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Musicothérapie

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katchina:
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Musicophilia. La Musique, le Cerveau et nous, de Oliver Sacks

Non-Fiction - 08/12/2010 (1104mots)
Comment se fait-il que les êtres humains trouvent du plaisir à produire ou à écouter des sons ? « Que la musique soit un langage, à la fois intelligible et intraduisible, fait de la musique elle-même le suprême mystère des sciences de l’homme, celui contre lequel elles butent et qui garde la clé de leur progrès », écrit Lévi-Strauss dans Le Cru et le Cuit.

Trois livres analysent l’émotion musicale dans des gammes différentes. La première, que suit Jean-Jacques Nattiez dans les textes du grand anthropologue, consiste à chercher à travers la musique les structures universelles de l’esprit humain ; la deuxième, illustrée par Jean-Yves Tadié, établit le relevé minutieux d’une subjectivité émue où Debussy apparaît comme un fantôme intime ; la troisième, non moins fine que les autres, s’égrène dans les études de cas dont le neurobiologiste Oliver Sacks a le secret : où l’on voit les humains confrontés aux curieuses fonctions et dysfonctions de leurs neurones...

Ce serait donc mal dire que la musique échappe aux savants : elle attire à elle leurs commentaires comme les sirènes appellent les navires. Tous ne font pas naufrage, ils y trouvent parfois une vigueur nouvelle. Ainsi, comment ne pas reconnaître dans la « structure comme totalité » - l’un des concepts fondamentaux de l’Anthropologie structurale - la prédilection de Lévi-Strauss pour les relations d’équivalence, de symétrie et d’inversion chères aux musiciens ? N’a-t-il pas fait de Wagner « le père irrécusable de l’analyse structurale des mythes » ? Les études en sémiologie comparée de Nattiez font la lumière sur ce que les positions de l’anthropologue comportent d’esthétique musicale - quitte à le confronter aux compositeurs de son temps ou aux grandes et éternelles questions « la musique raconte-t-elle une histoire ? ».

Au vu de ces enjeux intellectuels, les pathologies qui se rapportent à la musique prennent un relief nouveau. On rechigne d’abord à accorder à la médecine moderne le droit de s’y intéresser. Un neurologue qui se penche sur la musique verse facilement dans deux écueils : il peut élaborer une théorie néopositiviste qui prétendra ramener le phénomène musical à quelques connexions synaptiques et ce sera une manière savante de n’y rien comprendre ; ou bien, en voulant préserver l’authenticité d’une révélation, il sombrera dans un obscurantisme pseudo-mystique. Fort de son travail sur les anomalies cérébrales, Oliver Sacks évite avec aisance Charybde et Scylla. Dans tous ses livres, depuis l’inoubliable Homme qui prenait sa femme pour un chapeau éd. du Seuil, 1992, l’intérêt est le cas, la singularité du cas. En présentant un fascinant catalogue mêlé de réflexions, Oliver Sacks décrit des portes d’accès soudain ouvertes ou fermées, mais toujours inattendues, à la musique. Plutôt que vouloir en dissiper le mystère, il étudie les déformations, excès et pannes de notre système neuronal.

Un chirurgien est frappé par la foudre ; et, tandis qu’il a jusqu’alors été indifférent à la musique, le voici qui se prend de passion pour le piano, étudie Chopin, et se trouve subitement « possédé » par la musique, jusqu’à pouvoir ou plutôt devoir ! en composer. Comment expliquer cette musicophilie subite ? Peut-être par une lésion cérébrale ; mais Sacks remarque aussitôt qu’il existe des cas similaires sans lésions... Alors ?

L’un des intérêts du livre est qu’un cas y verse dans l’autre : de l’expérience commune, on passe d’une pichenette dans la pathologie, et réciproquement. Et des arrangements infinis sont possibles. Le cerveau humain est capable de tant d’adaptation qu’on peut trouver avec un phénomène d’abord involontaire des compromis qui l’humanisent : telle vieille dame américaine peut s’habituer à entendre « Frère Jacques » à chaque fois qu’elle fait des gâteaux français comme telle femme pasteur finit par limiter ses hallucinations musicales de cantiques aux heures de prière dans l’église, et par les exclure des heures de repas !

En même temps qu’il rend compte d’observations souvent sans réponse, Sacks permet aussi de mesurer ce que nous comprenons déjà. D’abord, que la musique affecte profondément l’activité corticale, et que celle-ci relève de fonctions antérieures même au langage. Le cerveau humain révèle alors une grande labilité. La puissance de la musique est telle qu’un air que l’on a en tête provoque le même effet que si on l’entend : « Le cortex auditif est aussi puissamment activé par l’imagination musicale que par l’écoute réelle d’une musique » p. 53. Il suffit d’annoncer la diffusion d’une chanson de Noël chantée par Bing Crosby pour que certains sujets croient l’avoir effectivement entendue : c’est l’effet « White Christmas » du nom de la chanson ! À ne pas confondre avec ces airs obsédants que l’on appelle avec bonheur les « vers cérébraux » de l’allemand Ohrwurm...

En quelques remarques intelligentes et drôles, Musicophilia éclaire ainsi le rapport de chacun à la musique : le livre laisse à penser que le cerveau humain ne cesse de contenir ses facultés dans d’étroites limites afin de maintenir l’équilibre général. Si celui-ci bascule, l’une ou l’autre peut donner d’étonnants résultats. Peut-être Sacks manque-t-il parfois d’interprétations scientifiques, mais c’est aussi ce qui fait le charme de ses écrits : après avoir livré des descriptions cliniques fines, il laisse la question irrésolue, libre de nous émouvoir, de nous émerveiller. L’essentiel est ici la justesse de ton : sans complaisance, plein d’humour, guidé par une curiosité aiguë et sincère, porté par l’empathie la plus juste, il montre encore une fois son aptitude à rendre compte de l’expérience subjective.

Expérience qui est au coeur du livre de Jean-Yves Tadié, fort d’une sympathie profonde avec Debussy. Mieux qu’un portrait du musicien, il se plonge dans son oeuvre comme pour en raconter les replis affectifs, les femmes qu’il aima, les hommes qui furent ses amis, et toujours, revenant sans cesse, le souci d’une vie intérieure à faire partager. Pour monter à la source, Tadié puise à pleines mains dans la correspondance du compositeur : c’est là qu’il recueille les impressions dont la musique de Debussy s’est fait l’écho. On découvre alors des images étrangement familières. « Bleue comme une valse, grise comme une plaque de tôle inutilisable », « notre bonne mère la Mer » inspire de belles pages où Tadié suit Debussy dans sa contemplation tragi-comique : « La mer continue à accomplir son va-et-vient sonore, qui berce la mélancolie de ceux qui se sont trompés de plage ! » On pourrait dire de la musique ce que Debussy dit de cette marine sonore qu’il a voulu recomposer : « C’est trop grand ! Puis je ne sais pas nager. »

SOURCE

katchina:
Musicothérapie et cinéma: Alive inside – A story of music and memory
Ce documentaire nous transporte dans l’univers de la musicothérapie. Dan Cohen est travailleur social aux États-Unis, à travers sa pratique il se rend compte que la musique peut aider les personnes âgées souffrant d’alzheimer et/ou de démence à retrouver leurs esprits.

Selon Wikipédia la musicothérapie est « une thérapie qui cherche à utiliser les propriétés supposées de la musique et du sonore comme support afin de rétablir, maintenir ou améliorer les capacités sociales, mentales et physiques d’une personne ».
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À travers le documentaire, le travailleur social nous aide à comprendre tous les impacts positifs de cette approche, particulièrement auprès des personnes isolées et des personnes souffrantes.

« Alors que la démence continue d’affecter des millions d’Américains âgés, le film révèle la portée de la musique. Mené par un travailleur social Dan Cohen et tourné pendant trois ans par le cinéaste Michael Rossato-bennett, nous apprenons que les chansons appartenant au passé d’un patient peuvent réveiller des souvenirs et des émotions qui ont été endormies pendant des années, voire des décennies. D’innombrables exemples dans Alive Inside apportent la preuve que la musique stimule l’activité dans les régions touchées du cerveau et transforme la qualité de vie des personnes souvent laissées face à leur silence ».

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Une version avec sous-titres français est aussi disponible mais sur la version France de Netflix.

source 1
source 2


vidéo de DT invalide (vidéo de remplacement)


Kris:
Il est bien connu que la musique adoucit les mœurs. Il convient donc à chacun d'être sélectif dans les musiques qu'il écoute. Certaines musiques, plus que d'autres, sont susceptibles de générer en nous un certain calme et une certaine paix de l'esprit.

A  ce sujet, je me permets de rappeler une citation de Mistigri dans le fil sur Jacques Benveniste et la mémoire de l'eau. Il écrivait à propos des travaux de Joël Sternheimer :


--- Citation de: mistigrigri le 13 juillet 2014 à 13:39:16 ---pour répondre à Voyageur, connais-tu les travaux de Jean-Pierre Lentin sur les ondes (Ces ondes qui tuent, ces ondes qui soignent) et de son ami Joël Sternheimer ?
Il a étudié les effets de la musique sur les plantes :

"Chacun sait que la musique agit sur l’humeur des humains et de certains animaux. Depuis les années 60, de nombreux chercheurs ont observé des effets de certaines musiques sur la croissance de plantes. Joël Sternheimer, Docteur en physique théorique et musicien, a proposé une explication de ces effets, permettant de les produire avec une précision moléculaire, depuis les plantes sensibles à leur environnement sonore jusqu'aux humains qui, par une écoute attentive, peuvent en reconnaître l'adéquation pour eux-mêmes. Ses recherches, depuis plus de 40 ans, ont prédit et indirectement mis en évidence que :

    * Les différents niveaux d’organisation de la matière (inerte ou vivante) sont reliés par des « ondes d’échelle » qui en assurent la cohérence
    * Lors du processus de synthèse des protéines, les acides aminés émettent des séquences de signaux quantiques qui constituent une mélodie spécifique de chaque protéine
    * Les transpositions audibles de ces mélodies peuvent influer en temps réel, via une forme de résonance entre fréquences successives, sur le taux de synthèse des protéines."

http://www.genodics.com/la-genodique-comment-ca-marche
--- Fin de citation ---

Comme l'actualité nous confronte régulièrement avec des scènes ou des nouvelles violentes, il est important de se protéger de  ses influences qui peuvent nous porter préjudice. La musique est un des moyens de générer une certaine paix intérieure.

katchina:

--- Citer ---Il convient donc à chacun d'être sélectif dans les musiques qu'il écoute
--- Fin de citation ---
Oui mon père - Amen et mea culpa si la musique qui réveille est parfois plus thérapeutique que celle qui calme,
mais si tu n'as pas visionné la vidéo, ni lu le bouquin et les liens sources, la discussion risque de virer en eau de boudin  ::)



--- Citer ---je me permets de rappeler une citation de Mistigri dans le fil sur Jacques Benveniste et la mémoire de l'eau. Il écrivait
--- Fin de citation ---

Pas Mistigri, mistigrigri - et pas "il" - Elle - mistigrigri est une fille.

DecemberTen:

--- Citation de: Kris le 03 décembre 2015 à 10:00:16 ---Il est bien connu que la musique adoucit les mœurs.

Il convient donc à chacun d'être sélectif dans les musiques qu'il écoute.

--- Fin de citation ---

Non, pas du tout, je vois que tu n'as jamais assisté à un concert de métal..., où les participants vont par exemple simplement se défouler, dégager une certaine """violence""" très libératrice et même jouissive (description non exhaustive)...; il convient alors si l'on tient absolument à sortir cette phrase d'une grande banalité, cet argumentum ad nauseam, de préciser "certaines musiques adoucissent parfois certaines mœurs, ou peuvent apaiser"...

Non, absolument pas, la musique est plus qu'un médicament ou une chose qu'on sélectionnerait selon des besoins bien précis, on écoute ce qu'on aime, au moment où on en a envie, ce choix pouvant être très éclectique et dépendant par exemple de son humeur du moment...

Dans le cas qui nous préoccupe en ce début de fil, la musicothérapie dans le cadre de la maladie d'Alzheimer et/ou d'une démence, si tu avais regardé la vidéo, tu comprendrais que le thérapeute propose à chaque personne touchée par cette maladie, une musique qu'elle a aimé, qu'elle a écouté plus jeune, quelle qu'elle soit, jazz, blues, pop, rock ou métal, aucune importance tant que ça la reconnecte avec ses souvenirs, sa mémoire, et que ça lui fait du bien.

Pour info, le fil s'intitule "Musicothérapie", il n'est pas limité aux seules pathologies de démences.
Il est donc ouvert à d'autres cas où la musique peut être thérapeutique.

Par contre, je veillerai personnellement à ce qu'on en reste au sujet du fil, par ailleurs "épinglé", car il nous semble d'importance !
Grand merci. :)

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