Soixante-deux ans plus tard, les tentatives de l'US Air Force de couvrir l'incident de Roswell continuent de prendre l'eau de tous côtés. Le chercheur Anthony Bragalia s'était déjà illustré
le 11 mars dernier, en recueillant le témoignage d'un pompier de la ville, confirmé par Kevin Randle.
Cette fois, il a reçu les confidences du Lieutenant-Colonel Raymond Madson, aujourd'hui âgé de 79 ans. C'est lui qui dirigeait le programme de largage des mannequins. Il dénonce comment un officier du Renseignement de l'Air Force, le Capitaine James McAndrew, a utilisé les informations qu'il lui avait confiées pour fabriquer un rapport mensonger.
Le rapport officiel publié par l'Air Force en 1997 devait établir que le crash de Roswell en 1947 n'était qu'un "mythe". Raymond Madson explique aujourd'hui ce qui s'est passé. Le Colonel va plus loin, puisqu'il pense que des aliens ont été victimes de ce crash.
Il a raconté à
Anthony Bragalia comment il avait été "utilisé" par un agent "en mission", chargé de produire une version de commande, mais nullement intéressé de savoir ce qui s'était réellement passé à Roswell.
http://ovnis-usa.com/DIVERS/RoswellReportCaseClosed.rarCe "Rapport sur Roswell : Affaire classée" a servi à déboulonner l'incident. Il avait été présenté par l'US Air Force comme la version officielle et définitive. Le Capitaine McAndrew y expliquait que les témoins avaient confondu les prétendus cadavres d'aliens avec des mannequins largués en haute altitude pour effectuer des tests. McAndrew s'était attaché à faire croire que les fermiers locaux avaient été victimes de méprises en voyant ces pantins écrasés au sol, et les avaient pris pour des créatures d'un autre monde. Précédemment, un autre rapport de l'Air Force sur Roswell avait conclu que le "vaisseau" dont avaient parlé les témoins n'était qu'un ballon-espion, relevant du projet top-secret "Mogul".
"Raymond Madson m'a récemment raconté qu'il avait été le responsable entre 1956 et 1960 du Programme des mannequins, connu sous le nom de "High Dive", devenu Excelsior, à partir de la base AF de Holloman.
Il avait conçu et dirigé les tests qui consistaient à larguer des modèles anthropomorphes depuis des ballons évoluant entre 17.000 et 30.000 mètres. Ils faisaient partie d'un programme qui consistait à perfectionner l'éjection à haute alitude de pilotes dotés de parachutes. Il avait analysé les problèmes afin de perfectionner les systèmes destinés aux futurs avions."
Le Capitaine McAndrew avait passé deux jours avec Madson.
Son rapport cite extensivement son travail, et reproduit les nombreuses images qu'il lui avait confiées. On y trouve même son affidavit du 20 juin 1995 aux pages 180-181. Madson constate que s'il avait effectivement écrit à la demande de McAndrew : "on aurait pu confondre les mannequins avec autre chose" - il lui avait néanmoins précisé qu'ils seraient très loin de pouvoir passer pour de petits êtres aliens ! Raymond Madson avait ajouté que tout le monde était bien au courant qu'il s'agissait de sortes de "grosses poupées".
Il avait surtout averti McAndrew que la période concernée, où ces tests avec les mannequins avaient commencé (1956), ne pouvait coller avec l'époque du crash de Roswell - il y avait un décalage de plusieurs années. Finalement Madson avait dit à McAndrew que "nos tests nécessitaient des mannequins de 2 mètres, parce qu'ils devaient représenter de grands adultes. Les aliens dont il avait été question à Roswell avaient parait-il des tailles d'enfants."
McAndrew avait entendu ses objections, mais n'avait pas semblé réagir.
"En fait, le rapport final de McAndrew sur Roswell n'avait tenu aucun compte des avis de Madson ! Il était devenu évident que McAndrew ne souhaitait publier que les commentaires susceptibles d'accréditer sa thèse. McAndrew avait cité Madson, mais sans tenir compte de ses avis sur ce qui avait pu réellement se passer à Roswell !"
"Madson atteste que McAndrew a fidèlement reproduit ses paroles, mais le contexte du rapport induit le lecteur en erreur. Au fond, Madson pense qu'on "s'est servi de lui". Il n'était pas du tout d'accord pour accréditer l'idée que ces mannequins avaient pu tromper les témoins. Madson m'a précisé que les mannequins portaient des marquages, et des instructions pour les rapporter en cas de découverte, contre une récompense de 25 dollars. C'était pour lui une autre raison pour laquelle l'explication de l'Air Force ne pourrait tenir la route. En fait, McAndrew n'avait cherché qu'à obtenir de Madon tous les détails nécessaires sur le programme de larguage, et qu'il était seul à connaître, pour construire le rapport de déboulonnage requis par l'Air Force."
Madson s'était plié à cette requête, mais il avait ressenti "un certain malaise". Il se demande aujourd'hui pourquoi l'US Air Force s'était sentie obligée à l'époque de fournir une explication au sujet d'éventuels "cadavres" aperçus sur le lieu d'un crash "qui n'était pas censé avoir eu lieu". Il ajoute : "Je me rends compte maintenant que la démarche n'était pas logique."
"J'ai évoqué avec Madson le fait que l'Air Force avait déjà précédemment (en 1994) publié un "rapport final" sur Roswell, en expliquant qu'il s'agissait du crash d'un ballon Mogul top-secret ["The Roswell Report: Truth Versus Fiction in the New Mexico Desert"]. Pourquoi alors, trois ans plus tard (en 1997) produire un autre rapport avec cette fois l'explication des mannequins ? Si c'était un ballon, l'enquête devait se terminer là. En paraphrasant Shakespeare (Hamlet), "Nous pensons qu'ils protestent trop". McAndrew s'était montré tellement opposé à l'idée qu'il puisse s'agir d'un crash alien, qu'il avait perdu tout crédibilité et révélé ses motivations cachées."
Madson est devenu plus explicite : "Je n'avais pas confiance en McAndrew. En fait, je n'aimas pas du tout le personnage. Je n'appréciais pas ses procédés." L'auteur du rapport ne lui avait retourné aucune des photos qu'il lui avait fournies. Madson se souvient qu'après avoir lu le rapport de l'Air Force - et choqué de son contenu - il avait appelé plusieurs fois McAndrew, mais que l'autre n'avait jamais donné suite. Il s'était demandé s'il n'aurait pas du s'adresser à ses supérieurs.
"Il est révélateur d'entendre Madson déclarer : "McAndrew avait une mission à remplir." Il n'a aujourd'hui aucun doute que McAndrew "n'agissait que dans un seul but", et qu'on attendait de lui "un certain résultat." Je lui ai demandé si McAndrew avait cherché à connaître la vérité sur Roswell... Madson m'a simplement répété : "Non, il était en mission." J'ai insisté pour savoir si à son avis McAndrew avait lui-même pu croire à ses propres conclusions. Il a fait une pause, et il a répété : "McAndrew avait clairement un objectif."
Madson ne craint pas d'affirmer que l'Air Force avait utilisé son "programme de largage de mannequins" pour produire une explication peu convainquante, pour servir de couverture à une affaire de crash d'aliens.
Madson conclut : "Nous savions à l'époque que nous ne devions pas trop échanger sur le sujet. Mais aujourd'hui, elle y pense très souvent, et moi aussi."
SourceVoir également :
http://ovnis-usa.com/stanton-friedman-laughlin-2009/