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Auteur Sujet: Dr. John Chang  (Lu 7759 fois)

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masque soleil

  • Invité
Re : Dr. John Chang
« Réponse #15 le: 31 décembre 2009 à 00:26:48 »

Alioune,
 Nemo avait raison de vouloir de l'exigence, un forum n'a rien à gagner avec du bruit et ton message était succinct et mollement cynique.

Il avait aussi raison car tu en avais bien plus à dire, et des choses ma foi bien intéressantes.  :)Merci

La méditation est certainement un bon outil pour s'observer et peut être pour se protéger des ultra-terrestres ;D

Le travail vers une connaissance objective (validé par des informations vérifiées et recoupées) aussi, et l'un ne semble pouvoir aller sans l'autre.

Mais c'est pour ça qu'on est là et que l'on a bien raison d'être exigeant :).





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samkoka

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  • Messages: 6
Re : Dr. John Chang
« Réponse #16 le: 03 mai 2010 à 22:19:11 »

Voilà ce que j’ai retenu pour ma part de la lecture des textes gnostiques et plus particulièrement “l’hypostase des archontes”.

Pour les gnostiques du IIe siècle (Basilide, Carpocrate, Valentin), l’être humain est une création ex nihilo mais délibérée, d’entités célestes « archontiques ». (Archontes: dans la société grecque ancienne, autorités séculières assistant les nécessiteux et gérant leurs intérêts, mais aussi autorités morales, religieuses, artistiques et même guerrières, établissant le Code civil -public et privé- et organisant les rituels propres à chaque dieu). Pour des raisons confuses qui leur étaient propres et déclarées suspectes par les auteurs anonymes des textes découverts à Nag Hammadi, ces « maîtres » célestes eurent besoin de créer des sujets élémentaires par  lesquels vérifier, en l'expérimentant, leur pouvoir créateur et accessoirement mettre le produit de leur création au service de leurs œuvres. (Cette dernière intention étant déjà celle qu’ambitionnaient les anunnakis des textes sumériens.) Ils étaient donc décrits comme des propriétaires terriens, présidant au devenir du cheptel humain qu'ils s'étaient concocté, sans préjuger de ce que donnerait le cocktail d'ingrédients génétiques qu'ils avaient élaboré pour la circonstance: mi-archonte mi-hominidé.  (Il se peut que les mystérieux «me» qui reviennent sans cesse dans les textes cunéiformes de  Mésopotamie, sont une transpolation de ce qu'ont pu comprendre et retenir les peuples de la région, des  caractéristiques et compétences devant résider chez le « lulu » (travailleur primitif en sumérien), à l'instigation de ses promoteurs (listes de ces « me » indéfinissables chez Samuel Noah Kramer, L'histoire commence à Sumer).

L'histoire sumérienne ainsi que celle d'autres traditions, rapportent que les relations entre ces démiurges autoproclamés et leurs créatures humaines, après des débuts iréniques,  se compliquèrent inéluctablement; en particulier, lorsque nos créateurs commencèrent à considérer d'un œil à la fois curieux et soucieux, mais surtout réprobateur, la lente dérive égotiste de cette colonie d'adamas qui allait donner l'humanité. Et cela, surtout après que l'homme eut acquis de certains archontes instructeurs (cf. Enki/Ea, Ninhursag, Inanna) des éléments de leur savoir dans le domaine de la cosmologie, de la nature physique du monde et du pouvoir créateur de l'esprit. L'homme allait faire de ces informations, la matière d'une pensée incompréhensible pour ceux-là même qui les leur avaient transmises: exister au monde en la forme matérielle est une chute. (Pour les gnostique, c'est le seul et vrai « péché »! Mais il est le fait des Archontes et non celui de l'homme, puisque c'est la coupable intention créatrice de  ceux-ci qui a projeté la potentialité « homme » dans l'ordre de la matérialité triviale.

Il est à remarquer que le mot « péché » est traduit dans la version grecque du Nouveau Testament  par «amartia» qui signifie : «rater le but»!!!) Dès lors, la réparation de cette erreur constitutive, dans la pensée gnostique consiste en la réintégration de l'état d'absence d'état, d'avant l'anomalie de la création du monde (le cosmos) tel qu'il est perçu en son expression des phénomènes. Pour ce faire, l'homme n'a précisément rien  à faire de particulier, si ce n'est, une fois saisie l'étrangeté de sa présence (déplorable) au monde, éventuellement user son existence présente contre la pierre ponce de l'expérience, dans l'attente ou pour la favoriser, de la dissolution des corps... D'où cette image de marque attachée aux gnostiques de la haine du corps et de leurs prétendue philosophie dualiste; notions trop simplistes pour espérer saisir la vraie substance de cette intuition numineuse et toute sa délicate saveur. (Pour un aperçu limpide de celle-ci: « L'évangile de Thomas » commenté par  Émile Gillabert).

Concernant ces entités célestes créatrices, il se pose la question de la substantialité de ces formes intelligentes, dont il est dit ailleurs, qu'elles sont d'une « corporéité subtile » ce qui leur permet de prendre à leur convenance la semblance nécessaire pour mener à bien leurs œuvres le plus souvent abusives. Le père franciscain du XVIIe siècle, Ludovico Maria Sinistrari parle ainsi des succubes et des incubes, comme de dieux déchus, obsédés d'accouplement (avec hommes et femmes) et capables de prodiges divers comme celui de traverser les murs, de dématérialisation et de s'introduire dans le corps et l'âme des gens. (Il rappelle qu'ils sont de plusieurs sortes, que Platon appelait ces  « êtres du genre animal », passifs, intelligents, raisonnables, aériens, éternels, du nom de démon, qui signifie plein de sagesse. Aussi, le diable devrait-il s'appeler cacodémon et les anges bons, eudémon.) L'inquisiteur italien fait un lien avec les unions des fils des dieux avec les filles des hommes comme rapportées en Genèse 6,4. dont les rejetons sont, à l'instar de ceux nés des incubes et/ou des succubes, de grande taille, forts, tyranniques et violents.

Une fois créés (après toutes sortes de débats entre archontes concepteurs quant à leur sexe, leur vocation, leur durée de vie, leur limitation psychique, selon un cahier des charges apparemment très précis) , les hommes ont commencé de rayonner leur “humanitude” dans le registre du vécu subjectif et des prétentions à se sentir autre chose que des objets corvéables à loisir par leurs maîtres. Mais cette volonté d'autonomie ne devait pas aller sans faire problème, car certains hommes se mirent à dénoncer l’idée que leur conception première fût l'œuvre d'entités aussi grossières dans leurs intentions qu'arrogantes dans leurs prétentions, au moins pour leur plus grand nombre. Ces hommes en arrivèrent à se déclarer d'une conscience de la Réalité ultime du Monde supérieure à celle dont pouvaient être capables leurs créateurs organiques.

Cependant, il semble que parmi ceux-là,  il s’en est trouvé un petit groupe pour se montrer plus réceptif à cette idée totalement humaine, qu’il existait un ordre supérieur, transcendant, à celui des phénomènes sensibles, auquel chaque être créé était irrémédiablement intriqué; certes les humains, mais aussi et imprescriptiblement leurs créateurs, tout démiurge qu'ils voulussent paraître. Ces archontes-là allaient devenir les initiateurs ambigus de la destiné de l’espèce humaine en manipulant son inclination spontanée à se donner des divinités à célébrer, mais aussi en instrumentalisant ses travers psychologiques encore plus troubles. Parmi ces derniers, il en est un qui devait connaître un brillant avenir comme ressort du scénario humain, la propension irrépressible de l'homme à isoler ses sensations, c'est à dire, comme le Bouddhisme le décrit, scinder la Réalité avec l'illusion de pouvoir ainsi mieux la comprendre à travers des catégories; aspects particuliers du vécu sensible qui sont d'abord utilisées comme génératrice de références conceptuelles et ces dernières comme argument de validation des croyances, des  idéologies, en fait de toute la production subjective humaine. Il était donc à la fois facile et tentant pour de faux dieux en quête de moyens de contrôle, de choisir dans cette  panoplie d'instruments de sujétion, les meilleurs d'entre eux  pour un usage régulateur voire coercitif.

C’est ici que réside le nœud central de la discipline et de la subversion gnostique; on pourrait même dire que c’est tout ce qu’il faut garder à l'esprit pour comprendre les ressorts de l’histoire qui suivra telle que tardivement rapportée (du point de vue des archontes) dans la Genèse. Il faut retenir que le terme de « gnose » signifie certes « connaissance », mais ce n'est pas un savoir théorique et encore moins théologique  telle que nous les connaissons sous la forme des monothéismes à usage de masse: il s'agit de la découverte que peut faire éventuellement un individu de sa condition limitative (l'esprit ordinaire de l'homme est naturellement borné par la raison, prévu pour ne pas comprendre/découvrir ce qu'il est en tant que phénomène matériel) expérimentant la Réalité à la manière humaine et seulement humaine, c'est à dire interprétative. Il est donc une « machine » biologique, susceptible peut-être, par l'usage qu'en fait l' « incorruptibilité », qui le traverse et l'anime, de saisir par ce truchement, qu'il existe un ordre supérieur d'où émane tout ce qui est. La gnose est celle-là: connaissance à la fois de la condition phénoménale dans laquelle est « tombé » l'homme du seul fait de son apparition et intuition/accession, si le soi accepte d'être mis en suspend, que tout baigne dans une trame insoupçonnable, inconnaissable, intemporelle (Plérôme), d'où chaque chose créée procède et retourne.

(C'est le message de Jésus, qui n'est pas Dieu mais un maître spirituel accompli, a peu près compris de personne et totalement adultéré par l'eschatologie chrétienne. Il suffit pour s'en convaincre de considérer son désespoir rapporté dans l'Évangile de Thomas, devant la rusticité mentale de ses compagnons quand il tente de les faire accéder à la compréhension dernière, alors qu'ils ne réclament que recettes, moyens, trucs et avantages. )

Ainsi donc, selon les textes gnostiques: L’homme a bel et bien été créé par des entités célestes, probablement multidimensionnelles, mais celles-ci n’ont en aucune manière droit à une reconnaissance de la qualité divine. Pour les gnostiques, il est clair et évident que les archontes ne sont que des êtres, même incorporels, appartenant à la création cosmique dans son ensemble, au même titre que chacun de ses éléments ("car le manifesté est conçu à partir du caché" est-il dit), sans privilèges particuliers. Cela est d'autant plus vrai que les gnostiques font agir le Père par la bouche des archontes afin qu'ils se trahissent (sans le savoir) des conséquences de leurs injonctions, aux yeux-même de leur créature humaine. En effet, l'interdiction faite à  Adam de manger de l'arbre du bien et du mal est en fait destinée à lui permettre d'acquérir la capacité de connaître la nature de ses "maîtres": "Et les archontes lui donnèrent un ordre en disant : " De tous les arbres qui sont dans le paradis, tu mangeras, mais de l’arbre de la connaissance du bien et du mal, n’en mange pas et n’y touche pas non plus, car le jour où vous en mangerez vous mourrez de mort.

Ils lui disent cela sans comprendre ce qu’ils lui ont dit. Mais c’est par la volonté du Père qu’ils ont dit cela de cette façon afin qu’il mange, – et qu’Adam les voie, étant devenu entièrement matériel." (Hyp. Arch.) On découvre ainsi incidemment que la contrepartie de l'accession à la connaissance, c'est à dire à la discrimination du monde pratiquée par le mental (par exemple: bien/mal), est la matérialisation définitive de ce dernier. Le monde devient pertinent du fait de son énonciation par l'homme, mais c'est donc désormais un monde à représentation et à usage strictement humains.[Voilà d'ailleurs en quoi consiste le décret de la destinée chère aux textes sumériens : un fois créé, l'homme fut  apprécié à l'aune de sa compétence expressive (ce à quoi il pouvait être utile) et son sort fut scellé (par Enki). Cela signifie que les ajustements génétiques finaux devaient régler les paramètres de durée de vie, de capacités cognitives et de conscience, à l'intérieur desquelles l'adama aurait à exprimer sa manifestation au monde: suffisamment haut réglés pour une activité industrieuse de son intelligence, mais trop bas pour accéder à la pure conscience d'être. Dés lors, quand celle-ci se manifesterait, ce ne serait qu'à la faveur d'un échappement du bridage intrinsèque d'origine, c'est à dire, une anomalie. C'est ce confinement dimensionnel et cette limitation psychique que les gnostiques avaient découvert, à partir desquels ils rangèrent l'homme terrestre en trois catégories: hyliques, psychiques et pneumatiques. Ces derniers étant une rareté. ]

Mais il est de fait, et il suffit pour s'en convaincre de relire sans préventions ni préjugés l'A.T., que ces visiteurs célestes n'ont eu de cesse de vouloir se faire reconnaître le statut divin au travers d'une propagande éhontée; cela, pour avoir compris tout le parti qu'ils pourraient tirer de la vanité d'une humanité avide de distinction et de bien être matériel, et qu'il était donc facile de subjuguer par l'attribution intentionnelle de gratifications quelconques comme celle du label de peuple élu. Chacune des parties en présence (créateurs et humains) estimant avoir de bonnes chances de tirer des bénéfices ultérieurs de ce contrat tacite, qui revenait à accorder à l'autre l'élection demandée: statut divin/peuple préféré. Tentatives de captation réciproque encore compliquées des rivalités entre "dieux" eux-mêmes qui se disputaient apparemment le leader ship de l'exploitation de la ressource humaine. (Jérémie 2, 8: "Les sacrificateurs n'ont pas dit: Où est l'Éternel? Les dépositaires de la loi ne m'ont pas connu, Les pasteurs m'ont été infidèles, Les prophètes ont prophétisé par Baal, Et sont allés après ceux qui ne sont d'aucun secours."  Jérémie 2, 11: " Y a-t-il une nation qui change ses dieux, Quoiqu'ils ne soient pas des Dieux?")

Le père jésuite Salvador Freixedo insiste sur ce point dans son livre "Défendons-nous contre les dieux", où il dénonce le subterfuge de la religion chrétienne promouvant  un Dieu favorable à ses créatures terrestres. Il y écrit: " La théologie du Dieu véritable et unique est fausse; la théologie des faux dieux est la vérité." (On comprendra qu'il ait été exclu de son Ordre et mis à l'index par le Vatican. Pour cette seule raison, il faut le lire, bien que, et cela n'est pas à l'honneur de nos éditeurs, aucun de ses nombreux livres n'est traduit en français...)

Lesdits archontes finirent par ne plus aimé du tout cette exigence utilitariste des hommes ordinaires qui en voulaient toujours plus, réductrice de surcroît de leur statut démiurgique et ils commencèrent de prendre en grippe la gent humaine pour son inacceptable insolence de sembler les juger. Et cela d’autant plus que  parallèlement, des hommes encore moins dociles, voire rebelles, concevaient puis élaboraient la perception d’une divinité supérieure à toutes les autres, omniprésente et toute puissante, infiltrant chacune de ses créations en tant qu’émanation de sa propre nature. (Par la suite les gnostiques la desubstantialisèrent, ils la conçurent en tant que Tout intemporel, sans forme ni substance, qu'ils appelèrent "incorruptibilité" ou "le Père de tout".)

Conception dont s’empressèrent de se saisir les archontes triviaux avec l'intention d'en usurper la toute puissance symbolique, pourtant intentée par le cerveau des hommes, en cherchant à leur faire admettre cette identification en forme de fusion contre nature. “Je suis le premier et je suis le dernier, Et hors moi il n'y a point de Dieu".(Esaïe 44, 6. 45, 21.)  Votre divinité, c’est nous! proférèrent les imposteurs à leurs créatures. Que nenni répondirent-elles, vous n’êtes que des gros porcs prétentieux! ("Or le corps que possèdent les archontes est femelle, c’est un avo[rton] à l’aspect animal. " Hyp. Arch.) On comprend que les rapports des deux factions ne purent que s’envenimer  au fil des ères devenues temporelles et au gré des nations désormais identitaires et passer par toutes sortes de tribulations et lassitudes; parfois les associant dans des intérêts communs, d'autres fois les opposant  dans leurs prétentions au travers de tentatives de duperies respectives. Du fait même de sa nature grossière, l'homme devait se mettre au service de son historiographie qu'il voulut constamment grandiose et oublier les avertissements des lucides gnostiques. (Jérémie 16, 16-20: "L'homme peut-il se faire des dieux, Qui ne sont pas des dieux?" )

Il y avait cependant ce petit cénacle d’archontes en apparence  plus réservés, peut-être curieux d'esprit, intelligents sans doute, en tout cas perméables à cette nouveauté métaphysique d'un Tout; une manière de savants, de philosophes ou de simples expérimentateurs, qui ont interrogé les hommes sur cette vision d'un ordre immanent, bien qu'insaisissable pour le plus grand nombre, des choses d'un monde, le leur, qu'ils découvraient en même temps qu'ils le créaient (du seul fait de sa capacité d'énonciation: Ge 2,19-20). (On ne peut que penser à celui qui prévient Ziusudra, le Noé babylonien de l'Epopée de Gilgamesh, de l'imminence d'un déluge, caché derrière un mur de roseaux; plus antérieurement encore, chez les sumériens en la personne d'Utnapishtim.) Ces archontes-là ont apparemment fait figure selon l'esprit des textes, d'accompagnateurs de leur adam natif pour en observer ce qu'il pourrait leur apprendre depuis son regard insoupçonné, de l'ordre phénoménal du monde. Mais en particulier, qu'il continue à produire cette pensée étrange dont eux-mêmes se savaient incapables ("les êtres psychiques, en effet, ne peuvent saisir le spirituel car ils sont d’en-bas alors que celui-ci est d’en-haut" Hyp. Arch.) .

Peut-être ont-ils vu dans cette production intellectuelle humaine un embryon de réponse à des questions qu’ils se posaient bien avant la création de leur rejeton humain. On ne peut s’empêcher d’imaginer ce qu'a pu être leur     étonnement devant la capacité humaine ordinaire à élaborer des croyances, des systèmes, des théories, des concepts, sous la forme d’un suintement mental permanent, tellement caractéristique de notre “humanisme”. L'adam fut ainsi appelé à instruire ses créateurs de la pertinence conjoncturelle de son entendement et lorsque celui-ci fut sollicité par eux, commença alors un processus évaluatif (qui continue à cette heure si l'on considère la nature insolite du phénomène ovni), sorte de tests psychotechniques avant l'heure; ceux-ci devaient informer les visiteurs de la Terre, des diverse habiletés de ses habitants incarnés et des susceptibilités de l'usage qui pouvait en être fait.

C’est ainsi qu’ils virent naître d'abord puis accompagnèrent et orientèrent ensuite, certains mouvements messianiques, en suscitant d'autres, en pensant faire œuvre utile à leur propres intérêts “culturels” et à la protection des hommes contre leurs propres travers belliqueux. Mais la vérité est tout autre. Le "destin" de l'homme, voulu par le schéma de Dieu ("l'incorruptibilité"), semble avoir été de devoir donner la réplique et tenir tête aux archontes prétentieux en leur fournissant un interlocuteur (créé par eux de surcroît) capable de leur renvoyer leur inanité grâce à sa supériorité  conceptuelle. Pour ce faire, l'adam a dû les rejoindre dans le registre matériel de l'ordre du monde en perdant sa composante spirituelle: l'homme est psychique et non ses créateurs; la femme "née"  de lui (selon le modèle biologique humain), a commencé par être spirituelle (c'est à dire "neuve d'esprit" comme celui d'un enfant) afin d'instruire l'homme de sa nature supérieure à celle de ses créateurs, mais pour avoir fait front aux archontes, sont esprit fut adultéré par l'intermédiaire du serpent ("...et la femme se moqua d’elles à cause de leur stupidité et de leur aveuglement et elle devint arbre à cause d’elles" Hyp. Arch.) (Les puissances dont se moque la femme et qui la désirent, finissent par lui faire découvrir la matérialité des catégories symboliques "bien et mal"; ce qui signe la chute du genre humain dans l'ordre de la scission, de la séparation, du discriminatif, avec toutes les conséquences qui en découlent: comparaison, envie, convoitise, rapport de force, sujetion, oppression, soumission, etc. ("Et leur malice s’ouvrit, elle qui provenait de leur ignorance, et ils comprirent qu’ils étaient nus du spirituel." Hyp. Arch.)

On comprend ainsi que l'accession à l'arbre de la connaissance est un cadeau empoisonné. ("Ils jetèrent alors les hommes  dans de grandes tribulations et dans les soucis de l’existence, afin que les hommes soient accaparés par la vie matérielle et n’aient pas le loisir de s’attacher à l’Esprit saint." Hyp. Arch.)   Ainsi, le serpent, symbole du potentiel génétique inscrit en chaque être humain, et de ce fait instrument final de Dieu, s'éveille dans l'esprit de la femme pour la pousser à ne pas respecter l'injonction archontique du renoncement à la connaissance, afin d' affliger ceux-là mêmes qui l'ont formée. (Ceci n'est pas une contradiction, les archontes étant seulement soucieux de préserver ce qu'eux-mêmes considéraient comme leur bien propre, du ressort de leur prérogative, base de leur pouvoir qu'ils n'entendaient pas partager, surtout avec leur rejeton terrestre.)  On comprend que cette "sympathie" de quelques archontes reptiliens pour la “dérive mentale” des humains, était donc surtout destinée à objectiver l'acte divin de confiner archontes et humains dan le mêmes registre d'"en bas", terrestre, c'est à dire bassement matériel, afin qu'ils s'y opposassent en des luttes infinies. Non par désir de quoi que ce soit, l' "incorruptibilité" est sans désir, mais parce que l'ordre matériel du monde déroule naturellement ses contingences dès lors que leurs occurrences se trouvent réalisées. Dans ce cadre de causalités circulaires, la trahison du serpent instructeur (en fait il s'agit ici du patrimoine génétique dont les archontes choisis étaient à la fois les porteurs et les transmetteurs volontaires à leur créature humaine, et qui ne pouvait être que sottement sanctionné par leur esprit borné, sous la forme d'une limitation (encore une fois illusoire) de  l'expression de certaines potentialités de ce matériel génétique).

Ce qui ne les empêcha pas pour autant de chercher à vouloir utiliser ce qu’ils pouvaient comprendre de la croyance de l’homme et dont ils ne retinrent que l’existence d’un Dieu supérieur à tous les autres (monolâtrie) pour persister à vouloir se faire passer pour lui. C’est précisément ce que les zaddikins collaborateurs des archontes ordinaires, acceptèrent de reconnaître des millénaires plus tard, mais sans que cela ne les préservent eux-mêmes de leur propre tarissement, lors de l'avènement du nouvel ordre chrétien. (Cf. Les manuscrits de la mer morte). Les pères fondateurs de  l'Église élaboreront son canon, triant les textes, éliminant les par trop explicites, gardant ceux qui feraient la part belle à une divinité propice pour peu que lui soit porté un culte et ainsi asseoir le pouvoir séculier d'une Église naissante, à usage strictement humain... Il s'agit-là d'une rupture saisissante d'avec le rapport traditionnel unifié entre l'homme et le cosmos qui désormais se trouve fragmenté par un savoir raisonneur. C'est lui qui désormais est en charge de comprendre le monde par l'étude de ses parties et la recherche d'une essence commune aux phénomènes dont il établit le catalogue.

Car en effet, le christianisme devait naître de cette idée très habile, de promouvoir la foi en une salvation divine de la fin des temps (eschatologie), mais sous la forme désormais réglementée d’une vraie religion. C'est à dire une codification des rapports entre une divinité particulière et les hommes, dont les aspects légaux sont élaborés et leur respect contrôlé, par des prestataires de service, son clergé. Il faut bien garder à l'esprit, pour comprendre comment s'est structuré le pouvoir séculier du judaïsme et du christianisme, ce qu'a été son postulat fondateur: les rabbins et les prêtres sont considérés comme les intermédiaires humains d'un Dieu caché, déclaré inaccessible directement au vulgaire, au prétexte d'une transcendance postulée et nullement justifiée ni même expliquée par la filiation divine d'un Jésus. Le corollaire immédiat de cette obligation médiatrice a été  que tout naturellement l'Église catholique a cherché à éliminer la gnose pour laquelle l'intuition directe de la dimension divine de l'être humain, n'exigeait nul intermédiaire. (C'est à ce sujet que Gilbert Durand parle de « l'intuition de la scientia, vertu constitutive des choses», évacuée par le rationalisme occidental .)

Devant cette victoire différée du subterfuge archontique, même détournée de son propre bénéfice (puisque ce sont des hommes, les plus assoiffés de pouvoir qui se déclarent désormais les dépositaires de la Loi du Dieu unique), la nébuleuse gnostique devait s'enfouir dans les sables du désert pour préserver son savoir authentique, afin qu’il fût redécouvert à une époque plus propice à sa divulgation et que la dénonciation de l’imposture reprenne. On sait que cela eut lieu en 1947 à Nag Hammadi, pour la plus grande épouvante des autorités catholiques qui croyaient en avoir fini avec l'hérésie unifiante des gnostiques.

Il y a de bonnes raisons de penser que des "Archontes contemporains" poursuivent leurs activités parmi les humains, peut-être plus subtiles et complexes que celles des anciens temps. Leur savoir à propos de leur création humaine paraît de nature à les inquiéter ou à tout le moins leur inspirer de la méfiance, comme semble l'indiquer la furtivité et l'élusivité de leurs manifestations. Tout se passe comme s'ils avaient plus à redouter d'un contact manifeste avec les hommes que ceux-ci. Pourtant, ce que disent les pères Sinistrari et Freixedo des intentions premières des archontes n'ont rien de pusillanime ni d'amical. Il faut donc croire que ce ne sont pas les mêmes auxquels nous avons affaire, mais à d'autres entités ou aux représentants peut-être laissés en place des premiers, dans la perspective alors d'un retour prochain. Ici encore, si l'on en croit les précautions oratoires que prend le Vatican quand il s'agit d'évoquer la vie dans l'univers et l'existence d'éventuelles formes de vie intelligentes, on dirait bien qu'il craint que lui soit demandé des comptes. Comme si le titre d'Intermédiaire (avec les dieux) pouvait lui être retiré sans ménagement et encore assorti des sanctions prévues par la loi des patrons exogènes. C'est étrangement aussi, ce que semble annoncer la prophétie de Malachie pour laquelle « un juge redoutable » doit venir mettre de l'ordre dans sa bergerie, pendant le règne du dernier pape...


[edit : opération aération - mmmhhh c'est tellement mieux quand on saute des lignes...] ;D
« Modifié: 05 mai 2010 à 02:30:48 par Karmayata »
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