Rencontres Rapprochées Avec le Pentagone: 1/4 Par Robbie Graham and Matthew Alford
Octobre 2009''Depuis 60 ans, des extraterrestres ont laissé leur griffe sur le ‘Hollywood Box-office’ dans certains des films les plus populaires de tous les temps comme Le jour oú la Terre s’arrêta (1951), E.T L’extraterrestre (1982), Independence Day (1996), Monsters versus Aliens (2009) etc..
A noter en passant, la franchise Transformers (2007) qui , à ce jour, a enrichi la mythologie ufologique de la bagatelle dépassant 1.5 milliard de dollars. Cependant, les aspects les plus intéressants des films Transformers sont moins évidents dans leur forme celluloïd qu’ils ne le sont derrière la scène, un système de production bâti sur une relation étroite entre Hollywood, l’armée américaine, et diverses agences gouvernementales. Alors que les détails du
‘’complexe militaro-industrio-divertissement’’ sont facilement documentés, l’histoire étrange de l’implication du gouvernement dans le cinéma ufologique Hollywoodien représente un chapitre oublié dans l’histoire du cinéma américain."
Manipuler la Perception: Passé et Présent"Bizarrement, et pour des raisons plutôt obscures, le gouvernement US s’est pris d’intérêt pour les films Hollywoodiens de soucoupes volantes dés les premiers jours du phénomène. Il y eut des efforts officiels pour déboulonner les ovnis en utilisant les médias dés 1953, efforts organisés par la Commission Robertson (sponsorisée par la CIA) qui décida que
''l’engouement du public pour les soucoupes volantes devait être activement découragé.'' La Commission recommanda que ‘’ la NSA prenne des mesures immédiates pour effacer l’aura de mystère dont les objets volants non identifiés sont malheureusement entourés’’ et que ceci ‘’devait être accompli par les médias de masse tels que la télévision et le cinéma…’’ avec des références particulières envers Walt Disney. (1)
Le documentaire de
CBS TV narré par le journaliste Walter Conkrite:
Ovnis: Ami, Ennemi, ou Fantaisie? (1966) montre la preuve sans ambiguïté de l’influence secrète de la Commission Robertson sur la représentation médiatique des ovnis. Dans une lettre personnelle adressée à l’ancien secrétaire de la Commission Robertson,
Frederick C.Durant, le
Dr.Thornton Page confie qu’il ‘’a aidé à organiser le programme de CBS TV afin qu’il se plie aux conclusions de la Commission Robertson’’, (2) malgré que ce fut 13 ans plus tard et en dépit du fait qu’il était personnellement en faveur de l’existence des soucoupes volantes.
L’implication du gouvernement dans les films sur les ovnis continue à se faire remarquer dans les productions Hollywoodiennes plus récentes. Prenons par exemple le succès au box-office du film d’une invasion aliène
Independence Day, qui, en dépit de la place des valeurs américaines et du leadership américain représentés, n’a pas réussi à obtenir la coopération du
Department of Defense (DoD) principalement à cause d’une intrigue concernant la Zone 51. (complexe militaire super-secret dans le désert du Nevada, serait d’après la rumeur la zone d’essais pour les technologies extraterrestres capturées, zone de Roswell également)
Le Pentagone a particulièrement exigé que toute connection qui puisse être faite entre le gouvernement et la Zone 51 ou Roswell soit supprimée du film, une requête apparemment basée sur la supposition ridicule que l’Aire 51 et le crash de Roswell soient inconnus de la moitié des américains.(3)
Il se peut que le DoD n’ait pas pu dicter de changements au scénario
d’Independence Day, mais son implication dans les deux films
Transformers (2007 et 2009) fut beaucoup plus profonde. Le scénario est truffé de références ufologiques et de rhétorique travaillée afin de laver l’armée américaine de toute complicité avec ce qui finit par être une couverture gigantesque de visites aliènes.
A la place, le spectateur est dirigé vers le ‘’secteur 7’’ d’appartenance pratiquement gouvernementale, qui cache ses recherches aliens
‘’Top Secret’’ depuis des décennies au sein de
‘’Projets à l’accès réservé’’ et tout cela sans le
need to know et l’accord d’un Secrétaire de la Défense choqué et concerné.
L’Air Force américaine (USAF) a fourni au metteur en scène de
Transformers Michael Bay l’équivalent de centaines de millions de dollars en équipement de haut niveau à utiliser dans le film de 2007, y compris l’avion furtif F-117 et le F-22 Raptor, première apparition au cinéma pour ce dernier. Le soutien du DoD fut tout aussi enthousiaste pour la suite de
Transformers (2009) puisque Bay a bénéficié de tous les avantages de la
‘’coopération entière et secrète du Pentagone.''La Gestion des Martiens"Le gouvernement est nettement moins enthousiaste pour le film à succès
Rencontres Rappprochées du Troisième Type (1977). Steven Spielberg révèle dans un journal australien ‘’que sa croyance ‘’ dans la vie aliène est scellée lorsqu’il réalise que le gouvernement s’oppose au film. ‘"J'ai réalisé qu'il se passait vraiment quelque chose quand la NASA a pris la peine de m'écrire une lettre de 20 pages en 1977. Ils étaient furieux après avoir lu le scénario de "Rencontres rapprochées du IIIème Type", et pensaient que ce serait un film dangereux..J’ai pensé qu’ils m’avaient envoyé cette lettre parce que Les Dents de la Mer avait influencé les gens dans le monde entier au point de croire qu’il y avait des requins dans les baignoires, pas seulement dans les océans et les rivières. Ils avaient peur que ce genre de croyance n’atteigne le public au sujet des ovnis.’’ 4
Rencontres du IIIeme type donne l’alarme pour les pouvoirs mais ce n’est pas le premier film sur les ovnis à le faire. A la fin des années 40, le gouvernement américain considère la question des soucoupes volantes de façon extrêmement sérieuse. C’est en 1948 que l’USAF produit son document Top Secret (qui prête à la controverse),
‘’l’Evaluation de la Situation’’, rapport officiel qui conclue que les soucoupes volantes sont d’origine extraterrestre. (5) Cependant, à la même époque, une autre faction de l’Air Force est en faveur de l’idée un peu plus digeste (quoiqu’aussi inquiétante) que les soucoupes sont une invention des soviétiques. Avec la perspective des communistes et des martiens au coin de la rue, il n’est pas étonnant d’apprendre que dés la production en 1949 du tout premier film américain sur les ovnis,
The Flying Saucer (1950), la nouvelle est vite enregistrée sur le radar de l’USAF.
Le metteur en scène
Mikel Conrad déclare en public que pendant le tournage, il a réussi à filmer une vraie soucoupe volante et que cette séquence sera utilisée dans son film. En septembre 1949, il déclare au journal Ohio Journal Herald:
‘’ J’ai des scènes de la soucoupe qui atterrit, qui décolle, qui vole et qui joue des tours.’’ Conrad ajoute que cette séquence remarquable est
‘’en sécurité dans un coffre à la banque.’’ et ne sera montrée à personne avant la sortie du film. Peu de temps après et durant 2 mois, Conrad fait l’objet d’une enquête officielle de l’Air Force. Des documents obtenus grâce à la loi FOIA (Freedom of Informatiom Act) révèlent qu’un agent du Bureau des Enquêtes Spéciales de l’Air Force est envoyé non seulement pour le cuisiner au sujet de ses revendications, mais aussi pour assister en privé à la première projection de son film terminé.
Les revendications fantastiques de Conrad ne tiennent pas la route lorsqu’elles sont confrontées à l’USAF, il admet que son histoire de soucoupe n’était rien d’autre qu’un plan de marketing sophistiqué conçu dans le but de générer un buzz médiatique autour d’un film insignifiant. (6) Néanmoins, selon le chercheur
Nick Redfern le cas de Conrad démontre
‘’ qu’à cette époque l’Air Force s’intéresse vivement aux films de fiction sur les ovnis.’’ Redfern, qui a étudié les documents d’origine du cas Conrad, suggère que l’Air Force a peut-être considéré que ‘’le problème est que quelqu’un fasse un film sur les ovnis en y incorporant des images d’évènements réels.’’ (7) Redfern suppose qu’à partir de ce moment là, l’Air Force avait appris à épier l’arrivée d’autres films agaçants sur les ovnis ainsi qu’à surveiller, si ce n’est contrôler, leur contenu sous prétexte de sécurité nationale.
Ce scénario semble possible au vu de la production d’un important documentaire ufologique en 1956, nommé
U.F.O, ce qui pousse l’USAF à établir des plans éventuels pour contrer les retombées anticipées du film dés sa sortie. Le directeur du service des enquêtes ufologiques officielles de l’Air Force, le Projet Blue Book, le Capitaine
George T. Gregory a la charge de surveiller non seulement la production du film mais aussi la réception que lui feront le public et la critique. Croyant que le film provoquerait
‘’une montagne de polémiques dans les chaumières’’, l’USAF avait préparé un dossier spécial qui déboulonnerait chaque observation de soucoupe examinée dans le film et alla jusqu’à envoyer trois de ses agents Blue Book fournir
‘’une assistance technique’’ aux producteurs afin de contrôler le contenu du documentaire." 8
Robbie Graham is a doctoral candidate at the University of Bristol.
Matthew Alford, Ph.D is author of the forthcoming book: “The Military-Industrial Dream Factory: How and Why Hollywood Supports U.S. Foreign Policy” (Pluto Press, 2010)
Références(1) Report of Scientific Advisory Panel on Unidentified Flying Objects Convened by Office of Scientific Intelligence, CIA: January 14 – 18, 1953, available at:
http://www.cufon.org/cufon/robert.htm. See also: Dolan, Richard M., UFOs and the National Security State: Chronology of a Cover-up 1941-1973 Revised Edition (Charlottesville, VA: Hampton Roads Publishing Company, Inc., 2002) pp.122-131.
(2) Letter from Thornton Page to Frederick Durant, Sept 8, 1966, Smithsonian Institution Archives, Record Unit 398, Box 61, Folder No. 4, cited in: Hansen, Terry, The Missing Times: News Media Complicity in the UFO Cover-up (Self Published, 2000), pp.254, 330.
(3) Suid, Lawrence, Guts and Glory: The Making of the American Military Image in Film, Revised Expanded Edition (University Press of Kentucky, 2002), p.590.
(4) Heathwood, Gail, ‘Steven Spielberg’, Cinema Papers, April – June, 1978. Our requests to NASA and to Spielberg for a copy of the 20 page letter have been unsuccessful. Spielberg’s publicist Marvin Levy assured the authors on two separate occasions that he would pursue Spielberg on the matter but has since become unresponsive.
(5) The Estimate of the Situation was first mentioned in print in 1956 by former Project Blue Book Head Captain Edward Ruppelt. The Estimate’s conclusions so alarmed Chief of Staff General Hoyt S. Vandenberg that he ordered all copies of the document incinerated; a few survived, however, one of which was examined by Ruppelt. See: Ruppelt, Edward, The Report on Unidentified Flying Objects (Middlesex: The Echo Library, 2007), p.45.
(6)Redfern, Nick, ‘The Flying Saucer That Never Was’, Intermediate States: The Anomalist, Vol. 13, Oct. 2007, p.51.
(7) Redfern, Nick, telephone interview with Robbie Graham, Oct. 30, 2008.
8 Barrow, Robert, ‘U.F.O. Revisited’, Official UFO Magazine, 1976, available at:
http://www.nicap.org/ufochop1.htm. See also: Meehan, Paul, Saucer Movies: A UFOlogical History of the Cinema (Maryland: Scarecrow Press, 1998), pp.66-67.
Source