées, INRA Centre de Versailles-Grignon RD 10, 78026 Versailles Cedex
e Centre Alexandre Koyré (CNRS/EHESS/MNHN-UMR 8560), case postale 25, Muséum national d’Histoire naturelle, 57 rue cuvier, 75005 Paris

Source: http://www.exobio.cnrs.fr/spip.php?article76

Les échanges avec les auteurs [RAJOUT 30/09/2008]:


19 septembre 2008, par cklat  hello seti un ciel desesperement vide

citoyen lambda, je me permets cependant de vous demander : comment peut on esperer capter des ondes radios en provenance de l’espace sachant que celles ci se deteriorent à travers la distance parcouru.

d’autre part , nos outils sont-il adequatent pour ecouter,bien qu’à notre echelle les gammes de frequences soit etendues, elles restent ridiculements etroites en regard de cette univers ,notre technologie ne depasse pas la lumiere,et reste centré sur nos trois dimensionalités.

(en apparté,et restant ouvert à toutes propositions,il me semble que le nombres de contacts avec autres choses ne peut plus etre nié, trace radar,enregistrement video, temoignages officiel ,pilote ,militaire, president de certaine nations,à regarder de pres et objectivement cela ne fait aucun doute,je deplore malheureusement la legereté avec laquelle ces affaires sont traitées,il y a visiblement quelque chose qui ne veut pas )

19 septembre 2008, par Louis D’Hendecourt
Bonjour

Tout d’abord, sur le plan technique, il est assez faux de dire que les ondes radio se détèriorent à travers la distance parcourue. L’onde électromagnétique peut être dans le domaine radio, tout comme dans le domaine visible, c’est le même phénomène. Vous voyez bien les étoiles, même lointaines, avec des télescopes (optiques), on voit de plus en plus loin (par exemple des galaxies). Il est vrai que, dans le visible par exemple, la poussière interstellaire a tendance à "bloquer" la lumière des étoiles (nuages sombres) mais, plus on va vers les ondes dites "longues", moins cet effet est important. Pour donner une idée, le ciel est très bien cartographié à la longueur d’onde de 21 cm et sur toute notre Galaxie, car la Galaxie est complètement "transparente" à cette longueur d’onde. Beaucoup de radars utilisent ce type de longueur d’onde. Il n’y a donc aucun problème pour "communiquer" par radio avec une civilisation galactique ou détecter la présence d’une civilisation qui utiliserait la radio à grande échelle.

Vous avez effectivement raison en ce qui concerne les fréquences. Il y a un très grand nombre de possibilités. Tout le jeu est d’essayer de notre côté, d’exploiter au maximum la plus large gamme de fréquence possible. Cela dit, il est vrai que cela revien à chercher une aiguille dans une botte de foin et qu’on ne peut tirer de conclusion définitive. Mon article a cependant pris au mot les promoteurs de SETI (Drake en particulier) qui déclarait qu’en l’an 2000, il était sûr qu’une détection aurait été réalisée, ce qui n’est évidemment pas le cas.

Il faut comprendre qu’aucune technologie ne peut dépasser la vitesse de la lumière, non pas que celle-ci ne soit pas inventée mais parce que la structure de l’espace temps ne permet pas ce genre de Science Fiction. Dépasser la vitesse de la lumière remet en cause le principe de causalité, sans lequel notre compréhension de l’Univers devient impossible. En dépassant la vitesse de la lumière, il vous serait possible de remonter dans le temps pour y tuer votre père avant votre conception (alors que bien évidemment vous êtes déjà "conçu").

Maintenant, sans vouloir vous froisser, je ne pense pas une seconde que nous ayons eu le moindre contact avec d’éventuels extraterrestres. Je ne crois pas à une théorie du "complot" et, en tant que professionnel de l’astronomie, je n’ai moi-même, ni aucun de mes très sérieux collègues, été le témoin de quoique ce soit dans ce domaine.

Reste finalement, à apprécier la solidité du paradoxe de Fermi. Je vous en donne une clef : lisez donc le premier tome de la saga "Fondation" d’Asimov. Il suffit de lire quelques pages (la première en particulier), pour vous rendre compte du problème.

amicalement

Louis


15 juin 2006, par piotelat  Il existe une différence entre trouver une molécule dans une étoile et un signal artificiel dans l’univers.

Si un tel signal nous est envoyé en ce moment, il y a 99,9999% de risque que le radiotélescope d’Arecibo ne pointe pas dans la bonne direction. Les moyens des projets SETI en terme de pesonnels et de matériels ne sont pas comparables à ceux de l’astronomie classique, surtout en France.

Récemment, j’ai accueilli un étudiant en première année de BTS informatique pour un stage de 6 semaines. Il a lui-même choisi le sujet de son stage qui consistait à étudier un protocole réseau. Au bout de quelque jours, il est venu me voir en me disant que ce n’était pas réalisable. Il avait cherché sur Google des documents en Français et n’avait rien trouvé. Je me suis rendue compte qu’il lui manquait des notions importantes en informatique comme la relation client-serveur et qu’il n’avait pas cerné la difficulté de son sujet.

Je suis persuadée que nous en sommes au même stade que lui concernant SETI. Nous ne nous rendons pas compte de notre ignorance. De la même manière que l’étudiant a éliminé les documents anglophones, nous éliminons peut-être certains signaux reçus parce que nous n’avons pas d’algorithmes d’analyse approprié.

Certes, il faut remettre en question nos stratégies de recherche, mais sans doute pas tirer de bilan.

24 octobre 2006, par ComteZer0  J’ai arrêté de participer au projet seti pour consacrer plus de ressource au projet Climat Prediction.

Contrairement à ce que vous pouvez croire, j’ai assisté quand je regardais de temps à autre les données qui s’affichaient sur le client Seti, à un pic extraordinairement élevé sur une des unités de calcul, je dirais dans un raport de 1 à 1000 pour donner une idée de la taille par rapport au ’bruit de fond’ habituel. Je n’ai pas pris de screenshot de ce pic n’en ayant pas eu le temps, ni le réflexe, l’unité a été renvoyé avant d’être fini d’analysée et je suis convaincu que cette unité de calcul contenait une information qui contredit totalement le fait qu’on n’est toujours rien découvert.

Il est possible que ce pic puisse se trouver dans l’unité de calcul suivant au passage du radio téléscope, je n’ai pas noté les coordonnées ni l’identification de cette unité, car je fais totalement confiance dans les gens qui ont programmé le logiciel, et il pouvait sagir d’un bug de calcul sur ma machine de l’époque. Cela pouvait aussi être un test pour voir le comportement d’un utilisateur lambda suite à l’introduction d’une erreur volontaire dans l’unité de calcul, pour voir rapidement ses réactions avec la communauté. Je n’ai strictement rien dit à l’époque pensant que cela présentait certainement un intérêt, mais j’attendai une annonce officielle. De plus des erreurs avait été commise sur certaine unité, qui ont été recalculée, d’autre part cela pouvait peut-être du à l’explosion d’une supernova, quoi que cela soit très improbable, ou bien tout autre raison.

En tout cas, je confirme que j’ai bien vu un signal sur une unité de calcul qui était totalement différent de tous les signaux classiques que j’avais vu jusqu’alors. D’ailleur, rien ne nous dit que les signaux classiques ne contiennent pas déjà une information, mais que nous soyons simplement incompétents pour la décodée.

Cependant, s’il n’a jamais été fait d’annonce sur les découvertes du projet, cela me semble être pour des raisons évidentes, si effectivement un signal a été trouvé, il est possible que l’annonce n’est pas été effectuée officiellement comme il est prévu dans le protocole au niveau de l’ONU. Une raison est simple ; seuls les découvreurs disposent alors de cette information et ils peuvent l’exploiter seul dans l’espoir d’en tirer un bénéfice. Sachant que la plus part des informations viennent d’Université américaine, malgrè les contrats de coopérations entre nations, et malgrè la collaboration scientifique internationale, ce projet reste avant tout un projet américain.

Si donc ce signal existe, il faut encore pouvoir le décoder, et évidement, dans un premier temps je pense que les institutions gouvernementales américaine chercherons à être les premières à trouver le sens du signal. En conclusion, si une découverte est faite, il est probable que personne n’en soit jamais informé dans l’espoir d’en tirer un avantage stratégique au niveau politique mondial.

Que pourrai contenir ce signal ? Dans un premier temps, je pense qu’il contiendrait une forme de bonjour, de présentation de l’état des connaissances comme pour les sondes Voyagers I & II. Donc il y aurai un interêt à un gouvernement quelconque de disposer de ses informations surtout si par exemple elles expliquent comment les localiser, maitriser une nouvelle forme d’énergie ou de communication...
« Modifié: 26 novembre 2019 à 00:06:56 par Modération »
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Les vidéos sur SETI
« Réponse #12 le: 27 septembre 2008 à 01:11:47 »

vidéo invalide

Durée : 04:52 Pris le : 18 novembre 2006

Lieu : Belgique
SETI@home est une expérience scientifique qui utilise des ordinateurs connectés à Internet pour la recherche d'intelligence extraterrestre (SETI). Vous pouvez y participer en exécutant un programme gratuit qui télécharge et analyse les données d'un radio-téléscope.

Site Officiel : http://setiathome.berkeley.edu/

Classement des pays participant le plus à Seti@home :
http://www.boincsynergy.com/stats/country.php?project=sah

L'emission complète c'est par ici :

Seuls dans l'Univers? Partie 1/5
admn : vidéo indisponible




« Modifié: 26 novembre 2019 à 00:08:13 par Modération »
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Le programme SETI et Carl Sagan
« Réponse #13 le: 28 septembre 2008 à 12:51:51 »

Dans son éditorial du 26 septembre 2008 sur son blog "Ovnis-usa", Didier de Plaige fait le lien entre le projet SETI et l'appui de Carl Sagan (http://ovnis-usa.com/2008/09/26/vendredi-26-septembre/)

Citer
SETI a succédé au programme de recherches HRMS lancé par la NASA (High Resolution Microwave Survey), et bénéficia du soutien de Carl Sagan. “Il regroupe des projets dont le but est de détecter les signaux qu’une intelligence extraterrestre pourrait émettre, volontairement ou non, depuis sa planète d’origine.“

Qui était Carl Sagan?
Une fiche de lecture trouvée sur le net présente la vision de l'homme et de ses "travaux" de vulgarisation au travers de livres écrits sur lui:

http://icietmaintenant.fr/SMF/index.php?topic=4513.0
« Modifié: 18 septembre 2012 à 00:59:13 par katchina »
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Re : Le programme SETI
« Réponse #14 le: 28 septembre 2008 à 13:24:53 »

Sans aller jusqu'à accuser les projets SETI de désinformation, ce billet fait le point ci-dessous sur l'écoute des signaux qui  se situe à 1420 mégahertz, la fréquence de l’hydrogène, l’élément le plus courant dans l’univers. En présumant qu'une civilisation extra-terrestre utiliserait cette fréquence.

La recherche actuelle est-elle le meilleur moyen d'entendre un message d' ET: semaine du 6 septembre 2004



Les voix du ciel

On a beaucoup parlé d'extra-terrestres cette semaine: d'un côté, une rumeur qui veut qu'un signal radio ait enfin été capté. De l'autre, un chercheur qui évoque un service postal interstellaire...


La nouvelle a déclenché une tempête médiatique. Une entité venue des confins de l’univers aurait envoyé un signal capté par les scientifiques du projet SETI@home.

Malheureusement, les amateurs d’ovni peuvent aller se rhabiller. Le scientifique en chef de SETI@home, Dan Wertheimer, a démenti la rumeur en qualifiant d’exagérée la possibilité que le fameux signal vienne d’une intelligence extra-terrestre.

Depuis six ans, le radio-télescope d’Arecibo, situé à Porto Rico, scrute le ciel à la loupe afin de découvrir un tel message radio. Et pour analyser les milliards de données tombées du ciel, les concepteurs ont eu une idée : mettre à profit les ordinateurs de millions d’internautes. Ainsi est né le logiciel gratuit SETI@home, un écran de veille qui analyse les données envoyées par Arecibo, à la recherche d'un signal "suspect" qui se dégagerait du bruit de fond cosmique.

Or, la semaine dernière, coup de théâtre: le magazine New Scientist publie un article sur un signal dont l’origine serait possiblement extraterrestre. Le papier a rapidement fait le tour des médias. " Toute cette agitation n’est que pure fantaisie, affirme Dan Wertheimer. Nous n’avons rien trouvé d’anormal. Cette histoire est devenue disproportionnée", rapporte le site Internet de la BBC. 

Le fameux signal, capté en mars 2003, se situe à 1420 mégahertz, la fréquence de l’hydrogène, l’élément le plus courant dans l’univers. On présume qu'une civilisation extra-terrestre utiliserait cette fréquence. Par contre, le signal fluctue très rapidement –on ne peut donc l'entendre que pendant quelques secondes– ce qui réduit considérablement les chances qu’il ait été envoyé par E.T. Certes, il a été capté trois fois, mais sur les cinq milliards de données reçues, il est statistiquement probable que certains bruits se répètent trois fois par hasard.

 

Et pourquoi ne pas utiliser la poste?



En attendant, avons-nous raison de rêver à des signaux radio extra-terrestres? Un physicien et un ingénieur électrique prétendent que non. Sur la base de calculs publiés par rien de moins que la revue britannique Nature, ils affirment que pour une civilisation lointaine, il serait bien plus économique d'envoyer une lettre qu'un message radio.

Christopher Rose, l'ingénieur de l'Université Rutgers, et Gregory Wright, le physicien de la firme Antipodes Associates (New Jersey), ont même tenu compte, dans leurs calculs, d'une autre théorie surgie ces dernières années: celle qu'une civilisation puisse envoyer des signaux par rayons laser plutôt que par radio (un signal lumineux voyage plus loin et se détériore moins vite). Même ainsi, disent-ils, un colis envoyé par un service de messagerie cosmique serait "énormément" plus efficace qu'un signal lumineux. Il arriverait moins vite, mais il arriverait intact. Et il ne serait pas soumis à différentes contraintes, comme la nécessité, pour le récepteur, d'observer le ciel juste au bon moment et juste sur la bonne fréquence.

Leur recommandation semble tout droit sortie d'un roman de science-fiction: les scientifiques qui cherchent des messages extra-terrestres seraient plus avisés, écrivent-ils, de chercher des façons par lesquelles de tels messages pourraient être inscrits ou cachés dans notre environnement. C'était l'inspiration derrière le roman et le film 2001, l'odyssée de l'espace: un monolithe enfoui sous le sol lunaire par une civilisation passée par ici il y a trois millions d'années. Et les nanotechnologies ouvrent tout un nouveau spectre de possibilités: on peut désormais enregistrer beaucoup d'informations dans fort peu d'espace.

La revue Nature a non seulement consacré sa Une au sujet, elle a même confié à un troisième scientifique le soin de pondre une analyse de cette recherche inusitée. "Si des astroarchéologues devaient trouver une telle chose, ce ne serait pas la première fois que la science-fiction deviendrait réalité", écrit le Dr Woodruff T. Sullivan, de l'Université de Washington.

Les vétérans du programme SETI se sont toutefois contentés de sourire à cette pierre dans leur jardin. "C'est une lecture amusante, admet Paul Horowitz, de l'Université Harvard. Mais je n'éteindrais pas mon radio-télescope tout de suite."

 
Source: http://www.sciencepresse.qc.ca/archives/2004/man060904.html
« Modifié: 08 août 2012 à 02:24:05 par katchina »
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