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Auteur Sujet: L'Homme est un geôlier pour l'Homme  (Lu 720 fois)

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Sylvain34

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L'Homme est un geôlier pour l'Homme
« le: 04 décembre 2008 à 14:35:45 »

        Si nous avions une vraie conscience de ce que vit l’autre, si nous éprouvions une empathie aiguë envers la souffrance qui est la sienne, nous ne ferions pas la fête, nous ne tirerions pas de feux d’artifices dans nos assemblées joyeuses d’êtres humains contentés, et nous ne pourrions concevoir notre bonheur qu’à la seule et unique condition qu’aucun de nos semblables ne se trouve dans une situation de crise, de tristesse, de malheur ; nous ne pourrions pas sourire de manière complètement épanouie tant que celui-ci — séparé de nous par des mètres ou des kilomètres — n’aura pas atteint la paix de l’esprit.
        Si nous avions une vraie conscience de l’autre, nous ne nous encombrerions pas de superflus : plus de grosses voitures inutiles, plus de vastes soupés de roi, plus d’habits aux ornements faussement joyeux ; car notre argent irait servir les œuvres de charité, ces associations en tout genre qui luttent contre la progression de la misère. Mais, si nous avions une telle conscience, nous n’aurions même pas besoin de faire des dons : nos impôts ne serviraient qu’à cela, et tous nous en serions satisfaits car cela correspondrait à l’expression de notre nature profonde : cette nature emphatique qui nous caractériserait.
        Enfin, si nous avions une vraie conscience de l’autre, en moins d’un an l’âge d’or reviendrait sur terre. Nous ne dépenserions notre énergie que dans un but de bien être collectif, et le mot « égo » n’aurait plus qu’une très vague signification.
        Mais ce n’est, premièrement, pas le cas, et, deuxièmement, nous vivons dans des sociétés de tentations : deux vérités qui ne sont pas faites pour arranger les choses du point de vue de l’avènement de ce bien-être mondial.
        En effet : nous avons d’un côté une souffrance (peu importe sa forme et sa distance par rapport à nous) et d’un autre une foule de plaisirs (là aussi, peu importe lesquels, car ils sont différents d’une personne à l’autre). Au milieu de ces deux pôles : nous. Nous et notre temps. Nous et notre argent. Nous et notre énergie. Alors, la question est maintenant posée : Que décidons-nous de faire ? Bâbord ou tribord ? Notre temps, notre argent, notre énergie, dans quel sac décidons-nous de les mettre ?
        Mais... déciderons-nous vraiment, au fond ? Ne sommes-nous pas des êtres ballottés de part et d’autre, ballottés à cause de nos faiblesses et de nos émotions ? Et n’est-ce pas à l’issue d’un conflit intérieur (conflit dont on aura, du reste, qu’une vague conscience) que l’on aura l’illusion de choisir entre l’un ou l’autre, entre la tentation ou la peine, le plaisir ou la générosité ?
        Nous sommes, en fait, des êtres livrés à des forces inconnues, et ce, même si ces dernières se trouvent à l’intérieur de nous-même.
        Si nous étions volonté pure, ou du moins si nous avions une plus grande capacité en ce domaine-là, il y aurait alors des chances pour que l’aiguille de la bascule se porte d’avantage vers l’endroit où se trouve l’étiquette « générosité », car chacun à tout de même une petite idée des besoins fondamentaux de l’autre, et de voir souffrir un homme ou une femme n’a jamais rien apporté à personne, ni, certes, voir cet homme ou cette femme heureux ou heureuse pourrait-on objecter, mais cela serait faux : après tout, rares sont ceux qui veulent le malheur de l’autre, et je pense qu’il n’est pas dans la nature humaine de faire souffrir son prochain : ce sont les circonstances bizarres de l’arène dans laquelle l’Homme se trouve qui l’amènent à commettre ces fais. Donc, si cela est vrai, cela voudrait dire que l’humain est par nature plutôt bon, et que si son attention se porte vers l’autre, eh bien la détresse de cet autre va le préoccuper. Mais pourquoi ne le fait-il pas ? Pourquoi ne porte t-il pas d’avantage son attention sur cet autre qui souffre ? Eh bien, je pense que c’est au fond très simple : s’il ne le fait pas c’est qu’il n’en a pas les capacités. En fait il se fait « avoir » par sa faiblesse qui mange, qui avale, d’une certaine manière, son empathie. Et, de plus, c’est cette même faiblesse que son environnement (c’est-à-dire la société dans laquelle il vit) a repéré en lui et exploite à loisir ; elle l’exploite pour ses propres buts à elle, ses propres buts égoïstes et motivés eux-aussi par une faiblesse première — en l'occurrence la faiblesse de faire, quel qu’en soit le prix, du profit.
        Tout ceci constitue un cercle vicieux bien ficelé, un inexpugnable piège qui exploite la faiblesse de ce « prisonnier-malgré-lui » qu’est l’Homme ! Tout ceci le détourne encore plus de son instinct emphatique, en l’incitant, par incidence (car j’ose espérer que ce n’est pas une chose voulut consciemment), à dépenser et temps, et argent, et énergie ailleurs que dans une œuvre de bien-être au profit de ce même Homme.

     
        Sylvain
« Modifié: 04 décembre 2008 à 21:04:43 par Sylvain34 »
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pablo

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Re : L'Homme est un geôlier pour l'Homme
« Réponse #1 le: 04 décembre 2008 à 17:40:30 »

le geolier
le joyau- joyeux de s'être découvert aux travers de apparences.

Des mots qui en disent long, pour les acrobates.
Sur un fil; nous pendons.....notre vie et nos ressources.

si ce n'est....que je dois me déterminer. Faire un pas dans le vide. Sauter

Un puissant efford nous est requis. Une douleur dans le ventre. Le cri inespéré qui tue.

La joie inéfable de pas nier ni l'amour ni l'amitié. Percevoir la radiation extremment brillante que tu émets
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L'invisible, existe seulement, parcequ''il'' ne se voit pas.