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Auteur Sujet: Les poèmes de nos poètes préférés  (Lu 28885 fois)

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justebienlibre

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Re : Les poèmes de nos poètes préférés
« Réponse #105 le: 04 mars 2016 à 18:09:18 »

Voilà , depuis quelques moi j'apprends à naviguer sur face de book , où j'y ai découvert cette professeure de français qui m'a beaucoup touchée par ces écrits . Je vais vous partager mon chemin en vous la faisant découvrir, elle s'appelle Ji Lin:

image ou vidéo ? tout a disparu

..

En des temps anciens, le chemin de traverse attendait d’être emprunté
 Au fil des siècles de débordements de tous ordres, il s’est fait oublier
 Il s’est plié à son sort de possible, ignoré par les humains aux mémoires occultées
 Il y a longtemps déjà, il a laissé venir à lui d’autres promeneurs égarés
 Chiendents et ronces, en lents nomades, y ont cheminé
 Puis dans une implacable logique de propriétaires s’y sont installés
 Les résidents si vite ont su nier jusqu’à l’essence même de son identité
 Le chemin de traverse qui n’est plus que l’ombre de son nom mythifié
 Est aujourd’hui le seul à connaître, haletant du peu de vie qui lui reste, la vérité
 Jadis il fut l’autre voie, la seule légitime en réalité
 Jadis il fut promesse de félicité en ce monde offert en son extrémité
 Le chemin de traverse fut témoin impuissant des foules qui ailleurs s’étaient engagées
 Elles auraient pu à tout moment décider de construire les passerelles encore espérées
 Elles ont foulé toutes les routes, de nouvelles en ont érigées
 Mais jamais elles n’ont essayé le discret chemin de traverse, abandonné
 Amour était jadis le nom qui lui était donné.

H. JIB

image invalide
Photo de Ji Ln.
« Modifié: 02 mars 2020 à 00:32:28 par Modération »
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Gnosis

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Re : Les poèmes de nos poètes préférés
« Réponse #106 le: 19 août 2016 à 14:23:35 »

J’ai crié : « Le cœur enivré, où s’en va-t-il » ?
Le Roi des rois répondit : « Silence. Il vient vers nous ».
J’ai dit : « Tu es uni à moi. C’est en moi-même que tu parles.
Alors, pourquoi mon cœur s’en va-t-il au loin en vain » ?
Il dit : « Le cœur nous appartient. Il est notre Chevalier.
Il s’en va combattre toutes les fausses pensées.
Partout où il s’en va, la félicité l’accompagne.
Ne dis rien. Laisse-le s’en aller où il veut.
Parfois, pareil au soleil, il devient un trésor pour la terre.
Parfois, comme la prière du Prophète, il monte vers le ciel.
Parfois, il déverse le lait de la générosité par le sein du nuage.
Parfois, il se promène dans la roseraie de l’âme, telle la brise matinale.
Suis les traces du cœur, afin de découvrir ce qui est caché :
La verdure et la rose poussent, le fleuve de la fidélité coule ».
Celui qui octroie au monde la forme est pur et sans forme.
Celui qui créé toutes les apparences est lui-même sans apparence.
Il est la perfection des perfections, bien qu’il semble commettre des fautes ;
Il est la fidélité des fidélités bien qu’il exerce une tyrannie.
Le cœur est comme une ouverture, la maison est illuminée par lui.
Le corps va vers l’anéantissement, le cœur va vers la pérennité.
Le cœur a causé des troubles, il a versé le sang des rois.
Il s’est mêlé à tout, bien qu’il soit séparé.
C’est lui qui a créé la magie divine, apparente dans le cœur de chacun.
Il a dépouillé les Gémeaux, il s’insinue comme Sohâ.
O mon cœur, c’est une sottise que de prendre garde à sa bourse :
La fortune s’est envolée, et la vie s’en va suivre le larron.
J’ai dit : « Tu es un magicien ». Il rit légèrement, et dit :
« Comme la magie opérerait-elle en présence de la mémoration de Dieu » ?
Je dis : « C’est vrai. Mais ta magie est le mystère de Dieu.
Ton heureuse magie accompagne l’ordre du destin.
L’amant a toujours des aventures de cœur et d’âme :
Il est dépouillé de tout. Voici qu’il marche devant toi.
C’est le cheval qui porte l’eau, celui-ci ; c’est le son de la clochette, celui-ci.
C’est en criant au-dehors de la maison qu’arrive le cheval porteur d’eau.

Ode du poète mystique soufi, Rûmî

♥  :)
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Gnosis

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Re : Les poèmes de nos poètes préférés
« Réponse #107 le: 19 août 2016 à 14:45:05 »

Hélas ! le feu de la passion m’embrase à nouveau :
Ce cœur fou de nouveau s’est enfui au désert.
Hélas ! l’océan de l’amour est à nouveau rempli de vagues.
Dans mon cœur jaillit la source de la douleur.
Hélas ! une flamme s’est élancée, elle a mis le feu à la demeure du cœur,
Le ciel est rempli de fumée : mon cœur a rencontré le vent.
Le feu du cœur n’est pas chose facile ; ne me reproche rien.
O mon seigneur ! Viens à mon secours ! A l’aide, à l’aide, mon cœur est incendié.
L’armée des pensées arrive des forêts,
Elle se dirige vers mon cœur à pas martelés, toute réjouie de ma peine.
O cœur lumineux jusqu’en son tréfonds ! Emir de tous les cœurs !
Ta patience a fini par te conduire au but.
Tous, nobles et vils, fixent leur regard les uns sur les autres.
Ton regard à toi est tourné vers Dieu. Que le regard de tous soit fixé sur toi !
Ta main est la main de Dieu, tes yeux sont enivrés par Dieu.
Que l’ombre du Seigneur des créatures s’étende éternellement sur tous !
C’est toi qui causes le gémissement des créatures : le tien, d’où provient-il ?
C’est l’amour qui a donné naissance à tout cela. Chose étrange : Qui a donné naissance à l’amour ?
O Shams-ul-Haqq wa’d-Dîn ! Tu possèdes le royaume de l’existence.
L’amour n’a vu nul Kayqobâd pareil à toi !


Ode mystique de Rûmî ♥  ;D
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katchina

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Re : Les poèmes de nos poètes préférés
« Réponse #108 le: 30 août 2017 à 12:01:56 »

Postée il y a maintenant bientôt 10 ans, je la replace ici, en réponse au dialogue de sourds avec Audomar concernant la conscience des êtres non-humains.

"Au début des temps,
Il n'y avait pas de différence entre
Les hommes et les animaux.

Toutes les créatures vivaient sur terre.

Un homme pouvait se transformer en animal s'il le désirait
Et un animal pouvait devenir un être humain.
Il n'y avait pas de différence.

Les créatures étaient parfois des animaux
Et parfois des hommes.

Tout le monde parlait une même langue.

En ce temps-là les mots étaient magie
Et l'esprit possédait des pouvoirs mystérieux.

Un mot prononcé au hasard pouvait
Avoir d'étranges conséquences.
Il devenait brusquement vivant
Et les désirs se réalisaient.

Il suffisait de les exprimer.
On ne peut pas donner d'explication. C'était comme ça."

Légende amérindienne

source
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Vous reconnaissez vos amis à ce qu'ils ne vous empêchent pas d'être seul, à ce qu'ils éclairent votre solitude sans l'interrompre. -Christian Bobin

Capitaine Renard

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Re : Les poèmes de nos poètes préférés
« Réponse #109 le: 21 septembre 2020 à 17:52:12 »

Mainte fleur épanche à regret
Son parfum doux comme un secret
Dans les solitudes profondes.


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Re : Les poèmes de nos poètes préférés
« Réponse #110 le: 20 juin 2021 à 19:04:08 »

O le pauvre amoureux des pays chimériques !
Faut-il le mettre aux fers, le jeter à la mer


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Audomar

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Re : Les poèmes de nos poètes préférés
« Réponse #111 le: 22 juin 2021 à 02:11:07 »

 Comme une sorte d'écho, en réponse au joli poème légendaire, d'origine Amérindienne posté en réponse n°108, par katchina. Mais bien des légendes, sont inspirées de vérités.

Mais aussi, en réponse au "dialogue de sourds" évoqué par katchina, pour dire que rien n'est simple en matière de conscience "non humaine"..

                                                   LA GUERRE DES MONDES
 
 Les élans safranés de la fange cosmique
 se diluent en volutes évanescents de rêve
 dans l'immense fournaise des terreurs bibliques,
 rougeoyant d'horreur dans ses minutes brèves.

 Déchiquetés d'angoisse, tordus de spasmes vides,
 les frelons de métal, les guêpes de titane
 dissocient leurs atomes dans l'espace livide,
 zébré d'éclairs sanglants éthérés de méthane.

 Les murmures de l'ombre aux froissements obscurs,
 inquiètent le silence, embryon de l'ennuie,
 jusqu'au matin tremblant, aube de sinécure,
 angoissant l'encre sombre, infinie, de la nuit...

 Ces ondes mutilées sanctifient l'agonie
 d'un univers dément aux entrailles écarlates,
 et la fuite éperdue de la cosmogonie
 vers l'horizon maudit où le passé éclate.

 Mais le ferment de vie bouillonne dans l'espace
 et le temps se distord au gré des grands trous noirs,
 enveloppant les miasmes que l'univers efface,
 la mort est engloutie dans des gouffres d'espoir...

                  Betty Pott...

 
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Capitaine Renard

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Re : Les poèmes de nos poètes préférés
« Réponse #112 le: 22 juin 2021 à 02:30:42 »

II est de forts parfums pour qui toute matière
Est poreuse. On dirait qu'ils pénètrent le verre.
En ouvrant un coffret venu de l'Orient
Dont la serrure grince et rechigne en criant


Charles Baudelaire
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Capitaine Renard

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Re : Les poèmes de nos poètes préférés
« Réponse #113 le: 24 juillet 2021 à 22:00:43 »

Mille pensers dormaient, chrysalides funèbres,
Frémissant doucement dans les lourdes ténèbres,
Qui dégagent leur aile et prennent leur essor,
Teintés d'azur, glacés de rose, lamés d'or.


Charles Baudelaire
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