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Auteur Sujet: Fragments anachroniques des âges perdus de Kitaï  (Lu 769 fois)

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Capitaine Renard

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Fragments anachroniques des âges perdus de Kitaï
« le: 05 juillet 2019 à 21:36:18 »

Journal de Bord du Capitaine Howard Duloup

La caravelle « Le Dragon Noir » a flashé en espace-lent dans un système non répertorié. Nous sommes catapultés vers une étoile à la la lumière jaune-orangé de taille moyenne. De grands panaches tentaculaires et ondoyants s'étirent vers une planète que l'antenne de vigie continue d'analyser via les spectromètres à l'instant où j'écris ces lignes … Les flancs du navire par quelque providence du destin ont tenu bon. Les trois mats sont toujours debout et les voiles solaires en platinium sont déployées. Le pavillon du Dragon Noir bât encore fièrement aux grès des vents subtils du flux sub-quantique. La coque ventrue, aboutée en planches sombre-chêne, est intacte de même que le château avant et le château arrière. Esprits d'algues et d'anémones, coquillages et étoiles marines, dauphins et baleines continuent de voguer à nos côtés. Les dorures aux motifs floraux et à la faune aquatique ne sont même pas égratignés. En revanche les longs fûts des canons en batteries ont surchauffé. Les sabords du Dragon Noir, carénés en mascarons d'ivoire grimaçants de diables, sont au repos, silencieux. La pinasse est en naufrage et l'incendie n'est pas encore maîtrisé … Les flammes attisées par nos pertes en oxygène font rage d'une blessure béante à la proue, sur bâbord, crachant des nuages d'étincelles dont le long panache de fumée gris s'échappe en arabesques dans l'espace infini et étoilé … Nous naviguons à vive allure vers la planète inconnue.

Il y a peu j'étais encore arc-bouté sur mon orbe de navigation. La sphère en cristal Idyllien lançait des éclairs au sein de sa profondeur vaporeuse. Je guidais tant bien que mal le navire parti à la dérive. La quille ionique était faussée. Il me fallût toute ma concentration et mon sang-froid pour redresser la barre et éviter la perdition … Hardi travail de timonier en vérité que de contrebalancer le gîte causé par l'avarie qui faisait dévier notre course folle dans l'espace. Blessé au front, les yeux plissés par l'effort, la joue marquée par une rigole de sang qui se perdait jusque dans ma barbe … La lueur bleue de la sphère de navigation me donnait sans doute un aspect méphitique car mes hommes me regardaient d'un air inquiet et craintif. Sur mon bandeau écarlate mon chapeau à large bord de flibustier, relevé au chef, témoignait des aventures que j'avais mené à briquer dans les coins et les recoins les plus sombres de la galaxie. Celui que nous avions pénétré en catastrophe pour l'heure ne figurait sur aucune carte spatiale. La vigie avait relayé les alentours du système de l'étoile à l'éclat orangé si particulier. Obsédant. Une planète tellurique entourée de nombreuses lunes apparaissait dans l'holomod nuageux qui me faisait face dans un horizon azuré et nébuleux. L'analyse spectromètrique à ions polarisés confirma qu'elle était recouverte d'une épaisse jungle tropicale. Cette planète était sans doute le dernier espoir de sortir vivant de cette péripétie ...


(Bien qu'inspirée cette courte nouvelle, comme les suivantes, ne font nullement référence à une personne existante et ne visent personne en particulier. Elle est composée à partir d'une réflexion personnelle. Merci.)
« Modifié: 06 juillet 2019 à 01:50:48 par Capitaine Renard »
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Capitaine Renard

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Re : Fragments anachroniques des âges perdus de Kitaï
« Réponse #1 le: 13 juillet 2019 à 12:16:24 »


Pensées pacifiques d'un symbiote hors du temps dans la cité d'émeraude des Orcades


« Ce matin l'immense verrière arrondie de la cité flottante aux armatures d'or et aux milliers de facettes a reflété comme un diamant les premiers rayons de lumière de l'astre qui est apparu sur la courbure de l'horizon planétaire de Janis.

De ma démarche souple et altière j'ai parcouru les chemins vêtu de ma grande robe verte, mon crâne allongé d'Alphane couronné par mon casque argenté et finement allongé, mon front arborant l'émeraude ovale pulsante d'une vie opalescente et mystique, le Sigile ...

Parmi les vastes jardins … De grosses graines ovoïdes à l'écorce ornée de motifs  spiralés et géométriques … Exhibaient de géantes orchidées aux couleurs éclatantes … Qui répandaient leurs doux parfums … Dans les allées pavées de marbres en damiers noirs et blancs. Ici et là des ponts de bois rouges enjambaient des ruisseaux … Ou surplombaient quelques marres à nénuphars … Dans lesquelles flottaient paresseusement des poissons dorés, noirs, roses, blancs tachetés de rouge … Au-dessus flottaient en zigzaguant de grandes libellules bleues ...

Alors que le cycle diurne suivait son cours, la station spatiale rentra en orbite basse. Le ciel bleuit. Une brume lumineuse teintée d'arcs-en-ciel envahit les jardins.

Au milieu des bassins les jets des fontaines jouaient en courbes complexes … Et de grands perroquets blancs à la crête verte, en longues queues de plumes jaunes ou roses s'envolaient par groupes éparts lançant leur cri mélodieux …. Ou entretenaient perchés sur quelques branches de longues conversations caquetantes penchant la tête les uns vers les autres … Car les Flamboyants, oiseaux doués de conscience et aptes à manier les subtilités des langues les plus complexes ... N'en demeurent pas moins des bavards intarissables quand il est question de futilités … Par dessus-tout ils adorent soliloquer sans fin en se balançant d'une patte sur l'autre à grand renforts de sifflets moqueurs ...

Plus vaste que les vastes jardins luxuriants, la cité flottante s'étendait par-delà l'immense verrière. Sous les gigantesques arcades d'acier et de verre rien n'entravait la marche des pistons à vapeurs ... Des mécanismes crantés … Des roues tourbillonnantes … Des machines furieuses et grondantes … Des robots aux allures de crabes arachnéens bardés de diodes grésillantes … Des usines aux grandes cheminées et aux tuyauteries labyrinthiques … Des rails s'étirant dans les lointains parcourus de wagons suspendus … Des antennes radios qui se répondaient les unes les autres pour actionner tel ou tel indicateur et déterminer les priorités … Des gigantesques tours d'enregistrement qui gardaient en mémoire un nombre incalculable d'informations à traiter … Toute la demi-sphère mécanique était automatisée. La verrière arboricole complétait le sommet de cette sphère aux facettes cristallines.

Je m'agenouillais dans l'ombre des frondaisons tentaculaires et ondoyantes du rejeton d'Amenthot qui couvraient l'entièreté des jardins. Les lianes moussues arboraient de petites fleurs blanches mouvantes. Ses racines monstrueuses s'étendaient dans toute la cité dont le seul but était 'd'entretenir la survie de cette formidable entité venue d'un autre monde, à la puissance psychique incommensurable :


« Ran ayah Yigga' Amenthot ... »

Sur le tronc de la gigantesque créature, à travers les replis de lourdes paupières dorées et bordées de noir, apparut un gros œil globuleux dont la profondeur verte infinie donnait sur d'autres dimensions, nébuleuses et étoilées …. L'étrangeté de ce regard plusieurs fois millénaire que je contemplais aurait rendu fou n'importe quel mortel … Mais pas moi qui suis un symbiote Aquilon et qui ne suis qu'une émanation du Yigga'' Amenthot.  Et qui ne connaît ni ses origines. Ni son destin … »





As the End Draws Near » - « A cage » - « Precious Stone » / Arcana – Musique des Orcades]




[Ambiance Forêt]



« Modifié: 13 juillet 2019 à 16:36:59 par Capitaine Renard »
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