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Histoire sans fin (à compléter)

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là et demain:
Marcel Proust en a écrit les premières lignes...j'enchaîne, et c'est à vous de continuer...


Longtemps, je me suis couché de bonne heure. Parfois, à peine ma bougie éteinte, mes yeux se fermaient si vite que je n'avais pas le temps de me dire : « Je m'endors. » Et, une demi-heure après, la pensée qu'il était temps de chercher le sommeil m'éveillait ; je voulais poser le volume que je croyais avoir dans les mains et souffler ma lumière ; je n'avais pas cessé en dormant de faire des réflexions sur ce que je venais de lire, mais ces réflexions avaient pris un tour particulier ; il me semblait que j'étais moi-même ce dont parlait l'ouvrage : une église, un quatuor, la rivalité de François Ier et de Charles-Quint.
Un cri perçant venait de me ramener à la réalité. Quelqu'un courrait à pas lourds dans le couloir du premier étage, au point de faire vaciller le lustre de la chambre. Que se passait-il donc et quelle heure pouvait-il être ? Cherchant fébrilement les allumettes, je parvins à rallumer la lampe, alors même qu'un autre cri se faisait entendre. Il ne s'agissait d'aucune voix connue. Quelqu'un s'était-il introduit dans la maison ? J'attrapais à la hâte un coupe-papier posé sur le bureau et, presque tremblant, sortais de la chambre.   


lilou:
Le parquet craquait, j'aurais aimé ne pas avoir de pieds et être plus léger. Je me sentais fragile munis de ce coupe papier dans ma main droite, il se pourrais que je me blesse moi même...
Suffit! je dois ralentir  les battements de mon cœur qui cognent dans ma poitrine et avancer vers les escaliers au bout de ce couloir sans Fin et surtout ne pas faire tomber cette lampe qui déforme mon ombre à chacun de mes pas.

herveboy:
Malgré cette grande frayeur qui me fit tressaillir aux moindres bruits qui accompagnaient subrepticement les cris que je venais d’entendre, je me décidai  toutefois à continuer ma progression à  pas feutrés dans ce couloir qui prit une dimension que je ne lui connaissais pas. En effet, alors que celui-ci n’était qu’un petit vestibule  donnant  accès à l’escalier qui mène à l’étage supérieur, il ressemblait ce soir à une antichambre, une antichambre aux dimensions inimaginables où je pouvais encore entendre ces cris qui me firent sortir de ma torpeur, des cris qui toutefois se faisaient plus lointains, qui s’étouffaient et auxquels venaient se joindre quelques petits rires d’enfants qui semblaient jouer sans se rendre compte du terrible et lugubre évènement qui allait se produire. Mais qui donc pouvait courir ainsi à pas lourds dans le couloir du dessus ? Ce ne pouvait pas être les enfants dont les rires laissaient supposer qu’ils devaient être fort jeunes et de moyennes constitutions. Alors qui ?

Diouf:
J'avance à pas feutrés, lentement, guettant chaque son, je m'attends presque à un autre cri, les voix des enfants me rassurent quelque peu, mais je serre mon arme plus que nécessaire quand soudain la silhouette de Gribouille, le chat de la maison se dessine au bout du couloir, il semble observer quelque chose, le dos hérissé, prêt à bondir, mon coeur reprend son numéro de tambour, un portable sonne au loin, cette mélodie familière me calme un peu et mon pas se fait plus sûr.

là et demain:
Soudain un courant d’air frais et humide traverse le couloir, le parsemant des petites feuilles jaunes des hêtres du parc. J’entends la fenêtre au bout du couloir battre violemment. Je cours vers celle-ci et scrute le parc enténébré mais balayé par un vent fort. Quelqu’un vient de s’enfuir, n’ayant pas hésité à sauter d’une hauteur de trois mètres. Par où est-il donc entré ? Était-il déjà caché dans la maison, attendant la nuit pour commettre un forfait ? Sophie est à son tour dans le couloir. Elle aussi a entendu les pas. Elle me demande de faire attention à moi. Soudain, nous apercevons une lueur étrange loin derrière les arbres immenses. Une lumière irréelle, changeante et pulsante, qui semble se déplacer et monter. Une sensation étrange nous saisit. Nous nous regardons un bref instant, chacun lisant l’affolement de l’autre. Plus rien. La nuit est désormais profonde. Même le vent s’est tu. Une chouette hulule dans le lointain.
Sophie me dit qu’elle aussi a entendu les enfants, et cette sonnerie de téléphone portable.
Nous hâtant de monter à l’étage, nous inspectons soigneusement chaque mètre carré du couloir et des pièces, mais ne constatons absolument rien, pas la moindre trace, si ce n’est une légère odeur empyreumatique, que nous ne parvenons pas à définir plus précisément. L’horloge de la chambre bleue indique 2 heures 5. Pourtant dehors les premières lueurs de l’aube automnale commencent à se deviner. L’horloge s’est arrêtée. Toutes les horloges se sont arrêtées. A 2 heures 5. Mais nous sommes en novembre, le jour se lève et il doit être 7 heures ! 

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