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Les poèmes de nos poètes préférés

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katchina:
Pour les pioupioux sous-vitaminés :[/b]

Le colibri

Le vert colibri, le roi des collines,
Voyant la rosée et le soleil clair
Luire dans son nid tissé d'herbes fines,
Comme un frais rayon s'échappe dans l'air.

Il se hâte et vole aux sources voisines
Où les bambous font le bruit de la mer,
Où l'açoka rouge, aux odeurs divines,
S'ouvre et porte au coeur un humide éclair.

Vers la fleur dorée il descend, se pose,
Et boit tant d'amour dans la coupe rose,
Qu'il meurt, ne sachant s'il l'a pu tarir.

Sur ta lèvre pure, ô ma bien-aimée,
Telle aussi mon âme eût voulu mourir
Du premier baiser qui l'a parfumée !


Leconte de Lisle – Poèmes Barbares

Andreas:
Poème de HASSEN HEERAH

Ma maison est une tente de secousses,
Déchue sur le sable des larmes
Goûtant un soleil nu
Face à un vent cruel

Mon lit est une couche d'épines
Etiré sur l'inconnu,
Amorti par les explosions des balles
Et troublé par la marche des serpents

Ma nourriture est un repas de patience
Souillé par le sang des martyrs
Cuisiné avec le sel des larmes
Et servi avec des cauchemars

Mon matin est un cri,
Porté par les ailes du vent
Apaisé par les amis fidèles
Suffoquant sous les pistolets ennemis

Ma nuit est un sanglot,
Noyé sous un océan de regrets
Regagnant la surface grâce aux vagues de l'espoir
Attisé par le four de la révolte

J'ai vu le cadavre de mon père en lambeaux
J'ai vu ma mère sous les blindés
J'ai vu mon frère la tête explosée
J'ai vu la poitrine de ma soeur ouverte et déchirée

Le faible est arrivé
Le puissant l'a aidé
Les bombes ont éclatées,
Ma terre a disparu
Ma maison vandalisée
Ma tasse vidée
Ma famille expulsée

Ma Leila ou es-tu ?
Repose-tu sous un tank rôtie comme un agneau ?

Ou est tu mon Khaled, le vert de mon regard ?
Envolé dans une étape du voyage
Pour venir à moi
Que je puisse tenir ta main
et fermer mes yeux en paix

Ou es-tu mon Yahya ?
Au milieu des tyrans ?
Luttant dans les bras de la tristesse
Faissant tes adieux à ton cher père ?

Ou etes-vous mes enfants ?
Oui, ou etes-vous ?

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"Vie et mort en quatres rimes"
Poésie israélienne contemporaine 

http://www.akadem.org/sommaire/themes/liturgie/6/11/module_4363.php

Marseille13012:
edit katchina : avant fusion ce post avait pour titre "Poésies mystiques"
Au-delà des mots,
au-delà des sens
est le Silence.
Vient un Moment
où La contemplation n'est plus que Silence.
Silence que la Grâce dépose dans l'âme
en l'inondant de la Présence;
L'âme ne peut plus qu'écouter ce Silence.
Silence de la Plénitude de l'instant présent.
Dans le Silence d'un coeur léger,
Dieu souffle :
                         " Je t'attendais ! "
                                         
    Frère Jean,   Le jardin de la foi
 
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La vie, quelle image en donner ?

Celle du reflet de la lune
Dans la goutte de rosée
Suspendue au bec
De l'oiseau aquatique.


Extrait du Sanshô Dôei de Maître Dogen, fondateur du zen soto.

Sanshô Dôei signifie "Chants de la voie du Pin parasol" (japonais)

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Emerveillé,
Tu découvres pas à pas
La solitude aérée,
Le monde de l'absence;
Ce vide lumineux qui se prélasse,
Elégamment incrusté
Entre les choses.

Anonyme ?

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Il est des jours
où les distances sont vaines;
tant est réelle
la Présence de Toi.

Jacques SALOME

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La Nature est un temple où de vivants piliers
Laissent parfois sortir de confuses paroles;
L'homme y passe à travers des forêts de symboles
Qui l'observent avec des regards familiers.

Comme de longs échos qui de loin se confondent
Dans une ténébreuse et profonde unité,
Vaste comme la nuit et comme la clarté,
Les parfums, les couleurs et les sons se répondent.

Il est des parfums frais comme des chairs d'enfants,
Doux comme les hautbois, verts comme les prairies,
Et d'autres, corrompus, riches et triomphants,

Ayant l'expansion des choses infinies,
Comme l'ambre, le musc, le benjoin et l'encens,
Qui chantent les transports de l'esprit et des sens.

Charles Baudelaire, Correspondances
 :)

là et demain:
Soir d'été

Une tendre langueur s'étire dans l'espace ;
Sens-tu monter vers toi l'odeur de l'herbe lasse ?
Le vent mouillé du soir attriste le jardin ;
L'eau frissonne et s'écaille aux vagues du bassin
Et les choses ont l'air d'être toutes peureuses ;
Une étrange saveur vient des tiges juteuses.
Ta main retient la mienne, et pourtant tu sens bien
Que le mal de mon rêve et la douceur du tien
Nous ont fait brusquement étrangers l'un à l'autre ;
Quel coeur inconscient et faible que le nôtre,
Les feuilles qui jouaient dans les arbres ont froid
Vois-les se replier et trembler, l'ombre croît,
Ces fleurs ont un parfum aigu comme une lame...
Le douloureux passé se lève dans mon âme,
Et des fantômes chers marchent autour de toi.
L'hiver était meilleur, il me semble ; pourquoi
Faut-il que le printemps incessamment renaisse ?
Comme elle sera simple et brève, la jeunesse !...
Tout l'amour que l'on veut ne tient pas dans les mains ;
Il en reste toujours aux closes du chemin.
Viens, rentrons dans le calme obscur des chambres douces ;
Tu vois comme l'été durement nous repousse ;
Là-bas nous trouverons un peu de paix tous deux.
- Mais l'odeur de l'été reste dans tes cheveux
Et la langueur du jour en mon âme persiste :
Où pourrions-nous aller pour nous sentir moins tristes ?...

- Anna de Noailles -

Aloysius:

oh non!

J'ai cru qu'il était de toi et le trouvait magnifique...

...mais je ne pense pas que ce soit le but du fil des "créations"!

Très beau poème quand même! ;)

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