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Auteur Sujet: L'Eclat de Dieu  (Lu 5933 fois)

0 Membres et 1 Invité sur ce sujet

katchina

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L'Eclat de Dieu
« le: 31 janvier 2007 à 22:27:05 »

Et tiouuuup.....
Pour relancer le jeu !


"L'ECLAT DE DIEU" de Romain Sardou

Libération,

Le 31.01.2007 à 12h

Près de Notre Dame et de ce Pauvre Saint-Julien
Au pied d'un sapin
A  quelques pas du robinier de 1601.


Je passe la main,
Délivrez...  des livres, hé !
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quarkenciel2

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L'Eclat de Dieu
« Réponse #1 le: 02 février 2007 à 01:06:04 »

Il n'y a pas l'air d'y avoir foule.

en gros tu libères un livre et quelqu'un tente de le récupérer ?
Mais entre temps il a mille fois le temps de disparaître

Je croyais qu'il fallait aussi parler du livre.
A quel endroit parle-t-on du livre que l'on libère ?

Bonne chance et je l'espère plus de participation.
PS : suis en région parisienne en semaine, Paris c'est parfois le we pour moi mdr  :o
Amitiés
Jef
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bruss

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L'Eclat de Dieu
« Réponse #2 le: 14 juillet 2007 à 21:17:58 »

comment peut on abandonner un livre comme on abandonne un chien ???
 moi j ai du mal a m en séparer donc je les garde et la place me manque... :(  :lol:  :roll:     La lecture ouvre l esprit
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katchina

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L'Eclat de Dieu
« Réponse #3 le: 15 juillet 2007 à 01:21:13 »

Bruss !!!!!!

As tu lu le post en réponse à Jeff,  "passeur de livres, questions et commentaires"  et les autres ?

Les passeurs de livres n'abandonnent pas les livres ! C'est le contraire. Va faire un tour sur les sites de passeurs de livres et tu verras que ce qui les anime c'est l'amour de la lecture. J'aurais pu aller sur des forum de littérature ou de passeurs de livres, mais il n'y a qu'ici que je me sens bien.

Je délivre des livres que j'aime,  je ne les mets pas à la poubelle, je ne les vends pas, je leur offre une nouvelle vie et je les offre à un inconnu.

Je vais peut-être me répéter, mais cela ira plus vite que de rechercher mes anciens messages.

Les personnages sont des êtres vivants qui n'ont pas encore été incarnés (sauf si un comédien ou un lecteur public leur prête son corps et sa voix) et comme la mort n'existe pas, il m'arrive de discuter avec des auteurs (toutes époques confondues)  parce que ce sont mes amis, qu'ils sont présents dans ma bibliothèque et dans ma vie, et que souvent, lorsque  je "les ouvre" au hasard, ils me répondent. Et parfois, nous nous disputons !!!

Le livre de Christian Bobin, par exemple est à mes côtés et je l'ai lu 4 ou 5 fois.  Le volume que j'ai libéré, je l'ai trouvé "par hasard" dans un bac de livres d'occasion. Si je ne l'avais pas acheté, déposé sur un banc de l'île aux cygnes, peut-être qu'au lieu de rencontrer un nouveau lecteur il aurait fini au pilon !

Chaque libération a son histoire, les livres que je libère sont en parfait état, le plus souvent plastifiés, et j'éprouve à chaque libération une sensation différente.

j'ai eu la chance de passer les plus belles années de ma vie au milieu des livres, à lire pour et avec les autres et j'ai un respect infini pour les livres, parce qu'ils sont fabriqué avec le sang des arbres, parce lire c'est être libre, et pour mille autres raisons. Je crois que je pourrais écrire un livre sur l'amour des livres, et les mille et un manière de transmettre et partager le plaisir de la lecture.

Rassure toi, un livre libéré ne reste jamais plus d'un quart d'heure sur le lieu de sa libération, même si le découvreur ne donne pas de nouvelles. Et comme c'est un phénomène de mode,  j'en connais même certains qui "les guettent".

j'ai actuellement à mes côtés quelques livres libérables.  J'attends de trouver le lieu, le moment propice. j'attends aussi qu'il soit d'accord, il existe une vraie complicité entre un livre et son lecteur et je ne les libère pas contre leur gré. C'est de la pensée magique, ça ne s'explique pas.

Et puisque tu sembles aimer la lecture, peut-être auras tu la chance de trouver sur ton chemin, au moment où tu t'y attendras le moins, un livre, comme un cadeau  du ciel,  "abandonné" comme tu dis - pour toi - par un inconnu....

Je te souhaite de bonnes vacances et de belles rencontres littéraires.

PS : je crois qu'un jour, ils seront tellement nombreux (les livres) que si je n'y prends pas garde, je ne pourrais plus rentrer chez moi - c'est terrible !
 :wink:
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Jean-Claude Carton

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réponse à Katchina
« Réponse #4 le: 15 juillet 2007 à 17:09:52 »

Je lis vos messages avec toujours autant de plaisir.
Merci d'être ce que Vous êtes Katchina
Humaine et tolérante ( même si ce mot me hérisse le poil )

Chacun fait sa part, certains un peu plus...
Mais bon, quand on aime, on ne compte pas...
les livres.

Jean-Claude
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katchina

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Merci Jean-Claude Carton
« Réponse #5 le: 04 août 2007 à 00:22:47 »

Les mots nous jouent parfois de drôles de tours. Le minuscule "t" de la tolérance est assis, paisible, le dos bien droit.
Puis, insensiblement, parce que la vision de ce que certains hommes font du monde lui devient "intolérable",
ce petit "t" se recroqueville, se replie sur lui-même, se transforme en "c" et je deviens "colérante".
De colérante à colère-hante il n'y a qu'un tout petit pas de rien du tout, hélas trop facile à franchir.
Comme les pensées sont créatrices et que je me méfie de celles que la colère hante,
j'utilise (je ne réussis pas toujours) un moyen (peut-être malhabile) que Paloma appelle gentiment ma "vision poétique du monde".
Cette "vision" au delà de son caractère enfantin est un antidote contre la colère et ses débordements.
Grâce à la vision poétique la pensée négative ne se cristallise pas, ne se durcit pas en invectives, perd son pouvoir créateur
et tout doucement, le petit "c" de la colère se redresse, se pose - "t"ranquillement  et je redeviens "tolérante".

Jean-Claude,  je vous remercie , pour tout ce que vous faites pour nous tous, pour vos coups de gueule salutaires,
pour vos interventions  sur le forum, et pour tous les matins, où, après vous avoir lu, écouté, j'ai l'impression de me réveiller
un peu moins ignorante, un peu moins mauvaise, un peu plus consciente...

Pour en revenir à Romain Sardou et à "L'éclat de Dieu" je crois qu'il existe un royaume des personnages où Anx et Clinamen
ont sympathisé avec le "rhinocéros ailé" du "Cercle des Agents Sacrés" de Patrick Busquet.
Les personnages, dans leurs vêtements d'encre et de papier, sont comme nous, les humains, dans la vie de tous les jours
ils se croisent, s'ignorent ou se bousculent et parfois, ils font des rencontres.

Katchina
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Jean-Claude Carton

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Commentaire sur l'Eclat de Dieu de Romain Sardou
« Réponse #6 le: 13 août 2007 à 21:13:50 »

Romain SARDOU

L'éclat de Dieu

    Au plus profond des souterrains de Jérusalem attend depuis toujours un objet propre à changer la face du monde: la Borne de Salomon l’Éclat de Dieu. C’est en tout cas ce que suspectent neuf chevaliers prêts à risquer leur vie pour le ramener au grand jour. Et quand, en 1099, la nouvelle tant attendue de la libération de Jérusalem tombe enfin, les chevaliers promettent protection et assistance aux milliers de pèlerins qui tenteront de rejoindre la Terre sainte. Un gigantesque pèlerinage s’organise sous leurs ordres, qui leur permet de dissimuler le véritable but de leur voyage. Un ennemi redoutable se profile : l’Homme sans main et sans visage…

" Il n’avait rien de l’apparence d’un humain. Il mesurait près de trois mètres, recouvert d’un vêtement noir, ample et sans trame. Ses épaules avaient les proportions d’un joug de boeuf. Une capuche profonde masquait son visage, ses manches tombaient sans laisser paraître ses mains et le bas de sa robe glissait à terre en absorbant toute impression de pas.
    Cette silhouette était fameuse. Peu de fidèles avaient pu l’apercevoir, mais tous n’avaient que son évocation à la bouche. Le personnage était rude, violent, intransigeant sur les matières de la foi et du Prophète. Il incarnait pour le petit peuple ce rassembleur qui rendrait à la communauté de l’islam son unité entamée par les querelles familiales et les invasions franques. On racontait qu’il déchiffrait l’avenir, qu’il entendait le langage des oiseaux, qu’il devinait les pensées de chacun par l’odorat des corps; on rapportait qu’il avait autrefois combattu les premiers croisés et que s’il cachait ses mains, c’était parce que les chrétiens les lui avaient sectionnées pour le seul plaisir de le voir se vider de son sang. Un jour d’entre les jours, sa silhouette noire apparut au pied d’une montagne, à l’heure où passait une caravane de marchands. Depuis, personne ne put découvrir son visage, ni la moindre partie de son corps. Son nom était tenu aussi secret que la date véritable du Jugement. Pour les croyants, prompts à baptiser les légendes, il devint l’Homme, mais encore l’émir, le général, le grand, l’aide de Dieu, le mahdi, le triomphateur, le protecteur des êtres, la grandeur de la nation, l’appui des sultans, le soleil des mérites, le colosse des ombres.
    Ces adversaires l’appelaient simplement l’« Homme sans main et sans visage."

    Il se révèlera être plus tard Ismale Gui qui voulut s’approprier l’Eclat de Dieu.

    Romain Sardou raconte une histoire à couper le souffle. Le livre donne faim: on le dévore en goinfre, on le déguste en gastronome. L’auteur ne se refuse rien, le lecteur est emporté et vole de planète en planète à la recherche de cet Eclat de Dieu, dissimulé en Terre sainte et dont la découverte, qui changerait l’histoire du monde, excite bien des convoitises. Sommes-nous à Jérusalem en 1118 ? Sommes-nous dans l’espace intergalactique en 2024 ou en 35789 ? Nous sommes partout, à tout instant, ici et là, hier et demain. Il y a des coups de sabre et des stations orbitales, des chevaux fourbus et des andréides, la lagune de Venise et des galaxies intersidérales. Nous descendons de cheval pour monter dans une soucoupe volante.
    Parallèlement au pèlerinage, s’en déroule un autre, quarante fois quarante siècles plus tard, mettant aux prises les mêmes protagonistes, à ceci près qu’il ont remplacé les navires et les chevaux d’antan par des vaisseaux spatiaux et des stations orbitales.

" Au sas d’embarquement de la navette, comme tous les voyageurs, Cosimo présenta sa carte. Il passa sans encombre. Il vérifia seulement que son petit croiseur personnel avait été embarqué. Il savait qu’il en aurait besoin tôt ou tard dans le pèlerinage. Les vaisseaux-cités qui allaient servir au transport des milliers de pèlerins attendaient en orbite autour de Troyes. C’étaient des Asimo 5. Puissants et rapides, ils comptaient parmi les meilleurs croiseurs galactiques. La flotte en possédait quatre, chacun disposant d’un système et d’un biotope proches de ceux d’une lune artificielle. Ils tournaient lentement sur eux-mêmes pour créer un effet durable de gravité. Cosimo était ravi de rejoindre ces bâtiments: il les connaissait bien. La génération précédente, les Asimo 4, avait été dessinée quelques années plus tôt par les architectes du Tabor. Il gardait en mémoire beaucoup de leurs spécificités observées à la Ghilde. Ceux-ci étaient plus grands, mais rien de fondamentalement nouveau n’apparaissait de l’extérieur. Aussi, à l’inverse de beaucoup de pèlerins désemparés dès leur descente des navettes de liaison, lui s’orienta facilement vers son secteur d’habitation et sa cabine.[…] Tout à ses pensées, il perçut à peine l’immense déflagration qui propulsa le géant galactique dans l’espace. De la flotte entière s’élevaient des milliers et des milliers de prières, couvrant, dans les coursives du vaisseau, le vrombissement des turbines. Le pèlerinage commençait. Un million de pénitents s’engageaient à travers la galaxie pour rejoindre la Terre des Origines"

    Nous voici donc en 1118, entraînés de Troyes à Jérusalem en compagnie de huit Templiers. Ils auraient dû être neuf, mais l’un d’eux, Ismale Gui, a été apparemment assassiné juste avant le départ. Son neveu, Cosimo Gui, retrouve un paquet de lettres qui évoquent un secret enfoui en Terre sainte et que détenait déjà le roi Salomon.
    Ismale Gui avait été le fondateur de la colonie qui vivait sur la planète : la Ghilde du Tabor.
    Tabor était le siège galactique de la plus célèbre des Ghildes d’architectes, les « bâtisseurs de l’espace ». Ses membres avaient été les seuls à investir  cette planète hostile où ils réussirent à édifier une citadelle dont le grand air et les défenses étaient vantés partout dans la galaxie. C’était l’unique point de vie de cette planète. En ces temps du douzième siècle de siècle, l’architecture était de nouveau considérée comme l’art suprême. Sa primauté sur les autres disciplines réapparut au moment où les hommes posèrent le pas sur les premières planètes étrangères à leur système. Les lois de l’architecture, immuables sur la Terre, tombaient à rien dès lors qu’on changeait d’environnement planétaire. Les variations de masse, de vitesse de rotation, de gravité, de bombardement solaire suffisaient pour que l’ensemble des règles soit à redéfinir. Pour dresser des tours, ouvrir des villes, creuser des cités souterraines, bâtir des centres de vie permanents pour l’homme, il fallait se plier aux conditions de chaque monde. Aucune loi n’était applicable d’un système à l’autre. Aussi l’architecture redevint-elle l’art des arts, celui qui exigeait le plus de connaissance et d’inspiration. Au Tabor, la Ghilde était la gardienne farouche du savoir de ses artisans. Leurs principes de fabrication, leur savoir spatial, étaient tenus à l’abri des profanes et des rivaux.

    A l’insu de tous, Cosimo se glisse dans l’un des convois de pèlerins, bien décidé à comprendre la finalité de ce pèlerinage à Jérusalem…Aidé d’une adolescente surdouée, née sur les terres brûlées au vent des landes de pierre d’Irlande, Anx Columban, Cosimo surmonte tous les périls et déjoue tous les complots pour découvrir la mystérieuse Borne, source de tous les savoirs, dont rêvent les Templiers.

        « Dans l’éclat de la Borne, Cosimo et Anx comprirent que le Temps tel qu’ils l’expérimentaient dans le monde, conforme au bon sens des objets quotidiens, agissait comme un cadre, une loi de la physique qui les retiendrait de découvrir les autres réalités, régentant leur entendement humain comme la gravité régente le mouvement des planètes.
        Alors ils saisirent l’enjeu phénoménal de la Borne! Non seulement elle permettait de s’affranchir des lois et de se déplacer dans le Temps et l’Espace - ce qui donnait à son possesseur un pouvoir invincible dans chaque vie - mais surtout elle permettait de changer les règles. Changer les règles! Bouleverser ces codes que l’Aveugle Clinamen voulait tellement défendre. Créer un nouvel univers, renverser toutes les données produites jusque-là dans le Vide laissé par Dieu. Inverser le cours du Temps et faire vivre les hommes à rebours! Reconfigurer les lois de la nature! Les possibilités étaient sans limites. Elle faisait de l’homme un Dieu.
        Pendant les révélations de ce pouvoir difficile à admettre, Cosimo se heurta aux incroyables paradoxes qui naissaient entre le Temps « classique » et le Temps de la Borne: jusqu’à ce voyage dans une autre existence où il réussit à retrouver Roland dans une taverne de Jérusalem et lui prendre la boîte des sphères indispensable pour qu’il accomplisse ledit voyage ! Ses dons l’autorisaient même de s’extraire de la simple observation de ses vies. Il explora le temps et remonta jusqu’au grand roi Salomon, le dernier homme à avoir vu la lumière irisée de la Borne. Ce monarque en fit un usage modéré, accomplissant seulement le miracle d’unir les forces du mal et du bien pour édifier un temple en l’honneur du Dieu « absent ». Cosimo le vit également faire construire le sarcophage d’émeraude. Dans son immense sagesse, Salomon avait mis au point un système où deux personnes étaient nécessaires pour libérer le trésor. Deux personnes dans la lumière, deux personnes qui atteindraient aux mêmes facultés infinies. »

    Comme il se doit, l’issue sera heureuse…

" Cosimo choisit de remonter jusqu’au pays désolé de Draguan. Là, la terre autrefois achetée par Ismale était en plein chantier. Balthéus et les hommes de sa secte oeuvraient depuis des mois. Ils étaient les uniques rescapés du massacre qui avait frappé la Ghilde du Tabor. Les plans concernant l’église et ses treize paroisses étaient en cours de réalisation. Dans cette ébauche du nouveau diocèse, Cosimo retrouva Anx qui avait porté avant lui la Borne de Salomon jusqu’à son nouveau sanctuaire. Les prêtres séculaires en robe orange les avaient suivis. Anx avait fait revenir sa famille de Jérusalem. Roland était là aussi.
        La « première communauté de Draguan » était enfin réunie.[…]
        Balthéus referma avec grande cérémonie le sanctuaire de la Borne.
        - Ici, elle sera en sécurité, dit-il.
        - Oui, mais nous ignorons pour combien de temps, souligna Roland.

  Anx et Cosimo sourirent.
        Eux savaient... "

Romain Sardou ne manque pas de style, aussi à l’aise et naturel dans les scènes intimistes que dans les grands tableaux. Il tient son propos avec aplomb, sans jamais dévier, sans douter une seconde de ce qu’il écrit. Sardou réconcilie le roman historique et la science-fiction. Avec panache, il galope sur les traces des grands  conteurs du roman français. Il prend le risque de décontenancer le lecteur, grand amateur de certitudes. Dans cette énigme à tiroirs, il pose les questions; à vous de trouver les réponses. La trame de « L’éclat de Dieu » est tissée tellement serré qu’il est impossible d’en dire davantage sans dévoiler ses nombreux rebondissements. Chose certaine, Sardou dépeint avec beaucoup de réalisme, tout en empruntant son style narratif au théâtre - chapitres découpés en scènes - une époque ténébreuse de l’histoire, marquée par des complots.L’auteur nous y balade entre hallucinations, mystères et paysages, nous rendant voyageurs au pays de nous-mêmes et de nos certitudes tour à tour prétentieuses, cyniques ou béates qui masquent les vérités. Mais qu’est-ce que la vérité ? et y a-t-il une vérité des lieux ? Si l'on pense que Sardou traite les hommes, les femmes, avec beaucoup de tendresse et de compassion, on se trompe. Il les montre, tout au contraire, au plus bas, au plus tragique, comme des papillons épinglés dont les ailes frémissent encore et qui rêvent de voler, de s'évader. On sait bien que non. Voilà ce qui plaît dans son travail - où tout n'est pas parfait - la violence du traitement, cet effet d'électrochoc digne d'éveiller les consciences. De même que la façon dont il capte l’histoire sans la figer. Il s'empare du passé et le met en mots, en couleurs et en bruits ordinaires dans lequel les pensées et les êtres s'engluent.
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